SLUFF

Un trio de musiciens aux cheveux sales qui jouent avec nonchalance du coté de Seattle. La comparaison avec un fameux groupe du coin apparait rapidement, pourtant Naked Giants ne doit pas être vu à l’ombre d’un géant.

Car c’est un embryon du groupe punk ! Ils jouent avec approximation mais ils concentrent une telle énergie que l’on est obligé d’apprécier le travail bruyant de Gianni Aiello, Henry la Vallee et Grant Mullen, trois joyeux drilles qui prennent la vie du bon coté.

Ils font du rock pour s’amuser, taquiner et oublier les misères du quotidien. Ils produisent une espèce de musique légère en montant les amplis à fond et en chantant un peu n’importe comment. Ils aiment visiblement le contre pieds.

Ils dégradent donc une sorte de surf music avec des décibels libérés et en font un rock faussement crétin. Car derrière les structures tiennent le coup face au jemenfoutisme apparent et coloré, qui fait d’ailleurs tout le sel de la pochette de l’album.

Sur la terre du grunge, les efforts électriques du trio ne sont pas une réelle surprise mais on doit reconnaitre qu’il y a derrière tout l’arsenal rock détraqué, une petite poésie qui pointe, que l’on connaissait chez Big Star et tous ses rockeurs qui décrivaient si bien l’american way of life.

Crétin mais pas bête. Bruyant mais mélodique, ces Géants Nus sont de petits emmerdeurs que l’on va adorer !

Solo: a star war story

Tout le monde lui est tombé dessus. Avec les tumultes qu'a connu le film, Solo ne pouvait que se faire massacrer par la critique. Les spectateurs n'ont pas l'air de suivre non plus. Dommage, car le film de Ron Howard n'est pas si mauvais... bien au contraire.

C'est un film avec des défauts. Okay. Mais quel film de Star Wars n'en a pas? Vous voulez qu'on parle des Ewoks? Vous voulez qu'on parle de la trilogie sur la genèse de Dark Vador? De mes yeux vus, je n'ai pas croisé un personnage comme Jar Jar Binks dans Solo?! Avec la descente aux enfers que le film a subi, on a le droit d'être indulgent.

D'autant que la première partie du film est réussie. Un petit coté vieux comics des années 60, pulp à la Richard Corben ou Metal Hurlant. On ne sait pas si on la doit aux réalisateurs virés ou à Ron Howard, mais elle est emballante, rythmée et surtout elle échappe un peu aux conventions si lourdes d'un Star Wars classique avec la Force, Mark Hamill qui fait la tronche ou des couchers de lune sur la musique de John Williams.

D'ailleurs, au passage, le travail de John Powell, un peu aidé par Williams, sur ce nouveau film franchisé est un vrai bonheur de cinéma. La musique sécurise parfaitement lorsque les faiblesses du long métrage sont un peu trop visibles à l'écran. On est clairement dans un esprit d'aventures. La musique jongle avec les acrobaties du Faucon Millenium et les idéaux de Han Solo. Ca faisait longtemps qu'une BO de blockbuster n'était pas aussi flamboyante.

Avec son sourire en coin, Solo découvre donc la vie de contrebandier de l'espace. Le film s'intéresse à ses premiers pas, à son mentor et sa rencontre avec Chewbacca, valeur sûre et poilue de la franchise Star Wars.

Avant d'être cet hors la loi au coeur tendre, Han Solo était donc un fougueux jeune homme, amoureux et volontaire, toujours à l'affut des mauvais coups, pour en tirer le meilleur parti. Il vit donc mille aventures et obtient ses galos de pilote hors pair et héros malgré lui.

Il est certain que le film n'est pas grandiose mais il a le mérite d'assumer son statut de redite obligée. On sait tout de Solo donc le film s'amuse à parodier les westerns ou les vieux films de guerre. C'est très ludique à défaut d'être profond.

Avec sa production houleuse, Ron Howard rassure avec son talent de faiseur indéniable. Moins prenant et tragique que Rogue One, ou que la trilogie en cours, Solo semble se contenter de son aspect divertissant. Han Solo dans la saga originale, était déjà celui qui détendait l'atmosphère!

Pas de grande déception donc mais pas d'énormes attentes aussi, il faut l'avouer. Le résultat est agréable, avec un casting intrigant et, on doit le rappeler, une musique originale que l'on n'écoutait plus depuis très très très longtemps. C'est désormais la BO d'une galaxie far far far away!

