The predator

Le rasta de l'espace revient encore une fois pour jouer au chat et à la souris avec des dingues des armes. Grand amateur de l'auto destruction, le cinéaste Shane Black nous offre un nanar presque acceptable.
Car depuis le chef d'oeuvre de McTiernan, en 1987, la saga a plutôt dégénéré. On apprécie la craditude du numéro deux mais ensuite c'est un peu la cata entre deux bastons contre des Aliens puis une tentative de reboot foireuse et sans grand intérêt.
Shane Black, déjà présent sur le premier épisode est donc la caution qui doit nous rassurer. Scénariste star des années 80, il s'est perdu avant de se refaire une légitimité avec des films insolents et audacieux (Kiss kiss bang bang, The Nice Guys). Le Predator va redevenir cette créature fascinante, entre peur primaire et haute technologie venue d'ailleurs. On veut bien le croire durant la toute première scène.
Shane Black connait la bête et ne veut pas l'abîmer. Il est là pour le sport et la chasse (mais pas que... mais ca servira pour relancer un peu l'intêret). Black pique un sprint dès son générique mais s'essouffle car le monsieur n'a plus vingt ans. Ce ne sont plus les années 80. Et face à la Marvelisation du cinéma populaire, les quelques effets gore et la bande de crétins qui affrontent le monstre font un effet de nostalgie.
Car Black est un grand cynique. Tout son ciné n'est que critique du système et bien entendu son Predator est malpoli. On est donc dans un mélange de genres: d'un coté il y a de la sf bourrine et de l'autre une parodie des douze salopards, des septs mercenaires ou de l'agence tout risque. C'est un bordel sans nom avec des aspects familiaux, des combats sanglants et des types qui font des concours de celui qui pissent le plus loin.
Ca vanne à tout va. C'est gras. Les personnages sont caricaturaux. Toute l'action est commentée. Le scénario est poussif. C'est drôle mais franchement c'est totalement bête. Mais Black semble y mettre tout son coeur dans cette attitude quasi suicidaire (le film a été remonté par le studio pour être plus présentable). Black n'essaie pas de se confronter à la mythologie du film de McTiernan mais s'amuse à tirer la langue (plus faire un doigt d'honneur en fait) au politiquement correct de la soi disante contre culture ou culture populaire.
Le film est assez mauvais mais son auto dérision parvient à le sortir de la nauséabonde redite ou d'un revival réchauffé. On rit beaucoup et on est même surpris par quelques scènes ambitieuses d'action qui donne finalement un opus inégal mais pas dénué de charmes. Le nanar au rang du geste anarchique!
Avec Boyd Holbrook, Olivia Munn, Trevante Rhodes et Jacob Tremblay - 20th century fox - 17 octobre 2018 - 1h45
The house that Jack Built

ALLONS DONC VOIR CETTE MAISON QUE JACK A CONSTRUIT. TOUTE MIGNONNE POUR INVITER TOUS SES AMIS. C’EST QU’IL EST SUPER SYMPA JACK, CERTES UN PEU FOU, UN PEU PSYCHOPATHE SUR LES BORDS, UN PEU BEAUCOUP TUEUR EN SERIE !
MAIS SYMPA QUAND MÊME ! ON CONNAIT TOUS LARS VON TRIER POUR SA FINESSE, SA DELICATESSE, ET SES FILMS FAMILIAUX, IL N’Y A DONC AUCUNE RAISON QUE CELUI CI FASSE BANDE A PART. TU SENS QU’IL A UN SERIEUX PROBLÈME LE LARS. GASPARD NOE FAIT DES FILMS DE CUL, LARS (OUI OK Y A NYMPHOMANIAC) FAIT DES FILMS SUR LA TORTURE.
MA MAIN A COUPER (CA RESTE DANS LE THEME) QU’IL N'A PAS DU ETRE BERCÉ D’AMOUR LUI. EN TOUT CAS ÇA A LE MERITE D’ETRE DANS LA CONTINUITÉ DE SES FILMS, PAS D’UNE GRANDE ORIGINALITÉ MAIS CA APPUIE LA OU CA FAIT MAL AVEC EFFICACITÉ.
VIE MA VIE DE SERIAL KILLER EN PROIE A DES TOCS. SI TUER L’AIDE A SE CONCENTRER ET OUBLIER SES OBSESSIONS, QUI SOMMES NOUS POUR L’EMPÊCHER. UN PSYCHOPATHE QUI A CONSCIENCE DE SA SINGULARITÉ ET QUI ESSAYE DE SE FONDRE DANS LA MASSE TOUTE EN ASSOUVISSANT SA PASSION MEURTRIERE.
