Suspiria

Les petits gars de Radiohead louchent sérieusement sur le cinéma. Est ce une bonne nouvelle?

Bon ca fait des mois que dans nos pages, on s’inquiète de l’état général des musiques de films. Ce n’est plus du grand lyrisme mais du bruitage sans âme pour la plupart des films hollywoodiens, indépendants ou même français. On en est à célèbrer les compilations. L’année dernière, c’est bien la bande son de Baby Driver qui faisait le plus plaisir.

Pourtant les comédies musicales sont à la mode. Mais le temps de la belle orchestration est bien terminé. Les metteurs en scène apprécient moyennement que l’on se souvienne plus des thèmes que de leurs morceaux de bravoure. Bref, c’est un triste débat qui dure dure dure

Les compositeurs sont bien trop sages. Paul Thomas Anderson, gros faiseur d’images, fait des clips et a trouvé un alter ego en la personne de Jonny Greenwood, musicien du groupe Radiohead. Maintenant c’est au tour de Thom Yorke de se lancer dans l’aventure. En attendant les autres.

En tout cas, c’est toujours une bonne idée de prendre un touche à tout pour entreprendre une musique de film particulière: celle d’un film d’horreur. Et pas n’importe lequel! Suspiria, abstraction gore et colorée de Dario Argento qui connait aujourd’hui la joie d’avoir un remake.

L’expérience est d’autant plus dur que Goblin avait connu la gloire en illustrant les productions d’Argento. La tache n’est pas facile pour Thom Yorke. Elle est même redoutable. Au final, il est inspiré: deux disques et vingt cinq titres.

L’effort est généreux et tout aussi maniéré. Ce qui n’est pas forcément un defaut dans le cas de cette musique surtout d’ambiance. Les rythmes sont spectrales. Les synthétiseurs tissent des toiles. Les voix sortent d’outre tombe. Les instruments tremblent à répétition. L’atmosphère est parfaite pour Halloween. Le leader de Radiohead sort son disque quand il faut.

Thom Yorke intervient sur quelques titres assez fascinants. L’exercice est un peu long ou même lent. Mais il y a bien quelque chose dans cet ensemble de morceaux un peu décrépi mais rééllement habité. Ce n’est pas le grand frisson mais on entend bien une pièce musicale baroque, secouée, considérée pour le cinéma. Reste à voir le film maintenant…

XL recordings – 2018

Auteur: Pierre Loosdregt

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