Let’s party down

Me voilà mal barré pour juger ce disque: il y a un solo d'harmonica. J'aime automatiquement un disque où il y a un solo d'harmonica. Moi, je fais la fête avec ses amoureux du blues.
C'est le onzième album de Awek, réunion d'amoureux du blues. Désormais, les Français enregistrent en Californie. A San Jose! Et dans leurs nouvelles chansons on croise des gloires du genre. Ils ont leurs galons désormais. 25 ans de carrière, cela en impose.
Et le quatuor connait bien les règles. Il y a donc cet harmonica, complèment incroyable auquel je suis sensible mais il y a surtout un cahier des charges, hyper bien écrit!
Pour les surprises, il faudra repasser. Awek respecte le blues et surtout l'honore. Ils s'attardent sur le blues primitif, celui qui a donné l'inspiration aux Rolling Stones.
Les conditions d'enregistrement semblent bien vintage! On a l'impression de découvrir un vieux vinyl des années 50. La voix de Bernard Sellam est saisissante et surtout on prend un malin plaisir à écouter les rythmiques éternels et les effets discrets du groupe qui affronte ce mythe du blues.
C'est un disque finalement courageux. Il dépoussière tranquillement le genre et ressemble à une piqure de rappel. Les vieilles valeurs ont parfois du bon...
Absilone - 2019
Shazam!

Et un super héros de plus ! Un ! Shazam est le plus détendu de tous : il a quartoze ans d’âge mental et cela se voit à l’écran. Gentille variation de Big.
D’ailleurs il y a un joli clin d’œil au film de Penny Marshall, qui fut l’un des premiers succès de Tom Hanks. Shazam c’est le Superman des cours de récré, le produit de consommation pour les petits et les adolescents. Il est donc inoffensif, tout comme le film qui le défend.
DC Comics, propriétaire de Superman, Batman ou Wonder Woman tente de tenir tête face à l’armada de Marvel. Pour faire nombre, elle va donc chercher ce drôle de héros. Il s’agit en fait d’un enfant qui se transforme en athlète incroyable dès qu’il prononce de mot Shazam !
C’est un vieux sorcier qui moisit dans une caverne magique qui lui a donné ses pouvoirs. Bien entendu, il a en face de lui un super méchant qui lui en veut terriblement. Ils vont s’affronter au milieu de créatures baveuses et d’adolescents de sitcom.
Shazam est donc l’expression la plus simpliste du plaisir de voir un super héros à l’écran. Il assume le statut régressif et kitsch de ce type de spectacle. Il est un mythe parmi d’autres. D’ailleurs on rigole beaucoup devant la tentative de détruire un autre mythe, celui du Père Noel qui prend cher durant le (trop) long métrage.
Il est une attraction comme une autre (le final a lieu dans un parc). Le film serait presque un discours méta autour de l’engouement d’Hollywood pour les super héros. Mais c’est avant tout une comédie. Pas formidable. Déjà vu. Mais jamais désagréable.
Le comédien principal, Zachary Levi (remarqué dans la série rigolarde Chuck) est assez touchant en travaillant la naïveté de son héros. Mark Strong, acteur chauve habitué aux rôles de méchants, se poile bien à imiter le salaud de Matrix.
Autour d'eux, tout est dejà vu ou entendu. Les comédiens sont mignons. La réalisation est mignonne. Les transgressions sont mignonnes. C'est donc un film de super héros mignon, inconséquent mais pas complètement vain... en attendant le prochain héros à cape!
Avec Zachary Levi, Mark Strong, Djimoun Hounsou et Asher Angel - Warner - 3 avril 2019 - 2h10
Dumbo

