Little Victories

C'est le genre de disque qui va diviser! Certains vont dire que cela sent trop fort la redite. D'autres vont crier au génie de la pop anglaise. Ici, on va juste vous suggérer d'être bienveillant avec ces bébés rockers!
Car les membres de The Strypes ont à peine de la barbe et le droit de boire de la bière en Irlande, leur pays natal. C'est tout de même assez fascinant de voir des bambins, qui chez nous sont branchés sur des radios idiotes, qui se remplissent les oreilles de la riche culture pop anglo saxonne.
Des Beatles aux Sex Pistols, en passant par les Jam ou Oasis, le quatuor de Cavan semble connaître tous les styles qui font l'orgueil de la Grande Bretagne. Après un premier disque très garage, les jeunes musiciens se sont faits remarquer et s'offre un vrai confort pour Little Victories, succession d'hymnes parfaitement britanniques. Pour les amateurs, c'est un ravissement d'une cinquantaine de minutes.
Ils traversent un prisme impressionnant allant des racines du genre jusqu'à des choses plus sophistiquées qui restent crues malgré tout. Ils restent une bande d'Irlandais, bien nourris au rock'n'roll. Alors ils se la pêtent grave. Ils gonflent les muscles et soignent les looks. Des têtes à claques!
Mais de l'autre coté de la Manche, les groupes prétentieux ont parfois de bonnes raisons de l'être. C'est le cas des Strypes. Leurs chansons sont remuantes comme il faute. Il y a cette fois ci une production plus propre que pour le coup d'essai, mais les petits pros conservent malgré tout une hargne liée à leur âge.
Ils rentrent dans le lard. Ils en font des tonnes mais cela ne pouvait pas être autrement.A 19 ans, on a peur de rien et on est ravi de faire du bruit. Ils s'amusent donc avec les codes du genre et appuient avec roublardise sur tous les effets possibles.
La basse est volubile tandis que la guitare se permet des dérapages démonstratifs. La batterie cogne pour suivre un chanteur qui écoute beaucoup les vieux loups du rock et les nouvelles stars comme Alex Turner, le leader des Artic Monkeys. On peut trouver ce disque fatiguant ou stimulant. Ici, on trouverait que les gamins des Strypes font plutôt plaisir à entendre!
The Go Go Boys

Le film de Hilla Mediala défend une valeur que l’on ne peut que respecter dans nos pages: une envie irrépressible de tourner. C’est bel et bien ce qui habite l’impayable Menahem Golan, héros du documentaire Electric Boogaloo, géniale rétrospective de la firme Cannon dans les années 80.
Cette fois ci, c’est lui et son cousin Yoram Globus qui dirigent les affaires. Le documentaire les invite à raconter leur incroyable épopée. L’histoire n’est plus la même que dans le précédent documentaire qui a dû titiller leurs égos.
Mais on doit reconnaître que Menahem Golan sait transporter son enthousiasme à travers l’écran. Il raconte avec emphase ses débuts en Israël jusqu’à son vent de folie en Amérique, avec des projets de cinéma indépendant (Le Roi Lear avec Goddard) et tous ses gros navets qui coulèrent la boite ! Il en fait des tonnes. Il est truculent. Les autres interviews prouvent qu’il est un vrai personnage de cinéma, un ogre affamé de pellicule et d’idées
complètement folles.
En face de lui, on appréciera la sagesse de velours de Globus, plus clairvoyant sur la situation des deux hommes qui ont conquis l’Amérique, à grand renfort d’esbroufe et de dollars. Les images d’archives sont irrésistibles. Surtout leurs passages tonitruants à Cannes ! Et les extraits de films en disent long sur la qualité discutable des films produits par les deux hommes. Un pur plaisir régressif.
Ils se vautrent dans le mauvais goût mais subsistent dans les faits et leurs propos, une espèce de candeur. Moins critique qu’Electric Boogaloo, ils rejoignent un peu ses héros maudits du cinéma que sont Ed Wood et quelques autres champions de la série B.
On ne sait pas trop s’ils surjouent mais ils finissent tout de même par être attachants car ils se voient comme de simples artisans, amoureux de septième art. Un très bon complèment à l’autre documentaire, à voir aussi bien entendu. Il fallait bien deux films pour ces deux monstres (mas)sacrés du cinéma !
TF1 Video - 2014
Adolf Cohen, Jean-Loup Horwitz, Comédie Bastille

"Adolf Cohen", un titre en forme d'oxymore qui annonce avec humour noir une comédie grinçante. En réalité, le récit d'une vie où la petite histoire rencontre la Grande, souvent dramatique.