Avec Alden Ehrenreich, Woody Harrelson, Emilia Clarke et Donald Glover - Disney - 23 mai 2018 - 2h10

Demi Soeurs

Portrait simple des jeunes femmes trentenaires qui peuplent Paris. Un peu trop Femme Actuelle mais souvent charmant.

Lauren vit dans un rêve: elle se voit en styliste à Paris. Elle a dû mal à joindre les deux bouts en réalité et vit un calvaire dans le milieu de la mode et des décideurs. Salma est professeur dans une zep. Courageuse, elle a tout de même du mal à lacher sa famille. C'est le cas aussi de Olivia qui rêve de l'homme parfait et veut sauver son père de la dépression.

Elles ont la trentaine et encore beaucoup de rêves. Le destin leur joue un drôle de tour: un père en commun qui disparait et la propriété partagée d'un appartement dans le 7e arrondissement. La cohabitation n'est pas facile mais petit à petit, les jeunes femmes vont faire tomber leurs préjugés et s'aider mutuellement...

Dans la forme, nous sommes bel et bien dans la petite production française qui ne prend pas de risques et qui fait tout pour être programmé à la télévision en prime time. Les réalisateurs Saphia Azzeddine et François-Régis Jeanne sont sages. Bien trop sages lorsqu'on apprécie le pitch de cette comédie parisienne.

Car il s'agit bien de Paris et ses femmes! Le film observe simplement la citadine, ses réseaux, ses failles et ses barres de rire. Pour le coup, le casting est parfait: le film doit être vu pour le trio de comédiennes qui d'habitude ont des rôles plus anecdotiques au cinéma. Sabrina Ouazani, découverte dans l'Esquive il y a des milliers d'années, confirme une fois de plus son incroyable charisme. Alice David échappe aux clichés sur la potiche pétasse. Charlotte Gabris fait un festival comique en toute discrétion.

Entre elles, le courant passe et c'est bel et bien ce qui sauve le film du pur produit de consommation. Grace à elles, le film passe bien le message sur les femmes d'aujourd'hui. Sans être girl power ou féministe jusqu'à l'obsession!

On aurait aimé un peu moins de situations vaudevillesques et un peu plus de sensibilité mais on est sous le charme. Au delà du discours sur le vivre ensemble, il y a aussi un trait sur la solitude moderne et le besoin d'appartenance. Mais il s'agit d'une comédie légère. Elle n'en fait pas trop. Elle permet à des actrices de briller. Non franchement, il ne faut pas bouder son plaisir quand il est là!

Avec Sabrina Ouazani, Alice David, Charlotte Gabris et Patrick Chesnais - SND - 30 mai 2018 - 1h40

Monsoon

Les Toulousains de Indian Ghost ont logiquement enregistré leur nouvel album en Inde. Ca sent bon l’encens, le curry et la pop volatile.

Le groupe Indian Ghost n’est pas très productif. C’est ce qui rend le rendez-vous précieux lorsqu’ils annoncent la sortie d’un album. Car ces musiciens sont assez imprévisibles. Ils ne regardent pas vers le futur. Ce ne sont pas de grands novateurs. En tout cas, c’est de l’artisanat solide et louable.

Depuis 1993, cinq albums. Tous différents. Trois ans après Lost far gone, ils se sont perdus en Inde. Evidemment les tablas et les sitars se sont invités dans leur créativité. Don Joe, le leader du groupe, a emmené ses copains du coté de Benares. Cela donne évidemment un disque psychédélique.

On pense aux Beatles mais les Toulousains apportent leur touche personnel avec une pop légère, sensible à l’environnement et qui se gorge de tout l’exotisme que peut offrir le pays riche en sonorités et ambiances.

Nous sommes en face d’un disque d’atmosphère. C’est un périple. Courageux et audacieux. Une fois encore, on regarde un peu dans le rétro mais ce n’est pas grave : ils réveillent le plaisir « patchouli » des années 60 et de utopies enfumées sans faire l’erreur de la pale copie.

Facilement, Monsoon est un voyage. Avec ses pauses, ses joies et peut être ses doutes. C’est toujours bien d’avoir un regard nouveau sur un lointain pays. Les vacances approchent. Ce disque est une invitation à l’exil !

