La Ballade de Buster Scruggs

Grandeurs et misères autour de la mythologie américaine. Les frères Coen sont toujours les mêmes. Même en s'installant sur Netflix.

La plateforme pique en tout cas de plus en plus les réalisateurs de cinéma, les plus respectueux de l'art et du vénérable grand écran. Ca vaut le coup: à Venise, le film Netflix de Alfonso Cuaron, Roma, est reparti avec le Lion d'or. Et les frères Coen ont reçu le prix du scénario pour cette anthologie du western, La Ballade de Buster Scruggs.

La grande loufoquerie des frangins, leur accomplissement visuel et leurs profondeurs un peu dépréssives résistent au changement de support. Et à l'exercice de style si difficile. On a cru au début à une mini série puis Ethan et Joel sont revenus à un format qu'ils connaissent. Le film est une succession de sketchs, avec les défauts et les qualités que l'on sait.

A savoir: il y a toujours un sketch supérieur à un autre. Difficile d'être homogène quand on raconte des histoires courtes, aux contenus différents. En tout cas, les Coen taquine la mythologie du cow boy et tout le barnum qui va avec. On peut compter sur eux avec leur mise en scène tout en ironie, aidée il faut le dire par l'excellente photographie de français Bruno Delbonnel, qui joue sur les paysages américaines avec une infinie nuance et une beauté incroyable. Promis, il s'agit bien de cinéma ici!

On a donc le cowboy accro aux jeux et aux duels, le hors la loi le plus malchanceux, un artiste en danger, une la femme abandonnée dans un monde viril et dangereux et une diligence bien bavarde. Les Coen prennent un malin plaisir à rejouer les grands classiques du genre.

On les remercie de sublimer tout cela avec une morale acerbe, un sens de la critique bien actuel et leur incroyable réalisation, virtuose, moderne et pourtant jamais démonstratrice. Mais hélas, l'équilibre n'est pas la force des films à sketch. Et on a toujours une préférence pour un ou une baisse d'attention pour un autre. Mais le niveau reste haut: on pense souvent à une version yankee du Sens de la Vie des Monty Python! C'est dire!

Il ne faut pas bouder son plaisir. Ils réunissent d'ailleurs un casting épatant, avec des trognes pas croyables. On est heureux de croiser Tom Waits, Liam Neeson, James Franco, Brendan Gleeson et plein d'autres types et actrices vraiment patibulaires. Comme un livre d'images, l'apparence et l'attitude sont primordiales dans La Ballade de Buster Scruggs. Le moindre détail a son importance: c'est ce qui fait d'un film des frères Coen, un moment unique, drôle et précieux. Hiiiihaaaaaaaa!

Avec Tim Blake Nelson, James Franco, Harry Melling et Zoe Kazan - 2018 - Netflix

Overlord

JJ Abrams est un spécialiste des résurrections! Il a redonné vie à la franchise Star Trek. Il a relancé Star Wars. A la télévision, il a démocratisé la science fiction. Bref, c'est le roi des geeks. Sa nouvelle production au cinéma remet au gout du jour le nanar passionné! Bah oui!

Car Overlord n'est qu'une bonne vieille série B à l'ancienne. Des G.I. débarquent sur le territoire français à quelques heures du débarquement. Ils doivent détruire un brouilleur sur le haut d'une église. Ils découvrent un laboratoire secret où il y a évidemment un commandant sadique et un savant fou pour inventer des coups bien tordus... bienvenue en enfer.

Les nazis font de terribles expériences sur d'innocents villageois et nos amis Américains vont vite regretter leur mission... La plus belle idée du film: prendre son temps. Il y a bien entendu une ouverture musclée avec un destin funeste pour toute une patrouille yankee.

Puis le film glisse doucement mais surement vers le film d'horreur. On peut se demander comment un tel film a pu trouver les chemins du grand écran. Les personnages se dessinent. Ce sont des clichés mais ils sont bien esquissés. Les comédiens, méconnus, sont pas lisses et polis. Le méchant est charismatique en diable. La fille à sauver a un charme plus ambigu que d'habitude.

