Post Tropical

So 2014. Une petite liste d’artistes qui ont fait l’année 2014. Offrez les à Noel. Vous ne vous tromperez pas! Un Irlandais au fin fond du Texas cela donne un album planant qui propose quelques plages calmes et délicates. Parfait pour oublier les tristes journées de pluie !
Son second disque est sorti durant l’hiver mais c’est un album qui donne un coup de chaud ! James Vincent McMorrow connait bien les saisons pluvieuses et le grand froid qui sonne à sa porte : il est Irlandais ! Comme pas mal de ses compatriotes, l’exil ne lui fait pas peur.
Pour son premier essai, il s’était enfermé dans une pièce face à la mer en Irlande. Pour le second, il a eu la chance de traverser l’océan pour écrire, composer et arranger son nouvel opus, clair et élégant. A la frontière mexicaine, il fabrique une dizaine de chansons lumineuses et belles…
Sa voix angélique se mêle à une musique qui échappe aux clichés de la folk indé. La chaleur du Texas jure avec la minéralité habituelle. On n’est pas dans la cabane au bois au fond de la forêt, endroit stéréotypé pour la complainte de tout barbu à la voix hantée. Le chanteur ne grelote pas : il transpire à grosses gouttes.
De là découle un instinct musical très « soul music ». La voix survit sur une musique moite, délicieuse, aidée par quelques instruments électroniques, des cuivres discrets et des idées délicates. Le résultat est surtout terriblement envoûtante. Son exil dans un endroit si chaud est surprenant donc agréable.
Visiblement à la différence de son camarade Damien Rice, l’Irlandais n’aime pas trop la répétition. Il y a des ruptures de ton. Le style est plus dramatique mais les dix chansons sont de belles variations, logiques et prenantes. On ne peut pas être insensible à cette ouverture d’esprit. La ligne imaginaire de ce globe trotter musical est grande. Ce disque donnerait presque des coups de soleil ! On rougit de plaisir !
Believe - 2014
La double inconstance, Marivaux, Comédie française

Silvia et Arlequin se portent un amour pur et réciproque. Mais un prince a jeté son dévolu sur la jeune villageoise. On retrouve alors les stratagèmes, les jeux de rôles, et la rencontre des mondes bourgeois et rural chers à Marivaux pour faire flancher leurs sentiments. (suite…)
Misanthrope, Molière, Théâtre de la Bastille

