Firepower

Mine de rien, cela fait bientôt cinquante ans que Judas Priest défend le metal à l'ancienne, avec des guitares fantaisistes et un chanteur à l'accent des temps anciens.

C'est en 1969 que Judas Priest débute sa carrière de grands hurluberlus du rock'n'roll. Les clichés du hard rock? Il les embrasse. Il les sublime. Il les respecte. Les sirènes de la mode peuvent chanter: eux c'est du cuir noir, de la guitare de bucheron et une batterie énervée!

Et ca dure. Les papys en ont encore sous le coude comme le prouve donc ce Firepower où l'on a tous les poncifs du genre et ce n'est du tout désagréable. Avec Iron Maiden, le groupe de Ian Hill et Rob Halford garde le temple du heavy metal.

Il y a tout le bestiaire et toutes les attitudes de cette musique musclée mais désormais vieillotte. Nous sommes dans les flammes de l'enfer, le mal est partout et on pourrait encore attaquer le groupe de messages subliminaux et de démons à cornes.

Le cuir, les clous et l'electricité, voilà le secret de Judas Priest. Le duo de guitares fonctionne encore. Le batteur perd le controle de son instrument et Halford continue de hurler avec style. C'est bien vintage. Très rigolo à écouter.

Mais il y a aussi la conviction car le groupe a quelques années au compteur. Si vous êtes allergiques au gros rock qui tache, fuyez cet album enflammé mais si vous voulez vous transporter dans une autre époque, où le lyrisme et l'exagération ont leur place, he bien, ce Firepower est une preuve de croyance assez jubilatoire. A cinquante ans, ils sont pas mal ces petits vieux tout de meme!

sony music - 2018

The Avengers: infinity War

Gloire à toi Thanos, méchant violet et tyran de toutes les galaxies! En deux heures et demi, il nous fait traverser le meilleur et le mauvais de tout l'univers Marvel, initié il y a dix ans par le succès d'Iron Man.

Pour le mauvais, on va essayer d'aller vite: Avec tous les procédés techniques, l'image semble s'assombrir. Le directeur de la photo semble avoir beaucoup de mal pour éclairer des planètes lointaines et l'Afrique fantasmée de Black Panther. Les frères Russo, responsable de quelques Marvel, sont aux manettes et ils n'ont pas beaucoup de style. Tout comme la musique, assez insipide et pourtant signé par Alan Silvestri. Et on passe vite sur l'interprétation très peu concerné de Robert Downey Jr, plus effacé qu'un personnage numérisé.

Mais bon, avec les frères Russo, c'est fluide et l'écriture est simple. Ils arrivent à gérer tous les super héros qui s'organisent une géante orgie pour que tous les geeks de la planète jouissent en même temps. Ca fonctionne: le film est un énorme succès qui assure des suites pour les décennies à venir. Désolé pour les ronchons qui trouvent tout cela un peu trop industrialisé! Faudra s'y faire.

Donc notre ami Dr Strange recoit dans la tronche un Hulk tout angoissé: il vient de se prendre une fessée de la part de Thanos, dictateur mélancolique qui veut mettre la main sur des petits cristaux colorés qui proviennent du Big Bang. Ils donneraient des pouvoirs illimités à Thanos le caractériel. Un peu comme si tu donnais la direction du Monde à Donald Trump ou son double Nord Coréen!

Donc Iron Man, Captain America et ses copains se lèvent contre le despote de l'espace mais les Gardiens de la Galaxie viennent aussi à la rescousse. Et ce qu'il y a de rigolo, c'est donc le mélange des franchises avec une grosse intrusion de la science fiction dans l'univers plus concret des super héros.

Les Russo tombent dans le panneau: il y a trop de personnages. Ils deviennent des accessoires. Comme l'un des personnages, ils sont presque destructurés, réduits à servir une histoire qui pourraient personnellement se passer d'eux. Seul, Thor a droit à un traitement à peu près réussi: il ne perd pas trop de sa mythologie.

Les Russo ne pensent peut être qu'à leur nouvel star: le massif et triste Thanos. Il est vrai que l'on est surpris par la profondeur de ce personnage vaguement shakespearien mais mis en valeur avec beaucoup d'affection. Le genre de méchant que l'on adore. Josh Brolin prète sa voix et ses traits. L'idée est grandiose.