Le réalisateur n'en fait pas trop. C'est presque déconcertant. La lisibilité de l'oeuvre donne effectivement un air old school à l'ensemble. Le spectateur est au coeur de l'action, entre la guerre et l'épouvante. Le basculement des genres progresse lentement mais surement. Ca n'empeche pas les morceaux de bravoure. Souvent jouissifs. Un film sur des zombies nazis, il y a forcément quelque chose de jubilatoire ou sinon c'est le péril programmé.

Avec JJ Abrams à la production, ce film concept profite d'un certain confort et d'une idée du cinéma populaire. Avec des tripes visqueuses, des uniformes et un gros lance flamme, Overlord est un joli plaisir coupable comme on en fait (presque) plus!

Avec Jovan Adepo, Wyatt Russell, Mathilde Oliiver et Pilou Asbaek - Paramount - 21 novembre 2018 - 1h45

Lean on me

Noel approche. On peut penser à la dinde, à la buche ou aux cadeaux. On peut imaginer aussi une bande son idéale. Il y a de fortes chances que l'album de Jose James fasse le job.

Car le garçon est doué pour la cool attitude. Le jazz. Les expérimentations. Le look. Jose James a tout pour lui. A quarante ans, il dynamite tranquillement le genre en signant d'ailleurs avec Blue note, qui fait de plus en plus dans la pop. Et ce n'est plus un crime.

Le jazz s'émancipe de ses régles mais ne joue pas le refrain de la grande révolution. Jose James aime les digressions élégantes. Après un album pointu, le musicien fait preuve d'une simplicité déconcertante pour rendre hommage à Bill Withers.

Héros discret de la soul, Withers n'a jamais fait de vague mais écrit et chanté des chansons généreuses, mélodiques et universelles. Ses hymnes sont liées aux années 70. James et son groupe retrouvent cette saveur particulière, entre résignation et espérance. C'est souvent très beau. L'exécution n'est pas originale. Mais elle est souvent précieuse et respectueuse.

James défend donc un hommage poli mais jamais paresseux. Il y a de l'amour et une vraie émotion autour de la découverte. Jose James est passionné et assez passionnant. C'est un disque lové dans la passion de la musique. Il donne de l'espoir. Parfait effectivement pour la saison des fêtes!

Blue Note - 2018

Just about anything is possible

Une voix venue d'ailleurs. D'Angleterre exactement. Pat Griffiths fait parti de ses loups qui grognent avec classe. Il appartient à cette race de chanteurs un peu cabossés qui cachent un mysticisme qui souvent éclate aux oreilles. Pour faire rougir le chanteur de Inred, on a le droit de penser à Tom Waits ou Nick Cave.

Du premier, il y a la gouaille. Le coté populaire. Avec la voix, il convoque toute une culture et peut raconter ce qu'il veut avec simplicité et générosité. Du second, il y a le romanesque. La voix nous attrape et nous narre nos tristes destinées, des paysages existentiels ou des ambiances expressionnistes.

Inred a tout de la belle découverte. Car il faut maîtriser une telle voix, imposante et fascinante. Et c'est là le tour de force du groupe: il réussit à trouver un style.

C'est bariolé. Là encore, on devrait encore convoquer des grands noms de la musique. Les musiciens aiment les aventures et n'ont pas peur du danger et surtout de la singularité. C'est bien entendu du rock mais Inred a du tempérament et des idées.

C'est de la musique brumeuse mais diablement mélodique. Les sursauts électriques sont maîtrisées. Les chansons sont des atmosphères. C'est d'une subtilité assez rare. En musique, ce groupe rappelle une chose importante: tout est possible!

