Faada Freddy

Faada Freddy a enchanté le public du Trianon et du métro parisien. Un concert à voix. Coup de cœur.

On venait de loin ce soir là pour le voir. Du Sud de la France, d’Espagne et même du Sénégal, le public black and white réuni est tout sourire de voir l’artiste et sa team. Vêtu de son gilet et son chapeau, le voilà, sur la scène du Trianon, un peu intimidé de le voir au grand complet. Avec beaucoup d’élégance, de grâce dans ses mouvements, sans parler de son énergie communicative, il emporte dans un univers melting pot.

De la soul au reggae, du rapp à la world music, il jongle entre les rythmes. Accompagné de cinq vocalistes de talent, il chante, sort des notes de trompette de sa bouche, claque de doigts, tape du torse. En un mot il manie les percussions corporelles avec brio.

Comme ébahi par le succès qui l’auréole, il n’en revient pas que le public le devance sur les paroles de ses chansons. Sur Lost, Reality, Slow down en duo toujours génial avec Imany ou Borom Bi en wolof, le Trianon danse! Jusqu’au rappel No woman no cry et sing’in time où Faada emporte avec lui

le public ravi jusqu’au métro parisien. Une première! La fête continue ! Vivement la sortie de son premier album « The Gospel Journey » le 26 janvier Rendez-vous à la Cigale en avril.

Iranien

Un film plein d’humour et d’esprit pour interroger un sujet universel : le vivre ensemble.

Le réalisateur iranien athée Mehran Tamadon nous relate son expérience originale : passer deux jours avec quatre mollahs. Il les a convaincus de venir habiter et discuter avec lui dans sa maison sur les hauteurs de Téheran. En huis clos, les débats se mêlent à la vie quotidienne.

Le but du réalisateur était de faire comprendre aux Mollah qu’il existe, et devrait pouvoir vivre en Iran. Au-delà de la pensée narcissique, il permet alors au spectateur de transposer les questions dans son pays. Peut-on créer un espace commun neutre ? Sans croix, ni voile.

Quelles sont les limites à la liberté ? Qui les décide, quand ce qui dérange l’un n’est pas ce qui dérange l’autre ? Quels sont les compromis nécessaires pour vivre en paix ?

On est plongé dans une réalité dont on ignore tout ou presque. On voit les mollahs défendre leurs valeurs, promouvoir la charia mais aussi cuisiner, parler de désir face à une femme.

Les échanges sont riches, les taquineries fusent. On découvre des intégristes très humains et drôles. Leur humour fait même naitre une certaine sympathie... Et là, vigilance!

Présenté en avant première au Festival cinéma et droits humains en partenariat avec Amnesty international, il ne faut pas oublier que les mollahs, partisans de la République Islamique d'Iran ont mis en place un Etat où les droits de l’homme sont bafoués, leur liberté comme leur dignité piétinée.


Bande-annonce : Iranien - VOST par PremiereFR

Zed - 3 décembre 2014 - 1h45

Le Misanthrope, Compagnie Kobal’t, Bastille

misanthrope

 

Au Théâtre de la Bastille, la compagnie Kobal’t transpose avec talent le Misanthrope à notre époque. Jubilatoire. A ne pas manquer !

Ce Misanthrope est bel et bien parachuté au cœur du XXIe siècle. Les téléphones portables sonnent, les corps se déhanchent sur des sons rythmés. Mais n’allez pas croire que Molière est ici parodié. Bien au contraire, il s’en trouve magnifié.

C’est avec grand respect que la compagnie a revisité la pièce culte. Ses tirades en vers sont déclamées avec soin, rythme et talent. Les libertés prises quant au texte, à  la diction feraient sourire jusque Molière lui-même. La transposition à notre époque fait ainsi résonner le texte avec une superbe actualité. Les acteurs évoquent l’intégrité, la compromission mais aussi l’amour, l’estime, et ce avec une justesse et une ardeur stupéfiante. Ce Misanthrope questionne si bien notre honnêteté.

Grâce à une mise en scène intuitive très originale de Thibault Perrenoud et Alice Zeniter, les personnages prennent un coup de jeune très excitant. Alceste, Célimène, Philinthe font ressentir les émotions qui les traversent avec proximité. On ressent la trahison, la passion avec eux.

Assis tout autour du plateau, en pleine lumière, le spectateur est au cœur de l’action. Grâce à cette disposition originale, chacun voit les réactions de ses voisins, la surprise sur les visages, les éclats de rire, les mains qui applaudissent. En dehors de certaines scènes d’action un peu trop agitées, on traverse ainsi ces deux heures avec jubilation.

L’intelligence, l’audace et la fougue au service de Molière, on en redemande. Que la compagnie Kobal’t se sente libre de revisiter d’autres pièces du répertoire de Molière, on les suit !

jusqu’au 20 décembre 2014

Théâtre Bastille

Entrée Plat Dessert

Pour la première fois, Martin et son petit frère Louis acceptent de rester seuls sans baby-sitter, pendant que leurs parents sortent diner dans le restaurant d’en face.