CE FILM SERAIT-IL UNE AUTOBIOGRAPHIE DONT IL ESSAIERAIT DE SE REPENTIR A TRAVERS LA RELIGION ? C’EST FILMÉ COMME UN DOCUMENTAIRE, OU L'ON RETROUVE DIFFÉRENTS ACTES COMME DANS « DOGVILLE », LA VOIX OFF DU NARRATEUR CONFRONTE LE HÉROS DANS SON PROBLEME. ET LE CONFORTE DANS SON ANALYSE PHILOSOPHIQUE.
LES INTERMEDES EN IMAGES 4/3, OU EN ANIMÉS, SONT INUTILES ET NE SERVENT QU’A MEUBLER LES 2H30, QUI POURRAIT FACILEMENT SE RÉDUIRE A 1H45. JE SUIS PAS NON PLUS FAN DE LA CAMÉRA EMBARQUÉE MAIS ON EST DANS L’AUTOPORTRAIT ET LE JOURNAL INTIME DE LARS, ENFIN JACK ! DONC POURQUOI PAS.
MATT DILLON REVIENT DANS UN PREMIER GRAND RÔLE DEPUIS BIEN LONGTEMPS ET CA LUI VA TRÈS BIEN. CE N’EST PAS LE FILM QUE JE REVERRAI ENCORE MOINS POUR UNE SOIRÉE LOVE MAIS LE CINÉMA DE LARS VON TRIER SUSCITE TOUJOURS QUELQUE CHOSE, QUE L’ON AIME OU NON, JE N’AI PERSONNELLEMENT ADORÉ QUE « DOGVILLE » ET AIMÉ QUE « MELANCHOLIA ». MAIS IL Y A CETTE TOUCHE D’ABSURDITÉ ET DÉRANGEANTE, SI FAMILIÈRE QUI NOUS FERA JE PENSE, TOUS SOURIRE DANS CET « AMERICA PSYCHO » DES ANNÉES 70.
AVIS AUX AMATEURS
Avec Matt Dillon, Bruno Ganz, Uma Thurman et Riley Keough - Les films du Losange - 17 octobre 2018 - 2h35
First man

IL NE PERD PAS DE TEMPS LE PETIT DAMIEN CHAZELLE, QUI ENCHAINE DES FILMS AUSSI DIVERSIFIÉS QU’ADULÉS PAR LA CRITIQUE. POUR RAPPEL, IL A FAIT L’EXCELLENT « WHIPLASH » ET LE SYMPATHIQUE « LALA LAND » (QUOI QU’ON EN DISE). ON NE PEUT QUE CONSTATER SON ENVIE DE DEVELOPPER TOUT LES UNIVERS, MÊME SI CELA MANQUE D’UNE VRAIE SIGNATURE, DISONS QU’IL S’ADAPTE, ET QU’A CE NIVEAU, IL EST MERITANT.
DANS CE DERNIER EFFORT, C’EST LA VIE DE NEIL ARMSTRONG QUI EST A L’HONNEUR (SI ON VEUT). ON LE CONNAIT POUR AVOIR MARCHÉ SUR LA LUNE MAIS A PART CELA, ON NE SAIT RIEN D’AUTRE, IL FAUT BIEN L’AVOUER. MAIS A T-ON BESOIN D’EN SAVOIR PLUS ? C’EST BIEN LA QUESTION QUE JE ME SUIS POSÉE AVANT D’ALLER LE VOIR ET JE ME LA POSE TOUJOURS EN SORTANT.
FINALEMENT LE MYSTICISME DE NE CONNAITRE QUE L’EXPLOIT DE CET HOMME SUFFIT A L’APPRECIER. RENTRER DANS SON INTIMITÉ, ENLEVE EN FAIT, CETTE PART DE MYSTÈRE DE L’HOMME DERRIERE L’EXPLOIT HISTORIQUE ET CETTE IMAGE LEGENDAIRE QUE L’ON CONNAIT TOUS. C
A EN INTÉRESSERA SUREMENT D’AUTRES MAIS POUR MA PART, JE PASSE. EN PLUS CE N’EST PAS UN PORTRAIT SUPER FLATTEUR DE NEIL. CE N’EST PAS UN SUPER MARI, NI PÈRE (C’EST VRAI QU’IL A CONNU BEAUCOUP DE GALÈRES, MAIS BON...) IL EST LA A OBÉIR SANS BRONCHER.