French fries - 2018

Un Instant, Marcel Proust, Théâtre Gérard Philippe

 

 

Un Instant

 

D’après A la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Adaptation Jean Bellorini, Camille de la Guillonnière et Hélène Patarot

Mise en scène, scénographie et lumière Jean Bellorini

Avec Hélène Patarot et Camille de la Guillonnière

Musicien Jérémy Péret

 

Jusqu’au 9 décembre au Théâtre Gérard Philippe – centre dramatique national de Saint-Denis

Du lundi au samedi à 20h, le dimanche à 15h30, relâche le mardi

Durée 1h45 – salle Roger Blin

 

Le décor est grandiose, photographique. La scène est recouverte de rangées de chaises souvent empilées les unes sur les autres qui, dans le fond, forment des pyramides suspendues dans les airs. Sur le côté droit, uniquement accessible par une échelle de bois, une pièce aux murs de liège punaisés de papier ressort à 3 mètres du sol comme une capsule intime et futuriste. Les comédiens y grimpent comme pour remonter à la surface de leurs souvenirs et retrouver une mémoire si lointaine. Ils sont deux, Camille de la Guillonnière et Hélène Patarot. Par leur jeu admirable et leur complicité rare, ils interprètent non seulement Proust lui-même, mais également des passages choisis de A la recherche du temps perdu et, plus largement, le thème de la mémoire, embarquant au passage un peu de celle d’Hélène Patarot. L’accompagnement musical, notamment live avec Jérémy Péret présent en bord de scène, est délicat et discret.

Jean Bellorini, Camille de la Guillonnière et Hélène Patarot ont choisi d’adapter A la recherche du temps perdu d'une manière libre mais sélective puisqu’ils se sont focalisés sur l’aspect mémoriel et cathartique de l’oeuvre. En entretissant des épisodes Proustiens finement choisis avec les propres souvenirs d’enfance - plus exotiques - d’Hélène Patarot incarnant une personne âgée souffrant de perte de la mémoire, le trio réalise une adaptation originale et étonnante, sublimant en même temps la lettre de Proust et l'acte de se souvenir, sa puissance émotive, mélancolique et universelle. Dommage que le résultat souffre de longueurs et qu’il soit trop peu usé d’humour alors que les quelques scènes qui en comportent sont exquises. Plus de fantaisie dans la mise en scène, plus de variations de ryhtme, plus de jeux de lumières ou d’audace dans les intervalles musicaux, donnerait au spectateur le temps nécessaire de la respiration et du recul pour pleinement savourer une oeuvre aussi dense.

Certes, Proust est dévoilé sous un angle plus intime et émouvant que celui de dandy auquel on le résume malheureusement si souvent et ce, dans une adaptation libre et originale qui fonctionne, mais on ne savoure pas son écriture autant qu’on l’aurait aimé.

 

Jusqu’au 9 décembre 2018

au Théâtre Gérard Philippe – centre dramatique national de Saint-Denis

Du lundi au samedi à 20h, le dimanche à 15h30, relâche le mardi

Durée 1h45 – salle Roger Blin

D’après A la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Adaptation Jean Bellorini, Camille de la Guillonnière et Hélène Patarot

Mise en scène, scénographie et lumière Jean Bellorini

Avec Hélène Patarot et Camille de la Guillonnière

Musicien Jérémy Péret

L’Avant-dernier des Hommes, Valère Novarina, Lavoir Moderne Parisien

 

 

 

Une soirée en deux mouvements et milliers de mots :

1. Lecture d’Une langue inconnue par l’auteur, sa voix et celle du violon de Mathias Levy, pas un dialogue, un chœur un chant deux langues.

Novarina il élève le cahier chargé de son écriture jusqu’à nous, il projette sa voix vers nous, une voix biographique, l’origine d’un langage, l’énumération d’une vie qui commence avec la naissance de la mère et la naissance du fils et la chanson hongroise, lieu des premières émotions linguistiques et acoustiques, terre du départ.

D’où s’énoncent et s’enroulent les histoires de langue, maternelle donc, et aussi les langues étrangères déportées exterminées dérivées nourricières manquantes traçantes aventureuses enracinées, toutes les langues qui bruissent autour de l’homme qui tend l’oreille. Elles écrivent la fiction de l’enfant Novarina sa feuille toujours tendue vers nous il nous donne sa voix à voir à boire à mâcher à écouter, sa langue d’animal, « la bête respiratoire saisie dans la cage de la scène », le violon comme un animal pris au piège couine et stridule, s’échappe et se déploie, l’éventail sonore ouvre une cartographie de la langue où les frontières se chevauchent, où les verbes se multiplient, une langue paysage, une langue du paysage patois, une langue dé-policée qui marche absorbe, les paysages se modifient à chaque pas à chaque génération.

