Requiemachine, Marta Gornicka, Théâtre des Amandiers

requiemachine

Un chœur contemporain qui rend hommage aux exclus et appelle peut-être la chute d'un système.

Marta Gornicka est une jeune metteuse en scène et chanteuse, formée à Cracovie et Varsovie. Depuis 2009, elle cherche et crée un nouveau théâtre avec son nouveau jeu d'acteur propre et son nouveau type de récit.
Dans REQUIEMACHINE, 26 acteurs-chanteurs scandent notamment des vers du poète Wladislaw Broniewski, face public, dans une chorégraphie épurée et un décor minimaliste. (suite…)

Tant de temps

Une petite chronique pour célébrer un artiste qui nous manque: Amateurs de chansonnettes intelligents, vous apprécierez Tant de temps, en regrettant un peu la facilité de l’accompagnement musical.

Avec Tant de temps, Jacno nous livre son nouvel opus, quatre ans après le précédent. Il faut préciser ce genre de détails car Jacno semble figé dans le temps, prisonnier du temps. Et en écoutant ses nouveaux titres, on se sent pris au piège soi-même, enfermé dans un espace-temps situé entre 1978 et 1986. Jacno, dès qu’on l’écoute, on se retrouve dans le filet des années 1980.

Est-ce étrange et va-t-on reprocher à un artiste de toujours sonner pareil ? Après tout, il est rassurant de reconnaître un auteur à la première note. Ce qui est un peu plus gênant, c’est que l’étendue musicale des talents de Jacno ne tend pas vers l’infini. Ce serait plutôt le roi de la petite mélodie plus ou moins oubliable.

Je me sens un immonde salaud de dire ça, d’autant plus que Jacno est quelqu’un d’éminemment sympathique, un dandy spirituel dont la figure autant que les réparties n’ont rien à envier à Jacques Dutronc. Je me sens mal à l’idée de dégommer l’auteur d’un titre emblématique (sur cet album) : Le sport, dont le refrain (le sport, c’est de la merde) devrait ponctuer tous les matches de footis ou de tennball, de tennall ou de footbis, de tennis ou de football qui encombreront les écrans de télé dans les semaines à venir.

Oui, c’est pas bien de dire du mal d’un type qu’on aime bien, qui passe rarement dans les médias et qu’on peut classer dans la catégorie enviée des chanteurs culte.

Alors, pourquoi le critique persévère-t-il dans la critique de Tant de temps ? Eh bien parce que cet album, le critique aurait adoré l’aimer, mais qu'il ne tient pas ses promesses sur la durée.

Et pourtant, au niveau thématique, y en a de la richesse : Tant de temps évoque la possibilité d’aimer quelqu’un depuis la nuit des temps et de le reconnaître, le temps servant en quelque sorte de fil d’Ariane de la rencontre amoureuse. Les amants, les clients est une chanson bâtie sur une formidable image : un couple d’amoureux seuls à Strasbourg-Saint-Denis, entre les putes et les clients. Ajoutons T’es mon château où, en œnologue averti, Jacno compare son amour à tel ou tel vin.

Eh bien, pour accompagner cet imaginaire, on ne saurait trop encourager Jacno à contacter Brian Ferry pour que des musiques envoûtantes nappent ses propos. Au plan musical, seul l’avant-dernier titre, Mars rendez-vous, chanté en duo franco-allemand parvient à nous envoûter.

Oui, c’est là où le bât blesse : Jacno est un vampire et tant qu’à faire on aimerait tendre son cou et qu’il y plante ses crocs. Au lieu de cela, il se contente de nous allumer et de nous faire croire que s’il voulait…

Cela dit, sur notre échelle de valeur, Florent Pagny est un cancrelat que les talons de Jacno écrasent d’un coup. Il ne faut pas confondre un ringard et un flemmard !

Neige noire, Variations sur la vie de Billie Holiday, Théâtre de la Tempête

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Un hommage émouvant à Billie Holiday (suite…)

Trois Soeurs, Anton Tchekhov, La Tempête

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Sur scène, trois femmes seules dévoilent leur histoire de cœur. Elles racontent tour à tour la relation qu’elles entretiennent avec leur père, leur frère, leur amoureux. De la scène à l’écran, les trois sœurs s’adressent à eux dans un récit navigant entre passé et futur.  (suite…)

Là où j’en suis, Florent Mahoukou

© Kinzngeulé
© Kinzngeulé

Une performance de danse contemporaine intéressante mais déstabilisante.

Originaire du Congo Brazzaville, Florent Mahoukou rapproche dans ce spectacle son univers à celui de la danse japonaise. Deux pays qu’on ne verrait pas d’emblée si aisé de rapprocher. Des passerelles se créent à travers les pas et le maquillage traditionnel congolais tacheté dans la blanche peinture de Geisha.