TU LE SENS PAS HYPER MOTIVÉ NI EXCITÉ PAR SON TRAVAIL, IL FAIT CE QU’IL A A FAIRE ET VOILA. ON A PAS L’IMPRESSION QUE C’EST LE RÊVE DE TOUTE UNE VIE ! ON VA DIRE QUE DE LE FAIRE JOUER PAR RYAN GOSLING EST UN BON CHOIX, MÊME SI JE LE REGRETTE BIEN ÉVIDEMMENT (VOUS CONNAISSEZ TOUS MON AVIS DESSUS: AUSSI EXPRESSIF QU’UNE CHAUSSURE).
MAIS CA COLLE PARFAITEMENT POUR LE COUP. LE GARS EST INSIPIDE ET SANS RÉELLE AMBITION, NI ÉMOTION. CLAIRE FOY QUI JOUE LA FEMME DE NEIL, QU’ON NE CONNAÎT ABSOLUMENT PAS, N’EST PAS MAL, PAS DE QUOI SE RELEVER LA NUIT MAIS ELLE APPORTE UN PETIT (PETIT HEIN) PEPS AU FILM.
CÔTÉ DECOR SPATIAL, ON EST LOIN DE GRAVITY (FAUT PAS DECONNER QUAND MÊME, JE PENSE QUE VISUELLEMENT CA RESTERA MA RÉFÉRENCE ULTIME), MAIS C’EST VOULU. IL FAUT REMETTRE L’HISTOIRE DANS SON ÉPOQUE ET CA RESSEMBLE DONC PLUS A DES MAQUETTES DU MÊME EFFET QU’ « INTERSTELLAR ». MAIS ENCORE UNE FOIS LE FILM N’EST VOLONTAIREMENT PAS ACCES SUR L’ESPACE MAIS SUR L’HOMME DONC AUCUN PROBLÈME DE CE CÔTÉ LA QUI EST LOIN D’ÊTRE ESTHÉTIQUE.
ON N'EST PAS NON PLUS DANS L’EXCELLENT « LES FIGURES DE L’OMBRE » QUI POURTANT SUR LE PAPIER, S’EN RAPPROCHE PLUS. SON HISTOIRE A LUI NE M’A PAS PASSIONNÉ, ET LES DIFFERENTES ÉTAPES, DE PRÉPARATIONS PHYSIQUES POUR QUE L’HOMME POSE ENFIN SON PIED SUR LA LUNE, RELÈVENT UN CHOUÏA LE FILM QUI EST PASSABLEMENT FADE.
C’EST AUSSI INTÉRESSANT QU’UN GARS QUI VA FAIRE SES COURSES AU SUPERMARCHÉ DU COIN ! MÊME SI TOUTES LES SCÈNES LA HAUT SE RESSEMBLENT. LE MONTAGE EST SANS SURPRISE, DOMMAGE. LA MISE EN SCÈNE N’EST PAS TERRIBLE, IL Y A BEAUCOUP DE PLANS SACCADÉS EN CAMERA PORTÉE ET BEAUCOUP DE GROS PLANS. EN FAIT CE QUI MANQUE CRUELLEMENT A CE FILM C’EST UNE BONNE VRAIE TENSION ET L’EXCITATION CERTAINE ET CRESCENDO DU FINAL TANT ATTENDU ! MAIS ON EN EST LOIN.
IL NE SUFFIT PAS DE METTRE ARMSTRONG DANS UN SIMULATEUR POUR LE VOIR VOMIR APRES POUR ACCENTUER QUELCONQUES INTENSITÉS. ET PUIS LE FILM A BEAU DURER 2H20 (PFIOU), SON DÉROULÉ EST BIEN TROP RAPIDE. ON APPREND RIEN SUR LES CALCULS, LES METHODES DE VOLS, L’ÉQUIPEMENT...ET POURTANT EN UN RIEN DE TEMPS, NEIL EST CATAPULTÉ DANS L’ESPACE. COMME SI C’ÉTAIT DONNÉ A TOUT LE MONDE DE LE FAIRE.