Faire danser les alligators sur la flûte de pan, Denis Lavant,

Un solo physique et poétique de Denis Lavant d'après la correspondance de Louis-Ferdinand Céline, ou comment aborder tout à trac génie littéraire et misanthropie d'un auteur phare du 20ème siècle.
S'il est un auteur moderne qui n'attire pas la tendresse, c'est bien L.-F. Céline. Sa correspondance foisonnante, notamment avec son éditeur Gaston Gallimard, exprime clairement son mépris du genre humain: tous les écrivains de son siècle, de Proust à Jules Romain, d'Aragon à Sartre, de Blaise Cendrars à André Gide, en prennent pour leur grade. Leur projet littéraire est minable et leur réputation, surfaite. Journalistes ("baveux"), critiques, éditeurs et lecteurs, tous des cons: "Ce que veut le con, c'est un miroir où admirer son âme de con." Le succès phénoménal du "Voyage au bout de la nuit", cette épopée moderne, lyrique et argotique, succès que Céline connut de son vivant, démentit au moins sa croyance en une connerie généralisée. Cependant, si son talent fut reconnu de son vivant, il ne lui assura ni le prix Goncourt, ni l'aisance matérielle, ce qui le laissera toujours envieux: "Les riches sont tout le temps en train d'hériter, et de nous voler (...) S'il me restait assez de paix, je n'écrirais certainement plus rien (...) Je travaille dans la haine et avec la haine." L'antisémitisme est une grimace parmi d'autres du vieux misanthrope. Céline réactionnaire, conservateur ? Sauf en ce qui concerne la littérature bien sûr.
C'est là que le spectacle prend de l'ampleur: Céline écrivain. L'acte d'écrire est tantôt décrit comme une torture et tantôt comme une évidence (grâce à l'inspiration?). Au sujet du texte: "Tout existe déjà, hors l'homme, dans l'air". L'originalité du projet littéraire et la méthode d'écriture sont décrits aussi précisément que possible: "J'écris selon la méthode du rêve éveillé, c'est nordique..." pour créer "une prose parlée, transposée", ainsi "il semble que l'on vous parle à l'oreille"; c'est comme "un opéra sans musique, un chant intime" (...) et aussi: "Il faut s'enfoncer dans le système nerveux."
Le choix de correspondance qui constitue la matière littéraire de cette pièce est l'oeuvre du romancier et éditeur Emile Brami; il a publié des textes rares relatifs à Céline, dirige aux éditions Ecriture la collection Céline et compagnie; c'est aussi l'auteur d'une biographie de Céline intitulée "Je ne suis pas assez méchant pour me donner en exemple". C'est dans l'atelier de l'auteur qu'il nous invite ici.
La présence scénique qui rend vivante cette matière littéraire est celle de Denis Lavant. Il porte à merveille les paroles enflammées de l'écrivain. C'est un passeur de mots et de sens, un conteur et un explorateur. Un poète acrobate. Ne l'imaginez pas confortablement installé dans un fauteuil, à lire, face public, ni sagement assis à sa table de travail, non! Il saute, grimpe, se lève, se tord, claudique, voûté, jusqu'à son lit de mort.
A la fois tranche de vie et cours magistral de littérature, cet authentique moment de théâtre révèle la nature d'un écrivain mal aimé, pour qui, finalement: "Le fond de l'homme, malgré tout, est poésie."
LP1

So 2014. Une petite liste d'artistes qui ont fait l'année 2014. Offrez les à Noel. Vous ne vous tromperez pas!
Voilà donc le premier album qui a le plus impressionné cette année. Il faut dire que la demoiselle qui se cache derrière le nom improbable et synthétique de FKA Twigs a un caractère des plus singuliers. Ce qui fait du bien à nos oreilles qui vont automatiquement se rappeler d'une jeune Islandaise qui avait mis le feu à la musique il y a une vingtaine d'années.
Comme elle, Tahliah Barnett bricole plus qu'elle ne compose, pour mieux surprendre. Ces bidouillages sonores sont si aboutis que l'on revient vers ses chansons avec la chance d'y trouver une nouvelle vibration, une mélodie cachée. Elle est très brillante. Son disque manque peut être de spontanéité mais on devine que ce premier effort a été préparé avec rigueur.
On baigne dans une trip hop quasi expérimentale mais c'est très beau et la voix de la chanteuse ne fait pas que charmer Robert Pattinson (son petit ami aux dernières nouvelles). On est séduit par son timbre gracieux et fragile. La dualité avec la musique protéiforme et la voix subtile fait la vraie différence.
C'est bizarre mais la chanteuse arrive à joindre les deux bouts: de l'expérimentation franchement culottée et des idées plus commerciales proches du R&B qui aime bien être déculotté. Le sex-appeal n'est pas dans l'attitude de la chanteuse mais bel et bien dans son impressionnante ambition. C'est l'émotion qui touche juste, au bon moment, entre des beats saccadés et des nappes synthétiques élégiaques qui font rêver. LP1 c'est un peu Rihanna qui couche avec Brian Eno. Une idée saugrenue mais qui fait son chemin tout au long des dix chansons.
A offrir aux amateurs de bizarreries ou aux petites filles qui écoutent trop de la R&B pour MTV
XL Recordings - 2014
J’ai revu un clip de Kyo sur RFM TV…en bas de jogging.

