Mémoires d’un fou, Gustave Flaubert, Sterenn Guirriec, Poche Montparnasse

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Seul en scène dans la salle du bas du Théâtre de Poche, William Mesguich livre une interprétation très physique des Mémoires d'un Fou de Gustave Flaubert. En nage, encerclé de feuilles de papier (qu’on devine être des ébauches de son Dictionnaire des Idées Reçues) dont il se saisit frénétiquement, William Mesguich est un Flaubert exalté, presque possédé.

Censé être âgé seulement de 17 ans (l’œuvre date de 1938), il semble pourtant dans un état terminal, amèrement rongé par l'incompréhension de ses contemporains, lui, l'enfant rêveur, amoureux éperdu de poésie. Si jeune et si désabusé, ce "pauvre fou" a contracté "de bonne heure une profonde aversion pour les hommes".

Les amoureux de Flaubert découvriront ou retrouveront dans cette première œuvre, presque un journal d'adolescent, tout son génie et sa maturité, tous deux superbement révélés par le jeu de William Mesguich et la mise en scène de Sterenn Guirriec.

En revanche, on se demande si le trait n’est pas trop forcé quant à l’état mental de l'écrivain qu'on aurait préféré un tout petit peu moins exalté, pour ne rien rater de la puissance du texte. Flaubert ne s’interrogera-t-il pas lui-même, en dédicace de ses mémoires: "Elles renferment une âme toute entière. Est-ce la mienne? Celle d'un autre?"

 

Jusqu'au 8 novembre au Théâtre de Poche - Montparnasse

Mémoires d'un fou de Gustave Flaubert

Adaptation Charlotte Escamez

Mise en scène Sterenn Guirriec

Avec William Mesguich

 

(Du mardi au samedi 19h - Dimanche 17h30)

Francis Lalanne à la dérive et syrien de le dire…

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Voilà, quand ça veut pas ça veut pas, les migrants auront été foudroyés jusqu’au bout de leur périple, décidément, pas de bol people.

Autant, avouons-le, l’élan d’humanisme qui s’empare soudainement de tout ou partie des européens démocrates, artistes compris, pourtant avares pour filer une pièce à un SDF dans les rues du 16ème arrondissement mais, sur ce coup là, seraient près à ouvrir leur appartement parisien à des familles de réfugiés, cqfd, peut forcer une admiration de façade ; autant avouons-le, les quelques journalistes couillus d’I-télé ou du Petit Journal, font du grand reportage « en immersion » en accompagnant des migrants dans leur périple (sur des bateaux de fortune, caméra à l’épaule, sans bouffer ni boire durant des jours, ou Martin Weill qui suit un réfugié de la Grèce à l’Allemagne en passant par les barbelés de la frontière serbe, avec les douaniers rustiques en face de lui prêts à lui mettre une cartouche de kalachnikov dans le front), forcent eux, et sans façade, une admiration de haut rang ; autant, les zombies du showbiz, dont le dernier « succès » remonte aux années 80, mises à part quelques apparitions dans quelque télé réalité, produite par Karl Zéro dont tout le monde a oublié le nom, c’est dire, là, pourraient foutre un mal de mer avec le front en sueur et les envies de gerbes qui vont avec, à n’importe quel marin chevronné, autant dire que pour ceux qui ont déjà le mal de mer, comme moi, les oreilles saignent, le front est en piscine et il faut sortir les grosses bassines pour les expulsions de l’œsophage.

Attention, ne nous trompons pas sur le fait que chacun à le droit à une seconde chance, Francis Lalanne, puisqu’il s’agit de lui, aurait très bien pu avoir un éclair de génie, sortir de sa torpeur ou de sa grotte et, en surfant, même si le procédé consistant à ressurgir grâce ou avec la misère des autres est toujours borderline, sur la vague dark de l’afflux du ¼ monde vers les pays en paix afin d’avoir, eux aussi, une seconde chance, une nouvelle vie, ou le droit de vivre tout simplement, et ainsi nous offrir un hymne vers l’espoir, une ode à la vie, un joyaux d’écriture où tu le monde se retrouve dès les premiers mots, limite reprend en cœur, un « Je suis Charlie » de la chanson, un « We are the people » des temps moderne, t’achètes le disque, tu le télécharges, tu follow et retweet la vidéo sur les réseaux sociaux avec quatre smileys cœurs derrière…oui mais là, bah non.

