The two faces of January

Entre vertige de l'amour et ivresse du mensonge, dans The two faces of january, le scénariste (de Drive notamment) Hossein Amini, désormais réalisateur, met en scène un trio amoureux glamour et menteur, en cavale dans la Grèce des années 60.
Colette et Chester sont un couple d'américains riches en voyage en Europe. À Athènes, ils rencontrent Rydal, jeune guide touristique un peu arnaqueur, américain lui aussi. Au premier coup d'oeil, le petit escroc tombe en admiration devant le charisme de Chester. Il s'éprend tout aussi rapidement de Colette. Mais les apparences sont trompeuses et Rydal se trouve pris dans un engrenage qu'il ne contrôle plus autant qu'il le pense.
La réalisation est sobre, un peu classique mais le ton sixties donne beaucoup d'allure à l'ensemble. Une technique élégante donc au service de l'ambiance du film. La musique parfait l'ensemble en proposant des mélodies vertigineuses typiques du thriller. Au-delà de la technique, Hossein Amini se révèle grand metteur en scène et excellent directeur d'acteurs.
Les rôles principaux, portés par des acteurs performants, sont particulièrement bien écrits. L'évolution dramatique des protagonistes est parfaitement contrôlée et s'opère tout en finesse.Tout est basé sur ces personnages dont le poids dans l'intrigue est très équilibré, ce qui rend le récit d'autant plus solide. Le trio d'acteurs principaux offre une prestation juste et subtile.
Évidemment, si Viggo Mortensen brille de mille feux, on salue avec l'enthousiasme Kirsten Dunst et Oscar Isaac. Tout trois se montrent impeccables dans ce jeu de dupes où la passion l'emporte parfois sur les faux-semblants. Loin de tout manichéisme, ces personnages ambigus et intenses, rois du double-jeu, sont l'une des grandes forces du film.
Simple, efficace, sobre et élégant, The two faces of january nous emporte dès ses premières minutes et rend un bel hommage aux plus beaux films noirs d'antan.
De Hossein Amini
Avec Viggo Mortensen, Oscar Isaac, Kirsten Dunst et Daisy Bevan - Studio Canal - 18 juin 2014 - 1h37
L’orchestre symphonique des 100 violons tziganes de Budapest – Théâtre des Champs-Elysées

60 violons, 12 contrebasses, 6 cymbalums, 9 clarinettes, 6 violoncelles. Au programme, dépaysement, virtuosité et énergie.
L'orchestre symphonique tzigane de Budapest en impose. En costume traditionnel, les musiciens s'installent et attendent le départ du premier violon JOZSEF LENDVAI CSOSCI, qui rythme en guise de chef d'orchestre l'ensemble musical. Johan Brahms, Vittorio Monti, Tchaïkovski, Johann Strauss I et II, et de nombreux autres grands compositeurs passent par les cordes de l'orchestre qui se plaît à en donner des variations rythmiques qui emportent rapidement l’adhésion du public. La mécanique est bien huilée et ça dépote !
Si la première partie est relevée, la deuxième est nettement plus classique conformément au changement de costume des musiciens qui prennent une apparence viennoise. Un tzigane viennois, l'idée est plutôt étonnante mais fonctionne. Rapidement le rythme reprend vite le dessus, cela semble plus fort qu'eux, l'âme tzigane prend le dessus. Offenbach et son galop infernal (French Cancan) d'Orphée aux enfers ouvre le bal. Le concert prend très souvent des airs du concert du nouvel an viennois. Les "Oupa" et les cris des musiciens viennent ajouter des vagues joyeuses. Le plaisir est là, sur scène comme dans la salle qui applaudit en rythme.
La forme se veut simple en apparence et populaire au sens noble du terme. Mais qu'on ne s'y trompe pas, caler autant de musiciens sans chef d'orchestre en permanence et sans partitions est une jolie performance. La salle contient peu d'enfants et c'est bien dommage, cela aurait pu être une formidable occasion de les initier à la culture classique et tzigane. A voir en famille.
Pompéi