Regarder la télé un matin d’hiver, et dieu sait que nous sommes casaniers en ces temps froids et austères, n’est pas des plus déplaisants. Non.
Regarder la télé ce même matin d’hiver en s’apercevant que c’est pas parce que y’a grand froid dehors que les chaînes télé changent leur programme et, donc, que tu comptabilises, sur 463 chaînes (j’ai le satellite et je vous em******), à peu près 396 émissions de télé-achat, 44 dessins animés débiles pour nain et 3 émissions culinaires dès 9h du matin, là, oui, t’as beau être en mode j’hiberne, tu t’agaces.
De par le fait, si vous avez bien calculé comme moi 463-44-3, reste 10 chaines, j’en retiens 2 pour la marge d’erreur pour annoncer des estimations fiables à 20h, j’enlève 3 chaines de documentaires et 1 d’Histoire, non pas que je n’aime pas ça mais que le matin la culture m’habite modérément (NDLR : il n’y a aucune contrepèterie dans cette dernière phrase)…et il me reste 14 chaînes de musique où les clips s’enchainent.
Ce qu’il y a de bien avec les chaînes de clips à foison, c’est que les codes sont clairs et que tu arrives à suivre très simplement.
Ils passent des clips, donc, selon des thématiques super faciles à comprendre : NOUVEAUTÉS ! ou DANCEFLOOR ! ou NEW ! ou BEFORE ! ou WOUAH CLIP ! ou 80’s ! ou 90’s ! ou TENDANCES !, au cas où tu serais trop con pour comprendre de toi-même que Lady Gaga fait du NEW !+DANCEFLOOR et non du REGGAE DUB !+80’S.
Pratique, la chaîne de clip n’est pas folle et sait bien qu’elle est regardée par une majorité de mongoliennes pré-pubères à tendance « oups, j’ai oublié d’apprendre à lire l’heure sur une montre quand j’étais petite donc il me faut des gros chiffres », et c’est pourquoi une petite horloge est là, tout le temps, en haut à gauche de toutes le chaines de clips.
Autre particularité c’est que tous les 3 clips en moyenne, sans prévenir, tu as 10 minutes de pub où l’on invite à télécharger la dernière super sonneries qui reprend le clip que t’as vu juste avant, la dernière super super sonnerie qui imite un bruit de pet ou de rot pour ton téléphone, la dernière super super super appli qui te réveille avec la voix d’Omer Simpson qui imite Lady Gaga qui pète ou qui rote, ou encore la super super super super appli qui te permet de rencontrer des filles et des garçons de ta région pour seulement 4 sms facturés 36€ chacun.
Bon, voilà.
Alors donc je me retrouve, vous l’aurez compris, avec ta tasse de café, ma tartine de confiture de coing, mon jus d’orange et ma banane devant ma télé à regarder, la tronche de travers et l’agacement naissant devant tant de haine télévisuelle, mes chaines de clips. Précision somme toute utile, il s’avère qu’il faisait un tantinet frisquet dans la maison ce matin là et que, pour des raisons pratiques de « faudrait pas tomber malade ça serait ballot », j’avais enfilé un bas de jogging bleu acheté chez Decathlon, drôlement pratique et molletonné quand tu vas courir en hiver.
Je crois que cette fois-ci c’est bon vous avez le tableau du gros beauf dans toute sa splendeur avachi dans son canapé et qui donnerait envie sexuellement à n’importe qui sauf à tout le monde, ce qui fait peu.
Et là, O grande surprise, les bras m’en tombent, la tasse aussi et la tâche d’urine mal séchée qui arborait fièrement mon bas de jogging disparait soudainement, je ne veux pas y croire, RFM TV, à tendance 90’S+POP !, se lance dans la diffusion d’un clip de Kyo !!!
Oui Kyo !!!
Oui, vous avez bien entendu, Kyo ! Groupe de jeunes qui kiffaient trop leurs grattes et leurs riff au début des années 2000 avec des tubes comme…comme…euh…comme….bah merde alors, j’me rappelle plus.
Bon, là, donc, re-tableau, moi en bas de jogging, pas propre, avachi, des miettes partout, pas coiffé, devant RFM TV et je regarde Kyo, dans un clip.
Soudainement, l’angoisse m’habite, l’habit m’angoisse, le clip m’agresse, je dois réagir, ma bite acquiesce (oh ça va !!! c’est pour la rime !!! ohhhhhhh !!!).
Je me lève, j’étends la télé, j’enlève mon bas de jogging, je mets un short, des baskets, de change de caleçon, de mets mon Ipod avec Nova dans mes oreilles et je pars courir une heure. Sur le chemin, une pelouse, des jeunes, dont un avec une guitare, je suis poursuivi par Kyo !!! Je prends la décision d’aller le frapper ! et je me réveille…dans mon canapé, devant une pub de sonnerie pour portable.
Je reprends ma bite en vain, euh, je reprends ma vie en main et je me lève et je me lave pour de bons, en me jurant que je ne regardais plus de clips sur RFM TV les matins d’hiver.
Nature Morte

