Futurology

Sans fin, le trio Gallois Manic Street Preachers continuent de défendre un rock terre à terre mais chaleureux!

Résumé des épisodes précédents: Manic Street Preachers déboule au début des années 90 avec un rock très british, très working class. Les membres du groupe sont des fils d'ouvriers et font de la musique un combat. Une attitude qui plait beaucoup aux Britanniques!

Au milieu des années 90, une poignée de hits arrivent à sortir du Royaume Uni. C'est la gloire. Hélas, un beau jour, le guitariste du groupe disparaît. Richey Edwards est introuvable. Plus de nouvelle depuis le 1er février 1995. En 2008, sa mort est confirmée autour d'un mystère épais, qui fait la renommée de ce groupe désormais un peu maudit.

Donc attachant auprès de son public! Futurology est le douzième album des Gallois mais ca fait bien longtemps que le groupe est étiqueté groupe de Brit Pop des années 90. Au Royaume Uni, ca fonctionne pour eux. Heureusement. Cela s'entend.

Le titre du disque nous fait penser que le groupe regarde vers l'avenir mais leur style est un inusable rock made in England. C'est donc un bon vieux disque de power rock servi par un trio de Gallois revenus de tout, convaincus mais qui ne versent pas dans l'originalité.

Suite directe de Rewind the film, album sorti il y a moins d'un an, le disque sert une conviction et un idéal qui semblent visser aux chevilles des musiciens, accros aux bons riffs, aux rythmes martiaux et aux paroles pleines de combativité. Il y a bien des invités pour calmer les ardeurs mais Manic Street Preachers s'accrochent à ses croyances!

C'est donc héroïque comme il faut. C'est du rock plein de valeurs, pas très fin mais agréable pour partager une bonne bière au pub!

Sony Music - 2014

Paris, Texas

Sortie estivale du chef d'oeuvre de Wim Wenders de 1984. L'occasion de redécouvrir la force évocatrice américaine. Et la musique de Ry Cooder!

C'est peut être elle la vraie star de la Palme d'Or en 1984. Cette musique lancinante écrite par Ry Cooder, tête chercheuse de la musique, future héros de la world music. Ici il creuse les racines du blues et de la folk.

Inspiré par le style du pionnier Blind Willie Johnson, la musique tourne autour de la slide guitar et électrise doucement l'émotion. Dans les années 80, Cooder travaille beaucoup pour le cinéma mais décroche lui aussi sa Palme d'or avec Paris, Texas. C'est une référence ultime en matière de musique. Il brise le son synthétique des eighties. L'humanité explose dans ses accords simples et d'une beauté lyrique incroyable.

En tout cas, aujourd'hui encore, le travail musical sert le rêve américain de Wim Wenders, heureux de travaillé sur une scénario de Sam Shepard, autre héros américain. Tout son film erre autour des grands mythes yankees.

Il y aura donc les grands décors du western. Les paysages immenses qui écrasent un héros mutique dans un premier temps. Nettoyé et numérisé, le film est encore plus évocateur trente ans après. On découvre à quel point il a marqué les rétines de plusieurs générations: c'est un film charnière, entre désenchantement culturel et modernisme artistique!

Wim Wenders retrouve donc dans son film toutes les figures qu'il aime dans le cinéma américain: le héros solitaire, la blonde séduisante, l'enfant innocent et tous les seconds rôles porteurs d'espérance. Il les installe dans une Amérique des années 80, triste et belle en même temps. Ces stéréotypes hollywoodiens ne sont pas de ce monde mais Paris Texas leur invente une vie dans la réalité, dur et cruel.

La restauration nous plonge un peu plus dans cet espace infini et fantasmé puis cet état des lieux si difficile. Le grand et le petit. Le grandiose et la petitesse. La démesure s'imprime dans les décors avant que le romantisme prenne le dessus et embrasse une tragédie contemporaine.

C'est un mélo flamboyant que l'on revoit sur grand écran. On admire l'érotisme des acteurs: le couple Harry Dean Stanton et (évidemment) Nastassja Kinski est sublime. Wenders réalise son rêve à l'époque. Trente années plus tard, on reste hypnotiser!