Le personnage c’est la langue, Novarina c’est la langue.

La richesse des mots sonnants et trébuchants.

Le mouvement de la parole sa course sa lenteur.

Sa résistance face à l’écriture numérique sa norme.

Choisissez : tête baissée sur l’écran ou tête relevée de l’air plein les naseaux galoper et chanter une chanson hongroise.

Dans cette allégresse voici le solo du violon cette langue qui monte et qui descend, danse et gémit, frotte et cisaille, unifie.

Cette langue du geste et du corps.

 

2. Puis s’approche L’Avant-dernier des Hommes c’est Claude Merlin l’avant-dernier c’est lui entre les murs marqués d’histoires du Lavoir Moderne, les murs éclairés comme des peintures, l’avant-dernier des hommes s’approche avec sa lampe de poche qui éclaire les premiers mots, spéléologue il entre dans la caverne de la scène déverse son sac sur la table son sac de fragments, son sac d’objets son sac de mots il déverse la langue sur la table ça tombe ça s’empile ça remplit ça fait du bruit ça démarre.

Le vertige de l’homme l’animal la langue la pierre tout se percute se répercute jusqu’aux murs et retour dans la bouche et les oreilles

Les objets ont des oreilles si l’homme à une bouche tout communique

Le sujet les objets leur nom quel casse-tête quelle puissance le mot sa déferlante ses paradoxes ses inventions

La parole en forme

de corps

de cadavre

d’avant-dernier

de premier

de mien

de tien

le lieu du corps ses trépidations ses phrases

celles qui coulent se taisent

de la bouche aux pieds à la table

La langue son bruit, la langue de l’objet qui roule traverse la scène à sa suite le corps traverse la scène en parlant ils traversent nos vies, les voix les histoires avec des conjugaisons des périphéries elles traversent nos ouïes

Nous traversons

une forêt de langues de paroles de sens

sortir du langage y revenir s’y cacher s’y blottir s’y retrouver

la parole dans son instant -le son- dans son immortalité - le sens-

le sens premier les sens cachés

Se réunir sans cesse se réunir, lutter contre l’éclatement le morcellement la perte du sens

Pourquoi ‘sang’ se dit ‘sang’ s’écrit ‘sang’ ?

L’éclatement du corps de la pensée sous l’afflux des mots si nous étions objet quelle stabilité

Tandis que les trinités de mots en déroute, il y a une histoire derrière tout ça, une histoire de famille, d’accident, d’objets, une vie par les objets leur nom.

Des mots.

Lorsque le dernier mot s’éteint le public applaudit le fabuleux comédien secoué de mots s’incline devant les objets acteurs remplis de mots ils saluent, tous et un par un, sous les applaudissements.

 

L’Avant-dernier des Hommes

De  Valère Novarina

Avec Claude Merlin

Mise en scène Claude Buchvald

Lumière Yves Collet

du 21 novembre au 1er décembre 20118à 20h30

Précédé de lectures de Valère Novarina et de Mathias Levy au violon les 21 et 28 novembre

LAVOIR MODERNE PARISIEN

35, rue Léon Paris XVIIIème

 

 

Tripote-moi 10 fois le Brexit avec les doigts

Oh my God, Oh my queen, the british population de l’autre côté de la Manche nous l’ont joué anti-Europe il y a deux ans et ont voté assez massivement pour le Brexit, comprenez un “bye bye yourope”, terme/jeu de mot avouons-le que le français le roumain l’espagnol l’italien le danois moyen, comprend moyennement.

Surtout le Roumain d’ailleurs et c’est pas pour dire du mal, hein, ah si ! j’ai discuté Brexit avec un Roumain pas plus tard qu’hier à la station Porte-Maillot alors qu’il lorgnait sur mon Iphone, bah impossible de comprendre les arguments du men.