Peut-être dans le souci d’être compris par les réfugiés fraichement arrivés sur notre terre d’accueil (à part à Béziers, Fréjus ou encore Hénin-Beaumont où les mecs vont retrouver des barbelés dans les pompes de leurs mômes) ne parlant pas (encore) le français mais qui ne demandent qu’à l’apprendre, Francis a dû demander à un élève de CE1 de l’aider pour le texte, vu le niveau, et pour les rimes et l’enchainement des mots, où, à côté, les poésies de fête des mères où « maman t’es belle…gnagnagnagna…comme un soleil…gnagnagnagna » font offices de rimes riches et passeraient de peu pour des candidates potentielles au Goncourt.

Peut-être dans le souci de rester visuellement accessible auprès de populations nourries durant des années de télévision saupoudrée de propagande avec des présentateurs de JT cireurs de pompes d’ayatollah, aux cravates piquées à Roger Gicquel et le tout dans des décors réalisées par l’architecte d’intérieur des chiottes des époux Ceausescu, Francis a trouvé à l’arrache un bout de studio de région parisienne désaffecté, a dû acheter de la moquette verte chez Casto pour en tapisser ledit studio et pouvoir ainsi incruster des images piquées sur Euronews (si si on voit le logo dans le clip)…et mixer le tout pour en faire un clip, cadré par un caméraman qui avait du être pris au saut du lit un lendemain de soirée punch coco planteur…

Peut-être dans le souci que l’on ne le reconnaisse pas de suite ou par nostalgie des sunlights des tropiques, Francis s’est de plus déguisé en Gilbert Montagnier…mais avec les cheveux longs…et sans la voix…Gilbert pourrait bien lui intenter un procès pour « piquage du rôle du chanteur aveugle le plus connu de France »…n’est pas le Stevie Wonder blanc qui veut.

Voilà, cher Francis, sans déconner, nous ne doutons pas que cela partait d’un bon sentiment, que tu as voulu bien faire, que tu sentais qu’il y avait une place à prendre sur la prochaine tournée des enfoirés puisque, après tout, MC Solaar ou Eve Angeli, y sont, eux ; mais non, là non, tu auras vraiment mieux fait de t’abstenir, ou juste pousser un coup de gueule sur Twitter, ou sur ta page facebook, enfin un truc entre potes quoi, pour tes 3 fans.

Vraiment, c’est con, tu viens de repartir pour 20 ans de mise à l’écart, en plus, ta vidéo sur Youtube est entrain de faire marrer tout le monde, sur un sujet aussi lourd et difficile, au moins ça détend un peu l’ambiance mais si des mecs comme Goldman n’ont pas osé faire deux lignes sur le sujet, alors qu’ils sont juste spécialistes du truc, tu devais bien te douter qu’il ne fallait mettre les doigts là-dedans, bon, c’est fait, c’est fait, mais t’es puni, voilà.

J’vous embrasse.

Agents Très Spéciaux Code UNCLE

Chez ce cinéaste qui a tendance à trop en faire, l’étrange rythme de son nouveau film rend presque l’ensemble baroque. Entre moments réjouissants et longues plages d’ennui. Cette réunion forcée entre les deux blocs de la Guerre Froide est forcément bancale !

Mais c’est un film très spécial dans la carrière de Guy Ritchie : il est presque réussi. Surestimé parce qu’il a du style, le réalisateur Anglais se serait cette fois ci assagi. Pour son remake d’une série télévisée des années 60, il soigne encore les apparences mais tiendrait presque son scénario entre les effets trop « cool » qui font sa renommée. On a bien dit presque!

