Out Among the Stars

D’outre-tombe, la voix de Johnny Cash se fait encore entendre. Noir, c’est noir!
Johnny Cash est mort et douze nouvelles chansons sont déterrées. On peut en effet s’inquiéter de ce cri d’outre tombe puisque les ritournelles de l’homme en noir correspondent à la période la plus sombre du chanteur !
Out among the stars comprend donc douze chansons interprétées entre 1981 et 1984. A cette époque, Johnny Cash souffre beaucoup. La maladie. Les addictions. La vie personnelle. L’argent. Tout lui fait défaut.
Johnny Cash n’est qu’un gros ringard fini mais il continue donc à enregistrer. Après son come back fracassant avec les nombreux American Recordings, opérer à nouveau un retour sur son passé est délicat. On ne sait pas trop si c’est louable de ressusciter ce moment pénible dans la vie de l’artiste.
D’autant que musicalement, les années 80 sont assez difficiles, très marqués par la production. La famille Cash ripoline donc les enregistrements perdus. Le fiston et la demi-sœur s’appliquent à rendre l’ensemble présentable.
Nous sommes donc dans une country assez classique, avec pedal steel et rythmes binaires bien sages. C’est Nashville avec tout son barnum à franges. Heureusement la voix crépusculaire de Johnny Cash fait la différence.
Elle rappelle le pouvoir de Johnny Cash, oiseau de mauvais augure dans l’histoire de la musique américaine. Il transcende les gentilles orchestrations. On oublie parfois la douteuse résurrection de ces «trésors cachés » et la douleur à laquelle ils correspondent. Quand on se souvient de l’éclatant retour dans les années 90 de l’homme en noir, on se demande si cette douzaine de titres était vraiment nécessaire. La nostalgie joue des tours étranges, entre joie et malaise.
Columbia - 2014
L’appel du Coucou

JK Rowling, star et milliardaire depuis le succès d'Harry Potter sur tous les supports médias, s'est fait massacrée par la presse lorsqu'elle a sorti son premier polar, Une place à prendre. Pas bête, elle pousse son envie de récits policiers en changeant de nom. Aussitôt ça fonctionne. La presse adore Robert Galbraith.
Il est vrai que ce dernier sait y faire en matière d'histoires palpitantes dans un Londres ambigu qui cache bien des secrets autour du star system. C'est le plus intéressant dans le bouquin: la description du poids de la renommée et de la gloire!
On devine que l'auteur d'Harry Potter s'en donne à coeur joie. L'univers du show business est dépeint sans aigreur mais avec une certaine cruauté assez jouissive. Et pour ne pas être trop sombre, l'écrivain réussit un personnage principal, torturé mais très sympathique.Un détective privé décalé et héroïque, qui nous réconforte un peu avec l'humanité près à toutes les bassesses.
Cormoran Strike, carrure de rugbyman et amputé d'une jambe, est détective et fils de star. Il a bien du mal avec sa carrière professionnelle comme avec sa vie privée. C'est un cliché de la littérature mais Galbraith/Rowling arrive à le rendre touchant et amusant. Car ce drôle de type va rentrer dans le monde de la mode comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.
Il est chargé par un riche avocat de découvrir ce qu'il s'est passé: une mannequin célèbre est tombée de son balcon. La police a conclu au suicide mais les apparences peuvent être trompeuses. Le bouquin ne fait donc pas du tout dans la nouveauté mais l'efficacité est là.
Rapidement on s'attache aux enquêteurs. On s'amuse beaucoup de voir Rowling régler ses comptes avec la presse et observer la dangerosité des lumières de la gloire et de la ville. Ce n'est pas le grand polar de l'année mais c'est sûrement une oeuvre bien ficelée et un très bon moment de lecture. Si Cormoran Strike pouvait avoir autant de succès que le petit magicien, nous, les amateurs de polar on ne serait pas contre!
Livre de poche _ 696 pages
Content Nausea