Sur le plateau parsemé de chaises en plastique, le corps de quatre danseurs congolais et une danseuse japonaise s’emmêlent. Mais sans rapport de séduction. La danseuse japonaise Arisa Shiraishi danse sur un pied d’égalité masculin-féminin.

Quelques scènes de danse au ralenti accompagnées à la guitare offrent des moments de grâce. Le mouvement de Brazzaville, son sens de la débrouille, sa lutte, son entraide jaillissent. On semble admirer de belles scènes de rue au milieu de l’agitation urbaine.

Mais la deuxième partie se montre plus obscure, plus décousue. Des bruits assourdissants agressent l’oreille. Puis une bâche noire recouvre le corps des danseurs. Sont-ils ensevelis sous le poids d’un sombre passé ? Ou rampent-ils pour montrer le risque qu’encourt l’homme face aux déchets plastiques ?

Dans la continuité de Sac au dos et My Brazza, Florent Mahoukou explore de nouvelles pistes créatives. Façonné dans la terre congolaise, il trouve son inspiration dans l’énergie qui l’a vu grandir. Loin d’être déraciné, il porte un message d’espoir à travers la danse pour déjouer les clichés sur le continent.

La découverte d’artistes et de leurs univers, telle est bien l’un des ingrédients si apprécié du Festival de danse Instances à Chalon sur Saône dont la douzième édition connut un grand succès.

Là où j’en suis part en tournée en 2015, notamment au Cdn de Rouen en avril 2015

 

 

Eden

La réalisatrice d'Un amour de Jeunesse s'inspire cette fois ci de son frère, proche de la french touch. Une oeuvre nostalgique sur l'émergence du mouvement qui a conquis le Monde entier.

Réalisatrice atypique et délicate, Mia Hansen Love renoue ici avec une veine intime pour raconter la grande aventure de la french touch et tous les DJ qui ont secoué la France puis le Monde avec des soirées à concept. Paul monte donc des soirées Garage qui prennent de plus en plus d'ampleur. Au début des années 90, avec ses amis, ils recyclent les vinyls de papa avec des sons électro. Les soirées Cheers sont très prisées par les fêtards de Paris mais aussi des grandes capitales.

Paul a un rêve musical. Il l'approche concrètement. Mais cela se fait au détriment de ses amours et de ses faibles revenus. Loin de vouloir s'imposer comme un récit historique, Eden raconte donc la naissance d'un genre et en même temps l'évolution sur plusieurs années d'une génération qui fuit la réalité dans les boites de nuit et l'électro.

Mia Hansen Love ne fait rien comme les autres. Son film se refuse toute morale ou tout jugement qui rassurerait le spectateur. A la différence des biopic américains ou luxueux, l'apparition de l'electro vient de l'intime, du coeur et du destin de quelques amis, fans de musique et d'excès adolescents.

Comme toujours, la réalisatrice préfère l'esquisse à la démonstration. Ce n'est pas le succès de la French Touch qu'elle met en scène, ce sont les désirs et les désillusions des petits matins gris après la fête. Ce sont les réveils où les promesses amoureuses peuvent s'éteindre très vite. Ce sont les besoins de s'évader d'un monde trop terre à terre. Finalement la passion de Paul le coince dans une adolescence qui va lui coûter cher.

Découverte par Olivier Assayas comme actrice, Mia Hansen Love s'inspire de la vie de son frère. Ca explique peut être quelques répétitions et de longueurs qui rappelle effectivement Assayas. Elle s'attarde trop sur le destin héroïque et pathétique de Paul. Cependant elle aime ses personnages, parfaitement joués. Mention spéciale à la toute belle et belge Pauline Etienne, actrice incroyable. Aidé par une bande son pétaradante, le film réussit à ne pas être mélancolique et nous conter une histoire tendre et intime, qui touche le coeur autant que les oreilles.

Avec Félix de Givry, Pauline Etienne, Vincent Macaigne et Greta Gerwig - Ad Vitam - 19 novembre 2014 - 2h10

L’indien dans la nuit Blanche

Sam, c’est l’indien. Son grand frère est le cowboy. Entre eux, c’est la guerre, la vraie guerre. Une nuit, à bout, Sam décide d’aller planter son tipi sous la table de la salle à manger. Puis, le cowboy arrive …

Quelle merveille que cet album !

Le texte de Didier Lévy est touchant, percutant et sensible. Les illustrations de Laurent Corvaisier sont magnifiques alliant avec précision et justesse la violence du jeu imaginé à celle de la réalité quotidienne. Les couleurs sont flamboyantes, le trait précis et efficace, tout cela sur un papier presque luxueux.