Avec Harry Dean Stanton, Nastassja Kinski, Dean Stockwell et Aurore Clément - 1984

All the Young Dudes

Histoire de la résurrection en 1972 d’un groupe moribond, sous la généreuse impulsion d’un magicien aux yeux vairons.

Allo, David ? C’est Pete Overend Watts. Juste pour savoir si t’aurais pas un job de bassiste pour moi…
- Overend ! Tu quittes Mott the Hoople ? 

- Non, c’est le groupe qui splitte ! Pas assez de succès… Les concerts, ça va, on fait toujours le plein, mais les disques se vendent pas. Le label (Island) ne nous suit plus. On est dégoûté. On arrête. On cherche tous du boulot.

Nous sommes en 1972. David Bowie est stupéfait. Mott the Hoople, groupe qu’il adore et dont la glamissime attitude est en train de l’inspirer pour son prochain virage (Ziggy Stardust n’est encore qu’en gestation) va disparaître ? Impossible ! Alors il décide de les reprendre en main en leur offrant le fameux hit qui manquait à leur carrière. Ou plutôt en leur ré-offrant Suffragette City (1), qu’il leur avait déjà proposé l’année d’avant… Eh bien non, ils n’en veulent toujours pas ! "Pas assez bon", d’après eux… Alors il persiste et leur balance de derrière les fagots la démo de All the young dudes, chef d’œuvre d’inventivité mélodique, parolistique, bijou pop avec un refrain en forme d’hymne imparable… qui aurait eu sa place dans les tout meilleurs de sa propre carrière. Eh bien, pour sauver Mott the Hoople, Bowie leur sert ce parfait morceau sur un plateau. Ian Hunter (le charismatique chanteur du groupe) pleure ("J’aurais attendu toute ma vie pour chanter une chanson comme celle-là"). Et pour aller au fond des choses, notre salvador décide de produire himself le nouvel album et de trouver un nouveau label (CBS) pour le sortir. Le single et l’album font un carton instantané et Mott The Hoople ressuscité peut repartir sur le chemin caillouteux du succès.

Difficile de parler de MTH sans évoquer le fantasque et créatif producteur Guy Stevens qui avait défini en 1967 (lors d’un petit séjour en prison pour trafic de came) le groupe rock parfait : la voix de Bob Dylan, l’orgue de Procol Harum, la rythmique des Stones et s’appeler Mott The Hoople (titre d’un bouquin de Willard Manus qu’il avait lu en tôle)… En quête de cette formation modèle, il auditionnait par-ci par-là… Jusqu’à ce qu’un combo anglais du Herefordshire (contradictoirement dénommé Silence) lui passe une cassette. Il est séduit, mais il ne veut pas du chanteur (le pauvre et peu rancunier Stan Tippins qui deviendra du coup simple road manager du groupe). On passe une annonce et une espèce de gros babos à l’improbable dégaine parachevée par d’énormes lunettes de soleil vient leur balancer une version déjantée au piano du Like a rolling stone de Dylan. Pour Stevens, il n’y a aucun doute, ecce homo : il s’appelle Ian Hunter Patterson. Juin 1969 : Mott the Hoople, son groupe idéal, est sur les rails !

Et il défraie rapidement la chronique, grâce principalement à des prestations scéniques complètement folles, grandiloquentes et débridées, qui aboutiront à un véritable Rock’n’roll Circus avec jongleurs, acrobates, clowns... Rapide symbole de l’émergeant mouvement glam rock, sa dégaine est déjà un spectacle à lui tout seul : chevelures extravagantes, platform cuissardes, pantalons moule burnes, bagouzes à têtes de mort, torses velus, chaînes… le tout sur des compositions dylanesques à la sauce heavy. On frise le bon goût sans jamais vraiment l’atteindre… Et ça plaît ! Le public ébahi se presse surexcité aux concerts de la bête curieuse, mais n’achète pas ses disques car il ne s’y reconnaît pas ; trop différents, trop sages et trop travaillés, sans doute - même si la plupart ont été enregistrés en conditions live. Cinq albums entre 69 et 72, une multitude de tournées harassantes où la forme prend le pas sur le fond (les gens venaient plutôt voir un show qu’écouter la musique, ce qui finit par frustrer quand on est musicien), et le groupe, au bout du rouleau décide en mars 72 de jeter l’éponge.