Peut on arrêter ce groupe américain qui déchaine un rock libéré de toute contrainte et qui mouille la chemise pour quelques riffs sauvages? Belle attitude!
L'année dernière, on appréciait le rock style garage de ces New-yorkais, joyeux de défendre un punk débridé et terriblement libérateur. Un groupe qui nous venge du punk californien qui fait tout pour faire entrer de la pop dans ce monde sale et méchant!
Andrew et Max Savage, aidés de deux de leurs amis, se défoulent deux fois plus cette année. Un premier disque il y a quelques mois qui confirmait tout le bien que l'on pensait d'eux. Un second déboule dans la foulée, tout aussi réjouissant.
Le quatuor a tout compris à la musique populaire: ils travaillent plus l'émotion que la technique. Ils détestent la perfection et préfèrent jouer ensemble, avec l'envie d'en découdre et une douce fureur, un peu puéril et toujours électrique.
Ils nous font bien plaisir avec leurs petites hymnes rapidement exécutés et profondément primaires. Sans être idiotes! On pense à Sonic Youth, Stephen Malkmus et tous les autres adeptes du elofi, d'une musique adolescente mais tellement essentielle.
Ils jouent comme si leur survie en dépendait. Cette débauche d'énergie fait toute la différence. Ils s'abandonnent à la musique. Ils refusent le compromis ou le lyrisme. Ils cherchent l'essence de leur geste. En quinze jours, ils se lancent des défis qui réussissent avec une désinvolture agréable et cela donne un quatrième album encore réussi. Ils sont drôles et leur jemenfoutisme les sauve de tout, du ridicule ou de la facilité.
Ils sont nerveux, un peu branleurs, très cools. Parquets Courts est un vrai plaisir coupable, simple et efficace.
What's your rupture - 2014
Sonic Highways

Comment va Dave Grohl, le nouveau poids lourd de la musique qui se joue très fort?
Très bien merci. Le petit adolescent consommateur de marijuana est devenu à 45 ans, l'un des personnages les plus influents du rock américain. Un peu par accident. Serait il aussi fort si Kurt Cobain n'avait pas eu cette idée saugrenue de se tuer? Aurait il pu construire un monstre sonore comme les Foo Fighters avec la présence de Nirvana?
Son émancipation avec la légende de Nirvana s'est révélé impressionnante. Avec humilité, Dave Grohl a su se bâtir d'abord une solide réputation puis un vrai charisme qui a libéré d'autres groupes amateurs de lourdes notes comme Queens of the Stone Age.
Maintenant, Dave Grohl gère sa carrière avec plaisir et un talent évident. Il est l'ami de tout le monde. Il participe à de nombreux projets dont le fameux Them Crooked Vultures. Et surtout il défend un rock couillu. Pas fin du tout. Mais très réjouissant. C'est toujours une histoire de copains finalement, les disques de Grohl!
C'est pour cela qu'on a toujours une tendresse pour ce batteur devenu leader malgré lui. Il n'existe que dans la musique et se défoule qu'avec ses vieux compagnons. Foo Fighters réunit donc les musiciens de toutes les époques. Pat Smear a fait son retour définitivement. Butch Vig, le producteur de Nevermind est toujours là. Ils continuent ensemble le chemin du rock bien yankee.
C'est le concept de Sonic Highways. Ils traversent l'Amérique et s'inspirent des villes visitées. L'enregistrement a lieu donc à Austin, New York, Nashville et bien entendu Seattle. Grohl et ses copains veulent s'inspirer des traditions locales, sans abandonner leur célèbre énergie qui a fait leur succès.
Sans surprise, le disque a sacrément la pêche. Les riffs sont bruyants. Les rythmiques sont virtuoses et la voix sait moduler les plaisirs du genre. C'est ce qu'on aime aussi chez Foo Fighters: ils n'hésitent pas à s'emballer pour les pires clichés du hard puis passer à des choses plus âpres ou périlleuses. Tout ce qui fait vriller les oreilles des vieux semble les intéresser.
Indécrottables, les Foo Fighters sont vraiment sympathiques. Leur absence de retenue fait tout le charme de leur carrière. Ils en font parfois trop. Parfois pas assez. Ils sont là où on les attend: au carrefour de tous les rocks.
RCA - 2014
Juillet de Sang

