Nevermind the car

Petit EP qui fait du bien. Du rock mélodique que l'on entend plus trop chez nous!

Sweet love, le premier titre de l'album ressemble à un grand huit. On a droit à tout, soutenu par une solide guitare stoner qui ne veut pas vous lacher. Ca tombe bien: elle défend une mélodie solide sur laquelle les musiciens vont tricoter un morceau durable et spectaculaire.

La suite va se révèler tout aussi jubilatoire. Alain Bastard, musicien doué mais discret, accompagne d'autres groupes. Avec des potes, il fonde Nevermind the Car pour pouvoir appuyer sur le champignon. Désolé, c'est un peu nul mais on devine sur chaque note, le plaisir de jouer ensemble. Et de monter le son dans une production franchouillarde peu ouverte aux décibels.

Mais ils se permettent cela car ils aiment aussi les harmonies et les mélodies. A ce niveau, le groupe se hisse assez haut, en tenant la note haute face à des références évidentes comme Queens of the stone age ou encore Sonic Youth. Les Parisiens voient de l'autre coté de l'Atlantique et ils n'ont pas à rougir des comparaisons.

Comme leurs ainés, leur musique est hypnotique. Les musiciens sont ici des têtes chercheuses qui développent une idée noble du rock psychédélique. Le nom du groupe suggère le road trip. Le voyage est tout confort et passionnant. Embarquez les yeux fermés!

2017

Une Chambre en Inde, Théâtre du Soleil, Ariane Mnouchkine,

Un hymne à la force libératoire du théâtre

La lumière du jour se glisse à travers les persiennes. On sent la chaleur de l'air Indien. Au milieu de la pièce, une femme dort. Soudain, la sonnerie du téléphone retentit : la France – peu soucieuse du décalage horaire- appelle. En quelques secondes, la pression monte et la chambre, qui apparaissait jusque là comme un écrin de calme et de fraîcheur, est rattrapée par l'agitation du monde extérieur.

Avec "Une Chambre en Inde", fruit du travail collectif de sa troupe (le Théâtre du Soleil), Ariane Mnouchkine met en scène les tourments d'un auteur de théâtre politisé: que choisir parmi les mille sujets offerts par l'actualité? Comment, une fois son choix fait, lui donner une forme théâtrale? laquelle? la tragédie? l'épopée? l'humour noir ou absurde? et, comment couper l’herbe sous le pied de la critique criant à la vanité du théâtre?

Auteur accablé et désemparé face aux terribles événements qui l’entourent (la pièce a été écrite au lendemain des attentats de Paris), le personnage principal d'"Une Chambre en Inde" nous entraîne dans les affres de son parcours créatif. Avec lui, on appelle à la rescousse les plus grands maîtres, aux rangs desquels Shakespeare, Tchekhov et Gandhi, et on s'inspire de tout mais en particulier du théâtre populaire du sud de l'Inde, le Terrukutu.

En représentant ce dialogue aussi nécessaire qu’éternel entre le théâtre et l'actualité (dont la "théâtralisation" est flagrante à l'image des films de Daech), Ariane Mnouchkine prouve la capacité du théâtre à incarner le monde chaotique dans lequel nous vivons et, ainsi, à exorciser et à libérer.

 

Une création collective du Théâtre du Soleil,
dirigée par Ariane Mnouchkine,
musique de Jean-Jacques Lemêtre ;
en harmonie avec Hélène Cixous,
avec la participation exceptionnelle de Kalaimamani Purisai Kannappa Sambandan Thambiran
Spectacle crée le 5 novembre 2016 et repris, depuis le 24 février 2018, au Théâtre du Soleil

Siltane

Laissez vous envouter par le rock haïtien de Moonlight Benjamin!

Car il y a dans cet album toute la magie du rock: cette structure sonore où l'on peut mettre son coeur, son âme, ses idées et ses vieux tours de magie. C'est ce que fait Moonlight Benjamin. Chanteuse haïtienne, exilée en France, elle est aussi prétresse vaudou.

Dans ses chansons il y a donc de la sorcellerie. Il y a de l'espoir et des illusions qui ressemblent à de la magie. Elle transcende les thèmes de la world en mélangeant toutes les influences qu'elle rencontre. Moonlight Benjamin a une voix incroyable mais aussi une grande âme.

Son style plairait beaucoup à Dr John. Une sorte de rock carré mais attaqué par une nonchalance typique des Caraïbes. C'est un blues qui tempête devant les injustices mais qui se nourrit des forces de différents horizons. C'est un régal pour les oreilles. Un rock sans frontières.

Elle se libére d'Haïti sans renier les traditions et les douleurs de ce peuple. Elle fonc vers un son féroce qui veut vous happer dans une étrange transe qui réunit les continents. L'Afrique et l'Amérique s'entremêlent avec des nuances typiquement européennes. C'est vraiment un voyage qui nous est proposé mais dans une utopie franchement réjouissante.

Les révoltes de la chanteuse ne l'enferment pas dans des stéréotypes. Elle préfère célébrer le metissage et la beauté des genres qu'elle chérit... Nous, on est vraiment ensorcelé!