MÊME LE FINAL QU’ON ATTEND, DONNE L’ILLUSION D’UN TRUC TOUT SIMPLE, ON EN OUBLIERAIT PRESQUE QUE DES MILLIONS DE PERSONNES L’ON SUIVIT PAS A PAS DANS CETTE EXPÉDITION ! ON A L’IMPRESSION QU’IL A LE CUL ENTRE DEUX CHAISES LE PAUVRE CHAZELLE. LUI QUI VEUT COMPRENDRE L’HOMME SE FOCALISE FINALEMENT SUR L’ASTRONAUTE ET QUAND IL VEUT SE POSER EN APESANTEUR, CA RETOMBE AUSSI VITE QUE C’EST MONTÉ.
FIRST SHIT, DÉSOLÉE DAMIEN MAIS Y’A UN DÉBUT A TOUT. IL A PROFITÉ DU SUCCÈS ET A PEUT-ÊTRE VOULU FAIRE TOUT TROP VITE. EN TOUT CAS, A DÉFAUT D’ÊTRE EN ORBITE, IL M’A CLAIREMENT PERDU DANS SON ESPACE TEMPS. UN PETIT PAS POUR L’HOMME MAIS PAS QUE !
AVIS AUX AMATEURS
Avec une chaussure, Claire Foy, Kyle Chandler et Jason Clarke - Universal - 17 octobre 2017 - 2h20
Envol

Un trio s'envole vers des ailleurs sonores très exotiques. Une compagnie hautement recommandée pour s'évader!
Quand on fouille dans leur pochette d'album, Joulik nous promet du souffle et du vent. Il nous montre des belles étendues d'eau. Une forêt qui rougit. des paysages bien purs. Dans leurs cheveux, il y a du mouvement. Heureusement cela s'entend dans leur bien jolie musique.
Ils nous embarquent pour un vol vers un ailleurs plus surprenant que d'habitude. A la différence de Bjork, on restera sur Terre et on ne décollera pas pour une autre planète. Mais le trio Joulik (un gars deux filles) a des terres inconnues à présenter.
Des endroits où les influences s'emmelent et se nourrissent les unes des autres. C'est de la folk mais on y croise plein de vieilles traditions et des langages presque oubliés. Mieux encore, le trio a inventé une langue imaginaire.
Il permet des liens délicats entre les styles et les environnements. On apprécie alors le lyrisme humain du trio. On adore ses douceurs harmoniques. On jubile encore devant cette force incroyable qui nait du mélange. Une idée qui ne fait plus recette mais qui a toujours sa place dans la musique!
Le trio ne tient pas en place. Il s'essaie à plein de choses différentes sans perdre de vue cette ouverture d'esprit. Il y a bien un esprit nomade qui nous montre la richesse du Monde, l'importance d'un ailleurs, la douceur d'un rêve. C'est très beau. L'échappée belle du mois!
La Clique - 2018
Nulle part

Dan, Hugo et les deux Alex ont l'air plutot bourru. Mais quand on les entend, on veut bien croire qu'ils sont finalement très sympathiques.
Puisqu'ils aiment le rock qui a des poils et qui fait dresser les poils. Ils aiment jouer fort et surtout ensemble. Daisy Driver a un petit coté nostalgique: ils semblent un peu bloqués dans les années 90.
Ce qui n'est pas un défaut. Loin de là. Ils ont ainsi cette sincérité qui fait plaisir à entendre. Les riffs sont collants. Les rythmiques vous cognent. Et la voix s'élève avec un avis de conscience. On peut faire du rock et dire des choses justes. En francais, Dan se débrouille très bien pour glisser quelques idées au fil de paroles souvent réfléchies.
Alors, oui c'est un peu kitsch cette volonté de faire aujourd'hui dans le rock "guitare basse batterie". Néanmoins, c'est une croyance tout à fait louable. Les gaillards ne se cachent pas: ils foncent. Ils s'exécutent avec une joie non dissimulée. L'authenticité est une vertu inégalable. Meme en musique!
Dooweet - 2018
Cities 2

Il a trente quatre ans et bat tous les records. Pourtant ce n'est pas une star. Mais c'est un artiste passionné et cela s'entend dans ce nouvel album où tous les genres se mélangent joyeusement.
Il a fait des tonnes et des tonnes de concerts. Il a remporté très jeune tous les prix possibles. C'est un véritable surdoué. Thibault Cauvin est un guitariste hors pair. Il défend son art de manière assez classique.
Cependant il aime aussi la pop, le rock ou l'opéra. Il s'intéresse à tout. Le Monde, il le traverse de long et en large. Et cela s'entend dans Cities 2, évocation justement de la richesse du Monde.