C'est âpre. C'est rouge. C'est bon. En embrassant tous les clichés du polar hardcore, Juillet de Sang est réjouissant et réussit même à surprendre.
C'est une petite ville tranquille comme souvent les auteurs de polar savent les décrire. L'ennui rassure et hante les habitants jusqu'à ce que Richard Dane tire sur un cambrioleur. La police enquête mollement. L'affaire est rapidement classée. Dane est fêté par la petite communauté. Hélas pour lui, le papa du voleur vient tout juste de sortir de prison et il n'est pas content...
Joe R.Lansdale connaît les conventions. Il les respecte avec une ferveur quasi religieuse. On retrouve tout ce que l'on sait de la petite ville secouée par la violence. Le règlement de compte. La corruption. L'ambiguïté de la justice. Tout y passe. Heureusement Juillet de Sang se permet des virages à 180 degrés.
Le livre pourrait se diviser en trois parties, distinctes. A chaque fois, Lansdale nous plonge un peu plus dans la noirceur. Ce qui ressemble d'abord à un exercice de style assez sage devient une oeuvre de plus en plus sauvage. Les héros se font promener dans un univers sombre, cruel et d'une violence de plus en plus écoeurante.
Mais c'est brillant par sa sécheresse et sa virtuosité. Les apparences sont trompeuses.Richard Dane va se retrouver piéger dans un cynisme incroyable qui ouvre la porte de l'enfer, celle des autres, ceux qui se moquent de tout, qui n'ont plus de limite. Accrochez vous. Ca fait mal... et c'est ca qui fait du bien.
Folio - 320 pages
Sara Baras Ballet – Voces

Hommage aux grands noms du flamenco par le ballet emblématique de Sara Baras. A voir !
Grande figure du flamenco contemporain, Sara Baras présente sa création mondiale : Voces au Théâtre des Champs Elysées. Elle y rend un hommage très émouvant aux artistes ayant façonné le monde du flamenco, l’ayant inspiré, guidé, en particulier Paco de Lucia, mort cette année.
Les musiciens et danseurs prennent place avec humilité devant les portraits de leurs sources d’inspiration. On se sentirait presque invité en famille, tant la troupe se connaît. Tous les rythmes du flamenco enflamment le théâtre des Champs Elysées. Des numéros de claquette d’une rapidité époustouflante alternent avec des chorégraphies du corps de ballet.
Sous forme de duos sensuels aux allures de duels de toreros, Sara Baras et José Serrano nous envoutent. Ils frappent le sol de toute l’énergie de leur corps et impressionnent par la rapidité de leur jeu de jambes.
Dans des tableaux couleurs contrastés par le jeu des lumières, la scène capte tous les mouvements. Parées de leurs plus belles robes, les danseuses virevoltent. La fluidité des voiles et des volants leurs donnent une élégance remarquable. La grâce des mains des femmes répond à la virilité fière des hommes. Ils se rejoignent autour de l’esprit de fête.
Un seul regret : l’absence de traduction des extraits de textes des figures du flamenco. Tout le public du théâtre des Champs Elysées ne comprend pas l’espagnol, et bien que la traduction se trouve sur les livrets, on aurait apprécié comme à l’opéra un sous titrage.
On sent combien la famille du flamenco porte le deuil de l’immense guitariste Paco de Lucia, combien son souvenir hante les mémoires. Mais alors le flamenco si empreint de douleur trouve son exutoire par la danse et la chanson. Place à la fête !
« C’est la voix qui sourd de notre danse, de notre chant, d’un accord de guitare, par la force de son âme, c’est la voix qui par humilité et d’une sincère admiration sait seulement dire « olé et merci. » Santana de Yepes
Jusqu'au 11 janvier 2015 au théâtre des Champs Elysées
Asa Nisi Masa

Un arc en ciel de danse illustré par des images aussi drôles que poétiques.
Avez-vous déjà vu un panda ou une girafe faire une bulle de chewing gum ? Un gorille regarder danser une ballerine? Vous imaginez-vous l’arche de Noé en forme de kora, cet instrument africain à cordes ? José Montalvo va vous surprendre dans une joyeuse féerie où l’usage des technologies numériques soutient l’imaginaire des petits comme des grands.
En salopette short, ou en kilt bigarré, cinq danseurs se lancent des défis. Avec une énergie débordante, ils passent du classique au hip-hop, des claquettes aux danses africaines. Hormis l’agacement dû aux paroles inutiles « regardez moi », on suit tout, les yeux ébahis.
Création originale et joyeuse du chorégraphe, metteur en scène et vidéaste, Asa Nisi Masa s’amuse de la rencontre de la danse et de l’image. Dans une synchronisation parfaite, l’écran suit les mouvements pour apporter le rire, le décalé.
Asa Nisi Masa est la formule magique inspirée du film Huit et demi de Fellini. Elle permet au héros de replonger dans son enfance avec malice. Elle fait ici danser le public complice.
Bonne idée de la nouvelle scène nationale de Valence que de lancer sa saison par un spectacle pour enfants aussi pétillant. Bonnes fêtes !
www.lux-valence.com
Le Septième Fils