Le film reprend le concept fort de la série : deux agents que tout oppose ( l’un vient de l’Est ; l’autre de l’Ouest) doivent travailler ensemble pour déjouer divers complots. Ici: retrouver une ogive nucléaire qui pourrait sérieusement réchauffer la guerre froide.

Les deux héros de la série ont au cinéma suivi un régime très strict. Ils sont bodybuildés. Leurs expressions se limitent à quelques jeux de sourcils et rien d’autres. Vous savez quoi ? Ca marche finalement. Ils sont assez mauvais mais ca permet au réalisateur un petit espace de second degré pas désagréable. Pas sûr que ce soit voulou.

Petit malin, Ritchie soigne le casting du coté des filles en prenant des actrices qui ne correspondent pas du tout aux critères des blockbusters. Une fois de plus on craque pour la magnifique Alicia Vikander aidé par une badgirl assez irrésistible, Elisabeth Debicki. Ces deux-là sont des drôles de dames comme on a peu l’habitude d’en voir. Un autre bon point pour le film.

Bizarrement le film pêche sur le récit. C'est simple mais Ritchie fait durer les choses. Cela donne le sentiment de s’étirer un peu inutilement pour quelques scènes vaudevillesques et un étalage certes impressionnant de tous les charmes des années 60, entre les costumes, les décors et les bijoux.

Cela se regarde comme on visite les Galeries Lafayette. C’est la sérieuse limite du projet qui pourtant s’amuse avec bienveillance des codes du genre, de plus en plus présent ces derniers temps (Bourne, Bond, Mission Impossibe et bien d’autres)… Vintage mais un peu trop fade.

Avec Henry Cavill, Armie Hammer, Alicia Vikander et Hugh Grant – Warner Bros – 16 septembre 2015 – 1h55

Noire ! Manufacture des Abbesses

Compagnie Pour Ainsi Dire - Noire - Illiade
Compagnie Pour Ainsi Dire - Noire - Illiade

Dans son magasin de perruques ethniques, Poppy, jeune femme française d’origine africaine, raconte son monde, devant son miroir : son amie d’enfance Sarah, sa mère dans la pièce voisine, ses clientes et ses amies, noires et blanches. Les grandes et les petites filles. Toutes les femmes qui ont traversé sa vie, son histoire mais qui ont également marqué l’Histoire : Joséphine Baker, Rosa Parks, Angela Davis, Oprah Winfrey jusqu’à la mère de l’humanité, Eve, elle aussi noire…

Quant aux hommes, elle évoque Martin Luther King, Mohamed Ali et Roger Forman pour le combat du siècle à Kinshasa, Barack Obama ou encore Michaël Jackson.

Mais Poppy a effacé peu à peu ses origines africaines, il ne lui reste que sa peau, témoin de son histoire.

Poppy se déshabille comme elle met à nu sa vie un peu plus chaque jour. Elle change de perruque pour mieux changer de tête, à défaut de changer de peau. Comme ses clientes qui défilent en quête d’une autre apparence, pour (re)nier leurs origines.

Seule sur scène, Nadine Zadi alternent ces portraits de femmes avec simplicité et force. L’éloquence de ce monologue interroge le spectateur, sur ses origines et sa place à la fois dans l’histoire et l’Histoire. Miroir de soi et de l’autre. L’originalité de la mise en scène de Christian Hahn réside dans la proximité et l’intimité instaurée avec Poppy : le décor resserré sur cette femme pleine de vie, sur ses interrogations et ses certitudes.

Laissez vous emporter dans la boutique de Poppy, découvrez ses scènes de vies pleines d’humour et de réalisme, portées par une écriture à la fois grinçante, poignante et pleine d’humour.

 

Jusqu’au 1er novembre 2015

La Manufacture des Abbesses

Mise en scène : Christian Hahn

Avec : Nadine Zadi

 

 

Oiseau de Nuit

Première chanson. Première impression. Premier plaisir. Anne Cardona n'y va pas par quatre chemins: elle vous invite dans son intimité. Des paroles simples, délicates et frissonnantes. Voilà une chanteuse qui se livre sans fard.