En bref: les parents d'Adolf Cohen n'étaient pas pratiquants, ils croyaient en l'assimilation. Même au milieu du ghetto d'Europe centrale où ils ont vécu la montée du nazisme, ils dénotaient. C'est Adolf qui a réclamé à sa mère de cuisiner casher et qui a amené ses parents aux prières quotidiennes. Réfugiée à Paris, la famille tente de nouveau l'assimilation mais les parents doivent se séparer de Georges à cause du danger que représente la collaboration. Confié à une institution catholique puis à une paysanne pétillante qu'il appelle bientôt maman, Adolf baptisé devient séminariste! Après bien des années et deux procès pour l'arracher à l'institution catholique, sa vraie mère le retrouve (1). Il regagne Paris, erre dans Saint Germain des Prés, rencontre Boris Vian, se cherche une véritable identité dans les dédales de son histoire. Il choisit finalement l'aventure et l'inconnu total: Israël! Devenu psychiatre, il soigne uniquement ses compatriotes juifs avant d'ouvrir les yeux sur la souffrance des musulmans palestiniens.
Que de revirements dans une vie d'homme! Combien de révolutions intérieures sont nécessaires pour que chacun avance vers l'autre dans un esprit de tolérance? Combien de racines doit-on arracher, de combien d'influences doit-on se défaire, pour voir l'autre comme un autre soi-même?
Ce sont toutes ces questions que soulève "Adolf Cohen". Jean-Loup Horwitz interprète son propre texte avec bonté et humilité, tandis qu'Isabelle de Botton jubile (2), entre et sort, change de peau, passe de la mère juive à la paysanne catholique, puis à la palestinienne revendicative, avec brio.
Venez revisiter notre Histoire récente avec ces comédiens talentueux à la Comédie Bastille, 5 rue Nicolas Appert dans le 11ème; du jeudi au samedi à 19h, le dimanche à 15h.
"Adolf Cohen", un texte de Jean-Loup Horwitz, interprété par Jean-Loup Horwitz et Isabelle de Botton, dans une mise en scène de Jacques Rosner.
(1) sur ce sujet délicat et passionnant, lire "Les Enfants cachés en France" de Nathalie Zajde et "Je me souviens" de Boris Cyrulnik
(2) vous l'avez découverte au Petit Théâtre de Bouvard ou dans le trio "Les Filles" avec Mimie Mathy et Michèle Bernier: Isabelle de Botton, c'est elle!
Facteur pour femmes

"Moi mon colon, celle que je préfère c'est la guerre de 14-18!" Mael, le jeune facteur de la petite île bretonne pourrait facilement s'approprier les vers de Georges Brassens pour décrire sa situation tout au long du premier conflit mondial.
Quella-Guyot et Morice, après nous avoir transporté à Papeete en 1914, nous ramènent à la même époque mais sur une île bien plus proche de l'Hexagone puisque celle-ci se trouve au large de Vannes.
Ces 2 compères nous avez amenés sous le soleil de Papeete, nous décrivant à des milliers de kilomètres de l'Europe comment le conflit avait pu s'installer au sein de populations bien loin des préoccupations des européens, ne comprenant pas forcément l'intérêt de se battre. Ce récit montrait déjà toute l'absurdité de la guerre et de celle-ci en particulier.
L'angle d'attaque si je puis me permettre...) est ici le même: décrire l'horreur de la guerre sans jamais la montrer. Ils nous font percevoir sa folie sans chercher dans la souffrance directe des tranchées, des conseils de guerre arbitraires et expéditifs, ou dans les portaits de gueules cassées tout ce qui le prouve.
Le ressort utilisé par les auteurs est bien pire. Ils mettent en scène le destin d'un épargné de la guerre. Mael a un pied bot. Du fait de son handicap, le voilà réformé. Il reste un des seuls hommes sur cette île. Comme il est vigoureux et qu'il sait lire, le maire lui confit la fonction de facteur.
Bien vite Mael devient le confident de ces femmes qui attendent des nouvelles d'un mari, d'un fiancé d'un fils ou d'un amant. Celles-ci s'aperçoivent que Mael n'est ni aussi nigaud ni aussi laid qu'elles le croyaient. Il s'avère être un confident capable de les écouter attentivement, voire de les consoler de leur solitude.
Lui qui se croyait à jamais loin des joies de l'amour, se retrouve bien vite comme le coq de la basse cour au milieu de toutes ces femmes. C'est une revanche totale sur tous ces camarades d'avant. Pour lui, la guerre est une merveille!
