All Inclusive

Du rock à l'ancienne! Quelques types propres sous tout rapport défendent le blues steady avec une joie communicative. Allez, on se laisse aller...
Les membres de Shaggy Dogs aiment le bon vieux rock de papa ou même de grand papa. Les gaillards se sont rêver à cinq sur une planche de surf en Californie, en famille autour une grosse dinde luisante, à l'armée avec Elvis Presley comme bleubite!
Shaggy Dogs sont bien sappés mais ce sont des sauvages. Ils grognent des riffs convaincants et joyeux. Les franchouillards défendent farouchement leur passion. On devine chez eux que la musique c'est un art de vivre, de penser et de (faire) vibrer.
Les guitares s'imaginent bien sur la route 66. On entend un piano rigolard. Une grosse voix pleine de goudron. Et des rythmiques qui connaissent bien la route du rock'n'roll. On traverse toute la mythologie américaine, à toute vitesse et avec beaucoup de malice.
Après sept albums, ils intéressent même Gary Bromham, un producteur de Sheryl Crow. Cela soigne un peu la nostalgie americaine. Il y a donc du blues, du steady, du boogie. Que des vieilles choses. Mais dépoussiérées par l'énergie sincère de Shaggy Dogs.
Un disque qui a du chien, donc!
first defence records - 2018
The Third Murder

Un thriller austère et japonais tente de nous tuer en nous endormant sur un thème archi rabaché mais pas inintéressant!
Depuis 2004, on aime le cinéma de Hirokasu Kore-eda, responsable de chefs d'oeuvre comme Nobody Knows ou Notre Petite Soeur. Le réalisateur observe avec un tact incroyable les relations familiales et les étrangetés de l'existence.
Son cinéma est généreux. Sa caméra est douce. Ses histoires sont sobres. Il sait être spectaculaire quand il faut. C'est un fameux metteur en scène. Ses acteurs sont toujours incroyables. Le Japonais est obligatoirement important dans notre monde désincarné avec des thèmatiques universelles et des réflexions fines et caressantes.
Son nouveau film désoriente un peu: c'est une chronique judiciaire. Un avocat est dérouté par un accusé qui change en permanence sa version des faits qui lui sont repprochés (le meurtre de son patron). Le réalisateur s'essaie au polar. Et ca fonctionne assez moyennement. Kore-eda ne peut pas s'empêcher de parler de la famille. Il le fait bien une fois de plus. Mais il s'enferme dans une narration bleue et molle qui va vous entrainer dans une somnolence immanquable.
L'exigence de la mise en scène devient de l'austérité. C'est beau. C'est intelligent en plus. Mais qu'est ce que c'est chiant. Désolé d'être vulgaire mais c'est un vrai rendez vous raté car il y a tout pour que la réussite soit là. Les comédiens une fois de plus sont bons. La photo est pensée. La musique a du sens. Tout est là. Mais rien ne se passe. Les qualités se noient dans un schéma poussiéreux et fatigué. On est déçu. C'est le thriller ici que l'on assassine.
Avec Masaharu Fukuyama, Kôji Yakusho, Suzu Hirose et Yuki Saitō - le Pacte - 11 avril 2018 - 2h04
L’ile aux chiens