On voudrait bien croire qu'elle est un artiste noctambule mais dans la nuit, elle trouve surtout une sensibilité à fleur de peau et une gentillesse quasi surnaturelle. Ce n'est pas de la musique spectaculaire. Mais une douce comptine sur les vie et ses petites misères.

La nuit porte conseil. L'artiste raconte le temps qui passe. Les espoirs et les désastres que cela provoque. Bien entendu il a beaucoup de questions amoureuses. Ces états d'âme ne sont pas nouvelles mais Anne Cardona fait cela avec une vraie originalité liée à une bonne dose de discrétion.

Pourtant la voix est classique. Presque daté. On pense à une chanteuse yé-yé. Avec du spleen en bandoulière. Sans attention, on pourrait même trouver cela trop propre, un peu mielleux. Heureusement Anne Cardona a visiblement du caractère et le sens de la poésie élégante.

Plus qu'un oiseau de nuit, Anne Cardona a des yeux de chat: elle se love autour de l'auditeur avec une musicalité d'une étrange douceur. Elle miaule avec bonheur et met tous ses sentiments dans des textes de velours.

L'autre distribution - 2015

Prémonitions

Il est trop vieux pour jouer Hannibal Lecter, alors Anthony Hopkins continue de jouer les vieux loups de mer qui a un coup d'avance sur le reste du monde, avec son œil clair et une coupe de cheveux qui plairait beaucoup à Nicolas Cage. Il fait ca dans un polar qui fait franchement n’importe quoi.

Lorsque vous êtes un scénariste à la ramasse, rien de mieux qu’un détective/docteur/médium qui peut deviner ce que réserve l’avenir. C'est un fourre tout parfait. Ainsi il peut anticiper l’histoire quand vous êtes en manque de rebondissements crédibles. Et si vous êtes au comble de l’imaginaire, vous ne trouverez rien de mieux que de prendre un adversaire qui a le même don. Incroyable mais vrai.

Le bon docteur, meurtri par la mort de son enfant, sort donc de sa retraite lorsqu’un serial killer sévit en ville. Comme Madame Irma, il voit que le tueur est sacrément tordu et qu’il faut l’éliminer. Mais les intentions du tueur sont plus qu’étranges.

Car il s’attaque aux personnes atteintes d’une maladie incurable. Le film aborde le sujet délicat de l’euthanasie. Il parle de la mort et de la vieillesse. Tout cela n’est pas très gai et un peu bizarre pour ne pas dire réactionnaire.

On comprend que la fin de vie intéresse l’acteur principal et producteur, assez âgé mais le pauvre n’est pas très à l’aise dans un film policier qui se veut musclé. Le film tente de nous faire un revival à la Seven. Mais le réalisateur n’a pas le talent de David Fincher. C'est juste un vulgaire ersatz sorti du milieu des années 90, même dans sa conception;

Le réalisateur filme cela comme s'il était dans un vieux clip de metal et réussit une scène de course poursuite en voiture la plus lente de l'année. Comme si l'angoisse gériatrique de l'acteur avait envahi tout la structure du film. Après un tel spectacle, en sortant, on se sent jeune! C'est l'unique qualité de ce nanar daté et périmé.

Avec Anthony Hopkins, Colin Farrell, Jeffrey Dean Morgan et Abbie Cornish - SND - 09 septembre 2015 - 1h45

« Tsonga-Cilic, Pornichet, from Deuschtland »

La rédaction d’Etat-Critique, un peu fofolle et pétée de tunes depuis le rachat du site par un groupe de business angels adorateurs de rhum vieux et de mes chroniques, merci qui (mais non pas Jackie et Michel ?!?), souhaite désormais que ses chroniqueurs, au premier rang desquels votre humble serviteur, soit au plus près du terrain afin de couvrir les points chauds de l’actualité, musique, théâtre, ciné et tous les autres trucs que vous retrouvez sur notre beau webzine, oui, y’a plein de trucs, moi je sais pas je lis que mes chroniques, j’suis égoïste.