Recette réchauffée de la Vesuvio sans supplément et complètement indigeste!
Et dire que Roman Polanski voulait donner sa vision de la célèbre catastrophe! Faute de financement, c'est l'auteur des indestructibles Resident Evil qui s'y colle! Il avait déjà détruit Les 3 Mousquetaires. Attention les yeux!
La lave a donc coulé sur un scénario éculé avec un couple maudit qui s'aime en secret, au delà des castes et de l'Histoire. Il est celte, parle aux chevaux et tabasse du gladiateur avec la dextérité d'un pizzaiolo. Elle est belle, un peu niaise, fille d'un marchand et doit épouser un sinistre sénateur, qui tue des terroristes en pagaille dans une série étalée sur 24 heures.
Les femmes sont farouches et chastes. Les hommes ont des grosses voix viriles pour déblatérer des dialogues ineptes pour nous faire patienter. Parce qu'on est là pour voir cracher le feu!
C'est ce qui intéresse le réalisateur aussi. Sa femme, Milla Jovovich ne s'est pas incrustée dans son film cette fois-ci donc il se consacre au drame. La cité de Pompéi revit donc la mémorable éruption. Les cendres. Les explosions. La lave. Le trembement de terre. La foudre. Et même le tsunami! C'est à la mode!
Des effets numériques débordent de partout à l'écran. Cela occupe le spectateur mais laisse les acteurs dans un marasme ridicule. Le héros de Game Of Thrones rappelle le chanteur eighties Glenn Medeiros. Kiefer Sutherland rêve donc de reprendre son rôle de Jack Bauer. Les seconds rôles se marchent sur la toge. Les chevaux jouent mieux que les comédiens. Bref, comme prévu, à Pompéi, une fois encore, c'est la catastrophe! Au second degré, Pompéi peut être vu!
Run

Tagada tagada voilà Talisco !
Parisien d’origine, Talisco a visiblement la tête tournée vers les grands espaces américains. Sa musique est folk avec une teinte de modernité qui fait effectivement les beaux jours des sound-designers de publicités. Ses morceaux sont déjà sur les écrans de télévision. C’est mérité. Le garçon se rêve en cow boy sans refuser les nappes synthétiques du plus bel effet !
Donc ses chansons sont marquées par des galops rythmiques venus du folk traditionnel mais il superpose quelques machines avec une voix qui vole haut. C’est inhabituel : on est happé dans son univers bricolé.
Il n’y a pas de frontière pour Jérome Armandi. Il se promène entre pop, électro et folk. C’est de la trip hop nourrie au foin et aux espaces verts. On est loin du bitume malgré les artifices électro. C’est la bonne surprise du disque.
Le western est cité. Il y a de l’emphase dans son style mais il y a aussi une humilité dans son chant, épuré et clair. Ce doux mélange donne un résultat entêtant. On veut bien cavaler avec lui. Sa vallée est verte et belle. Peut être un peu trop mais Talisco dépayse et c’est déjà pas mal pour un tout premier essai ! Pas de charge fantastique mais on a découvert sûrement un hommes des hautes plaines sonores !
Guillotines

Andrew Lau a réalisé l’excellent Infernal Affairs, qui a eu le privilège d’être remaker par Scorsese et son polar, Les Infiltrés. C’est la grande classe. Pourtant Andrew Lau est plutôt un besogneux. Le concept d’Infernal Affairs, il l’a usé jusqu’au naveton.
C’est finalement un Yesman de Hong Kong, répondant simplement à une logique de commandes. Ce que confirme ce nouveau film d’action, Guillotines, blockbuster local, bourrin, pas très beau mais assez réjouissant.
Car le réalisateur joue une fois de plus sur la dualité de ces personnages et les ambiguïtés de la vengeance ou de la justice ! Une version cape et d’épées d’Infernal Affairs avec des acteurs tout aussi charismatiques. Andrew Lau sait malgré tous ses défauts filmer les visages et les regards. Il est doué pour cela et c’est ce qui sauve largement le film.
Durant la dynastie Qing, les Guillotines découpent les opposants au régime. Un jour, ils découvrent grâce à un rebelle qui se prend pour Jésus, qu'ils sont des assassins plutôt que des justiciers. Un garde impérial va jouer avec les états d'âme d'un membre des Guillotines et le Jésus karatéka!
On est surpris par le montage ultra découpé, assez agressif et souvent illogique du film. Peut être est ce un montage européen mais ce film épique s’emballe trop rapidement dans ses scènes d’action. Ca devait être le point fort du film : c’est la grosse faiblesse. A la mode de la 3D, la mise en scène en fait des tonnes avec les fameuses Guillotines, imposantes cousines de notre petit couteau suisse !
C’est finalement dans l’histoire entre trois guerriers que l’on trouve le vrai intérêt et un peu d’exotisme. Comme toujours dans le cinéma d’action made in Hong Kong, les valeurs prennent le pas sur les actes et cela offre une profondeur toujours salutaire. Esthétiquement peu convaincant, Guillotines profite de ses excellents comédiens et permet tout de même un honnête spectacle qui ne coupe pas trois pattes à un canard (laqué). Pardon, c’était facile mais tentant !
D'Andrew Lau -
Avec Huang Xiaoming, Ethan Juan, Shawn Yue et Li Yuchun – M6 Video
Chaleur Humaine