Seulement les parents sont injoignables : les téléphones portables ne passent pas là-bas. Et puis Louis commence à avoir peur, et puis encore quelqu’un frappe à la porte … Et puis …. Ouille, ouille, ouille !

Yann Coridian propose là un roman plein de rythme décrivant avec sensibilité toutes les émotions qui traversent les deux garçons : appréhension, crainte, solitude, responsabilité, complicité, plaisir, bonheur…

Les deux frères sont soudés et l’aîné assume avec brio et courage son rôle. Les dialogues entre eux sont à la fois émouvants, drôles et justes. S’ajoutent à ce texte les illustrations de Gabriel Gay, très proches du texte. Par leurs couleurs elles apportent une ambiance nocturne un peu inquiétante tout à fait adaptée à cet ouvrage des plus réussis.

À lire dès 7 ans en évitant les soirs où les parents sont sortis !

Yann Coridian – Gabriel Gay

Mouche de L’école des Loisirs

Lost in the Dream

So 2014. Une petite liste d'artistes qui ont fait l'année 2014. Offrez les à Noel. Vous ne vous tromperez pas!

C 'est l'album qui commence à apparaître dans pas mal de best of de l'année. Pourtant il n'a pas eufait grand bruit. Le trio de Philadelphie est aussi charismatique qu'un cou d'autruche. Pourtant il faut bien sortir la tête du trou pour écouter ce disque qui prouve que Joy Division n'est pas mort.

Le leader de The War on Drugs se nomme Adam Granduciel et semble déprimé. Il a monté son groupe avec Kurt Vile qui depuis a connu le succès en solo. Une fois ce dernier parti, Adam s'est retrouvé bien seul et cultive ce spleen. A la fin de la tournée de leur second album, il a bien du mal à vivre normalement et sombre dans la dépression et la paranoïa.

Quels sont les thèmes du troisième album: la dépréssion et la paranoïa! Rien de tel donc qu'une lourde influence anglaise pour que le groupe redécouvre le meilleur des années 80. A ce petit jeu, The War on Drugs se débrouille très bien. Les nappes des synthétiseurs sont parfaitement disposés pour soutenir une voix chancelante mais passionnante à suivre. Il y a quelque chose de romanesque dans le style du groupe. La lenteur n'empêche pas le panache.

Puisque Adam Granduciel chante avec intensité! Il ne triche pas. La musique est son échappatoire. Le type est hanté. Les paroles s'engouffrent dans la moindre souffrance. Mais il y a un lumineux décalage avec la musique, dense et profitant des meilleurs artifices des années 80, entre Joy Division et des références plus américaines comme Lloyd Cole ou Springsteen. Sans la musique la vie serait une erreur. Adama Granduciel défend cette idée avec ardeur.

A offrir aux dépressifs, aux hipsters, à ceux qui veulent se réconcilier avec les années 80

Le Domaine des Dieux

Le massacre en live est arrêté. Astérix retrouve le format dessin animé. Même en infographie, Astérie gagne en profondeur et en humour. De vrais retrouvailles!

A part le film d'Alain Chabat, les adaptations du célèbre petit gaulois au cinéma ne font pas beaucoup rire. On est même pas loin du pathétique et du consternant. Beaucoup d'efforts mais peu de bonnes blagues en quatre films! Auteur adulé de Kaamelott, Alexandre Astier ne tombe pas dans le piège: il retourne vers l'animation, plus proche de la bande dessinée par nature.

En même temps il retrouve la verve délicieusement satirique des premières bandes dessinées. Le Domaine des Dieux singe avec humour les travers et les tics des Français, trop gaulois au goût des autres. Astier continue de piller avec intelligence le non sens des Monty Pythons et propose une nouvelle fois quelques dialogues hilarants, tout en décalage.

En moins d'une heure et demi, il réussit son adaptation qui devrait plaire à toute la famille. Il n'en fait pas trop. La mise en scène est précise et concise. C'est du travail sérieux pour développer un humour propre à la bédé mais aussi à Astier qui ne se trahit jamais en racontant une nouvelle fois une lutte entre Astérix et son rival surpuissant, Jules César.

On devine l'implication dans le projet de chacun. La réalisation ne manque pas d'entrain et le ripolinage infographique ne dérange pas beaucoup. Pour les nostalgiques, Astier a eu la bonne idée de retrouver Roger Carel qui prêtait sa voix aux vieux dessins animés.  La musique lorgne sur les années 70. C'est léger, tendre et fait avec beaucoup de coeur. Pour une fois, on ne va pas bouder son plaisir.

Avec les voix de Roger Carel, Guillaume Briat, Lorant Deutsch et Laurent Lafitte - M6 Studio - 26 novembre 2014 - 1h25

Mira

Dans la banlieue chic des Yvelines, on a vu naître la french touch et toute une ribambelle de gamins obsédés par des sons vieillots, charmants, sans vulgarité et lyriques. Gush est un groupe de rock des Yvelines. Leur style est donc vieillot et charmant. La production est soignée et il y a de l'ampleur dans leurs compositions.