Bref, sur le Brexit, les mois passent et le truc là maintenant s’éternise s’embourbe pue un peu beaucoup pour eux, dans le cadre des négos entre britishs d’un côté et membres représentatifs des autres européens de l’autre.
Il n’empêche, vu de notre fenêtre, nous braves vulgum pecus, si des millions de gens, aussi anglais soient-ils, a priori évolués (du moins sur la moyenne), décident de faire une connerie tous ensemble quitte à mettre à mal un avenir commun, mais qui sait aujourd’hui, comment les empêcher. Un peu comme un groupe de potes qui, une fois bien chargés à la vodka pomme vers 1h du mat’ le samedi en rase campagne, décident tous autant bourrés qu’ils sont de prendre la bagnole pour aller en boîte à 100km de leur lieu de beuverie originelle, ça fini rarement bien. Mais encore une fois, rien n’est écrit ! Et ils sont grands, alors ils assument ! Si et seulement si, ils ne percutent pas une brave famille croisée sauvagement lors de l’endormissement du conducteur bourré, et que lors du procès ledit conducteur hurle à l’injustice et clame un « c’est pas de ma faute c’était mes potes », auquel cas, du coup, là, bah t’es plus d’accord.
Alors gageons d’être un peu moins con que la moyenne et tentons d’analyser, pour eux, les dix conséquences possibles de ce comique out à l’anglaise, mieux, soyons comique out nous aussi !
1. Brexit Fossey et Brexit Lahaie vont de fait perdre leur passeport européen.
2. La famille de Freddy Mercury, revenu lui aussi à la mode avec son film aussi bien que la série Queen Peaks paraît-il, annonce l’arrêt de la diffusion du titre “I want to brexit” sur les radios européennes…
3. Sir Rocco King Siffredi, en plein tournage de « Viens dans le Sussex voir mon Bukkake in Glam Salace », a réécrit les dialogues pour y intégrer la phrase désormais culte « Tripote-moi le Brexit avec les doigts ».
4. Les moustiques bretons seront désormais appelés « Breizh bzittt » et seront dressés à piquer, le mois de juillet venu, toutes les peaux de rouquins rosbifs en villégiature près de Roscoff.
5. Theresa May va demander l’asile politique au Paraguay, se teindre en brune, se fera pousser la moustache, mettra des pantalons qui brillent, et demandera à se faire appeler Fréda Maycurry.
6. Paul Mc Cartney a décidé de reformer un groupe de quatre de mecs mal peignés avec des chansons guimauve qui s’appellera Les Brexittles dont le 1er premier album s’intitulera « Euro submarine ».
7. Toutes les grands-mères de France auront interdiction de convoquer leurs petits-fils pour venir « écosser les petit-pois » mais devront désormais leur demander de « brexiter les petit-pois ».
8. Un concert hommage à France Gall aura lieu près de la Tamise avec en ouverture la fameuse chanson « Brexit, mooontttreeee que tu brexxxiiitttttt !!! »
9. Les migrants qui arriveront à traverser les steppes syriennes, puis la méditerranée, puis la frontière grecque, puis la frontière moldave, puis la frontière albanaise, puis la frontière autrichienne, puis la frontière française, qui auront résisté à la chaleur, aux tempêtes, au froid, à la jungle de Calais, auront le droit de traverser La Manche à la nage avec 0 Euro et 0 Livre pour prendre un nouveau départ. Si c’est pas cool ça !
10. Brexit Fontaine et Brexit Bardot seront dans le même cas que Brexit Fossey et Brexit Lahaie, voir point N°1.

Allez, j’vous brexit bien fort là où vous voulez,

Ces garcons là

Quand tu penses à Bashung ou à Talking Heads, tu as le droit de te demander si tu n'es pas en face de petits génies!?

Puisque Radio Elvis avait réussi un premier album, tricoté avec soin et un talent pop proche de la perfection. On pouvait croire que c'était le coup d'essai et le coup de maître. Le succès est passé par là et on avait le droit de s'inquiéter pour le trio. La barre était bien haute.

Heureusement, le temps a fait son effet. L'expérience a été digéré. Le second disque de Radio Elvis est encore une belle expérience musicale. Les garcons ne sont plus des innocentes graines de star. Ce sont des musiciens, à l'aise dans leur époque et conscient de ce qu'il s'est passé avant. Ils acceptent le rôle d'héritiers mais pas seulement!