Jusqu’à ce fameux disque-rebond, All the young dudes, sixième opus piloté de (par la) main de (du) maître (accessoirement aux chœurs et au saxophone), orchestré par Mick Ronson, où - outre l’éponyme joyau - on trouve d’entrée une très inspirée reprise du Sweet Jane de Lou Reed, des compositions équilibrées du groupe sur base folk (on pense à Dylan mais aussi au George Harrison deAll things must pass) ou carrément rock’n’roll (difficile de ne pas remarquer que les Mott ont partagé les studios avec les Rolling Stones(2)) pour s’achever sur une magnifique ballade dépouillée de Ian Hunter au piano. Une sorte de chef d’œuvre oublié, figuratif d’une époque, qui a sa place au Panthéon du rock, entre T Rex et Ziggy.

Et la suite ? Eh bien encore deux albums, Mott (excellent, chaperonné cette fois par les Roxy Music Andy MacKay et Brian Eno) en 73, puis The Hoople en 74. Quelques changements de personnel (le guitariste Mick Ralph étant allé entre temps fonder Bad Company avec Paul Rodgers) et une grosse tournée avec un groupe prometteur en première partie qui lui  volera petit à petit la vedette : c’était Freddie Mercury et Queen qui montaient vers le succès alors que Ian Hunter et Mott the Hoople entamaient leur chant du cygne (séparation définitive en décembre 74).

C’est la vie, c’est le rock’n’roll et c’est une autre histoire…

(1) Titre pourtant génial que Bowie inclura finalement dans son mythique album The rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars.

(2) Les Stones qui ont de leur côté, et à cette occasion, piqué le titre d’un album que Guy Stevens avait inventé pour Mott : Sticky fingers !

PS : Cet album a été récemment réédité (chez Sony Music BMG), avec une tripotée de bonus (demos, versions live…) plus ou moins dispensables SAUF… la version inédite – 1972 - du fabuleux anthem All the young dudes, chanté par Mr David Bowie himself accompagné par les Mott the Hoople ! Exceptionnel est un faible mot, magnifique également…

Columbia - 1972

Assez parlé d’amour

parleAnna et Louise sont mariées, ont des enfants. Elles ne se connaissent pas, pourtant, au même moment où presque, leur vie va basculer. Anna va rencontrer Yves. Louise va rencontrer Thomas…

Vous l’aurez compris, Assez parlé d’amour, à la fois titre et dernière phrase du roman d’Hervé Le Tellier, ne parle évidemment que de ça. D’amour. D’amour quadragénaire, d’amour adultère, d’amour intense, d’amour sincère.

En courts chapitres, l’auteur prend le temps d’observer et de décrire avec délicatesse et élégance les moments clés de ces deux liaisons passionnées qui vont bouleverser l’existence de deux couples unis.

Tout y est.

La première rencontre au cours de laquelle "très vite, au détour d’une phrase, elle évoque un mari, des enfants. Au pincement que les mots provoquent, Thomas comprend combien Louise l’attire. Mais de la manière dont ils sont prononcés, il ne conclut rien et surtout pas que Louise vise à le convaincre, à se convaincre, que leur rencontre n’a le droit de déboucher sur rien. […] Il est aussi vrai que, parfois, les femmes qui disent qu’elles ont un mari et deux enfants disent seulement qu’elles ont un mari et deux enfants."

La nécessité de se revoir. Un déjeuner plutôt qu’un dîner car "le déjeuner tient toujours le conjoint à distance."

L’ambiguïté d’une situation inédite. Anna : "Le soir même de leur première rencontre, à peine rentrée chez elle, elle croit avoir tout avoué à [son mari]. Elle lui a seulement dit, sur le ton dégagé d’une surprise plaisante, qu’elle a croisé un homme dans une soirée, un homme qui l’a troublée pour la première fois depuis longtemps. [Son mari] n’a rien su répondre, il a presque aussitôt parlé d’autre chose. […] Anna aurait voulu que son mari réagisse, mieux, qu’il agisse, qu’il sache d’instinct qu’elle ne parlait que pour qu’il la retienne. Mais [il] n’a pas pris, ou pas voulu prendre la mesure du poids de ses paroles. Il a laissé s’entrouvrir une porte sur son désir et elle en est à la fois furieuse, déçue et ravie."