Découvrez l'inspecteur Gamache, le policier le plus plan plan du Canada, mais aussi le plus efficace!
Au pays de Céline Dion et du sirop d'érable, cet inspecteur aussi énergique qu'une poutine est le héros d'une saga policière à succès. Nature Morte est le premier tome. Méfiez vous des apparences: ce roman policier se dévore! Rarement un auteur renouvelle avec tant de verve acide le thème du village tranquille où les secrets se révèlent dangereux.
Louise Penny décrit donc un petit village canadien qui pourrait être un havre de paix. La douce harmonie entre la nature et l'homme. Un style de vie qui s'adapte aux intempéries et une pensée qui relativise tout avec un charmant désenchantement. Pourtant à Three Pines, un crime va être commis.
Une femme est tuée. Un membre de la communauté serait un tueur. Nous sommes très loin de la paisible bourgade finalement. Le cadre n'est qu'un décor pour cacher des secrets lourds que connaissent certains habitants. Arrivent l'inspecteur Gamache et son équipe pour découvrir ce qu'il se passe dans ce lieu pas si tranquille.
L'affaire se révèle passionnante car Louise Penny introduit le drame dans une rassurante idée de la communauté. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Puis c'est le vice qui s'installe. Penny réussit à pervertir avec une certaine élégance les habitants qui dans un premier temps pourraient vivre avec des hobbits, tellement ils semblent sereins et affables.
L'inspecteur Gamache représente la force tranquille. Ses méthodes d'investigation se basent sur la gentillesse. La courtoisie et le respect sont ses armes. Il va à l'inverse de toute modernité mais ne refuse jamais le travail en équipe. C'est un boy scout. Sa bonhomie n'est pas une faiblesse et l'amène à percer les mystères les plus sombres.
Il va très bien dans le paysage où l'on ne s'ennuie jamais au cours de l'enquête. Ca peut paraître vieillot mais ce n'est jamais ringard. Bien au contraire. La subtilité du personnage principale permet au roman de flirter avec le charme désuet d'Agatha Christie et se montre plus efficace que certains polars qui sortent les muscles! Inutile de vous dire que les romans suivants sont tout aussi réjouissants...
Gustave, Flaubert, Jacques Weber, Atelier