Heloïse Letissier se cache derrière le groupe Christine & the Queens. Elle a besoin de cela pour exister et assumer une pop trafiquée et souvent impressionnante. En anglais et en français, elle impose une volonté surprenante, au-delà de ses convictions.
Car on peut pointer du doigt des textes qui parfois sont un peu pompeux comme ceux de Chaleur Humaine et il faut prévenir la jeune chanteuse que les combats peuvent plomber les chansons. Elle a visiblement des choses à prouver et s’applique à défendre une electro-pop ouverte et pas frileuse ! Mais elle n’évite pas toujours une attitude démonstrative.
Voilà pour les réserves car ses morceaux peuvent voyager partout sur la planète tant la qualité saute aux oreilles. C’est un très beau disque, avec des bizarreries qui pourraient être à Bjork et d’autres choses plus lyriques qui appartiendraient à Emilie Loizeau ou Camille.
Pas mal les références, mais ce premier album tant attendu assume son statut de challenger. La belle chante bien et tricote de belles mélodies autour de sa voix, avec des rythmes synthétiques mais aussi pas mal de cœur.
Elle se rêve anglo-saxonne mais elle compose très bien entre la tradition pop franchouillarde et une culture pop sans frontière, entre classicisme et bidouillages. Saupoudré de mélancolie et de pas mal d’ambiguïtés, ce disque a tout pour intriguer. Sur scène l’artiste s’annonce encore plus saisissante. Elle a tout d’une grande. Ce premier essai est une jolie promesse à confirmer !
-
Because music - 2014
Il était une fois l’Orient-Express – Institut du Monde Arabe