Aussi, en ce sens, en outre, pour ce faire, et autres petits mots choisis de coordination de début de phrase, nous devenons presque les égaux de tous les reporters de BFM TV envoyés sur les points chauds voir si, quand il pleut dans le Gard, bah il pleut bien dans le Gard ; vous savez, ce fameux mec au micro bleu et en k-way qui, devant un panneau « Nîmes 30Km », répond au gars en plateau qui vient de montrer les images du fait qu’il pleut averse dans le Gard et lui confirme, devant ledit panneau « Nîmes 30 km » bah qu’il pleut bien dans le Gard, mais que ça vient de s’arrêter mais que ça pourrait bien repartir parce qu’il a interrogé la vieille du village (la seule à être debout à 6h15 un dimanche) qu’a mal au genoux droit et que quand la vieille du village a mal au genoux droit bah c’est que la pluie pourrait bien repartir…passionnant, du grand journalisme.

En ce sens, aussi, en outre, c’est pourquoi, cette semaine, en bon chroniqueur TV, la rédaction en chef d’état-critique me voulait sur tous les fronts. Bah oui, mais c’est que y’en avait de l’actu à matière à chronique cette semaine. Alors une question fut posée, où aller ?

Dans un élan de pragmatisme, je choisissais donc de couvrir trois sujets, verbe, complément, non rien n’a voir, je passe, je retiens 4, qui me font 8, pourquoi faire, hein, mais pourquoi pleut-il dans le Gard, en fait ? Hein ? Ah oui la vieille.

Reprenons donc, 3 sujets : les migrants, a priori c’est la saison, venus soudainement d’Irak de Syrie de Jordanie du Yemen, sans doute un mega tarif de groupe obtenu surdaeshminute.com et qui, dans un esprit de dispersion façon jeu de l’épervier, ont décidé de rejoindre l’Angleterre l’Allemagne la France voire l’Islande voire le Danemark voire partout

Ils peuvent en fait, en passant par la Hongrie, pays dirigé par des petits-fils issus d’accouplement entre d’anciens nazis et descendants de gardien de goulags, passer de Daesh à la démocratie en direct aurait été trop violent, autant faire une étape en formule camps all inclusive à la frontière hongroise, B&B, non pas Bed and Breakfast mais Boue and Bébé mort dans le cas présent. Joyeux.

Autre drame plus franco-français et au combien je me regarde mon nombril médiatique, qui résonna comme « un coup de tonnerre » (Lionel Jospin reviendra j’en suis sûr, ma voyante me l’a dit, en attendant utilisons ses expressions populaires), Claire Chazal is out, double faute, hors du court, terminé, hop hop hop par ici la sortie, t’avais tes semaines, c’est cool t’auras désormais tes semaines + tes week-ends. Y’a plus que Jean-Pierre Pernault…bah quoi ?

Bien sûr, dans tout ce bordel, comment ne pas être sensible également au fait d’avoir 3 français en deuxième semaine à l’US Open, mais étant entendu que les américains se gardent bien d’ouvrir leur grande tronche que god bless à longueur de temps sur le sujet des migrants, de peur sans doute de voir arriver des bateaux de fortune sur la baie de Long Island sur lesquels s’amasseraient un parterre jazz-manouch-dj-dancefloor-payant même pour les filles jusqu’à minuit de cubains, de syriens et autres peuples en mal de liberté, une semaine d’un 11 septembre, juste comme ça, bah non, l’US Open a bien eu lieu à NYC, donc moi je couvre.

C’est pourquoi, dans un esprit de synthèse, de lieu stratégique et afin d’être à mi-chemin entre New-York et Budapest, entre Paris et Concarneau où Claire Chazal aime à manger des moules-frites, selon Voici, j’avais donc choisi de me rendre à… Pornichet.

Oui, avec un peu de bol j’apercevrai New-York en cas de temps clair, quelques courants méditerrano-vendéens pourraient faire passer quelques radeaux non loin de Pornichet et je serai le premier sur le coup ; bon, au final, à part quelques mecs en cravates venus faire du team-building dans le même hôtel, quelques gorgeons de blanc pas frais qui sont très mauvais pour le respect de l’anus le lendemain et la possibilité de voir le ¼ de finale de l’US Open opposant Tsonga à Cilic…mais sur Eurosport Deuschtand s’il vous plait bitte schoen…façon arrggghhhhhhh wunderman der servicen die Tsonga ballen de breaken de funf-funf in der 4ème seten, le tout à 2h du mat…bah rien.

