Full Tramp

De Brooklyn, quatre garçons dans le vent se moquent de tout et du punk en particulier. Savoureux!

Le quatuor de Dirty Fences réunit quelques rigolos. Des banlieusards de New York qui se foutent du rock et tout son business. Pour eux ca ressemble à un échappatoire bruyant, une belle blague où l'on peut se déguiser, une bonne grosse cuite entre potes. Il suffit de voir la pochette de leur disque pour comprendre ce qu'ils aiment dans la grande histoire du rock'n'roll.

On est bien plus près des Sex Pistols ou des New York Dolls! Ce sont peut être les lendemains de fête qui inspirent les chansons percutantes de Dirty Fences. Il y a quelque chose de touchant dans ce monde connecté et très fier de sa technologie de poche, d'observer des joyeux drilles qui croient encore aux vertus d'un bon gros riff entre copains dans un garage,  poursuivant le rêve d'une éternelle adolescence!

Ca transpire donc sur les quelques chansons de Full Tramp. Les vauriens se dépêchent de plaquer des accords à un rythme assez infernal avec une volonté masturbatoire d'en découdre avec le rock de papy, lorsque ce dernier avait une crête et un jean déchiré. Leur imitation est parfaite. On s'y croirait.

Ce n'est pas nouveau mais c'est un bon moment régressif car l'agressivité et l'énergie nous transportent dans un univers à part, où les hommes suent à grosses gouttes pour des plaisirs futiles mais réels. Sales mais bons!

Slovenly - 2015

The Art of the Brick – L’incroyable art du Lego de Nathan Sawaya

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L’exposition est étonnante et spectaculaire. Étonnante parce qu’elle montre l’inimaginable à partir de Lego, spectaculaire parce que les sujets sculptés ont des dimensions humaines qui troublent l’œil du spectateur et sa perception. Le changement d'échelle joue en faveur de l'oeuvre comme chez Ron Mueck ou Jeff Koons.

Nathan Sawaya est sans soute un brin mégalomane, un brin fêlé et à coup sûr très rusé. L’homme se présente à travers une vidéo dès l’entrée de l’exposition, avec l’assurance du self-made-man américain qu’il est, puis il continue à vous parler sur les cartels en s'adressant à votre conscience. Cela en énervera certains ou en amusera d'autres. L’homme a débuté par des études de droit et finit avocat. Mais voilà, le soir, l’homme crée avec des Lego. Il est employé par Lego qui voit le filon s’ouvrir à lui. Nathan Sawaya ouvre alors son propre cabinet pour voler de ses propres ailes… de Lego.

Les œuvres exposées sont à voir. Qu’on y voie ou non de l’art contemporain ou un geste marketing savamment dosé à partir de produits dérivés, il y a dans les œuvres montrées une continuité autour de la condition humaine et des limites de la matière que l’artiste lie aux limites de l’existence dans une société mondialisée ou l’entreprise impose ses lois. Il y est question de tensions entre le monde intérieur de l’homme et son environnement.

Si le pouvoir expressif de la matière Lego est limité -l’art est essentiellement figuratif- les jeux de lumières créent en revanche des effets intéressants sur le relief des visages représentés. Au-delà des concepts ou des symboles, la matière Lego est utilisée par Nathan Sawaya comme un pixel numérique. Notre œil de spectateur est beaucoup moins efficace que l’objectif de nos smartphones pour saisir la réussite réaliste de ses œuvres planes. Prenez une photo d’une œuvre, le constat est saisissant : l’œuvre photographiée est plus réaliste que ce que nous voyons. L'appareil voit ce que nous ne voyons pas. La dernière salle joue de cette ambiguïté. Les œuvres en Lego sont intégrées à des photographies numériques de synthèse avec des couleurs pastels type cartes postales américaines des années 50.

Les sujets représentés sont suffisamment simples pour que chacun puisse s’y identifier. Les métaphores sont récurrentes, amusent parfois ou font grincer. La solitude est probablement le personnage qui apparaît le plus dans cette exposition, cette solitude partenaire idéale du joueur de Lego. "Un jeu terrible, cruel, captivant... comme un légo avec du vent..."