Ils parlent de leurs contemporains, du Monde actuel mais le font avec la poésie des deux géants cités au début de ce papier. La musique est subtile, entrainante et sert avant tout un propos, des textes travaillés, entiers et fascinants. Il y a une espèce d'urgence dans les paroles. Et la voix de Pierre Guénard! Que dire? Avec le grand corbeau de Feu Chatterton!, Radio Elvis a une voix romantique... ou romanesque. En tout cas, elle enroule tellement bien les phrases directes!

On est donc entre les eaux de la chanson française et les bourrasques plus rock'n'roll. Ces garcons là sont en train de se faire une place. Ils devraient être essentiels dans les années à venir.



Pias - 2018

Millenium: ce qui ne me tue pas

Si tu aimes les courses en volvo, les geeks devant leurs écrans, le sosie de Thomas Dutronc et les brumes suédoises, ce nouveau chapitre cinématographique de Millenium est pour toi!

La bonne idée de ce film c'est le réalisateur! Fede Alvarez. Un petit génie virtuose à qui l'on doit le remake très premier degré d'Evil Dead et le redoutable Don't Breath. Spécialiste de l'horreur, il semble assez judicieux de de le mettre derrière la caméra de Millénium.

Après une trilogie locale et un excellent premier film avec Rooney Mara et Daniel Craig, signé David Fincher, le studio Sony n'a pas su gérer les épisodes suivants et saute donc deux volets pour arriver au quatrième tome, écrit par un autre que Stieg Laarson, disparu il y a bien longtemps. Mais le filon est entretenu. Et Sony veut rentabiliser ses droits.

Donc on se concentre désormais sur Lisbeth Salander, punkette et hackeuse, rebelle et justicière. Elle a plein de démons intérieurs, et surtout elle veut venir en aide aux désespérés. Un ingénieur pense avoir mis en place un logiciel hautement dangereux et veut que la jeune femme le vole. Rien de plus facile! Sauf qu'elle a désormais des hommes patibulaires et violents à ses trousses...

Claire Foy reprend le rôle de la jeune femme un peu tordue. Elle se débrouille bien. Tout comme Fede Alvarez qui fait virevolter sa caméra entre les paysages froids de la Suède.

Mais le problème tient d'un scénario basique qui empêche les personnages d'exister, sacrifiés pour un polar d'action jamais très convaincant, sans grande profondeur. Les rebondisssements sont maladroits. Le style graphique fascine mais ne peut sauver un thriller bigger than life, jusqu'au ridicule.

Donc le célébre journaliste Mikael Blomkvist est réduit à un faire valoir qui a la tronche de Thomas Dutronc. Alvarez doit assurer l'efficacité du récit avec des moments génants comme la poursuite en volvo, assez risible et une vie de hackeurs qui sombre dans les clichés. Très rarement, l'impressionnante Lisbeth... est impressionnante.

Trop froid, ce film n'est pas plus fort que les autres. Bien au contraire.

Avec Claire Foy, Sverrir Gudnason, Sylvia Hoeks et Lakeith Stanfield - sony - 14 novembre 2018 - 1h50

Le Grand Bain

UNE BANDE DE 6 GARS PAUMÉS, DÉPASSÉS DANS LEUR QUOTIDIEN ET QUI N’ONT DE TOUTE ÉVIDENCE RIEN A FAIRE ENSEMBLE! ILS CHERCHENT UNE ÉCHAPPATOIRE EVIDENTE A LEUR TRAIN TRAIN BIEN POURRAVE (MAIS QUI RESSEMBLE A CELLE DE MONSIEUR TOUT LE MONDE) ET VONT SE RETROUVER AUTOUR D’UNE PISCINE POUR DE LA NAGE SYNCHRONISÉE MASCULINE.

SUR LE PAPIER CA PEUT FAIRE RIRE, LA METHAPHORE DE GARS A NU DANS LE BAIN EST BIEN TROUVÉE MAIS SUR L’ECRAN C’EST LOIN D’ÊTRE LE CAS. JE CHERCHE ENCORE LA DÉFINITION DANS LE TERME COMÉDIE (PAS COMPRIS LES SPECTATEURS S’ESCLAFFANT, FAUDRA M’EXPLIQUER!) .