C'est un album de voyages. Il y a des rencontres. Il invite ses amis au chateau d'Herouville pour enregistrer: Erik Truffaz, Ballaké Sissoko, Matthieu Chedid, Didier Lockwood, Lea Desandre, Christian-Pierre La Marca, et Adélaïde Ferrière viennent l'aider à écrire un album personnel. Il a adapté les grands compositeurs classiques. Il se confronte à ses contemporains et arrive souvent à nous surprendre. Ca part dans tous les sens. C'est déroutant mais souvent on est charmé par son immense talent, rappelant un peu la vertu de la virtuosité.
Sportif, amoureux de surf, Thibault Cauvin affronte des vagues mélodiques sans perdre pied. Il navigue avec aisance entre les genres. On va stopper la métaphore waterproof et on va tout simplement vous proposer d'écouter un album libre, rococo et singulier. Il faut forcément s'y intéresser!
La saveur des ramen

Salé, sucré. Miam. Le Festin Chinois. Encore miam! Tampopo. Toujours miam! Les délices des Tokyo. Plus de miam... La saveur des Ramen donne faim et nous donne la banane. Normal pour un film sur la cuisine!
Mais ne demandez pas de critiquer tout film qui se passe en Asie, où il est question de nourritures! C'est foutu. La Saveur des Ramen est un petit bijou. Il fait saliver de plaisir. Il nous rappelle l'importance d'un plat. Du choix des ingrédient à la dégustation en passant par la préparation. Et ta critique? Bah tout mon bon sens s'est perdu dans un bouillon de poulet!
De l'exotisme à tous les étages. Cinéaste de Singapour, Eric Khoo (remarqué avec le court et formidable Be with Me) s'exile au Japon pour suivre les pérégrinations d'un jeune chef, Masato, qui veut faire toute la lumière sur son enfance en partant dans son pays natal, Singapour.
Il veut retrouver les gouts de son enfance. Il met aussi la main sur un carnet de sa mère, partie trop tôt, pour découvrir sa famille qu'il connait peu. Son voyage est un pélerinage gastronomique et un festival d'émotions.
Eric Khoo s'interroge sur le sens de la cuisine. Et développe les thèmes de la famille, du pardon, de l'histoire, avec une délicatesse qui pourrait ressembler à de la niaiserie mais il n'en est rien.
C'est une oeuvre gourmande quand il faut observer les hommes face à la nourriture mais aussi face à leurs secrets enfouis. Les images sont belles et douces. Le passé vient caresser le présent. Les frontières s'abolissent pour une universalité de ton qui s'adresse au coeur. Masato fait des découvertes personnelles mais aussi culinaires. Le mécanisme d'une famille est aussi compliqué qu'une recette ancestrale.
Il faut vraiment un coeur de pierre pour résister aux efforts de Masato, perdu dans un pays étranger, et si proche en même temps. Tout est dans la nuance. Khoo réalise le film le plus appétissant depuis Tampopo, Salé Sucré, Le Festin Chinois etc. Fallait pas me demander de commenter ce film: je l'ai dévoré!
L’ombre d’emily

LOIN DES COMÉDIES ABSURDES (QUE J’AIME BEAUCOUP ATTENTION), JE NE CONNAISSAIS PAS PAUL FEIG DANS CE GENRE CINÉMATOGRAPHIQUE, ET VOUS NON PLUS.
ENCORE MOINS ANNA KENDRICK ET BLAKE LIVELY, DEUX HABITUÉES DES PLATEAUX ROMANTIQUES. ON LES RETROUVE TOUTES DEUX DANS CE THRILLER PSYCHOLOGIQUEMENT DRAMATIQUE!
OUI CA FAIT BEAUCOUP POUR DÉCRIRE UN FILM, MAIS C’EST TRÈS PARTICULIER COMME APPROCHE. ON ATTEND VRAIMENT LA FIN DU FILM POUR TOUT COMPRENDRE (C’EST SOUVENT LE CAS, MAIS LA ON A VRAIMENT PAS TOUTES LES INFORMATIONS). DEUX PERSONNALITÉS CONTRAIRES, A L’IMAGE DU YING ET YANG.
L’UNE EST IMPULSIVE, DIT CE QU’ELLE PENSE ET N’HÉSITE PAS A JURER SANS FILTRE, NATURELLE, CLASSE, ET SOMPTUEUSE (I KNOW BLAKE, RIGHT 😍) ET L’AUTRE EST TOUTE MIGNONNE, FRAGILE, BIEN ÉLEVÉE, EFFACÉE....PUIS LES DEUX OPPOSÉES COMMENCENT A NE FAIRE QU’UNE PERSONNE.