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http://www.theartofthebrick.fr/
Paris Expo, Porte de Versailles, Pavillon 8/A
1 Place de la Porte de Versailles – 75015 PARIS
Métro : ligne 12, station Porte de Versailles
Tramway : Ligne T2 et T3 – Bus : Lignes 39 – 80
Parkings sur place

Du 14 mai 2015 au 30 août 2015
Ouvert tous les jours de 10H à 18H en mai et juin
De 10H à 19H en juillet et août
Fermeture exceptionnelle les mardis, en mai et juin

Semianyki Express – Théâtre du Rond-Point

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Du rire à très grand vitesse !  Irrésistibles !

Leur premier spectacle déjanté sur la thématique de la Famille avait fait un ravage. Succès dans toutes les salles, de très nombreuses programmations en France et notamment au Théâtre du Rond-Point qui les invite plusieurs fois de suite en 2007 et 2011. Ces clowns de théâtre reviennent cette année avec un nouveau spectacle sur le thème du voyage.

Seminanyki Express installe six personnages de la troupe russe dans un train imaginaire. Il n’en faut pas davantage pour déclencher une succession de tableaux visuels d’une drôlerie et d’un comique remarquables. La troupe s’est dotée pour cela d’une production plus importante en termes de décors et de musiques populaires. Le résultat est sans doute un théâtre plus occidentalisé que celui du précédent spectacle qui faisait figure d’OVNI dans le théâtre actuel. Le tout reste néanmoins hilarant dans de nombreuses situations. La mécanique du rire agit implacablement. Les gags s’enchaînent.

Kasyan Ryvkin, en chef de gare, installe un personnage corporellement d’une souplesse et d’une rythmique digne d’un Chaplin qui aurait gobé un Stan Laurel, quand Olga Eliseeva parvient dans ce spectacle à développer tous ses talents de femme plantureuse dans des registres improbables de séduction et de rudesse. Hilarante scène de flamenco dans laquelle la diva du burlesque joue une danseuse de choc. Mémorable scène de patinage artistique digne d’un Laurel et Hardy. Irrésistible cuisinier préparant un repas pour deux invités surprise du public. Olga crève le plateau.

La scénographie de Yuri Sutchkov, les costumes colorés donnent à l’ensemble une tonalité propre aux Semianyki. Les cadences visuelles et sonores accrochent un spectateur pris au piège dans un tourbillon de vie et de férocité. Un art de la rupture d’une grande maîtrise. Le spectacle s’adresse aux enfants et aux adultes qui aiment se laisser rattraper par des tensions zygomatiques. A déguster en famille.


Deux minutes d’arrêt ! / Semianyki Express par WebTV_du_Rond-Point
28 mai - 5 juil., 21:00
salle Renaud-Barrault

samedi, 15:00 et 21:00
dimanche, 15:00
samedi 20 juin, 21:00 et 15:00
relâche les lundis

http://www.theatredurondpoint.fr/saison/fiche_spectacle.cfm/183782-semianyki-express.html

Drones

Muse sort l'artillerie lourde...ou ressort le meilleur de ses faits d'armes. Bref, le trio veut de nouveau remplir les stades avec des hymnes imparables qui vont faire voler en éclat tout votre bon sens!

Car Muse a énormément de défauts mais une très grande qualité: ils veulent faire bouger les foules. Ils voient les choses en grand. Ils sont dans la démesure totale, au delà du bon goût et du lyrisme le plus pompier. Avec ce septième album, ils reviennent pour mettre le feu!

Les riffs de Matthew Bellamy sont accrocheurs. Ils vous chopent par le cou et vous tirent vers un rock beaucoup moins virulent que les apparences. Le groupe une fois de plus souligne avec leurs chansons héroïques des concepts proches de 1984 ou Le Meilleur des Mondes. Le contexte social et politique fait flipper les musiciens qui se lancent alors dans des morceaux complexes, très pompeux et parfois réussis.

Au bout de sept albums (dont les derniers sont très inégaux), on a aussi le droit de s'ennuyer un peu. C'est toujours un peu le même sens épique qui dirige les opérations de Muse, désormais vieux renard un peu usé par le succès mais toujours heureux de fabriquer un mur de son spectaculaire!

Ils produisent donc des hymnes solides et couillus. Il y a des trucs légers comme il y a des morceaux longs. En tout cas, les rythmes sont lourds tandis que la guitare est tout simplement furibarde du début à la fin. C'est une décharge massive, aux nuances peu évidentes, que Muse nous propose.