Pendant que l'on accumule les héros, la solitude de Thanos est plaisante et donne lieu aux scènes les plus emphatiques. Pour le reste, c'est l'inévitable conflit du bien contre le mal avec un maximum de rebondissements pour que le récit s'étale sur deux films longs qui vont en mettre plein la vue. Mais ce n'est pas parce que l'on vous en met plein les mirettes, que l'on ne se fout pas un peu de votre gueule! On verra ca au prochain Avengers!

Avec Robert Downey Jr, Josh Brolin, Chris Pratt et Zoe Saldana - Marvel - 25 avril 2018 - 2h30

Chanson du jour: Creedence best

Chanson du jour: Chop Suey

A peu près

Ne vous fiez pas au titre: le premier album de Pomme est hyper travaillé. C'est tout à son honneur.

Haute de sa petite expèrience, la jeune Pomme pousse très vite vers les hauteurs. Sa voix est impressionnante. Elle va chercher ouvertement vers la forêt folk et elle a observé les vieux chênes que sont Joan Baez ou Karen Dalton. C'est désuet. C'est surtout courageux de chanter de cette manière car les harmonies sont osées et pas si vieillotes que ça!

Le grain de voix a quelque chose de vintage. Il est clairement inspiré par l'Amérique mais la demoiselle est bien française. Comme beaucoup de chanteuses ces derniers temps, elle n'a pas honte de faire dans la variété française sans renier ses petites particularités.

Pomme a la bonne idée de ne pas abuser de l'héritage des années 80 mais profite des structures limpides de la variété avec des histoires d'amour déçues et des petits moments poésies innocents, très doux. C'est tout le charme de la demoiselle. Les morceaux d'A peu près échappent ainsi à la mode.

Dans un monde qui va vite, où l'on doit découvrir une artiste française majeure par semaine, ce tempo plutôt calme et détendu fait toute la différence. Pomme impose son rythme. Elle grimpe en haut du panier. Car elle est franche et fraiche. Elle met toute son âme dans son chant. Les orchestrations sont délicieuses. La fragilité du personnage jure parfaitement avec le style folk moderne qui montre les bases très solides de l'artiste. Il y a quelques moments creux mais A peu près est maîtrisé et plutot fascinant.

Polydor - 2018

Chanson du jour: Lola

OLD chanson du Jour: V

Hungerford

Le found footage toujours et encore. Avec trois potes et un logiciel d'effets spéciaux, tu peux toi aussi devenir le futur Peter Jackson ... ou le plus moisi des réalisateurs.

C'est peut être dans cette catégorie qu'il faudre installer le chevelu Drew Casson qui visiblement s'ennuyer dans sa petite ville grise du Royaume Uni. Il a un bon look décalé: sorte de fan de grunge perdu dans les années 2000. Il a des potes aussi sexy qu'un sandwich dans une station service. Il a en tout cas une caméra légère qui fait de lui un génie pour tenter de faire quelques dollars comme Paranormal Activity.

Mais bon, notre apprenti cinéaste veut faire la différence avec le budget d'un pinte de Bud light. Ce n est pas gagné: il invente une histoire de bestioles qui transforment les humains en monstres violents. Inventer c'est un bien grand mot je vous l'accorde. Les gros insectes venus d'ailleurs et des zombies maquillés chez Sephora, cela donne bien évidemment un nanar sans le sou assez jouissif.

Car Drew a quand même trouvé quelques amis pour filmer son incroyable cavalcade dans une fin de monde au rabais. Ils se filment donc faire les couillons pendant vingt minutes, sorte d'hommage moche des Branchés Débranchés et toutes les autres imbécilités couillonnes de feu Rik Mayall, star de l'humour trash anglais.

Puis ils se lancent donc dans une invasion de monstres, mal foutus, mal maquillés, mal joués et c'est hilarant. On s'interroge sur la volonté de Drew Casson, qui a réussi à vendre son film. Il doué pour la vente. Rien ne peut être sauvé dans ce film. Ce nouveau réalisateur a une âme de commercial, pas d'artiste.