Bon, du coup, la semaine prochaine je resterai chez moi pour écrire ma chronique, j’aurai les embruns en moins, il n’est pas à douter qu’une vieille dans le Gard aura encore mal aux genoux et Claire Chazal aura déjà retrouvé du taf, pas sur BFM TV, espérons-le pour elle et 10 000 réfugiés syriens auront goûté aux joies de porter un bonnet et des gants dès le mois de septembre en Islande…toujours mieux que de risquer de se faire couper la tête.

J’vous embrasse,

Romestebanr

Instrumentals 2015

On parlait y a peu de Star Wars, voici que resurgit 15 ans après sa dernière apparition, un groupe extraterrestre qui ne fait rien comme personne. Il est bien normal qu'on lui porte tout notre intérêt!

Parce que le groupe Flying Saucer Attack nourrit la légende de la musique britannique. Un duo de Bristol qui, à contre courant, ose une musique expérimentale basée sur une voix féminine et des délires d'orchestration proche du space opéra, et réussit à connaître un certain succès, vous pouvez être sûr que ca retient l'attention.

Ce n'est pas chez nous que ca arriverait! De l'expérimental doublé à du psychédélisme, sur le papier, il y a toute les raisons de fuir ou de rester dubitatif. Quinze ans plus tard, il ne reste plus que le musicien David Pearce. La chanteuse Rachel Brook a visiblement remis définitivement les pieds sur terre.

Ainsi, il est bien logique que le nouvel album de Flying Saucer Attack se nomme Instrumentals 2015. Ainsi on a un peu l'impression de retrouver les plages aventureuses du Brian Eno des années 70. Il y a certes deux ou trois morceaux un peu trop abrasifs, où les saturations et notes étranges prennent le pouvoir. Le coté obscur du groupe existe.

On imagine un musicien dans son studio qui lutte contre sa solitude, par des bidouillages incroyables pour agrandir ses sons, ses idées, ses vertus et ses quelques défauts. Mais ce n'est pas de la musique d'autiste. Après une longue absence, le disque reste la plupart du temps abordable par son lyrisme.

David Pearce réussit à nous faire voyager avec des feedbacks, des échos et une construction méditative qu'on a peu l'habitude d'entendre. Ce disque est très beau. Il aurait pu être écrit dans une cathédrale. Effectivement,c 'est un vaisseau qui fait planer. Il aime zigzaguer vers des contrées parfois inquiétantes mais on reste subjuguer par ce pilote musicien qui sait où il va malgré tout.

Domino Recordings - 2015

Amy

Ne vous dites pas: je n'aime pas, je n'y vais pas. Vous allez louper un documentaire qui présente à sa juste valeur la sulfureuse Amy Winehouse!

Je suis la première à ne pas connaître Amy Winehouse. Ni le personnage! Ni la chanteuse! Ni les chansons! Je suis loin d'être fan mais il faut reconnaître qu'elle a du talent. Elle en avait, sans forcer, sans artifice. C'était une femme simple.

C'est ce que l'on constate dans toutes les images d'archives et les films que faisaient constamment l'artiste et sa famille: c'est ce qui fait du film un documentaire très réussi. Il nous offre sans concession toute la personnalité d'une chanteuse incroyable.

Avec toutes ses qualités et ses défauts. On découvre tout ce qui a fait d'elle la chanteuse soul et jazz incontournable de ces dix dernières années. Alors certes, on s'attend à voir de l'alcool et de la drogue, mais surtout on en apprend beaucoup sur sa musique autobiographique.

Pour la première fois, j'ai écouté ses paroles et saisi les répercussions de sa vie sur sa musique et inversement! J'ai rencontré Amy Winehouse, une femme pleine d'humour et de sincérité que je ne soupçonnais pas du tout. Le documentaire dénonce ainsi les affres de la célébrité, la dépendance et l'environnement crucial qu'est la famille. Entre le père et le mari, les hommes de sa vie ont des comptes à rendre!

