Nation of two

C'est un peu le nouvel eldorado pour les amateurs de chanteurs acoustiques. L'Australie. Il n'y a pas que les assoiffés de bières d'AC DC ou les tristes ritournelles de Nick Cave. On découvre là bas, de l'autre coté de la planète, une nouvelle génération de songwriters doués et épanouis.
On avait Marlon Williams et son coté vintage. On a désormais la force tranquille de Vance Joy. Ce dernier n'est pas insensible au succès. Riptide est son titre de gloire qui lui a permis de faire le tour du Monde. Il sait parfaitement doser la folk avec la pop.
Il fait des chansons simples et polies. Ca parle de douleur et de tristesse de toute sorte. Il est sympathique, beau gosse, plutôt habile. Donc parfait pour être le type agacant! Le garçon n'a pas grand chose du chasseur de l'outback. A la limite, il est le surfeur qui fait en plus de la guitare! En fait on pourrait carrément le détester.
C'est vrai que ces chansons ne sont pas inoubliables. Elles sont calibrées pour le passage à la radio. Mais dans le lot, il y en des bonnes. Des douces. Des sincères. Le cynisme ne pointe pas du tout dans ce second album, c'est ce qui sauve le gaillard de trente ans.
Il est même très convaincant lorsqu'il se concentre sur son instrument de prédilection. La tête à claques disparait et on peut écouter un sacré bon chanteur. Il a tout pour être le fer de lance de cette nouvelle génération qui devrait se faire entendre partout autour du globe!
Atlantic records - 2018
Encore

C'est un blanc bec. Il a une voix de crooner venue d'ailleurs. Il n'atteint pas encore la trentaine mais on a l'impression qu'il a baroudé sur toutes les routes du sud des Etats Unis, en fumant des tonnes de cigarettes et avalant toute la poussière du Texas. Le type impressionne à tous les coups!
Son style, lui, est beaucoup plus classique. C'est du blues, avec du rock et du gospel. Ce que cherche le jeune chanteur, c'est nous filer le grand frisson. Il a un style nonchalant et des accords bien chaloupés. Il nous baigne dans une ambiance de messe soul. Il préside une assemblée de musiciens investis. Ils ont la Foi.
Et ca fonctionne. A force d'embrasser les clichés, Anderson East et ses copains réussissent à nous emporter dans leur mission. Encore enchaine les poncifs avec une envie qui finit par nous plaire. C'est le genre de disque que l'on devrait détester mais on y arrive pas tellement les artisans de l'album se donnent du mal.
Les cuivres accompagnent dans un spleen stylisé la chaude voix d'Anderson East. Il n'aime pas la solitude. Il a donc un choeur féminin absolument charmant. Tout est bien fait dans ce disque: nouvelle signature sur un gros label, on lui prete même Ed Sheeran sur une chanson et le producteur du rock bien country, Dave Cobb, se met aux commandes. Il n'y a que du beau monde.
Ce n'est donc pas surprenant mais c'est très plaisant à écouter. Une sorte de vieux Rythm'n'blues (rizeuménblouze) qui n'a plus le droit de citer vraiment. Tout est (trop) parfait mais ca nous emporte vers un idéal clean de musique. Sans fausse note mais avec de la vraie sincérité.
Elektra - 2018
The Outsider