On le sait, on ne se le dit pas toujours, mais parfois, on se débarrasserait bien de son frangin ! Pourtant, comme il est bon de jouer ensemble ! Comme il est bon surtout de sentir sa présence rassurante.

Vous l’aurez compris, L’indien dans la nuit blanche est un incontournable pour tous les frères et sœurs de plus de 5 ans ! Foncez !

Oskar Jeunesse - 24 pages

L’Azerbaïdjan, l’élégance du feu, Reza

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Paysages étonnants d’Azerbaïdjan en face de visages aux regards perçants. Élégante exposition photos de Reza dans un décor inattendu du Petit Palais. (suite…)

Eskelina – Le Matin du Pélican

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Une bonne nouvelle pour la chanson française

Eskelina sort un premier album, Le matin du Pélican. Guidée par Christophe Bastien, guitariste du groupe Debout sur le zinc, et par Florent Vintrignier, parolier qui travaille régulièrement avec la Rue Kétanou, Eskelina produit un bel album, frais, acoustique et très mélodieux.

Avec un  phrasé léger accentué par ses origines suédoises, la chanteuse a incontestablement un don pour les ritournelles qui restent en tête. La voix est timbrée et vole avec facilité dans des aigus vibrants qui invitent au voyage. Les arrangements sont simples et mettent à l’honneur  guitare folk et contre-chants. Les chansons se baladent de ballades en ballades, sans prétention et avec efficacité.

Cette simplicité apaise. On remet l’album en boucle pour accompagner ses soirées ou ses virées dans la ville. Onirique. Emouvant.  L’album est réussi. Les chansons s’enchaînent avec cohérence. « Je reviens » ouvre l’album et reste incontestablement le titre qui sera sans doute le plus écouté et, on l’espère, diffusé sur les ondes.

Une bien belle découverte, une bien belle interprète. A connaître.


http://www.eskelina.com/

https://fr-fr.facebook.com/eskelina 

Hunger Games La Révolte – Partie 1

Résumé des épisodes précédents: Les Etats Unis ont connu un désastre qui a profondément modifié la société: d'un coté vous avez des riches habillés comme des clowns qui jouissent du pouvoir et qui martyrisent des pauvres qui vivent comme des amish dans des districts. Pour effacer toute rébellion, les riches organisent les Hunger Games.

Des gamins s'entre-tuent pour divertir le peuple et les nantis. Venue du district 13, Katniss va surmonter cette épreuve, réveiller la colère sourde et provoquer une véritable révolte. Nous voilà donc au temps de la lutte entre les districts et le Capitole, impitoyable et protégé par une armée de types déguisés en Daft Punk.

Tirée d'une série de livres pour adolescents, la saga Hunger Games a le grand mérite de pervertir avec bienveillance ce genre de produit hollywoodien, très à la mode depuis le succès de Harry Potter et Twilight. Il y a donc une double lecture facile à remarquer: le film dépeint finalement une société du spectacle devenue dictature, une version violente d'Hollywood: ses besoins en chaire fraîche, l'illusion qu'elle projette au Monde entier, sa nature propagandiste. Pour cela, les films sont plutôt intéressants. Comme dans Matrix, l'héroïne est perçue comme une terroriste, une anarchiste, un concept difficile pour l'industrie du cinéma américain!

Mais les films sont hélas d'une rare laideur. le design, les costumes, les décors sont d'un kitsch assez renversant. Dans cet épisode on n'est pas loin du nanar italien (avec des sous tout de même) ou pire: Fortress avec Christophe Lambert, mètre étalon du naveton sympathique. Donald Sutherland est ainsi momifié. Woody Harrelson a une nouvelle perruque. Jennifer Lawrence joue l'aventurière au mental de Laura Ingalls dans La Petite Maison dans la Prairie. Une partie du casting du sexy Boogie Nights (Julianne Moore et Philip Seymour Hoffman) se retrouvent pour prononcer des discours pesants sur la liberté et le combat; fringués dans des blouses de mécaniciens.

Dans les deux épisodes précédents, on se tuait au grand air. Ici tout est confiné et un peu terne. Même l'histoire qui s'étire un peu (on a divisé le dernier livre en deux films pour cause économique évidente) est un peu timorée. Le film devient bipolaire entre le production design catastrophique et la nature un peu rebelle du récit. Cela amuse car Hollywood s'écartèle tout seul avec Hunger Games, mais à la longue, c'est désormais sans grande surprise. C'est quand le grand jour? La lutte finale? Vivement la fin!

Avec Jennifer Lawrence, Liam Hemsworth, Woody Harrelson et Julianne Moore - Metropolitan filmexport - 19 novembre 2014 - 2h

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