Pop sisters pias - 2018

Berlin Kabarett, Stéphan Druet, Théâtre de Poche Montparnasse

 

« Berlin Kabarett »: que voilà un titre intéressant et prometteur. J’imaginais déjà le monde interlope de l’entre-deux guerres, sous la république de Weimar, les dernières années fastes avant la haine nazie. Homosexuel(le)s, hétérosexuel(le)s, tout le monde voulait s’amuser de façon effrénée. Bref, on pouvait espérer passer un bon moment. Ou, tout au moins, intéressant. Hélas, le spectacle est décevant.

Certes, les décors sont réussis, une prouesse dans cette petite salle en sous-sol qui se prête davantage aux monologues ou aux dialogues. De la lampe de bureau à la TSF en passant par les téléphones et les tentures, on s’y croirait.

La mise en scène offre aussi quelques bonnes trouvailles. Jeux de lumières qui évoquent le cinéma burlesque mais aussi enregistrements de bombardements et de discours d’Hitler... On reconnaît également la patte d’Alma de Villalobos, la chorégraphe des « Caramels fous ».
Mais… Car il y a un mais. Voire plusieurs. Le texte, tout d’abord. Chaque scène pourrait être réussie. Des petites filles habillées en tyroliennes (Eva Braun ?) à l’hommage à « L’ange bleu », en passant par « Cabaret » et « Portier de nuit », on éprouve un sentiment de « trop ». Trop long. Redondant. Pourquoi insistent-ils donc ainsi, rajoutant des phrases qui nuisent à l’effet ? Résultat : la fin de presque chaque scène tombe à plat. Mauvaise chute. On aurait envie de dire : « Mais non, arrêtez-là, enfin, c’est lassant ». Voire lourd.

Quant aux voix, elles n’envoûtent pas, ne charment pas, hormis celle du pianiste, Fritz (Stéphane Corbin). Victor, le fils de Marisa Berenson (interprété par Sebastiàn Galeota) chante ou trop fort ou pas assez, et sa voix est parfois un peu terne. Dommage, car l’interprète a une réelle présence.

Marisa Berenson (Kirsten) est peu crédible en femme sans scrupule qui couche avec les nazis parce qu’il le faut bien. Son jeu manque de relief et d’inventivité. On ne croit pas une seconde à la haine qu’elle éprouve à l’égard de son fils. Et sa voix ne convainc pas. Ses longues stations assises au bureau à feuilleter quelques papiers, fume-cigarettes à la main, auraient pu se transformer en saynète touchante de femme murmurante, se penchant en voix off sur ses erreurs passées.

Outre ces remarques, on s’interroge sur un autre comportement récurrent : quel besoin de mimer à tout moment la sodomie ? Quel intérêt ? On se doute bien que dans ces lieux, les garçons ne s’adonnaient pas au tricot ou à la belote. Au bout d’un moment, ça devient ennuyeux et surtout vulgaire. Bref, une fois encore, il y a redondance.

L’auteur Stephan Druet précise qu’il a écrit « Berlin Kabarett » en quelques semaines. Peut-être aurait-il dû prendre plus de temps.

 

Jusqu’au 15 juillet 2018
Du jeudi au samedi 21H. Dimanche 17H30.
Tél. 01 45 44 50 21
75, bd du Montparnasse, 75006 Paris
www.theatredepoche-montparnasse.com

chanson du jour: six wave hold down

Limousine

Sur l’autre rive

Le Meilleur souvenir musical de l'année! C’est un disque remarquable. Une œuvre qui se fait remarquer par sa discrétion. Un album qui réconcilie un élément qui fait peur à tout le monde : le temps.

Ce sont des amis de longue date qui forment La Rive. Didier et Mikael se connaissent depuis leur adolescence. Ils ont aimé la musique en même temps et toujours partagé cette passion qui désormais se concrétise sur un album.

A deux, ils jouent depuis une dizaine d’années. Ils ont donc attendu pour que l’osmose entre les talents soit totale. C’est le plaisir qu’offre ce premier album : un havre de paix. Comme au fil de l’eau. Comme une bonne journée de farniente au bord d’un fleuve. Comme la platitude d’une mer calme. On se sent apaisé en quelques notes.

A la fin du disque, on aura perdu le contrôle. Les deux camarades vous auront fait une belle démonstration : perdre son temps est un bonheur. Ecouter et entendre sont des sensations douces et merveilleuses.

Loin des tumultes, ce sont deux élégants bardes qui nous invitent à la contemplation ou la décompression. On est subjugué par l’évidence de leurs harmonies et leurs guitares épurées et complémentaires.