DISNEY A LE VENT EN TROMPE, SI J’OSE DIRE! DÉJÀ LE 3EME FILM DE L’ANNÉE ET CE N’EST PAS FINI !
APRES « CENDRILLON », «LA BELLE ET LA BETE » OU ENCORE « LE LIVRE DE LA JUNGLE », IL EST A LA MODE DE REDONNER VIE EN PERSONNE, AUX PERSONNAGES AYANT FAIT LA RENOMMÉE DE DISNEY CLASSIQUE.
QU’A CELA NE TIENNE, DUMBO, L’ÉLÉPHANT MALICIEUX DE 1941, A AUSSI DROIT A SA PART DE PEANUTS. DISONS LE FRANCHEMENT, IL N Y AURAIT PAS TIM BURTON DERRIÈRE, JAMAIS JE NE L’AURAIS VU. LES ANIMAUX DANS LES CIRQUES C’EST LOIN D’ÊTRE MA CAME. PAUVRES BÊTES !
JE N’AI PAS DE SOUVENIR DU DESSIN ANIMÉ ÉTANT ENFANT. MAIS L’APPEL DE BURTON, DANS UN REGISTRE QUI LUI VA COMME UNE TROMPE, JE NE POUVAIS PAS RÉSISTER. ET J’AI BIEN FAIT.
C’EST TOUT MIGNON, TOUT BEAU, UN PEU TRISTE AUSSI MAIS ON NE PEUT REINVENTER L’HISTOIRE. C’EST FIDÈLE A DU BURTON, OSCILLANT ENTRE LA POÉSIE DE « BIG FISH » ET LA CANDEUR DE «EDWARD AUX MAINS D’ARGENT». LA MAGNIFIQUE PARTITION DE DANNY ELFMAN Y EST POUR BEAUCOUP AUSSI.
IL N’A RIEN PERDU DE SA FANTAISIE ET SON ESTHÉTISME LÉGENDAIRE, C’EST MOINS GOTHIQUE, STYLE OU IL EXCELLE LE PLUS MAIS C’EST DE LOIN L’UNE DE SES MEILLEURES ADAPTATIONS (AVEC LES BATMAN) .
IL CONVIENDRA DE DIRE QUE CE N’EST PAS CE QU’IL FAIT DE MIEUX D’HABITUDE (ALICE, CHARLIE...). IL EST BEAUCOUP PLUS PERTINENT ET ENCHANTEUR DANS SA PROPRE CRÉATION. MAIS CLAIREMENT LA JE SUIS LA PREMIÈRE SURPRISE, J’EN AI PRIS PLEIN LES YEUX ET PLEIN LE COEUR.
C’EST REMPLI D’ÉMOTIONS, C’EST TOUT CHOUPINOU QUOI. DUMBO EST LA CRÉATURE LA PLUS ADORABLE CROISÉE AU CINÉMA CETTE ANNÉE. LES DÉCORS SONT MAGNIFIQUES, A LA FOIS FROIDS ET CHALEUREUX. ET C’EST UN VRAI PLAISIR DE RETROUVER LES ACTEURS RECYCLÉS DE BURTON, DANS CE CIRQUE MAGIQUE. EVA GREEN, DANNY DEVITO, MICHAEL KEATON ET POUR LA PREMIÈRE FOIS COLIN FARRELL FONT PARTIS DE LA TROUPE.
UN CONTE IMMERSIF AU COEUR DU CIRQUE HUMAIN, QUI A SA MANIÈRE DENONCE LA MALTRAITANCE ANIMALE. ET A L’HEURE OU L’ON SE BAT POUR CONDAMNER CETTE DOMESTICATION, DUMBO ET SES GRANDS YEUX PLEINS D’AMOUR, ET SES GRANDES N’OREILLES, PREND SON ENVOL, POUR LE MEILLEUR. ÉMERVEILLEMENT GARANTI, J’AI CLAIREMENT SURKIFFÉ ! JE VEUX LE MÊME.....EN PHOTO !
AVIS AUX AMATEURS
Avec Eva Green, Michael Keaton, Colin Farrell et Danny de Vito - Disney - 27 mars 2019 - 1h50
Health

Après le Californien qui rend hommage à ses parents, la vieille gloire qui refait surface, la pop actuelle profite d'un Ecossais qui envisage la vie en sautillant!
Pour un Ecossais, on est loin des clichés. Pas de rudesse chez ce jeune homme surdoué qui réalise ici son troisième album. Il a déjà été nommé pour le prestigieux prix Mercury. Il se fait aider pour ce solaire opus par le clavieriste du tout aussi prestigieux groupe, Elbow.
Ajoutons à cela une magnifique pochette d'album qui donne des envies de vacances, et vous devez donc écouter le troisième album de C Duncan, extra terrestre de la pop.
Pour lui, la musique c'est de la curiosité, de la nuance et un peu de disco. Il fabrique de la mélodie avec tout ce qui lui plait: des beats entêtants et des refrains sautillants. C'est de la pop fluette mais assez bien écrite. L'électro se conjugue avec le lyrisme et l'épicurisme.
C'est un disque où l'on se sent bien. Comme au bord d'une piscine effectivement. C'est un peu répétitif mais les efforts de délicatesse sont louables. Il n'oublie pas que l'on est là pour s'amuser: l'introspection n'empêche pas les petits pas de danse.
Les chansons pourraient donner des coups de soleil. C Duncan et ses complices nous passent de la crème. Ce n'est pas surprenant mais franchement, c'est joliment fait et cela suffit à notre bonheur... Vous l'aurez compris: pour vos jours de farniente, ce disque vous est vivement conseillé!
Fat cat records - 2019
Drift code

On pleure le leader de Talk Talk, mais on peut se consoler avec l'album lyrique de Rustin Man, ancien bassiste du groupe et artisan discret de la pop.
Rustin Man, ca vous dit quelque chose. Il faut remonter à quelques années lorsque la chanteuse de Portishead sortait un album solo somptueux, Out of season.
Depuis, Paul Webb de son vrai nom, a disparu. 17 ans après ce coup de maître, le revoilà, seul, en errance, perdu dans des rythmes vaporeux mais totalement maîtrisés. Le temps a passé. La voix est vieillie. Elle ressemble à celle d'un grand du rock, Robert Wyatt.
Comme lui, la musique de Rustin Man ne tient pas en place. Elle se libère de toute contrainte au point de déconcerter. Après dix sept années de silence, il faut que ca sorte!
C'est psychédélique et doux. C'est entêtant et réfléchi. Rustin Man réalise un travail d'orfèvre. Il travaille chaque son avec méthode. Ses chansons n'appartiennent pas à l'époque. Elles viennent de nulle part. C'est ce qui les rend si passionnante! Comme Wyatt, on a l'impression d'être dans un ailleurs créatif!
Il y a de la minutie dans chaque chanson. C'est de l'artisanat. Et c'est souvent très beau, très touchant. Après cette période de calme, on devine la gourmandise et le culot de l'artiste. C'est rare et c'est bien.
On se rappelle que la musique ce n'est pas que de l'industrie ou des codes commerciaux. Ca donne du sens. Ca permet de marquer une pause. Ca ouvre l'esprit. Ca fait du bien à l'âme. Ce disque est un plaisir certain bien mérité! La mort du chanteur de Talk Talk nous a touchés, Rustin Man vient complèter ce mystère qu'est l'existence avec un disque mystique et subtile.
Domino - 2019