On a bien l'impression d'être en temps de guerre. Muse s'y prépare. Ils en font peut être un peu trop. Répétant leurs gestes (musicaux) les plus fameux. Leur disque est limite flippant. Mais cela se fait sans finesse, avec beaucoup d'aplomb. C'est sympa et en même temps très agaçant! Muse est il un groupe téléguidé?

Warner - 2015

Mirror for Heroes

Petite Lilloise surdouée, Lena Deluxe prouve avec un premier album prometteur que regarder dans le rétro, c'est aussi une bonne chose!

Lena Deluxe ne vit pas dans son époque. Encore moins dans sa région. Dans sa tête, la jeune Lilloise a déménagé dans les années 70, à New York, entre les Rolling Stones et le Velvet Underground. Elle aime bien les ambiances hippy, un peu fumeuses, pleines d'utopies. Elle a écouté beaucoup le Jefferson Airplane. Ca plane pour elle!

Pourtant ce premier effort n'est pas nonchalant. C'est du travail d'artisan. La production de ce premier disque fut redoutable pour la jeune femme. Il est prêt depuis un certain temps. Un producteur américain, complice de Mick Jagger et Lenny Kravitz, a craqué pour elle. Mais entre la maladie et les refus de maisons de disque, Lena Deluxe a bien douté.

Pourtant ce que l'on entend à chaque titre, ce sont de douces mélodies bien travaillées et visiblement réfléchies. La voix est posée avec un professionnalisme étonnant: la jeune femme cherche son auditeur. Elle charme avec une maîtrise assez stupéfiante! Pas étonnant que son album plait sur une plateforme de crowdfunding.

Tout en regardant derrière elle, admirant des idoles mythiques, Lena Deluxe affirme son caractère, faisant renaître le chant lyrique des années 70, aidés par des musiques tantôt discrètes, tantôt délurées. Les émotions sont douces. La musique est tricotée. Au fil des minutes, on devine la confiance prise et les doutes. On entend l'espoir et le plaisir. Elle nous remonte le morale, cette petite Lena. Son miroir musical reflète une idée de la poésie, de la sérénité et de la nécessité de la musique dans nos existences. Touchant!

Johnny Williams Son - 2015

Le Groom de Sniper Alley

Tout va mieux pour Spirou et Fantasio. Ce nouveau volet est une belle aventure qui ne pouvait n'arriver qu'à eux!

Décidément Yoann et Vehlmann sont les hommes de la situation. Depuis 1998, le départ précipité de Tome & Janry de la série avait semé une sacrée zizanie.Le Groom et son ami journaliste ont connu plus de bas que de haut. La série One Shot était devenue beaucoup plus intéressante que la série principiale. Durant six années, la série est laissée à l'abandon. Un comble pour un mythe de la bande dessinée.

Pionniers de la série One Shot, Yoann et Vehlmann sont devenus les gardiens du temple en quelques épisodes. Ils reprennent toute la mythologie à leur compte. Ils parviennent enfin à faire entrer Spirou dans son époque, ils sont envoyés dans un pays en guerre pour mettre la main sur un trésor incroyable, la bibliothèque d'Alexandrie!

Le conflit trouve un écho avec l'actualité. C'est la bonne surprise de ce volet assez réjouissant. Les deux auteurs trouvent un rythme et maintiennent un intérêt jusqu'à la dernière page. Nos deux héros se font promener dans un pays sans dessus dessous mais rien de dramatique: ils parviennent à tomber dans un exotique labyrinthe avec des pièges abracadabrantesques!

C'est drôle et enlevé. L'humilité du personnage transpire sur le reste du récit. C'est décidément une très bonne période pour Spirou.

Dupuis - 46 pages

A la Poursuite de Demain

Le film avait tout pour lui... et pourtant A la Poursuite de Demain déçoit. Mais que s'est il passé?

Responsable de trois films d'animation majeurs (Le Géant de Fer, Les Indestructibles, Ratatouille), auteur d'un bon Mission Impossible (le Protocole Fantôme), Brad Bird se voit confier par Disney l'adaptation d'une de ses attractions dans ses parcs, Tomorrowland! La firme est au sommet de l'entertainment. Elle vient de s'offrir Marvel et Star Wars. Elle recycle à tour de bras ses catalogues variés. Et le succès de Pirates des Caraïbes ne peut que la pousser vers ce drôle de projet!