Avec Georgia Bradley, Drew Casson, Tom Scarlett et Nigel Morgan - Wild Bunch - 2014

Psychokinesis

Le réalisateur du Dernier Train pour Busan revient et continue de mettre beaucoup de tendresse dans le film de genre. Cette fois ci la guimauve étouffe les ambitions.

Mais c'est aussi ce que l'on aime chez nos courageux Coréens (du sud): ils osent. Ils confrontent leur cinéma commercial à celui des Etats Unis. Ils n'ont pas peur d'aller sur le terrain du cinéma américain et se fabriquent des blockbusters riens qu'à eux. Et cela donne de bonnes surprises.

Comme ce fut le cas du Dernier Train pour Busan, film de zombies assez réussi et attendrissant par sa mignonne histoire de famille qui se recompose face à l'adversité et une foi indéniable pour le genre très à la mode ces dernières années. Sang Ho Yeon, le réalisateur, remet le couvert avec le film de super héros.

Ici, c'est un super looser! Il a abandonné sa famille. Il a un job sinistre. Il est porté sur la boisson. Pourtant cet imbécile va boire de l'eau contaminée par un astéroïde qui va lui donner le pouvoir de télékinésie. Incroyable. Quand il apprend que son ex femme est morte dans d'étranges conditions, il tente de renouer le contact avec sa fille...

Mais il aura du fil à retordre (pardon c'était facile). Il a des pouvoirs incroyables mais il doit affronter un gang au service d'une vilaine compagnie chinoise qui veut expulser sa fille de son restaurant. Les rapports sont tendus entre le père et la fille puis les choses se relaxent et une touche affective finit par se répandre sur la fiction assez conventionnelle autour du thème du super héros et ses responsabilités.

Le réalisateur hélas n'a pas la même ambition que pour son film précédent. C'est bien joué. Le ton doux amer est agréable. Il se laisse tout de même un peu dépasser par le drame personnel et oublie la partie divertissante. On s'ennuie pas mal finalement. La première partie intrigue. Le cinéma coréen est complaisant dans le bon sens comme dans le mauvais.

Le film dépeint très bien ses personnages puis ne semble plus trop quoi savoir en faire. On attend donc sagement que ca se passe et on risque vite d'oublier ce nouveau super héros asiatique qui s'excuse peut etre trop d'exister.

Avec Seung-ryong Ruy, Eun yung Shim, Jung-min Park et Yu-mi Jung - 2018 - Netflix

Under the radar

Né d'un père britannique, l'Angevin Jamie Gallienne balance un rock sans concession et sacrément emballant. Sous le radar mais au dessus de la moyenne!

Quand il était petit, Jamie Gallienne écoutait les classiques du rock. On ne les cite plus. Devenu un grand amateur de musique, il a rencontré un grand monsieur discret du rock. Ken Strigfellow. Complice de REM, le bonhomme est connu pour être un membre des Posies, groupe phare du grunge dans les années 90. Depuis, on le croise sur de nombreux projets en France. Il a une science sûre de la musique.

Cela s'entend dans le très pointu Under the Radar qui impressionne énormément pour un premier essai. Jamie Gallienne a de la bouteille mais son premier disque a tout de même une saveur particulière qui rend le disque, très singulier.

Pourtant Stringfellow aux commandes, ca ne veut pas dire de la grande nouveauté. Mais plutôt l'affirmation d'un goût très sûr. En anglais, Jamie Gallienne s'éclate sur des refrains classiques mais bien troussés. Son groupe ne cherche jamais à épater et surveille toujours la bonne mélodie.

Il n'y a pas d'esbroufe ou une envie maladive d'être à la pointe de la hype. La présence de Stringfellow se fait sentir sur toutes les petites nuances de chansons en apparence classiques. Il y a de la passion et de la recherche dans des titres pop rock presque existentiels. On entend bien un artiste à travers les morceaux.

Faussemnt aimable, Under the Radar nous fait le coup du petit disque qui, l'air de rien, s'accroche à ta platine. Et il n'y a pas de raison de l'arracher!

Pias - 2018

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