Heureusement ce n'est ni lourd, ni grotesque. On ne s'attrise pas pour elle. Ce n'est pas pathétique. Intelligente, elle a sûrement assumer tout jusqu'à la dernière minute. De sa construction jusqu'à sa destruction. La fin de l'histoire, on la connaît mais connaissez vous le début?

Avis aux amateurs

Mars Distribution - 8 juillet 2015 - 2h07

Second Helping

Porté par l'immense et incompris Sweet Home Alabama, le second album des Sudistes sera l'album de la consécration, confirmant notamment le talent d'écriture de Ronnie Van Zant sur fond de roots rock endiablé.

Sweet Home Alabama est probablement, avec Born in the USA de Springsteen ou Okie from Muskogee de Merle Haggard, un des plus grands malentendus de l'histoire de la musique américaine. Comme les deux autres chansons, elle fut récupérée par les éléments les moins fréquentables de la vie politique américaine, afin de servir des causes racistes et conservatrices. D'où l'image de rednecks qu'on colle souvent à Lynyrd Skynyrd et au rock sudiste en général.

Petit rappel : la chanson est une réponse à Southern Man et Alabama, deux titres de Neil Young dénonçant le racisme des habitants du Sud. Dans Sweet Home Alabama, Ronnie Van Zant, chanteur de Lynyrd Skynyrd, réplique "J'espère que Neil Young se souviendra / Qu'un gars du Sud ne veut pas de lui ici".

Ces paroles, mêlées d'allusions à la popularité du gouverneur ségrégationniste George Wallace, et ajoutées aux drapeaux sudistes tendus en fond de scène lors des concerts du groupe, eurent vite fait d'entretenir le malentendu.

Car malentendu il y a, tout simplement car Van Zant et Neil Young étaient potes et s'admiraient respectivement. D'ailleurs leurs musiques, nourries aux mêmes mamelles, celles du rock'n roll, du blues, de la country et des guitares, sont là pour l'attester. Ronnie Van Zant, qui n'avait rien d'un redneck, trouvait juste que Neil, depuis sa Californie dorée, généralisait un peu, commme il le déclara à Rolling Stone : " Neil Young shootait tous les canards afin d'en tuer un ou deux". D'où ce titre, plutôt ironique, que Lynyrd Skynyrd avait écrit rapidement, comme une blague sur les clichés et la fierté du Sud profond. D'où, aussi, l'accueil triomphal fait par le public à cette chanson venue redorer le blason d'une région et d'un peuple systématiquement montrés du doigt à cause des mauvaises actions de quelques-uns. Et en plus, le groupe n'était même pas de l'Alabama, mais de la Floride voisine.

Lynyrd Skynyrd, à part ça, est bien le groupe sudiste par excellence : influences rock'n'roll, country, blues et soul, et bien sûr la marque de fabrique du groupe : trois guitaristes électriques, qui font un tabac dès le premier album (1973) avec le magnifique Free Bird. L'association Kooper-Skynyrd fait des merveilles sur "Second Helping" qui reprend la formule, avec un côté encore plus carré, plus pro. Groupe de scène, ils arrivent à retranscrire en studio la folie et la générosité instrumentale de leurs concerts (Call Me The Breeze emprunté à JJ Cale), et surtout ils disposent de la plume de Ron Van Zant, aiguisée, avec un côté honnête et franc du collier qui le rattache plus à la country qu'au rock.

C'est ce mélange de rock débridé et d'écriture poétique qui fait toute la force de Lynyrd Skynyrd : Working for MCA précède dans son sujet le EMI des Sex Pistols, The Needle and The Spoon est une superbe chanson sur la drogue, et The Ballad of Curtis Loew, histoire d'un bluesman noir, l'hommage à leurs racines, celles d'un Sud ambigu, et bien plus complexe qu'on veut bien le penser.

MCA - 1974

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