Brad Bird semble avoir compris l'intérêt. Une des premières attractions de Disney ne peut que nous envoyer vers une certaine nostalgie. Il célèbre donc les douces utopies des années 50. Sujet qu'il connaît bien, il en profite pour faire revivre le cinéma de notre enfance, avec des idées piquées à droite et à gauche. On pense à Spielberg, Lucas et tout le catalogue de Disney bien évidemment.

Pour réussir un peu plus cette plongée vers le passé, il embauche le plus prestigieux des Babyboomers, George Clooney, parfait en ingénieur qui a la tête dans les étoiles. Le reste du casting est réjouissant. La mélancolie fonctionne mais hélas Brad Bird obsédé par son illustration des années 50 et des rêves fous qui ressemblaient à de l'innocence, empêche le scénario de bien fonctionner.

Si bien que l'on s'ennuie face à cette recherche d'une contrée étrange nommée Tomorrowland où l'on pourrait trouver une solution à tous nos problèmes. Une jeune fille et un vieux bougon seront les héros d'une incroyable aventure qui pourrait être extraordinaire si elle n'était pas laborieuse.

Brad Bird est un cinéaste généreux. Il veut offrir un vrai spectacle. Il a plein d'idées enthousiasmantes. Avant de finir son film,il démolit une société d'information qui devient dangereuse et pessimiste. Il est force de proposition. Mais accouche d'un film assez long et lent. Parfois pénible. De temps en temps formidable! C'est donc agaçant. Bird nous électrise avec quelques scènes puis nous endort avec une narration trop classique.

C'est véritablement sur courant alternatif que le réalisateur rend hommage aux grands noms de l'aventure et de l'imaginaire, de Jules Verne à... Walt Disney. Maladroit, ce film frustre. On préfère relire l'excellent ouvrage du rigolard Bill Bryson, Ma fabuleuse enfance dans l'Amérique des années 50, tout aussi divertissant!

Avec George Clooney, Britt Robertson, Hugh Laurie et Raffey Cassidy - Walt Disney - 20 mai 2015 -2h05

Démons, Lars Noren, Lucernaire

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Un couple se déchire dans un huis clos obsédant et excessif : Frank et Katarina libèrent leurs démons intérieurs. Au bord de la séparation, ils invitent un couple de voisins, le temps d’une soirée. Tomas et Jenna, jeunes parents, vont, au contact de leurs hôtes, se retrouver face à leurs propres tourments.

Lars Noren analyse dans Démons les méandres et les ambiguïtés de la passion amoureuse jusqu’au désir de destruction et de mort, de l’autre mais aussi de soi. Ce texte dévoile la mise à nu des sentiments où personne n’est épargnée et ne sortira indemne de ces échanges verbaux, obscènes, crus, violents. Révélation de soi et de l’exaltation passionnelle, tel un miroir tendu sur la difficulté de vivre à deux.

Frank et Katarina sont prêts à tout pour tester leurs limites et leur amour : désir, excitation, jalousie jusqu’à la mise en péril et au sacrifice de leur couple. L’affrontement est à la fois verbal et physique. Tomas et Jenna, témoins et acteurs malgré eux dans cet univers intime, vont être happés dans ce tourbillon : reproches, humiliations, frustrations.

Le traitement de la scène conjugale, de l’incommunicabilité du couple font échos à de grands auteurs : Strindberg, Rossellini, Bergman, aux héros ordinaires en quête désespérée de l’amour, de la reconnaissance de soi. Le décor moderne de ce huis clos plonge le spectateur dans une intimité féroce, proche, singulière, devenant à la fois témoin et voyeur de ces passions dévorantes.

Ce vaudeville montre toutes les facettes de la femme : l’enfant, l’épouse, l’amante, la mère (omniprésente dans la figure de Jenna et fantomatique – l’urne contenant les cendres de la mère de Frank). L’homme, lui, tente d’asseoir sa virilité parfois trouble face à toute la perplexité de l’autre et du monde qui l’entoure et qui l’effraie. La perte de repères, de soi, de l’amour de l’autre révèlent son profond désarroi et ses névroses.

Ce théâtre de la parole révèle toute la vigueur des mots et des maux des personnages dans une quête désenchantée de l’amour. Plongez dans cet appartement, dans ce huis clos sans retenue et laissez vous emporter et dévorer par ce tourbillon passionnel et passionnant…

Jusqu’au 4 juillet 2015
Le Lucernaire, Paris

Texte : Démons de Lars Noren
Mise en scène : Cyril le Grix
Avec : Xavier Bazin, Thibaut Corrion, Maud Imbert, Carole Schaal

Jazz Maynard

Les espagnols Raule et Roger font revivre Jazz Maynard 5 ans après le dernier album. Il fallait que l'histoire murisse, c'est réussi! L'album "à suivre" ouvre un cycle qui s'annonce comme aussi bon que le précédent le tome 4 étant vraiment indépendant des 2 cycles).