Le regard bleu de Jared Leto mérite un film. C'est fait. Mais c'est à peu près tout dans cet étrange produit multiculturel.
Car le comédien de Requiem for a dream a vraiment de beaux yeux. Ils sont tristes. Ils sont profonds. Ils font oublier le coté un peu fadasse du comédien qui rêve aussi d'être une rock star. Depuis qu'on l'a découvert dans la série Angela 15 ans, Jared Leto a une carrière bien particulière. Gros machins hollywoodiens. Productions indépendantes. Rôles difficiles. Cabotinages insupportables. Jared Leto peut réjouir comme il peut décevoir.
Reste son regard plein de spleen. Ce sera notre point de repère dans The Outsider. Le héros a appris à ne rien laisser transparaitre. Pour éviter les problèmes. Pour montrer son respect. Américain perdu dans un camp de prisonniers japonais, il sait rapidement que la réserve est la meilleur arme pour survivre dans le Japon des années 50.
A sa sortie de prison, il est pris en main par un yakuza authentique qui va l'initier à cette vie de voyous. Evidemment ses origines posent un problème à toute une bande d'Osaka. Cela explique le quasi mutisme du héros et l'interprétation quasi neutre de Jared Leto. Le film fut descendu par la critique en Amérique. Franchement ce n'est pas un nanar.
Ce n'est pas non plus un polar puissant et original. C'est juste une oeuvre ouverte, avec un mélange déjà connue entre la culture occidentale et les traditions japonaises. C'est donc esthétique et efficace en même temps. Le scénario ne réserve aucune surprise mais il est vrai que le jeu du comédien a de quoi dérouter. Tadanobu Asano, sorte de Russell Crowe nippon, lui vole la vedette.
Le réalisateur, danois, rend hommage à Kitano, Scott ou Wong Kar Wai, tous ses artistes qui ont osé le mélange entre l'Asie et l'Occident. Il y a de très jolies filles, de très belles images, de belles idées mais il y a un étrange peur de surprendre. Le film n'est qu'un énième film de gangsters avec de l'honneur et de la trahison. Ce n'est pas un désastre. Juste un produit qui doit être vu sur toutes les rives de la Terre.
Avec Jared Leto, Tadanobu Asano, Shioli Kutsuna et Kippei Shiina - 2h - netflix - 2017
The Magic Gang

Il y a une certaine ironie entre le nom du groupe et la pochette de l'album. Les musiciens de The Magic Gang ne sont pas forcément à leur meilleur avantage. Mais les apparences sont trompeuses. On n'attaque pas le physique. L'humour a toute sa place dans cet album réjouissant.
C'est un peu la revanche des nerds. Ils n'ont pas le physique des boys band mais les petits jeunes de The Magic Gang a surtout du talent. Leurs chansons font référence à tout un style des années 90, mené par Weezer et Fountains of Wayne. Des chansons simples sur des thèmes simples. Mais la simplicité empêche la facilité.
Ils viennent de Brighton mais ils n'ont pas la même culture que les défenseurs de la pop. C'est un peu plus musclé et très instinctif. Ce ne sont pas des sauvages non plus. C'est encore un quatuor anglais qui possèdent viscéralement toutes les clefs pour réussir dans la musique!
Ils ont donc tout des types aimables mais leur son va un petit peu plus loin. Ils apprécient la fausse légèreté de Big Star. Les harmonies cachent un portrait doux amer de l'existence. Il y a un humour dans leurs compositions mais il est bourré d'ironie.
Les anglais ont tout de même l'art de nous sortir très souvent un petit groupe surdoué que l'on voudrait éternel. les membres de The Magic Gang sont assez irrésistibles. La musique passe avant tout. Les riffs percutent la mémoire. Les refrains déroutent tellement ils sont évidents. Les musiciens sont heureux de chanter et jouer ensemble. Il y a toute la fraicheur d'un premier album qui explose en quelques chansons humbles et jubilatoires. Après Shame, l'Angleterre semble nous faire regretter un peu plus le Brexit.
Warner - 2018
Et toi tu regardes quoi comme série ?!