Ma case socadisc - 2018

Chanson du jour: Hallelujah so low

chanson du jour: Have I Told You Enough

Shake Burn & love

Tiens du garage rock! Tiens, un petit groupe de chez nous qui semble beaucoup s'amuser! Tiens de bonnes ondes rock'n'roll! Allez, faut prendre tout ce qui est bon!

Car le duo français ne semble se soucier que d'une chose: le riff qui tue. Le refrain qui te donne l'envie de tout casser. L'énergie cash. Laure et Arnaud sont sur les traces bien empruntées des White Stripes. Heureusement, ce sont de bons laboureurs! Ils cultivent ce rock naturaliste qui de toute façon ne laisse pas indifférent.

Notre petit couple randonne donc sur une contrée que l'on connait déjà mais ils rendent la promenade de nouveau intéressante. Il faut dire qu'il y a de l'intensité dans leur manière de voir les choses: c'est un son primitif servi par un voix féminine assez incroyable.

Ainsi servent ils un style diabolique où l'ambiance garage réussit à s'approcher des paysages mythologiques d'un monde Lynchien. Il y a quelques choses de cinématographique dans leurs titres, tous habités et c'est ce qui impressionne le plus sur ce second album sans concession.

En trente six minutes, Laure et Arnaud nous font tout oublier: ils déversent tant d'énergie dans nos oreilles qu'on oublie les préjugés et le passé si lourd à porter. Les références s'effacent petit à petit: à la fin du disque, on entend plus que Red Money. Ce n'était pas gagné. Mais il nous consume avec leurs furieuses compositions. On les aime d'amour à la fin. Le titre est exact: on remue. On brule. On aime!

4 play music - differ ant - 2018

chanson du jour: List of demands

Jeune femme

Caméra d'or au dernier festival de Cannes, le film de Léonor Seraille est un concentré de cinéma français et ce n'est pas forcément un défaut!

Pourtant les artificies du cinéma français indépendant sont là! Budget riquiqui, c'est de la bonne vieille caméra à l'épaule dans un Paris terre à terre, avec des aventures de solitaires qui rebondissent de petits appartements en mini surfaces!

Au milieu de tout ça, il y a une actrice. Laetitia Dosch est surdouée. Elle bluffe et crêve l'écran. On la croise dans plusieurs productions indépendantes mais là, elle prend le contrôle: saisissante, simple et superbe. Elle joue une femme insaisissable. Paula, arrive, sans rien, à Paris, après dix ans d'absence.

Ce n'est pas une nouveauté. L'observation d'une femme seule. Mais la comédienne crêve l'écran et elle nous attrape dans une course folle dans Paris. Car le film célèbre l'instabilité, la différence, la marginalité et la douce folie. Un vent de liberté souffle sur l'oeuvre, fraiche et rapide.

Les subtilités se font dans la mise en scène. Léonor Seraille propose des petits détails qui font une certaine subtilité autour d'un personnage parfois fatiguant mais toujours fascinant. Imprévisible, Paula n'est pas qu'une hystérique comme le suppose la première scène, fausse piste étonnante.

Sur des sujets rabachés et un peu trop stéréotypés, on se surprend à aimer cette fille paumée dans la ville.

Avec Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye et Léonie Simaga- Shellac sud - 2017
Rôle : Yuki

Paralympiques, les 10 épreuves les plus folles !


Ah bah voilà, ça y est, on va encore crier au loup avec cette chronique, ouuiiiiiiiii le mec ne respecte rien, c’est vrai, ouiiiiiiiiiiii le gars va encore inventer des trucs farfelus foufous alors que nous on veut de l’info de la vraie, mouep, ouiiiiiiiiiii c’est pas beau de se moquer de sportifs handicapés alors que bon toi tu ferais pas 10% de ce qu’ils font eux, pas faux du tout. Alors comme d’hab je répondrais, et donc ?
Donc si j’ai envie de faire le déglingo et de mettre ici, en quelques lignes, l’espace de quelques minutes d’écritures de chronique des choses complément barges ; je le fais !

De fait, après des JO d’hiver avec décalage horaire de maboul au pays de la K-Pop, voici donc les JO d’hiver pour les paralympiques toujours au pays de la K-Pop, on enlève juste un bras une jambe un œil et hop c’est la même.

Aussi, curieux comme un ragondin, furtif comme le furet et agile comme la mangouste, je m’intéresse, mieux, j’invente, mieux, je devine, pis, je dessine, alors inventons intéressons nous dessinons aux 10 épreuves que vous ne verrez pas aux JO paralympiques mais comme de toute façon la probabilité de voir les vraies épreuves restent faible, autant y aller béton. Let’s go !

1. Le tremplin fauteuil 120m : Epreuve reine, elle parle d’elle-même, chaque athlète se présente en fauteuil roulant en haut du tremplin, on glisse, on saute, on atterrit, ou pas. Bien sûr, le but est d’arriver sur les 2 roues, le plus loin possible, mieux, en vie.

2. Le Super-G en roulé-boulé : Réservée aux athlètes sans bras sans jambes, ce super slalom consiste à descendre 3,5km de dénivelé en boule, le public pour cause d’avalanche fréquente, n’est pas autorisé.