Le récit est long, 110 pages, mais sans longueur. Les étapes de la métamorphose du jeune homme sont bien décrites, en parallèle avec le conflit qui s'enlise et ces femmes qui s'ennuient. Le récit n'est pas qu'anecdotique, il y a du cynisme dans la description de celui qui prend la place des hommes du village. La guerre amène bien le pire en même temps qu'elle contribua à l'émancipation de la femme.
Le dessin de Sébastien Morice est magnifique, sa mise en couleur parfaite. Je vous laisse découvrir les nombreux rebondissements de cette histoire qui nous amènent jusque dans la France des années 60, bien loin de cette guerre de 14 qui n'en finit pas de nous fasciner.
A quelques semaines du 11 novembre, sans pour autant vous salir dans les tranchées, laissez vous emporter par ces bigoudens et leur facteur! Vous ne le regretterez pas!
Grand Angle 110 pages
b’lieve i’m goin down…

Le temps passe et ce grand dadais de Kurt Vile continue de pondre des disques régulièrement et surtout d'une égale qualité. Faussement innocent, son style commence à s'imposer.
Vous verrez: un jour Kurt Vile, fera les gros titres de la presse. Ancien membre des déprimés War On Drugs, il a pris son indépendance en 2009 pour bâtir une solide carrière solo. Bizarrement sa carrière est d'une discrétion assez incroyable.
Il sort un album par an environ. Il fait du rock comme personne aux Etats Unis. Avec sa tronche de baba cool perdu dans le 21e Siècle, il a le charisme d'une allumette mais travaille avec le feu sacré: déjà son sixième album. Pourtant son style est passionnant et ses chansons représentent l'Amérique si chère à Springsteen ou Mellencamp.
Il a travaillé sur des chantiers dans sa jeunesse. Il a baroudé et transpiré derrière sa tignasse épaisse et raide du coté de Philadelphie. Il rentre dans la mythologie des songwriters américains immédiatement et naturellement. En quelques albums, il a imposé sa patte, son rock détraqué entre le lo-fi et un classicisme d'écriture. Malgré son look inoffensif, Kurt Vila a prouvé qu'il était un gentil punk au pays du son "Americana".
Il a cette naturelle facilité pour les chansons entêtantes qui racontent les petits riens qui font le grand tout du quotidien ou les sentiments qui habitent nos pensées; Rien de spectaculaire mais tout pour faire plaisir aux amateurs de folk rock "made in USA" de qualité!
Sa voix est un peu criarde mais maîtrisée. Le boulot est fait avec une humilité et un humour que l'on entend à chaque morceau. Cette façon de faire de la musique est plus que plaisante. L'aspect anodin est trompeur. Il y a beaucoup de choses à écouter dans ce disque paisible, assuré et rassurant. Petit mais costaud, le Kurt Vile!
Matador - 2015
Too

Fuck it dog, life is a risk! Fidlar ou une vision bien raide de faire du punk à Los Angeles.
De loin on dirait du punk! ou du garage rock! Ou de la musique de petits branleurs doués qui sniffent de la colle et font du skate! Le papa du chanteur a inventé une planche de surf. Les frères Khuen ont un père musicien. Le bassiste lui n'a rien de spécial mais accompagne les trois autres larrons dans une aventure sonore qui fait plaisir à entendre.
Après un premier disque foutraque, le quatuor a eu le droit de s'offrir une forte dose de "Sex, drugs & rock'n'roll". Maintenant ils seraient sobres mais ca ne les empêche pas de jouer du punk bien californien et un peu plus d'ailleurs. L'ironie n'est pas loin chez eux. Ils se moquent même du genre sur l'hilarant West Coast dans ce nouvel album nommé justement Too.
Le groupe joue vite et bien. Il sait aussi regarder autour de lui. La musique vire vers des sons plus indépendants comme le très bon Why Generation et des choses plus commerciales comme le très efficace Punks. Ce qui est sûr: la débauche d'énergie n'est pas filtré. Le disque est mieux produit mais conserve toute la sincérité du groupe, petit paquet de nerf électrique.
Too pourrait plaire à un adolescent qui écoute Eminem (le speed Sober) ou Muse, un adulte fan de Green Day et surtout des mélomanes vieillissants qui ne se sont jamais remis de Sonic Youth. Ils pourraient plaire aux tordus qui aiment les comédies pour boutonneux et les amateurs de Gus Van Sant.