Le rapport au mari de la femme que l’on aime : "Thomas n’a pourtant cessé d’observer Romain, l’homme qui chaque matin se réveille auprès de Louise, cette femme dont il est en train de tomber amoureux, avec qui il vient pour la première fois de faire l’amour. […] Thomas ne souhaitait pas affronter l’image du mari, il voulait voir l’homme qu’a aimé, qu’aime encore Louise, et aussi peut-être mettre ses propres sentiments à l’épreuve. Thomas sent poindre une sympathie pour ce grand garçon […] dont il ne pourra jamais, à son regret, devenir l’ami."

Le rapport à l’amant de la femme que l’on aime : "Alors, c’est donc ce type-là Anna. Tu m’as dit il m’a troublée, tu as même dis plus qu’aucun homme jamais, enfin depuis toi, depuis notre rencontre, notre mariage. Mais regarde-le Anna, il n’est pas si terrible, il est un peu chauve, grand, oui, c’est vrai, mais pas plus que moi et plus vieux aussi, des rides, des cernes, un peu de ventre peut-être, on voit mal. En tout cas ce n’est pas du tout ton genre, Anna. […] Je dois partir, ne pas être vu, partir comme un voleur, comme un cocu, comme un con, mais quel con je suis, quel con ! pourquoi tu me fais ça Anna, pourquoi tu me fais ça ? Mais quel imbécile. J’ai mal, j’ai le cœur qui explose."

La relation aux enfants, aux proches. Le désir. La culpabilité. Le besoin irrépressible… Chacune à leur manière, Louise et Anna vont vivre pleinement leur histoire d’amour jusqu’à atteindre le point de rupture, le point de non-retour. Jusqu’à devoir faire le choix le plus important de leur vie depuis… leur mari. L’une sautera le pas, l’autre préfèrera renoncer.

Pas de morale ni de jugement de valeur dans le roman d’Hervé Le Tellier. Juste deux belles histoires d’amour, deux trajectoires, deux destins… et un seul vainqueur, l’amour. L’amour pour l’amant ou l’amour pour le mari. Mais l’amour dans tous les cas.

Assez parlé d’amour ? Alors place à la littérature.

Qui fait le clown pour Genesis?

Via Sophiatown, VIA KATLEHONG DANCE

via

Rien n’est impossible. Les larmes, les éclats de pleurs étaient à l’époque des éclats de rire. C’est l’avant apartheid que l’on veut nous compter. La compagnie de danse, Via Katlehong Dance, nous raconte l’histoire de Sophiatown, quartier multiracial, avec émotion et puissance. (suite…)

Maléfique

Angelina Jolie a la tête de Greta Garbo. C’est la bonne idée de Maléfique. Aidée par un maquillage un peu spécial (signé par le grand Rick Baker), Angelina Jolie continue de brouiller les pistes autour de son statut d’icône ou de star au sex appeal affolant.

Elle était une petite actrice sexy, puis une militante humaniste, puis une croqueuse d’hommes, puis une actrice convaincante, puis une réalisatrice engagée, puis une maman dévouée etc. Désormais elle est une étrange créature de cinéma, habile mélange entre glamour et effet spécial. Bizarre vous avez dit bizarre ?

Elle est donc une Maléfique idéale. Une sorcière avec un cœur de fée. Après Blanche Neige, devenue une guerrière dans une adaptation live, c’est au tour de la Belle au bois dormant de se faire ripoliner dans une adaptation actuelle, ce qui veut  dire « qui lorgne du coté du Seigneur des Anneaux ».

Du conte, on retient à peine la structure pour faire de Maléfique, une véritable héroïne et la pauvre Aurore devient une jolie cruche jouer par la belle Elle Fanning et le reste du casting a l’épaisseur d’un fil de laine.

La star prend de la place et Maléfique s’empare de toute l’histoire. Autour d’elle, on bidouille de manière numérique des monstres rassurants et des armées colossales. Pourtant le film de Robert Stromberg, spécialiste des effets spéciaux, a très peu d’ampleur et aucun sens du récit. Les personnages sont creux tandis que les décors sont remplis de détails incroyables. C’est beau mais c’est complètement vide. On a bien du mal à s’intéresser à cette nouvelle interprétation du conte de Perrault. Angelina Jolie imite le style de Greta Garbo. C’est la bonne et seule vraie idée de Maléfique !