Une écriture époustouflante de justesse et d’actualité, magnifiquement révélée par Arnaud Bédouet et Jacques Weber.
Par sa superbe mise en scène, Arnaud Bédouet sublime le Théâtre de l’Atelier. En un instant, on est à Rouen, en 1870, dans une froide bâtisse, en pleine campagne et l’orage gronde dehors. Les éléments se déchaînent au même rythme que la plume de Flaubert et les pieds de Jacques Weber, qui signe une performance absolument magistrale, avec quasiment une heure et demi de monologue.
Les amoureux de Flaubert apprécieront d’entrer dans son intimité, son marasme d’écrivain, et ses déboires amoureux avec Louise Colet. A travers ses correspondances, on découvre non seulement le génie littéraire mais l’homme, qu’on connassait moins. Son exigence, sa précision, sa personnalité tranchante, presque violente dans ses convictions et surtout, incorruptible. Aucun de ses contemporains n’est épargné, ni les poètes du coeur tels que Musset ni ceux qui suent la médiocrité alors qu’ils singent le génie, comme Lamartine. Flaubert vocifère son horreur de la société de l’apparence, son dégout de la vanité et des convenances. Désespéré face à la médiocrité et l’absence de goût des bourgeois, il affirme: “Si le rêve de la démocratie est d’élever le prolétaire à la bétise du bourgeois, alors je dis à-bas la démocratie!”. Plus d’un siècle après, chacun de ses mots sonnent encore si juste qu’on en ressort à la fois éblouis et songeurs.
Bravo.
A partir du 25 novembre 2014
GUSTAVE
Librement inspiré de la correspondance de Gustave Flaubert
Gustave – Jacques Weber – Théâtre de l’atelier

« Du sang, pas de la lymphe ! »
Jacques Weber joue dans Gustave une libre adaptation de la correspondance de Gustave Flaubert. Seul en scène accompagné d’Eugène, domestique et confident presque muet, Jacques Weber interprète un Flaubert subversif, révolté dans l’âme qui en découd avec son temps et fustige les Musset, Lamartine et Béranger. Des auteurs qui selon lui jouent sur une vision populaire et faussement romantique, voire caricaturale de la vie et des états d’âme.
L’adaptation de la correspondance de Flaubert signée Arnaud Bédouet nous emmène dans la passion de Flaubert, ce travailleur insatiable, chercheur de phrase à contre-courant des usages à la mode. Flaubert hypersensible et lucide, veut de la chair, de la vie, « du sang, pas de la lymphe ». On reconnaît des passages de la future préface d’Emma Bovary, ses réflexions qui le pousseront à écrire contre la bourgeoisie et sa bêtise, Dictionnaire des idées reçues mais aussi et surtout Bouvard et Pécuchet.
La solitude est probablement l’autre versant de la personnalité de Flaubert, auteur isolé en Province du côté de Rouen quand tous les penseurs de son temps lui demandent de participer activement à la vie parisienne. C’est au prix de l’écriture qu’il sacrifie sa relation avec Louise Colet, poétesse à la mode. C’est sur la lettre de rupture de Louise que débute le spectacle.
La correspondance dépeint un Flaubert misanthrope et misogyne, lubrique, fréquentant les bordels et revendiquant l’amour comme étant en deçà du travail et de l’écriture. L’amour ne vient qu’agrémenter la vie mais en aucun cas ne doit la guider. Son regard critique sur l’humanité et la société d’un conformisme morbide l’isolent.
Librement adapté de la vie de Flaubert qui participera bien plus tard à la vie mondaine et parisienne, le spectacle est à voir. De grands moments, notamment quand Flaubert s’image à la tribune de l’Académie Française et apostrophe les écrivains de son temps, mais aussi quand il décortique la poésie de Louise Colet ou de Lamartine.
Une méridienne, une table, une caisse, un voltaire, il n’en faut pas plus à Jacques Weber pour nous transporter chez un Flaubert, libre, sauvage et plus théâtral que jamais.
http://www.theatre-atelier.com/
François Truffaut, l’exposition, Cinémathèque Française

L’exposition consacrée à François Truffaut à la Cinémathèque est l’un des événements de cet automne à Paris. Rétrospective dans et hors les murs, elle balaie de nombreux aspects de la vie et de l’œuvre de ce grand cinéaste. (suite…)