LES ACTEURS SONT DES POTES COMME ON PEUT RÉGULIÈREMENT LES TROUVER DANS LES FILMS DE CANET, C’EST D’AILLEURS A PEU D’ACTEURS PRÊTS, LA MÊME BANDE FIDELE. ON COMPREND BIEN CE QU’A VOULU FAIRE GILLES LELLOUCHE (QUE J’APPRÉCIE BEAUCOUP EN TEMPS NORMAL) POUR SON SECOND FILM EN TANT QUE RÉALISATEUR.

MAIS AU DELÀ D’UN FILM DE « FAMILLE”, LES DIALOGUES SONT INSIPIDES, LES ACTEURS SONT TRÈS MOYEN ET PORTÉS AUX MAXIMUM DE LEUR CARICATURE DE MÂLE EN BESOIN DE RECONNAISSANCE ET BESOIN DE VIVRE TOUT COURT.

GUILLAUME CANET FAIT DU CANET, LE MEC EXCESSIF QUI SE VEUT PLUS IMPORTANT QU’IL N’EST. VIRGINIE EFFIRA, L’ENTRAÎNEUSE ET PRESQUE SEULE FIGURE FÉMININE, EST ININTÉRESSANTE AU POSSIBLE. MARINA FOIS (QUI SE RÉVÈLE A 10’ DE LA FIN, ON A FAILLI ATTENDRE DIS DONC, J’AI EU PRESQUE PEUR QU’ELLE JOUE MAL TOUT LE FILM!) EN COUPLE AVEC MATHIEU AMALRIC DEPRESSIF COMME DANS TOUT SES RÔLES, ON Y CROIT PAS UNE SECONDE.

PHILIPPE KATERINE, JOUE L’ÉCERVELÉ PERDU DANS L’ESPACE TEMPS. ET POELVOORDE EST PEUT ETRE EN DESSOUS DE L’EXCESSIVITE HABITUELLE... QUOIQUE. ON PASSE D’UNE VIE A L’AUTRE SANS GRANDE CONVICTION. ON A BIEN DU MAL A S’INTERESSER A LEUR PROBLÈME ET C’EST LA TOUT L’ECHEC DU FILM.

JE NE VOUS PARLE MÊME PAS DE LA BANDE SON, MIELLEUSE A SOUHAIT, QUI SE VEUT EN MODE FEEL GOOD MOVIE. EN FAIT TOUT EST TÉLÉGUIDÉ. AUCUNE ORIGINALITÉ. LA PHRASE DE L’ENTRAÎNEUSE “ON A TOUS BESOIN D’UNE MÉDAILLE” RESUME COMPLÈTEMENT LE FILM. OU COMMENT DONNER PLUS D’IMPORTANCE A CE FILM BIEN FRANCHOUILLARD COMME ON SAIT SI BIEN FAIRE.

DANS SA SIMPLICITÉ, LA BANDE DE LOOSERS CA SE RÉVÉLE BLABLABLA. PLUS BANAL, Y A PAS. LA SEULE BONNE CHOSE DU FILM C’EST LEILA BEKHTI, MAIS HEUREUSEMENT QU’ELLE EST LA MAIS ARRIVE TROP TARD (AU BOUT D’UNE HEURE), QUAND LE FILM COMMENCE ENFIN A ÊTRE DRÔLE (C’EST PAS NON PLUS L’EXTASE HEIN !) JE ME SUIS BIEN FAIT CHIER DU DÉBUT A LA FIN.

ET MALGRÉ QUELQUES SOURIRES, JE ME VOIS OBLIGÉE DE DIRE QUE CE FILM PREND L’EAU MALGRÉ TOUTE L’ENVIE D’EN FAIRE UN GRAND FILM TOUCHANT, ET SINCÈRE SUR L’ESTIME DE SOI. CE N’EST PAS UN GRAND BAIN MAIS UN GRAND PLOUF. TOUCHÉ, COULÉ.

AVIS AUX AMATEURS

Avec Mathieu Almaric, Benoit Poelvoorde, Virginie Efira et Felix Moati - Studiocanal - 24 octobre 2018 - 1h40

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