L'Orient-Express est à quai à l'Institut du Monde Arabe. C'est le moment où jamais !
Errant du côté de l'Institut du Monde Arabe, mon regard se posa sur des wagons bleus qui parlaient à ma mémoire. Ma première réflexion fut -" Tiens ils font fort les cheminots pour la grève ! En plus des bacheliers qui vont rester sur le carreau ou arriver stressés aux épreuves, des classes de découverte des écoliers annulées, voilà qu'ils ont envahi la capitale en semant ça et là des wagons sur les lieux touristiques. Ma pensée fila immédiatement vers le parvis de Notre-Dame. Y avait-il là-bas aussi des wagons posés ça et là pour plaider la cause des cheminots ? Une Micheline à Notre-Dame pour faire ombrage à Esméralda...
Des wagons bleus traversés par une bande dorée... Plus de doute possible ! Les cheminots avaient réussi à kidnapper l'Orient-Express et à le planter sur le parvis de l'Institut. Un coup de maître ! Un wagon-salon Pullman Flèche d’Or, un wagon-lit, un wagon-bar Pullman Train Bleu, un wagon-restaurant Anatolie ! Le plus fort était sans doute la présence du guichet. Comment pouvait-on oser demander de l'argent à des voyageurs pour monter dans des wagons qui ne roulaient même pas ? Les cheminots étaient décidément très forts. Comme les autres, tel un mouton, je fis la queue, me disant qu'il devait bien y avoir une raison... et espérant au fond de moi que le voyage serait sans aucun doute imaginaire. Payer pour faire semblant de voyager en train, le défi était enfin merveilleux. Jusqu'où irait l'absurde ? J'appela ma compagne : -"Allô ? Amour ? Je t'invite à bord de l'Orient-Express ? Non ce n'est pas une blague, rendez-vous à l'Institut du Monde Arabe ! - Ça ne se refuse pas !... J'arrive !"
Une fois la compagne téléportée, l'invitation au voyage se décompose alors en deux temps : les wagons à l'extérieur et une partie exposition dans l'Institut. En deux temps trois mouvements nous voilà transportés à la fin du XIXe siècle. La bascule est totale. A la vitesse de la lumière, unité de temps, de lieu et d'action, le théâtral Orient-Express récite alors ses plus belles tirades. L'arrivée d'un train en gare de la Ciotat, première série de films des Frères Lumière, vous accueille. Un siècle en arrière, nous aurions sans doute pris les jambes à notre cou et serions sortis en courant de la salle. Aujourd'hui, peu de visiteurs s'attardent dessus. Je contemple cette pièce historique pendant que Nagelmakers lui-même me regarde. Nagelmakers, photographié par Nadar me toise de ces trois mètres de haut. A ses pieds, un train tourne en rond, à devenir fou. Ça en impose. Nagelmakers, The inventeur de l'Orient-Express.
On passe alors devant des cartes animées retraçant les trajets de l'orient-Express aux pièces sacrées de l'époque : malles, reproductions de compartiments à l'échelle 1, plans de machines à vapeur, mobiliers de luxe. Et puis croustillantes anecdotes de passagers : roi fou de Sibérie exigeant de conduire la locomotive, évasion de Gulbenkian, chute du Président de la République, sauvetage de Joséphine Baker, panne de train sous la neige... Deuxième salle, plus générale, fondée sur la communication et le tourisme : affiches, guides touristiques... Nagelmakers, ce héros de la révolution industrielle. Trois coups de génie en un :
- inventer après Pullman aux Etats-Unis des compartiments privés fermés : on comprend dès lors que le trajet devienne plus important que la destination... ;
- inaugurer l'Orient Express en réservant un voyage pour journalistes et personnalités triées sur le volet. Un coup de com' qui vaut tous nos buzz actuels;
- et développer ensuite l’hôtellerie qui va avec !
Nagelmakers : le Tour Operateur avant l'heure !
Qu'importe, l'exotisme est à l'honneur : la peinture de Pierre Loti déguisé en oriental vaut le détour, les baigneuses et l'odalisque prennent toute leur place dans un contexte orientaliste majeur. Petit clin d’œil à Félix Ziem. Le rêve est là. On est loin d'une vision colonialiste simpliste. L'Orient Express est une clef de luxe pour l'ailleurs, en phase avec l'art du temps. Nous sortons. Il est là trônant sur le parvis. Les passagers font la queue pour monter dedans, valise dans la tête. Concept Disneyland. Attente, longue attente... puis...
-Chérie, nous sommes dans l'Orient-Express !
-Génial !
"Mesdames et messieurs, il faut savoir qu'à l'époque, le coût d'un voyage dans l’Orient-Express était équivalent à 20 000 euros."
-Chérie ! Nous sommes dans l'Orient-Express !
-Génial !
"Voici l'endroit où se tenait le conducteur, personne chargée de surveiller la conduite des voyageurs. Le conducteur a été joué par Jean-Pierre Cassel dans le Crime de l'Orient-Express. Voyez ici des pattes de verre de Lalique..."
-Chérie, une petite photo ?
"Voici où se tenait Hercule Poirot dans le film...."
Les passagers passent. L’Orient-Express est momifié. Une multitude d'objets collés sur les tables, des grands crus, machine à écrire, porte-cigarettes, journaux incrustés d'écran LCD, gants, vaisselle, étui à pipe. L'attraction fonctionne. Si on prête bien l'oreille, on entend même quelqu'un ronfler. Il ne manque plus que le tour de manège.
"Mesdames et messieurs, il est toujours possible de voyager en train de luxe. Vous pouvez ainsi aller jusqu'à Venise pour 2500 euros."
-Chéri, tu as entendu ?
-Oui, oui...
"Mesdames et messieurs, vous ne pouvez pas monter dans le wagon-restaurant car c'est une vraie salle de restaurant. Un cuisinier se propose d'ailleurs de vous faire goûter des plats inspirés de l'époque. Vous pouvez réserver une table. Le menu complet est à 160 euros."
-Chéri, tu as entendu ?
-Oui, oui. Que sont 2500 euros et 160 euros à côté des 20 000 euros de l'époque ? Décidément le rail de luxe se démocratise !
On sort alors des wagons avec une ambiance Belle époque dans la tête, et un regard halluciné devant l'audace diplomatique de ce Tchou-tchou de luxe. Quel train unique pourrait traverser aujourd'hui trois continents sans créer le moindre incident diplomatique, même à 20 000 euros le trajet ! Tripoli ? Bagdad ? Le Caire ? Un défi géopolitique à lui tout seul. A l'heure de la mondialisation de la marchandise, il en est une qui ne circule plus vraiment comme elle veut, l'homme. La question est paradoxale : prendre l'Orient-Express pour Constantinople ou l'Easy-jet pour Istanbul ? La ligne directe internationale ou le contournement par voie aérienne ?
-Chéri, tu rêves ?
-Non, j'atterris...
L'aller-retour Institut du Monde Arabe/Orient-Express est un voyage dépaysant et réjouissant. Le spectacle évite le danger du colonialisme et présente une belle version théâtrale de ce palace sur roues devenu oeuvre d'art. Une source d'histoire romanesque inépuisable sur l'art du voyage. A ne pas manquer.

