The future & the past

Natalie Prass, avec sa beauté diaphane et sa jolie voix, nous plaisait déjà sur un premier disque discret et sympathique. Cette fois, la demoiselle se révolte et casse son image pour ressortir les vieux costumes du funk. Une belle idée!
Car finalement, il n'y a rien de mieux qu'un artiste qui sort de ses habitudes, qui se sépare de son étiquette et c'était vraiment facile de cataloguer l'Américaine Natalie Prass. Dans son premier disque, il y avait de la grace et de la maladresse. Ici on retrouve la chanteuse dans une tenue de prêtresse du groove.
Il est vintage. Elle s'accapare des rythmes urbains des années 70 mais cela fonctionne bien avec son léger timbre de voix. C'est ce décalage qui fera tout le charme de ce disque farfelu malgré les apparences et la démonstration.
Elle en veut. Cela se voit clairement. On entend les cuivres, les synthétiseurs et les cordes. Le mid tempo est bien velouté. On retrouve derrière les consoles, Mathew E.White qui a digéré son expérience réussie avec une autre chanteuse, Flo Morrissey. Pour ce deuxième album produit par ses soins, il semble inspirer: on n'est pas du tout dans la roucoulade funk. C'est assez protéiforme. Parfois c'est too much mais l'entreprise ne s'enferme pas sur les clichés rassurants.
La jeune femme fabrique des ambiances différentes. Il y a moins de pop et plus de soul. Mais pas celle qui se fabrique dans les grosses boites: c'est toujours du boulot artisanal et assez libre. Même face à un périlleux slow, on entend une chanson habilement soutenue et attachante.
Natalie Prass et son producteur ont compris l'essence du genre et on navigue sur des notes chaleureuses et des refrains agréables. Bien fait, The future et the past sont de bons moments à partager!
ATO - 2018
Arthur Buck

C'est une descente de mandoline très REM qui débute le premier album de Arthur Buck, fusion entre deux artistes discrets à l'ombre des géants.
Dans REM, Peter Buck était le guitariste timoré et surdoué. Si on fouille un peu, on découvre une personnalité curieuse, jamais avare en aventures électriques. Sans le célèbre groupe, il s'est fait de nouveaux amis dont le sympathique Joseph Arthur. Lui, il court après la gloire depuis des années mais le succès d'estime est surtout sa marque de fabrique.
Un déficit de charisme? On ne sait pas trop mais les deux hommes s'attachent l'un à l'autre pour créer le très logique Arthur Buck. Un duo de talents, c'est certain. C'est bien fichu. Ca chante bien. Mais bizarrement ce n'est pas exaltant.
Ecrit et réalisé au Mexique, pays favori de Peter Buck, le disque a quelque chose de statique même quand les deux hommes font du bruit avec leurs guitares. Il y a bien de temps en temps l'atmosphère mexicaine (l'excellent The Wanderer) qui apparait mais les titres se succèdent sans surprise. La guitare est joyeusement célèbrée mais sur des chansons peu originales. On est content de l'association entre les deux louables artistes mais il n'y a aucune valeur ajoutée.
On dirait un peu des stars vieillissantes qui fantasment sur leur jeunesse et leur gloire passée. Pas désagréable, le disque n'est pas la grande réussite attendue. Dommage.
New west - 2018
V

Ils Viennent de San Francisco. Ils apprécient les uniVers buccoliques, les paysages champêtres et peut être quelques subtances qui Vous mettent sur orbite. Les petits gars de Wooden Shjips ViVent dans la Californie fantasmée depuis les Beach Boys et les Doors.
Ils poussent donc les portes du psychédélisme. Ils ont le kit pour cela: il suffit de regarder la pochette avec le coté minéral, le dessin innocent, l'aspect Verdoyant et la nature que l'on respecte infinimement. Leurs chansons parlent du Vent, des fleurs et du soleil. Wooden Shjips embrassent tous les clichés du genre. En plus leurs chansons s'étirent jusqu'à épuisement.
La Voix passe par le spectre d'un écho persistant. Les guitares subissent elles aussi une mutation sonore suite à des inVentions plus ou moins nouVelles. Pourtant cette compilation de stéréotypes finit par séduire.
Car les gaillards de Wooden Shjips réussisent de belles chansons, un peu primitiVes, longues mais qui cherchent une idée de la beauté musicale, de la plénitude sonore, un truc assez plaisant à imaginer car toujours utopique et imaginaire.
Le flou artistique est finalement assez maîtrisé. Les idées fourmillent et chaque morceau peut se réécouter facilement. Ca ne sort pas du sentier battu par le Grateful dead et tous ses imitateurs contemporains mais on ne peut pas dire que l'on soit en mauVaise compagnie. C'est un feu de camp au lieu d'un feu d'artifice. Mais le moment partagé est plutôt aVenant!
Thrill Jockey - 2018