Les Khuen et leurs copains respectent les traditions mais vont toujours voir un plus loin. Ils jouent avec les limites de la culture populaire et l'attitude avant-gardiste. C'est joyeux et triste en même temps. Glorieux et nihiliste. On passe par tous les stades. Une vraie machine à laver. On sort de là lessiver. Mais heureux!
Wichita - 2015
Everest

Désolé,ne comptez pas sur moi pour émettre une critique à l'égard d'Everest, film très classique qui se passe sur le toît du Monde! Moi, dès que ca se passe dans la montagne, je suis séduit!
C'est pourquoi j'aime en particulier Cliffhanger, nanar alpin qui a relancé la carrière de Stallone dans les années 90 ou Vertical Limit, grand n'importe quoi pétaradant dans l'Himalaya. Même Les Bronzés font du ski garde tout mon estime malgré ses multiples diffusions. Quelques sommets, et zou, c'est fini pour moi: je suis incapable de juger ou critiquer.
Imaginez le problème que me pose Everest: il s'agit de l'endroit le plus dangereux et haut du Monde. Entouré d'une chaîne de montagnes hallucinantes et vertigineuses. Avec du vent, des cailloux, de la neige et des sherpas! Et pour une fois la 3D fait son boulot: on a vraiment des sensations de vide. Et pas à cause d'un scénario pourrave!
Non, Everest est l'adaptation du livre Tragédie à l'Everest de Jon Krakauer, auteur d'Into the Wild, témoin d'une véritable tragédie à plus de 8000 mètres d'altitude en 1996. C'est donc un film plutôt sobre par sa nature. On voit beaucoup de types en doudounes marchés au ralenti, entourés de glace et de pierre sombres, communiqués avec des vieux talkie walkies.
L'Islandais Baltasar Kormakur filme cela avec une gourmandise évidente. Le lieu est filmé sous toutes les coutures. Les effets spéciaux permettent les angles les plus affolants et en toute discrétion, ils disposent une douce terreur au milieu des alpinistes, conscients au fil des camps qu'ils se mettent en danger, surtout pour une question d'ego. Quand ils ont froids, nous aussi.
Le film suppose que le drame est dû à la rude concurrence commerciale entre quelques aventuriers mais le film arrive surtout à nous isoler dans le drame humain. Le film n'en fait pas trop dans la démesure et les effets gratuits. C'est classique mais c'est très beau et on est souvent scotché par les décors gigantesques et les performances tout en humilité de comédiens confirmés comme Jake Gillenhaal ou Josh Brolin.
Dans leurs grosses doudounes, on devine la fragilité et la grandeur de l'homme. Ou on voit juste des gars galérer dans les montagnes. Moi, je ne sais pas trop: la montagne ca me gagne!
Avec Jason Clarke, Josh Brolin, John Hawkes et Emily Watson - Universal - 23 septembre 2015 - 1h59
La Face Cachée de Margo

John Green écrit des histoires tristes pour les adolescents. Il intéresse Hollywood qui fait par hasard renaître le charme (très) discret des premiers succès John Hughes.
Le monde adolescent se limite au cinéma à des êtres frustrés, obsédés ou innocents. Il peut être un affreux queutard (la série des American Pie) comme le gardien de cette Amérique qui rêve et croit aux miracles (les héros de Spielberg). C’est un animal complexe qui fascine les auteurs comme les producteurs qui veulent leur faire les poches !
John Green est un écrivain qui s’est spécialisé dans le mélodrame pour adolescents. Il comprend le jeune et parle de lui avec une vraie affection et une certaine humilité. Il a visiblement gardé des souvenirs émus des films de John Hughes qui a su raconter la jeunesse américaine avec une douce amertume dans des films cultes comme Breakfast Club ou La folle journée de Ferris Bueller.
Dans cette adaptation de John Green, la musique rappelle ce souffle nouveau que fut les premières réalisations de Hughes dans les années 80. Même le look des jeunes héros pourrait être celui des personnages de 16 Bougies pour Sam !
On reconnait cette même banlieue où la jeunesse s’ennuie. Quentin est un geek poli et sage. Sa voisine Margo est une jolie peste au sourcil épais (le mannequin Cara Delevingne imite très bien Elle Fanning). Elle est un mystère pour son voisin transi d’amour. Lorsqu’elle fugue, il décide de la retrouver…
C’est donc une douce romance contrariée entre deux lycéens qui se demandent bien ce qu’ils vont faire de leur existence. Deux choix se dessinent au fil d’une enquête lente mais sympathique, aidée par des seconds rôles stéréotypés mais bien assumés. Le réalisateur filme très bien cette Amérique endormie mais ne s’échappe jamais d’un romantisme un peu niais malgré quelques volontés de révolte. Les angoisses des bambins américains n’ont pas beaucoup changé en 30 ans. Si le film se regarde, derrière l’humour et l’aventure, le constat est amer.