Wes anderson! Des conflits et des problèmes familiaux sous des tonnes d'effets vintage et des vieilles chansons qui flattent les spectateurs, on pourrait résumer son cinéma ainsi mais heureusement, son petit dernier échappe (un peu) aux habitudes.
Car depuis Grand Budapest Hotel (et peut être même son film précédent, Moonrise Kingdom), le bonhomme se la pête un peu moins et semble moins vouloir faire la danse du ventre devant tous les bobos de la planète. Wes Anderson se révèle enfin dans un cinéma personnel, avec toujours des artifices exagérés mais avec un peu plus de conviction.
On pouvait l'accuser d'être un peu lache et non chalant. Ce n'est plus tellement le cas même si le principal défaut de L'île aux Chiens, c'est bel et bien la durée. Le film est trop long et s'attarde souvent sur de menus détails. L'esthétisme est une obsession chez Anderson. Il en oublie parfois de faire avancer son récit.
Qui cette fois ci se sert de la fiction pour observer un peu le Monde actuel. Difficile de ne pas voir dans son aventure canine, une métaphore stylisée de nos petites sociétés qui refusent de voir les maux en face tout en les distribuant à d'autres. Les chiens deviennent donc la plaie d'Egypte de la ville japonaise de Megasaki. Les chiens sont bannis sur une île. C'est là que débarque en avion le fils du maire qui veut retrouver son chien de garde, Spots...
Et le garçon va se retrouver à la tête d'une meute de chiens courageux et bavards. Comme toujours chez Anderson, ca papote avec un grand sens de la dérision et un humour décalé, un peu vieillot qui fait le charme des dialogues, première force du cinéma de Wes Anderson.
Comme Fantastic Mr Fox, c'est un film d'animation à l'ancienne où la technique est en apparence dépassée. Il y a là tous les vieux trucs qui feraient la joie de Willis O'Brien ou Ray Harryhausen, les dieux de l'animation à l'ancienne. L'accumulation des tics visuels permet néanmoins une effervescence visuele quui dépasse rapidement la surprise.
En limitant la technologie, Anderson se sent plus libre et désormais, il raconte un peu son époque. La fable est humaniste, drôle et ripolinée. Elle s'étire un peu inutilement mais le réalisateur semble très heureux de célèbrer la candeur et le regard enfantin.
Comme à son habitude, il étouffe un peu l'émotion et l'interaction entre le spectateur avec les personnages. Il multiplie les idées géniales mais laisse encore une fois les personnages de coté, souvent limités à leur joliesse. Comme d'habitude, on aime bien mais on est coincé par les limites narratives d'un cinéaste iconoclaste mais pas complètement guéri des défauts d'avant...
Avec les voix de Bryan Cranston, Edward Norton, Jeff Goldblum en VO et les voix de Vincent Lindon, Louis Garrel ou Romain Duris - 20th century fox - 11 avril 2018 - 1h41
Find a light

Le rock sudiste dans toute sa splendeur. Pour un ride chez les rednecks ou la degustation d'un gros burger avec du grain transgénique. Joyeusement régressif!
Le chevelu et barbu Charlie Starr ne veut rien inventer. Avec ses copains plein de poils, ils vivent leur rêve américain sous le nom de Blackberry Smoke. Comme ils viennent d'Atlanta, ils défendent un rock sudiste avec de grosses guitares et des refrains qui donnent l'envie de rentrer dans la garde nationale.
Ils sont néanmoins sympathiques. Plus que Trump, défenseur des gens qui pensent que la Terre est plate et les Mexicains, des belliqueux extraterrestres. Dans le sud, il y en a qui ont les idées un peu plus larges et c'est le cas de ce groupe qui évidemment sera comparé à Lynyrd Skynyrd, ZZ Top ou les Black Crowes.
Au bout de vingt ans d'existence, Blackberry Smoke est arrivé à maturité et gère tranquillement les traditions du rock sudiste sévèrement burné. Les amateurs de nuances, passez votre chemin. Le groupe est une sorte de ranch qui transforme les stéréotypes en force et en intégrité. On ne doute pas de leur talent ni de leur ambition. Voilà un groupe qui s'éclate, à l'aise dans ses bottes!
Les chansons impressionnent car on a déjà l'impression de les connaitre alors que c'est la première fois qu'on les entend. Ils connaissent leurs classiqus bluegrass, country et rock. Ils les recrachent avec une aisance qui ne cache pas un esprit réjoui et serein.
Find a light, dans l'Amérique de Trump, ca veut dire quelque chose. Blackberry Smoke défend son bout de gras avec conviction et cela donne un bon disque américain.
earache - 2018