Horaires Du mardi au jeudi de 9h30 à 19h, Nocturne vendredi jusqu'à 21h30, Week-ends et jours fériés de 9h30 à 20h
Où Niveaux -1, -2 et parvis
Imany, Faada Freddy et Sherika Sherard à la Bellevilloise

Fabuleux concert à la Bellevilloise ce 13 juin. Des chanteurs à la voix puissante et émouvante qui donnent énergie et amour au public. On adore !
Il y a des live où ce qui se passe sur scène comme dans le public procurent des frissons. Big Bang Gang fut de ceux-là. Réunion des nouvelles signatures du label Think Zik, il fut de qualité. Une vraie interaction s’est crée ce soir là à la Bellevilloise où se réunissaient les chanteuses de la BO de Sous les jupes des filles entrainées par Imany ainsi que Faada Freddy et Sherika Sherard. Des noms connus et moins connus mais des talents tous remarquables.
Sherika Sherard, une découverte pour une partie de la salle a séduit par son aisance, sa voix chaude et ses rythmes variés. Faada Freddy, petit chapeau et gilet bien à lui, était très attendu et à sa question « Tout le monde est bien fada ce soir ? » un grand oui s’est suivi. Fada de son charisme magnétique. Fada de son timbre de voix grave et aigue à la fois à frissonner de plaisir. Fada des 1001 sons d’instruments qui sortent de sa bouche. Avec la technique du "body percussion", il épate de son beat boxing. On cherche les musiciens, la basse, le piano derrière mais tout vient de lui… Et enfin et surtout il enchante de ses mélopées pop soul, gospel et de ses textes profonds. Il a l’art de s’accompagner des voix du public comme d’un chœur improvisé.
Un très bon concert se repère ensuite aux versions uniques des chansons, à leurs mots d’introduction adressés au public. Et il y en eût ce soir. Reality dédiée à tous ceux qui se relevant une fois qu’ils sont tombés. Lost aux moments où l’on se perd et se retrouve. Pour Where is the love Faada nous confie se demander parfois où est l’amour aujourd’hui. La salle ne manquait pas de spectatrices prêtes à lui en donner.
Quant à Imany en grande forme, tout sourire, conseilla aux filles avant de chanter son Please and change de ne pas espérer que leurs copains changent. Les cœurs des hommes avaient déjà chaviré pour lui en tenir rigueur. Elle nous a notament offert une sublime version de You would never know.
Toute la salle conquise chante le final Ready or not. Complètement prêt à assister à leur prochain concert, source de tant de plaisir. Merci !
Orthodoxie dominicale…