C'est le Septième fils du Septième fils mais ce n'est sûrement pas le dernier nanar d'heroic fantasy. Indigeste comme une buche!
Pour les fêtes, il y a les dessins animés niais avec des princesses qui chantent des paroles imbéciles. Il y a des comédies pour débrancher le cerveau et digérer les fêtes. Il y a aussi les films d'aventures fantastiques pour faire rêver les petits et les grands. Quand il s'agit de Peter Jackson et ses Hobbits, ca peut fonctionner.
Quand c'est l'adaptation d'un bouquin pour jeunesse filmé par un Russe défoncé à la vodka et joué par des types qui doivent payer leurs impots, ca donne un tout autre résultat. Il s'agit donc là du Septième fils, nanar d'un autre temps, à classer entre Kull, spectaculaire et amusant navet des années 80 et Beowulf, énième et colossal bouillie filmique à la gloire de Christophe Lambert!
Ici il y a les moyens avec un gros studio et de chouettes acteurs. Mais Jeff Bridges prend l'accent texan pour imiter la sagesse d'un épouvanteur, chasseur de monstres dans un Moyen-âge bizarre. Il poursuit une Julianne Moore cabotinant pour régler ses ardoises avec le fisc. Ca peut être la seule motivation pour jouer un dragon noir se transformant en danseuse gothique de french cancan (le concept est poussé un peu loin mais c'est la meilleure façon d'imaginer son interprétation).
Les vieux briscards écrasent les jeunes: le sympa Ben Barnes (déjà vu dans le Monde de Narnia) et la sublime Alicia Vikander (remarquée dans Royal Affair) ne résistent pas aux successions de cabotinages des plus âgés, plus flippants que les effets spéciaux qui datent des années 90. Une éternité!!
Réalisateur de gros blockusters russes (Mongol, Nomad), Sergey Bodrov filme donc la poursuite d'un épouvanteur pour mettre la main sur une vilaine créature avec un grand sens qui n'importe quoi. Ca ne ressemble à rien. C'est réalisé avec une hystérie qui finit par lasser rapidement. La production est incohérente. Tout est assez moche et débile. On devine l'envie de créer une franchise nouvelle mais hélas, il faut un peu d'élan pour cela et ce Septième fils est un peu l'enfant honteux dont on oubliera rapidement l'existence!
Avec Jeff Bridges, Ben Barnes, Julianne Moore et Alicia Vikander - Universal - 17 décembre 2014 - 1h45
Le Voyageur de Noel