Avec Cara Delevigne, Nate Wolff, Halston Sage et Austin Abrams – 20th century fox – 12 août 2015 – 1h45
Gauthier Fourcade, Essaïon

Un one-man show intelligent sur la place de l'enfance et de la poésie dans une vie d'homme.
Si vous attendiez une révélation sur le Saint Graal, vous êtes mal tombés car le "seul-en-scène" de Gauthier Fourcade ne nous emmène pas du tout dans la Grande Histoire des Templiers, mais dans les méandres de la petite histoire d'un homme que sa femme vient de quitter. Le temps d'une nuit blanche, tout en veillant sur le sommeil de son fils, il se livre à des élucubrations poético-magiques sur le sens de la vie et de l'amour.
Gauthier Fourcade évoque un clown triste qui cherche à comprendre "qu'est-ce-que l'amour?", "Comment ça marche?", "A quoi ça sert dans l'univers?", tout en répondant à la question plus urgente: "Comment reconquérir ma femme?"...
Cela donne une sorte de conférence burlesque, avec détours par les souvenirs d'enfance, emprunts à la physique quantique, mais surtout à la pataphysique, car si les bases du raisonnement sont fondées, les conclusions sont elles, complètement fantaisistes!
Amateurs de jeux de mots et de délires physico-magiques, vous serez servis! Vous pourrez même en redemander car Gauthier Fourcade joue 2 spectacles en alternance à l'Essaïon à 19h30 :
Les lundis : "Le secret du temps plié"
Les mardis : "Le bonheur est à l'intérieur de l'extérieur de l'extérieur de l'intérieur, ou l'inverse"
Il est également possible de relire ses textes en les commandant via son site officiel: http://www.gauthier-fourcade.com/
Un bémol: à l'oral, les traits d'esprit fusent parfois si vite que le spectateur, bien qu'averti, peine à suivre...
Quand Canal rime (presque) avec napalm

Avant d’attaquer en règle la nouvelle ère de Canal+ et partir tête baissée façon raffut fidjien sur 50m (c’est Coupe du Monde de Rugby hein, on y a va de sa petite métaphore) sur un Bolloré bashing, dès l’été, comme bon nombre de bloggers ou autres influenceurs de la toile digitalo-numérique, j’avais dessiné, sur le sable, son doux visage…
…Non, c’est pas ça, ça c’est Aline, aucun rapport, enfin si, si on parle d’Adeline, presque comme Aline hein, (ex) Halliday qui accuse le gars Johnny de viol durant leurs années de mariage, lui répond que c’est « sans fondement » (sic), autant dire viol ok mais pas dans l’anu’…bon, bref, c’est pas ça non plus.
…Bolloré bashing, donc, car depuis la reprise en main de Canal+ par le roi d’Havas, des auto-lib, et fut un temps des différents Direct (8, matin, 17…) le petit monde médiatique s’outre, à raison, au final, je pense, de la stratégie de Rambo, warrior, ils sont où les viets qu’on leur pète la gueule, j’en voulais pas de cette guerre, de Vincent Bolloré.
Rappel des faits: par un subtil tour de passe passe, genre oui cher Canal+ je veux bien te vendre Direct 8 et Direct 17 en échange de quoi tu me payes en actions Vivendi, mais pense à prendre de la vaseline au passage car dans quelques mois je vais te racheter tout entier en mode sens inverse baisse ton slip demande pas pourquoi mais non ça fera pas mal, mais si vas-y allez, rhoooo t’es pas cool tu verras c’est juste la première fois que c’est douloureux, Bolloré a pris le contrôle du tout Canal (+, Canalsat, I-télé, D8, D17…autrement dit avait vendu ses enfants pour les racheter moins chers une fois l’adolescence arrivée, pratique afghano-pakistanaise très courante) et à entamer un vaste programme de « c’est qui le patron ?! toi, ta gueule me plaîs pas tu dégages ».