Revoilà donc notre saltimbanque, balèse,brun, barcelonais. Il s'est à nouveau adjoint les services de son ami d'enfance Théo, avec lequel il a grandi dans le quartier défavorisé de la capitale catalane : El Raval. L'histoire se déroule loin de Barcelone, voilà nos 2 cambrioleurs au coeur de la capitale islandaise.

Nos 2 acolytes sont ici pour dérober "l'Oeil doré", une pièce archélogique d'une valeur inéstimable. Très vite, on constate que les 2 hommes ne sont pas les seuls à s'intéresser à cette pièce unique. On croise beaucoup de monde à Reykjavik! Ainsi apparaissent les services secrets iraniens, des diplomates américains et israéliens, un groupuscule néo nazi entre autres...

Comme toujours, la puissance graphique de Roger, son trait net, efficace et moderne donne un souffle particulier à cette série. Les planches monochromes sont toujours aussi puissantes créant des ambiances particulièrement réussies. On notera enfin que sa capacité à créer des personnages aux faciès si différents les uns des autres et son goût pour les femmes aussi grandes que plantureuses permet à Raule de rivaliser avec un Marini période "Gipsy".

Quant à l'intrigue, dense et touffue, Raule sait la rendre claire et lisible tout en y ajoutnt à chaque fois des éléments plus personnels sur la vie de notre héros.

Voici donc un cycle qui s'annonce très prometteur. On est moins dans le côté "Kill Bill" des 3 premiers albums. L'intrigue est plus profonde. Cet album "à suivre" peut se lire indépendamment des 4 premiers bien sûr. Mais l'on perd beaucoup à ne pas commencer par le commencement.

Délectez vous de ce jazzman atypique, ce disciple de Chet Baker, s'il ne prend pas de substance illicite comme le faisait son maître, n'est pas plus en règle avec la loi, mais pour d'autres raisons...

Dargaud - 46 pages

San Andreas

« L’immeuble coule, il ne faut pas rester là » Quand on entend cette phrase, on sait que l’on est devant un très bon film catastrophe…

Et San Andreas fait énormément d’efforts pour nous en mettre plein les mirettes. Le tremblement de terre est réellement impressionnant. Le méconnu Brad Peyton applique toutes les recettes qui font le succès des films de Roland Emmerich (2012, Le Jour d’Après et d’autres pépites).

Ca secoue terriblement dans San Andreas. On ne sauve pas le chien : les victimes se comptent par milliers et un petit tsunami va achever une bonne partie des Californiens sous nos yeux ébahis. On est bien au cœur des secousses et on se prend à regarder à droite et à gauche pour éviter un parpaing.

On se trémousse de joie sur son fauteuil mais on s’amuse devant les clichés très bien respectés par le cinéaste, plus inspiré par son apocalypse que par son scénario ultra rabâché. C’est la grosse fanfaronnade américaine.

Pour cacher les failles (énormes) de son récit pas du tout crédible mais ultra spectaculaire, Brad Peyton a mis devant nos yeux, Dwayne The Rock Johnson, le catcheur XXL devenu (bon) comédien. Le type a le poignet épais comme votre cuisse. Massif, sachant jouer de son sourcil, il est crédible en pilote d’hélicoptère sans peur et sans reproche. Hilarant, on devinerait presque un second degré chez ce géant pas si mauvais. Les producteurs ont la bonne idée de le placer entre deux bombes : l’expérimentée Carla Gugino et l’affolante Alexandra Daddario.

Grâce à eux, on excuse les seconds rôles ridicules, les dialogues tartignolles, le couplet réac délirant (le tremblement de terre comme thérapie familiale) et les rebondissements ahurissants. Cependant il faut le répéter : le film assume son coté grand huit et joue à fond sur les grandes attractions de son concept simple et ringard. Il y a bien des immeubles qui coulent dans San Andreas mais le film navigue aisément sur notre indulgence. Une surprise !?

Avec Dwayne Johnson, Carla Gugino, Alexandra Daddario et Ioan Gruffudd – Warner Bros – 27 mai 2015 – 1h54

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