C’est de la poésie. Ils dissertent. Ils divaguent. Ils charment. Les minutes se dilatent et les textes prennent un sens inattendu. On y revient car on devine des secrets dans chaque titre de l’album. « Je tenterai de vanter ces divines suspensions temporelles que nous allouent parfois lesdits temps morts, c'est-à-dire ces merveilleuses occasions qui nous sont parfois octroyées de nous soustraire au stress de la vie trépidante d’aujourd’hui ». Voilà ce que dit l’écrivain Denis Grozdanovitch. La Rive met cela en musique.

Le temps a fait ici son (chef) d’œuvre.

Microcultures differ ant - 2018

Operation Beyrouth

BRAD ANDERSON EST PLUTOT UN ADEPTE DES SERIES TV, ET DU FILM “SESSION 9” QUE J’AVAIS TRES ENVIE DE REVOIR RÉCEMMENT. COMME C’EST DROLE NON ?!

BREF, A PART CELUI CI ET “THE MACHINIST”, CA FAISAIT LONGTEMPS QU’ON NE L’AVAIT PAS VU AU CINEMA CE BRAD! A LA VUE DE MON RESSENTI SUR CE FILM, IL DEVRAIT Y REVENIR PLUS SOUVENT. A FIGNOLER QUAND MÊME.

AVEC OPERATION BEYROUTH, IL SUIT LE MEME CHEMINEMENT QUE BEN AFFLECK AVEC “ARGO”. SAUF QUE LE SEUL OTAGE FINALEMENT, C’EST JON HAMM, PRISONNIER DE LUI MÊME (VOUS AVEZ VU COMME J’AI ÉVITÉ LA BLAGUE DU “HAMM” SURTOUT EN PLEIN RAMADAN, MOI JE DIS JE M’AMELIORE, A MOINS QUE....OH WAIT!). SINON Y A ROSAMUND PIKE, ET ON SAIT QUE FAIRE DES BLAGUES AVEC ELLE, CA LA CONTRARIE UN PETIT PEU, DONC ON VA ÉVITER.

EN MÊME TEMPS, ON A PAS DE QUOI VRAIMENT RIRE DANS CE FILM, QUI NOUS MONTRE ENCORE L’UNE DES PLUS BELLES VILLES (BLAGUE, AU CAS OU). C’EST MOINS PALPITANT QUE “ARGO” , CA TEND PLUS VERS “LE CAIRE CONFIDENTIEL”. MAIS LES ACTEURS SONT TRÈS BIEN, LE CONTRAIRE SERAIT TRES ÉTONNANT.

L’HISTOIRE EST BIEN AMENÉE BIEN QUE PRÉVISIBLE, LA MISE EN SCÈNE N’EST PAS TRANSCENDENTE, BIEN TROP CLASSIQUE ET LES MOUVEMENTS DE CAMÉRA SONT TROP TREMBLANTS POUR MOI. LA PHOTOGRAPHIE EST BELLE, FEUTRÉE, VOILÉE ET DANS LES TONS OCRES, A L’IMAGE DE LA VILLE, MEURTRIE PAR LA GUERRE ET A L’IMAGE DE L’ÉPOQUE REPRÉSENTÉE.

C’EST UN FILM QUI PARLE BEAUCOUP ET QUI AGIT TRÈS PEU. MAIS COMME IL EST SI BIEN DIT DANS LE FILM, “QUAND LES PAROLES S’ARRÊTENT, LES COMBATS COMMENCENT” ET CA RESUME PARFAITEMENT TOUT L’ENJEU DE CETTE GUERRE, DE CE FILM, DU SUJET, DE L’INTRIGUE.

QUI RESTE LE MÊME DEPUIS 40 ANS EN FAIT. LA OU LE SOUFFLE RETOMBE, C’EST QUE CA DEVIENT BEAUCOUP PLUS PERSONNEL QUE POLITIQUE ET C’EST DOMMAGE. CA RESTE UN BON FILM MAIS TELLEMENT EN DESSOUS D’ARGO EN TOUT POINT. IL ENTRE POUR MA PART DANS LA CATÉGORIE « BIEN MAIS AUSSITÔT VU, AUSSITÔT OUBLIÉ ». CA FAIT PLAISIR DE REVOIR CES ACTEURS, C’EST DÉJÀ CA. MAIS ON SE REFERA PAS CA TOUS LES WEEK END NON PLUS HEIN.

AVIS AUX AMATEURS

Avec John Hamm, Rosamund Pike, Dean Norris et Mark Pellegrino - Warner Bros - 30 mai 2018 - 1h45

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