LES DEUX DESIRANT TERRIBLEMENT ÊTRE L’AUTRE. ET L’INTRIGUE SE MET VITE EN PLACE. ON CROIT DEVINER FACILEMENT (ON A QUELQUES INTUITIONS, QUI SE RÉVÈLENT VRAIES) MAIS ON EST LOIN DU COMPTE.
C’EST BIEN FICELÉ, REMPLI DE REBONDISSEMENTS A LA « SEXCRIMES » ET CA FAIT SON PETIT EFFET. D’AUTANT PLUS QUAND ON SE REND COMPTE QUE C’EST INSPIRÉ D’UNE HISTOIRE VRAIE, A FAIRE FROID DANS LE DOS.
MOI QUI DETESTE LES GRANDS CLASSIQUES DE LA CHANSON FRANCAISE, (SAUF GAINSBOURG!), COTE BANDE SON JE SUIS SERVIE MAIS POUR LE COUP, CA APPORTE UNE TOUCHE RETRO A CE POLAR MYSTÉRIEUX.
LOIN D’ETRE DÉSAGRÉABLE ON PASSE UN TRES BON MOMENT EN COMPAGNIE DE BLAKE LOVELY (OUPS) ET ANNA QUI APPORTENT UNE BONNE TOUCHE D’HUMOUR NOIR ET CETTE ÉNERGIE DÉCALÉE A LAQUELLE ON EST PAS HABITUÉ POUR CE GENRE DE FILM.
AVIS AUX AMATEURS
Avec Anna Kendrick, Blake Lively, Henry Golding et Linda Cardellini - Metropolitan filmexport - 26 septembre 2018 - 1h57
LAÏKA – Ascanio Celestini – David Murgia/Maurice Blanchy – Théâtre du Rond-Point

Quand la grandeur d'âme du bateleur se met au service de la parole des petits.
Après Discours à la nation en 2015, Ascanio Celestini revient au Théâtre du Rond-Point avec un texte inédit, Laïka. Utilisant la forme du théâtre-récit, le dramaturge italien a su reprendre le flambeau laissé par Dario Fo en s'inscrivant dans un théâtre populaire du quotidien où l'invraisemblable et l'absurde font bon ménage face aux idéologies modernes et dogmatiques, qu'elle soient capitalistes ou religieuses.
Dans Laïka, nom de la chienne envoyée dans l'espace grâce à Spoutnik 2, Ascanio Celestini met en scène un comédien, David Murgia, et un accordéoniste, Maurice Blanchy. Le comédien, narrateur, habitué du bar du coin, interprète plusieurs personnages dans un espace scénique délimité au sol par des lampes de chevet. Le récit mis en mot par un comédien aux allures christiques constitue le fil du spectacle. L'accordéoniste, Pierre, en fond de scène, assis sur des casiers à bouteilles de brasserie, écoute et met en partition le texte lancé par le comédien. Simple mais d'une redoutable efficacité.
Un clochard, une prostituée, une vieille dame, des manutentionnaires africains en grève, et un David Murgia brillant dans tous ces rôles comme narrateur critique. Il n'en faudra pas plus pour transporter le spectateur dans un théâtre d'une grande générosité. Le social humanisme du texte, scandé, slamé en musique comme une kalachnikov, percute à la fois des références chrétiennes, politiques et les connaissances scientifiques. Mémorables passages d'une grande drôlerie quand le narrateur cherche à comprendre la création du monde en confrontant le récit biblique à celui du physicien Stephen Hawking. Le monde contemporain est observé et décrit dans toute sa contradiction.
Dieu est régulièrement apostrophé, interrogé, provoqué par ces "petits", ces précaires, ces précarisés aux yeux de naïfs, qui cherchent vainement à donner un sens à leur vie dans une société capitaliste qui leur laisse peu d'échappatoires et dont les codes leur échappent. Le texte, farce politique, échappe à la caricature grâce à une mise en musique voix-accordéon de haute voltige, expressionniste. Ça court, ça file, ça rit, ça pleure, ça se contredit, ça cherche, ça rêve, ça chante, ça raisonne, ça vole, ça vit. Le récit sur ces petits autres du quotidien embarque le spectateur dans un récit sur l'altérité. Une très belle parole théâtrale dans une petite forme de grande justesse et de grande humanité.