Avec Angelina Jolie, Elle Fanning, Sharlto Copley et Sam Riley - Walt Disney - 28 mai 2014 - 1h37

Painting

Indéboulonnable groupe anglais des années 90, Ocean Colour Scene propose toujours la même chose. Il a bien raison : leur pop est irrésistible !

Noel Gallagher est à la pointe de la hype. Jake Bugg remet la brit-pop au goût du jour. Blur fait des concerts monstres tous les ans. La nostalgie des 90s se fait sacrément ressentir en ce moment et Ocean Colour Scene fête son dixième album.

Chez nous ils sont méconnus, mais le groupe de Steve Cradock est une petite institution en Angleterre. Compagnons de route de Paul Weller et bons copains d'Oasis, OCS a connu des années 90 heureuses et glorieuses.

Tous les poids lourds de la brit pop se sont effondrés et OCS est resté solide même si son succès est resté surtout local. Aujourd'hui le groupe est un vestige. Inspirés par les années 60, les musiciens n'ont jamais changé leur écriture ou leur style.

Un pur produit britannique. Il y a donc dans ce nouvel album les brumes du psychédélisme, les plaisirs de Madchester et une passion évidente pour la pop la plus anglaise possible. Tous les lads du Royaume Uni peuvent se tenir par la main pour reprendre en choeur les hymnes électriques de OCS !

Parfaitement dosées, les chansons sont rapides, bien écrites et très musicales. Les influences sont variés et s'entrechoquent idéalement. C'est à la fois léché et super populaire. Le groupe prend du plaisir à brasser toutes les cultures (reggae, ska, rock, pop, tout y passe). Le disque rend heureux grâce à sa simplicité et son envie.

C'est un petit voyage au coeur de la musique britannique. Chaque titre délivre des petites richesses insoupçonnables à la première écoute.

Ce dixième album ne va pas augmenter la renommée du groupe mais en tout cas, il confirme tout le bien que l'on pense de lui depuis 1992 !

Sonik Kicks

Papy de la pop, Paul Weller signe un onzième album électrisant. Avoir les idées aussi larges à son âge force le respect.

C'est un joyau de l'Angleterre. Tous les amateurs de pop britannique le considèrent comme un papa bienveillant. En bon père de famille de la brit pop, Paul Weller continue de donner des directions. Elles vont dans tous les sens mais cela prouve sa très grande ouverture d'esprit.

Il ne se repose jamais sur ses lauriers et tente toujours de nouvelles choses. L'ouverture de son onzième album va dans ce sens: Green est un gros patchwork de sons indiquant l'effervescence qui habite encore l'ancien chanteur de The Jam.

Il y a deux ans, il "réveillait la Nation" avec un dixième disque étonnant: il continue à 53 ans à se renouveler sans cesse, avec panache et parfois quelques fautes de goût. Ce que l'on excuse facilement à un digne représentant du pays de Benny Hill et des Monty Python, des Spice Girls et des Beatles.

Effectivement Sonik Kicks semble partir dans tous les sens. Paul Weller fabrique un mur de sons avec le premier titre puis il semble y piquer ce qu'il veut pour une nouvelle collection de chansons typically british.

Il emprunte à Madchester des sons electro bien remuants puis il vole le lyrisme des grands chanteurs de Londres. Ses chansons absorbent toutes les traditions de la pop anglaise. Il en sort un disque flamboyant d'énergie.

Paul Weller a la voix un peu voilée mais il fascine par son utilisation magique de tous les styles, de tous les genres, de tous les talents (Noel Gallagher ou Graham Coxon font un passage).

En vieillissant il continue de créer un alliage de plus en plus envoutant et vraiment séduisant. L'icône anglaise ne s'encroute pas: il existe encore dans le monde musical !
Pas de redite ou de déjà vu ! Paul Weller explore et révèle une curiosité sans faille.

Les coups sont soniques pour l'auteur de "Wild Wood" : il vient de frapper un très grand coup avec ce maelström électrique !

Universal - 2012

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