Après La disparue de Noël, Anne Perry nous livre un récit policier aux allures de conte moral. Une nouvelle tradition victorienne…
Couverture avec le papa Noël sur fond vert sapin. Livre en tête de gondole autour du 25 décembre. Petite phrase "A ceux qui veulent donner le meilleur d’eux-mêmes" en début de livre. On était pourtant prévenus…
Nous sommes en décembre 1850, dans un grand domaine de la région des lacs en Angleterre appartenant à Judah Dreghorn et Antonia, sa femme. Les frères Dreghorn doivent se réunir pour les fêtes mais voilà qu’avant l’arrivée de la petite famille, Judah est retrouvé noyé dans les eaux glacées de la rivière passant à proximité de sa propriété. Chute ? Crime ? En détresse, Antonia demande alors à son parrain Henry Rathbone de venir la soutenir dans cette épreuve. Dévoué et homme plein de bonté, il se charge d’annoncer à la famille qui arrive de part le monde la triste nouvelle et entreprend parallèlement d’enquêter sur la mort de Judah qui lui paraît suspecte. Le feu Judah, juge de profession et homme d’honneur, est accusé par Ashton Gower d’avoir rendu un mauvais jugement dans le simple but de déshériter ce dernier et d’acheter à moindre coût la propriété. Ashton vient de sortir de onze années de prison prononcées par le juge Dreghorn… La sortie de prison d’Ashton et la mort de Judah sont elles liées ?
Même si le récit est plutôt réussi, alliant descriptions rurales hivernales et enquêtes diverses dans plusieurs lieux, l’ensemble reste assez léger. Le livre mériterait 100 ou 200 pages de plus afin d’affiner les portraits des personnages et surtout les relations entre eux. Si l’on sent quelques affinités entre certains, le réseau demeure superficiel et seulement descriptif. Henry est balancé entre intrigue policière et affectivité mais ne convainc ni par l’un des aspects ni par l’autre. Chargé d’accueillir les invités et de décrire au lecteur l’identité de chaque personnage, Henry ne peut faire démarrer l’intrigue que tardivement et quand on sent que le huis clos du domaine pourrait prendre des allures de dix petits nègres, le cercle familial étant en proie aux doutes et aux tensions, tout est déjà fini… Le suspense n’est pas vraiment de mise, le réseau familial peu exploité… Le crime est tissé autour d’un réseau d’actes notariés et de jugements…
On est finalement davantage dans un petit conte moral de la bourgeoisie victorienne que dans une affaire de grand détective. En somme plus proche d’un roman que d’un policier. Ce qui permet à Anne Perry de nous lancer des petites leçons de morale qui font toujours du bien en période de Noël et de bonnes résolutions, comme ce petit paragraphe sur le déni : "Nombreux sont ceux qui refusent de reconnaître qu’eux-mêmes, ou ceux qu’ils aiment, puissent commettre une erreur ou être les propres artisans de leur malheur. A court terme, il paraît plus simple de blâmer autrui, de laisser la colère et l’orgueil vous enfermer dans le déni. Certains y vivent à tout jamais. D’autres reconnaissent leur part une fois que toute vengeance s’est révélée impuissante à guérir la faiblesse qui les a précipités dans leur chute. Plus on persiste à adresser des reproches à autrui, plus il devient difficile de revenir en arrière, tant et si bien que tout l’édifice de ce à quoi l’on croit repose sur un mensonge, et que le démontrer équivaudrait à se détruire soi-même." Amen !
Le voyageur de Noël est donc un livre plutôt agréable à lire mais décevra les amateurs de policiers et d’Anne Perry. Nous sommes loin des enquêtes de Charlotte et Thomas Pitt. En somme une bonne tisane de Noël à boire rapidement en attendant Le visiteur de Pâques…
Rhapsode

Attention les oreilles: un petit génie français propose une pop psychédélique, idéale pour les fêtes de fin d'année. la bande son pour la saison.
Emile Sornin a un look pas possible. Un truc tendance, décalé, basé sur des fringues ringardes et une pilosité pour le moins inhabituel. Derrière le nom étrange de Forever Pavot, Emile Sornin se transforme donc en musicien surdoué pour créer un style pop pas révolutionnaire mais très chaleureux.
Résolument tourné vers les années 60 et 70, sa musique n'a pas de frontière. On pense au swingin' London des sixties, au soleil chaud du rock californien mais aussi aux délires cachés d'Ennio Morricone. Il pourrait être un lointain cousin frenchy et dégénéré de Neil Hannon, leader de Divine Comedy.
Comme lui, il aime l'ampleur avec peu de choses et les sons ripolinés. Il sait utiliser la délicatesse pour mieux surprendre. Il aime les orchestrations délicates pour trouver pourtant un rythme trépidant. Il aime surprendre et on ne va pas s'en plaindre. Ce n'est pas nouveau mais ils sont peu à s'attaquer avec autant de sensibilité sur l'éternel retour entre le passé et la modernité.
Parce qu'il est réalisateur de clips, le musicien réussit à nous envelopper dans sa musique avec des plages musicales délicieuses et caressantes. De vieux instruments glissent dans des boucles enivrantes. Pour les fêtes, c'est une bande originale idéale, tellement elle est glamour, accessible à tous et vintage pour toute la famille.
En embrassant la tendance, Forever Pavot la transcende. Il utilise tous les artifices à la mode. Il s'approche parfois de la parodie mais pourtant cela fonctionne: on entend que tout est fait avec beaucoup de coeur et de passion. Il est un peu à la pop, ce que Wes Anderson est au cinéma américain. Certains ne vont pas aimer, d'autres vont crier au génie. Ce qui restera c'est le disque: émouvant, prétentieux et culotté. De vrais qualités qui peuvent marquer leur époque! On verra!
Born bad records - 2014