Evidemment il y a eu dans leur premier disque, un fond d'electro et pas mal de funk mais leur pop anglo saxonne avait de quoi faire sautiller le plus boiteux des amateurs de musique. C 'est encore plus vrai sur Mira, leur second effort. Xavier, Vincent et les autres travaillent ce goût du revival. On pensait aux Beach Boys: désormais ils pourraient être les descendants des Bee Gees.

Ils empruntent beaucoup à leurs voisins Phoenix: c'est résolument vintage. Au point de transcender les emprunts. Les musiciens accentuent donc leur pillage étudié de la disco et de quelques tics musicaux des années 70. Le chanteur aurait même tendance à se prendre pour Prince. C'est culotté.

Les harmonies vocales sont toujours aussi respectables. Les rythmes nous entraînent facilement sur un dance floor où l'on voudrait être John Travolta dans La fièvre du samedi Soir ou Staying Alive. C'est un disque qui pourrait vous accompagner dans vos vacances au soleil. C'est chaleureux. Hélas, le groupe a un peu perdu de son originalité. On aimait bien le coté bricolé et plus sauvage du premier disque. Ici, c'est calibré, pesé et peut être un peu trop pensé. Mais ne boudons pas notre plaisir: cela ne empêche pas de secouer son popotin sur leurs chansons savantes et enthousiastes.

Cinq7 Wagram - 2014

Aucassin & Nicolette, Théâtre de Poche

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Approchez jeunes gens, venez écouter à tambour battant notre fable sur le jeune Aucassin et sa belle Nicolette. Venez découvrir notre histoire sur l’amour contrarié des jeunes gens qui n’écoutent que leur cœur et point leur parent. (suite…)

Cabaret Deret, Old man show, Jean-Claude Deret, Théâtre de Poche

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Un cabaret intime et facétieux mené par Jean-Claude Deret

 

Chansonnier contemporain, auteur compositeur et interprète, Jean-Claude Deret se rit de tout, en commençant par lui-même. Entouré de plusieurs membres de sa famille et d’amis complices, il propose avec son “old man show”, une soirée unique, sous le signe de la malice d’un jeune homme de seulement 93 ans. (suite…)

La danse des Obèses

Sophie Audoin-Mamikonian est un écrivain pour la jeunesse qui s’essaie au polar. Mais son polar ressemble davantage à un roman Harlequin. Jugez plutôt.

Le capitaine Philippe Heart est un flic brillant et sexy. C’est aussi un homme meurtri depuis le décès accidentel de son épouse Carla, fille du prince milliardaire Vilius de Sant’Eurabio Valito.

Il déprime chaque soir dans son trois cent mètre carrés et reste incapable de nouer une véritable relation amoureuse. Mais voilà que ce beau garçon tourmenté rencontre Elena, une superbe psychiatre "aux yeux d’un bleu profond", et qu’il en tombe éperdument amoureux.

Précisons qu’Elena travaille avec Ned, un docteur a la cinquantaine séduisante qui est secrètement épris d’elle. J’oubliais : Elena n’est pas tout à fait une fille comme les autres puisque c’est la fille du richissime industriel James Bartók. De plus, Elena a un passé douloureux qui lui fait renoncer aux hommes. Ouvrira-t-elle son cœur au capitaine Heart ?

En parallèle, le policier enquête sur les meurtres de plusieurs personnes obèses. Le tueur, que l’on surnomme l’Obèse Killer, les kidnappe et les fait mourir de faim avant de leur trancher les mains.

Sophie Audouin-Mamikonian invente le roman policier avec serial killer pour dames. Ajoutons : pour dames pressées et peu exigeantes. Car les personnages n’ont aucune épaisseur, le décor (social, géographique) est inexistant et l‘écriture insipide. Reste que l‘on ne s‘ennuie pas et que l’histoire est solidement construite. Ce qui est bien le moindre pour un polar.

Ici, on l’aura compris, le policier se mêle de romance fleur bleue. Quant au serial killer, c’est juste un truc à la mode qui permet de se dire que l’on écrit "des horreurs". Apparmment, c'est réussi puisque le mari de l’écrivain a trouvé que le livre était "yerk" (cf. remerciements en fin d’ouvrage).

D’autres auteurs français écrivent des romans policiers dans ce genre-là et s’en tirent beaucoup mieux. Ainsi de Jérôme Camut et Nathalie Hug, qui débordent d’imagination et font frémir le lecteur à la façon des grands romanciers populaires de la fin du 19e. Ou de Jean-Christophe Grangé qui, s’il ne bâtit pas des intrigues formidables, possède un style d’écriture particulièrement addictif.

En bref, il s’agit d’un bien mauvais divertissement que l’on termine le rouge au front, un peu honteux d‘avoir ainsi gaspillé son temps.
Pocket - 320 pages

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