Cette semaine, un peu de sérieux ! Pas de délires pas de folies, pas de fête du slip à raconter n’importe quoi, on fait dans la chronique sérieuse et posée, on va parler séries, on va se mettre au chaud pour la fin de l’hiver, qui est déjà censé être le printemps mais vu les oscillations de températures ma bonne dame, rien ne dit que le joli ciel bleu du week-end ne redevienne pas tempête de neige, et quand y’a tempête, bah y’a canap, et quand y’a canap, bah y’a série…
Aussi, faisons tranquillement un petit top joli top des séries qui, dans la plus grande subjectivité, tendant au maximum de l’élastique de mon boxer short vers la plus grande objectivité, des séries à ne pas louper, forcément j’en oublie, forcément tu vas encore pigner que c’est pas assez tout ça tout ça, mais voilà mon avis, rhoooooo !!!
1. Peaky Blinders : Dispo sur Netflix après être passée sur Arte, l’histoire d’un gang familial de crapules dans le début du 20ème siècle à Birmingham…sans doute une des meilleures séries des 10 dernières années, personnages, acteurs, musique, intrigue, décor, surprise, suspens, histoire…magnifique sur 4 saisons.
2. Mindhunter : Un jeune loup un brin timide du FBI au milieu des 70’s invente ou presque le profilage, la psychologie criminel pour mieux comprendre les cerveaux malades des serial killers…visites de prison, des face-à-face improbables avec des grands tarés meurtriers, des résolutions de crimes quasi psychiques, dérangeant, déroutant, fort…
3. Godless : Bienvenue dans le far-west, mais attention, loin de Terence Hill et de Bud Spencer, ça brigand de grand chemin, ça dramatique lourd, ça tire à tout va, ça joue sur le mental, ça paysages absolument sublimes, ça dérange un peu aussi…magnifique.
4. La Casa del papel : Si le nom ne fait pas rêver à la base, si le fait que la série soit espagnole, pas maitre du genre a priori, il faut à peine un petit ¼ d’heure pour se laisser embarquer dans ce braquage de la maison de la monnaie à Madrid ; des personnages racées, un cerveau du gang absolument surprenant, une Saison 1 (la 2 arrive début avril) qui embarque, accroche, abime, habite.
5. Le bureau des légendes Saison 3 : Of course, les deux premières saisons étaient déjà de haut vol, mais la 3 continue de surprendre de la plus belle des façons ; en plein cœur du cœur de la DGSE, entre flip et intrigue, entre rôle taillé ciselé joué subtilement…un régal.
6. Engrenages Saison 6 : La vie du commissariat du 19ème arrondissement pourrait lasser après tant d’années, mais non, on continue à suivre les aventures toujours borderline de cette escouade pas toujours très clean et dans les faits et psychologiquement. Du très bon !
7. Black Mirror Saison 4 : Comme dans les 3 premières saisons, on se projette juste 20-30 ans demain…on part de la base contemporaine (Réseaux sociaux, robots, intelligences artificielles, l’humain et le digital), on secoue bien fort, on imagine que tout ça ne va pas donner que du bon dans les générations futures…et ça donne Black Mirror, flippant, troublant, déroutant. Onctueux comme les 3 premières saisons.
8. Strangers Things : Si la première saison avait enthousiasmé de par ses foultitudes de références aux 80’s, le jeu d’acteurs des petits comme des grands, et une intrigue que se tenait malgré un alliage monde réel-monde parallèle toujours très casse-gueule, la deuxième, encore plus périlleuse, tient toutes ses promesses, voyez, j’vous avais dit que je serai gentil, bah j’suis gentil !
9. Narcos Saison 3 : Pablo Escobar n’étant plus, il apparaissait difficile de tenir la distance sans le « personnage » principal…et bien non, figurez vous que cette 3ème saison qui se concentre sur le cartel de Cali, transpire peut-être même plus de vérité sur la Colombie des 90’s où il ne faisait définitivement pas bon habiter ou de s’opposer aux grands barons de la cocaïne…encore parfait !
10. Plus belle la vie saison 26 épisode 689365 : Non je déconne.
Voilà, c’est offert, c’est cadeau, tu prends, tu jettes, tu gardes, tu conserves, tu réfléchies tu me reviens, tu me dis oui ou non, tu Netflix, tu Canal, tu streaming, tu VOD tout ça en semaine ou le dimanche, mais tu fais ce que tu veux.
Allez j’vous embrasse.