3. Le biathlon aveugle : Même principe que le Biathlon valide mais sans les yeux, des cibles géantes de 6m sur 6m de diamètre seront disposées cette année pour faire en sorte qu’au moins un concurrent en touche une, en 2014, les 28 concurrents avaient fait chacun 20 tours de pénalité faute de cible atteinte ; l’épreuve avait duré 79h, ce qui est trop.

4. Le Bobsleigh poussé tête conduite dents : Les engagés sont une fois encore déficients des membres supérieurs, oui bon bref ils n’ont pas de bras quoi, et donc poussent le bobsleigh au départ uniquement avec la tête ; la conduite du bobsleigh s’effectue à l’aide des canines et des molaires. L’équipage américain Bob Melon et John Emaildiamant sont favoris.

5. Le patinage fauteuil en couple : Un homme une femme deux fauteuils, des tutus, des fuseaux fluo des 70’s, de la musique classique, de la romance, des portés, des triple roue lutz piqués, un spectacle maginifique.

6. Le Short-Track plat ventre relais 4x2km : Comme le dit le vieil adage lituanien « pas de pieds pas de patins », aussi, pour le short-track plat ventre, les 2km de circuit de la patinoire olympique se font à plat ventre, avec leur technique dite de l’alligator, l’équipe australienne est grande favorite.

7. Le half-pipe poirier : Faute de jambes, les concurrents enfilent des mini-skis aux mains et s’élancent sur le half-pipe la tête en bas pour y faire des figures de folie sur des rampes de 6m de haut, la vrille vrille 360° roulade avec retombée sur les couilles est le plus gros coefficient !

8. Le super combiné descente slalom sur 42km : Là, gros bordel, mal voyants, unijambistes, en fauteuil, sans les bras, sur un ski, tout le monde peut participer, l’épreuve de 42km qui va de Séoul Nord à Séoul sud se déroule sur 4 mois, très peu d’inscrits lors des précédentes éditions, allez savoir pourquoi !

9. Le ski bosse fauteuil : Sorte de rodéo sur une pente vertigineuse, généralement effectué par les concurrents survivants du tremplin fauteuil 120m, les athlètes s’élancent pour 2km de bosses en fauteuil, ça secoue pas mal, mais c’est sensation forte assurée !

10. La flamme olympique mal voyants : Clou du spectacle avec probabilité d’incendie façon forêt californienne en plein été, les concurrents sprintent sur 500m avec une flamme paralympique dans le noir complet et doivent allumer la vasque. On se marre, on rigole, bon des fois ça sent un peu le brulé, mais visuellement c’est magnifique. Le coréen Kim-Voy-Pa et le suédois Hans Nakinoeilson demeurent les grands favoris pour cette édition 2018.

Voilà, j’avais prévu que je ferai mon irrévérencieux, c’est fait, troisième degré (aucun rapport avec la dernière épreuve quand je parle de 3ème degré) mis à part, plus sérieusement donc, branchez vous sur France TV durant cette 15aine paralympique pour admirer les performances de ces athlètes, des grands, des très grands.

Allez j’vous embrasse.

Borg/McEnroe

Combat de titans, le légendaire match de tennis entre deux champions devient un film intime, habité et passionnant. Ce qui n'est pas si évident.

Le tennis est cinégénique. Les gestes. La dramatisation. La structure. Tout ressemble à une pièce de théâtre ou un écran de cinéma. On y joue des comédies et des drames. Ici, dans le cas du film suédois de Janus Metz, c'est un peu des deux!

Car le film s'intéresse à deux icones de ce sport. D'un coté, il y a Borg, la machine à gagner qui se refuse à tout sentiment. De l'autre, il y a le bouillant Mc Enroe, star montante qui se sert de la détestation pour avancer vers la victoire. Tout oppose ces deux là, qui en 1980, se retrouvent sur le tournoi de Wimbeldon. L'affrontement semble inévitable pour les deux hommes et la pression monte rapidement autour des deux stars.

Avant d'arriver à ce match légendaire, le réalisateur met en place soigneusement son duel. Il filme la solitude d'un héros, perdu dans sa rigueur, à quelques coups de raquettes de tous les records. Il observe aussi son ennemi naturel, fou mais courageux.

La reconstitution est habile. On baigne dans les illusions des années 80. Borg est au crépuscule de sa carrière tandis que l'Américain annonce l'Amérique de Reagan, agaçant mais efficace. Mais au delà de tout cela il y a la caractérisation des personnages. Le réalisateur pousse l'intensité loin, remontant dans la jeunesse des sportifs.

Ca pourrait ressembler à de la psychologie de bazar mais on se prend d'affection pour ces deux torturés, obsédés par l'exploit. Sans temps mort, le film s'intéresse à cette énergie du désespoir, qui sert finalement de carburants aux plus belles histoires. Spectaculaire et intime, ce film surprend et on se demande quand est ce que ca recommence Roland Garros?!

Avec Sverrir Gudnasson, Shia LeBeouf, Stella Skasgard et Tuva Novotny - 2017 - Warner Bros

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