En gros, au vu des coups de pieds au cul pris par une majorité d’artisans de Canal+, on peut sans nul doute voir d’ici quelques morceaux choisis de la philosophie du nouveau boss : « de toute façon l’humour c’est pour les cons, je préfère KTO à Groland, les Guignols c’est ringard, le bébête show ça au moins c’était plus marrant, Les Nuls ils parlaient trop de zizi et le zizi c’est mal sauf pour faire des enfants, comment ça y’a des mecs de gauche dans ma boîte, les syndicats c’est pour les feignasses, Antoine de Caunes n’a plus trente ans de toute façon il parle trop vite les vieux le comprennent pas, le foot c’est pour les beaufs, le rugby c’est pour les brutes, le basket c’est pour les blacks, le Canal Football Club c’est pour les mauvais catholiques qui ne vont pas aux vêpres le dimanche soir, I-Télé si on pouvait en faire un Fox News à la française ça serait quand même super cool, tiens d’ailleurs si on faisait une soirée spéciale Thanks Giving, on est américain nous aussi »…bref, on efface tout et on recommence.
A ce jeu, à la con, sur le thème de « j’écoute personne je fais ce que je veux et si ça te plaît pas tu vires », le Directeur Général, le Directeur des Programmes, les producteurs historiques du Grand Journal, les auteurs émérites des Guignols, le patron des sports, la patronne d’i-Télé, le patron des magazines sport…tout le monde a foutu le camps (de concentration) ou a surtout été sommé de.
Bolloré, lui, continue sa purge, joue avec les programmes comme on joue au rubix-cube un lendemain de cuite, y’a pas les carrés de la bonne couleur sur la même face, ça ressemble pas à grand-chose mais on joue ça passe le temps et si on te fait une remarque, bah t’es gentil c’est mon rubis cube à moi je fais ce que je veux avec.
Oui mais voilà, le problème, c’est qu’en regardant les précédentes aventures télévisuelles du camarade Vincent, on a déjà vu ou entrevu (faute d’audience) le talent et le pif du gars pour bâtir des programmes et trouver un public. Preuve en est le lancement de Direct 8 lors des débuts de la TNT avec une chaîne qui, tout en direct, était juste pas regardable, sentait bon la télé faite par des roumains bourrés à l’alcool de patate, le tout avec une mascotte oiseau nommée Thui-thui (huit à l’envers x2 pour ceux du fond, merci de pas toucher au radiateur, c’est sympa) qui aurait même fait honte aux créateurs de Nicolas et Pimprenelle dans les 50’s. Autant le dire, quand Bolloré vire Le Van Kim (ex producteur du Grand Journal ou encore des Césars) en le traitant d’has been c’est un peu comme si un teckel disait à un doberman qu’il avait une plus grosse kékette…pas crédible et à un moment tu risques gros.
Bah oui, mais justement, à force de virer à tour de bras des mecs et des filles qui savent faire de la télé ou des programmes, t’as beau avoir de la tune plein les poches, bah t’es vite en slip, et les téléspectateurs te regardent amusés pour se foutre de toi avec les tâches de pisses qui ressortent de ton slibard et vont vite voir les mecs habillés, c’est plus propre.
Sans doute dans une idée cachée d’espérer lui voir un bout de soutif aux détours d’un couloir, Bolloré s’est précipité à mettre Maïtena Biraben à la tête du Grand Journal, ne nous trompons pas, Maïtena est une grande pro, s’est levée des années à 3h du mat pour animer la matinale, se parfume à la bobotitude parisienne mais connait le job et le fait bien. Problème, c’est qu’un talk show quotidien c’est lourd à porter, le mélange des genres politiques+justin bieber+on a aimé les livres que personne ne lit…forcément, bah tu vas voir « C à vous » parce que plus frais, Money Drop parce que plus con mais que ça détend, voire « Les Chtis chez les nudistes » ou un truc dans le genre parce que plus… là j’avoue faut pas déconner (mais, oui, ils font désormais plus que le Grand Journal…c’est la plaie).
De plus, le mec a de la classe, en annonçant, par exemple, la probable suppression des Guignols le jour où De Greef, leur fondateur, meurt…oui, Bolloré, y’a pas à dire, c’est mettre Staline maire de San Francisco en pleine Gay Pride, c’est demander à Barbelivien d’écrire un titre aux Daft Punk, c’est exiger à Nana Mouskouri de tailler une pipe à Rocco Siffredi (non non vous n’êtes pas obligé d’imaginer…) ou encore de mettre Le Pen à la tête de Touche pas à mon pote…ça troue l’oreiller, y’a un truc qui fait masse…en plus de faire du bashing, voyez, je cite du Bashung.
Allez, j vous embrasse, j’ai rugby.