Comme des millions de français, en un dimanche matin l’œil encore collé à mon oreiller, la bouche réclamant un café et l’haleine réclamant un dentifrice en express, il m’arrive d’allumer machinalement la télé.
Bien sûr, comme beaucoup, je fuis assez rapidement les clips de Shakira s’empilant les uns sur les autres sur les chaines dites musicales, les soubresauts d’Oggy et les Cafards sur les chaines dites de dessins animés, et les hordes d’appareils pour raffermir les abdos (même pas j’en ai besoin....nahhhhhhh) défilant sur l’ensemble de la TNT.
Pas assez frais pour m’insuffler les meilleures mauvaises nouvelles du jour sur les chaines infos, je l’avoue, oui, il m’arrive d’attiser ma curiosité théologique, moi, l’athée, moi, l’agnostique, sorte de pénitence pour avoir bu trop de rhum la veille.
Nous l’oublions bien souvent, mais tous les dimanche matin, sans faillir, à l’heure où d’autres cuvent encore, où les courageux vont jogger, où les PMU s’emballent, un marathon religieux se joue sur France 2, et il y en a pour tous les goûts ! 4 heures de show, de dieux, de croyances, de « si tu crois en rien pioche là-dedans, y’a bien un truc qui va finir par te plaire ! ».
Mieux ! Pour les jeunes défaillants en culture générale et dont la seule croyance est celle de la déesse Candy Crush, cela permet de s’enrichir de quelques vocables et lever des ambiguïtés de définition qui, à première vue, pourrait induire en erreur n’importe quel boutonneux au smartphone fertile et à l’ipod rugissant.
Dès 8h30, il est l’heure du bonze et de la Sagesse Bouddhiste ! Là, 1ère pas le metal qui aux Jeux Olympiques arrive derrière l’or et l’argent mais bien d’un maitre sage (non, ce n’est pas le frère de Maitre Gims...). Et oui, les messieurs en toge orange et au crane en peau de fesses, sont bien eux aussi des sages, et non des agents de la DDE qui auraient une calvitie sur-prononcée.
A 8h45, on enchaine, avec Islam ! L’émission préférée de Jean-Marie Le Pen à coup sur ! Ici, pas de confusion sur le nom, il ne s’agit pas d’un collectif dirigé par Grand Corps Malade visant à lancer des jeunes pouces qui slam ! Rien n’à voir aussi avec le jeu de Cyrille Féraud sur France 3, sorte de scrabble pour chômeurs en fin de droit ou retraités non inscrit au Club de Bridge!
9h15 allons-y pour « La Source de vie » ! Non non et non, ce n’est pas un publi reportage pour Volvic mais une émission sur la religion israélite ! On y parle même Judaïsme d’où l’expression « tu veux boire quoi ? bah j’vais prendre un
Judaïsme avec de l’eau ».
9h30 Orthodoxie ! Moi je regarde pas, là j’peux pas, moi aussi j’ai eu un appareil dentaire à mon adolescence, j’en ai morflé, et sincèrement, les séances d’Orthodoxie ce n’est que souffrance...
9h45 Chrétiens orientaux ! bah là, facile, sont chrétiens et ils savent où vont ! Ils ont un excellent sens de l’orientauxtion !!!
10h Présence protestante ! Ne pas confondre avec « Expression Directe » l’émission avec des gens pas contents dedans et qui, pour les droits des travailleurs pas contents, disent des choses qui montrent qu’ils sont pas contents mais alors pas contents du tout !!!
Protestantationnnnnnnnnnnnn !!!!!
10h30, clou du pestacle, show à l’américaine, enfin plutôt à l’armoricaine, the famous Jour du Seigneur, où il faut bien imaginer que des dizaines de techniciens, caméraman, ingé son, perchiste et réalisateur partent la veille (samedi soir hein je rappelle) pour aller capter une messe dans un endroit reculé de notre belle France. Bon week-end les mecs !!!!
Voilà, le tout animé par Arlène Tempier qui a du bien se faire charrier à la moindre difficulté de chaussures trop petites ! « Alors au fait, ça va mieux Tempier ? Non !? A bas Tempier pour toi ! ».
Olalalalalalala, on peut plus rien dire. Bon j’vous laisse, j’ai Téléfoot !
Romestebanr.
Rostam et Esfandiâr

La compagnie du Lierre marie avec créativité le théâtre, les chants, la danse et les arts martiaux pour nous conter une histoire au cœur de l’Iran. Exigeant mais décevant.
Une belle affiche de Karen Schlecker Wilson avait attiré notre regard sur la pièce mettant en scène des contes iraniens au Théâtre de l’épée de bois. Charmant théâtre, contes d’une culture très attirante mais méconnue, les ingrédients étaient réunis pour se laisser séduire.
A l’initiative du projet : le franco-iranien Farid Paya. Fier de sa double culture, il décide d’adapter des contes du poète iranien Ferdowski et de les mettre en scène. Ambitieux.
Ce conte est l’histoire d’Esfandhiar, fils du roi d’Irân. Valeureux guerrier, il assure la sécurité et la sérénité du royaume de son père. Mais la reconnaissance de ses exploits multiples ne lui suffit pas. Il aspire à monter sur le trône. L’attrait de la royauté le pousse alors à accepter une mission périlleuse : ramener au palais un dissident exilé, Rostam, qui a décidé de vivre à l’écart du royaume, au Zâbolestan. Tous deux réputés invincibles, ils vont se livrer un combat sans merci.
Il est vrai que l’Iran est un pays de légendes, de croyances. Il nous évoque le raffinement, la fierté, la beauté mais ses contes n’excluent pas la violence. L’histoire de Rostam et Esfandiâr est avant tout guerrière. La haine, la rancœur et la soif de vengeance y règnent en maître.
Grâce à un décor unique : une pièce de tissu aux couleurs chatoyantes sur le mur de pierre du théâtre et des costumes soignés d’Evelyn Guillin, la pièce parvient à nous transporter en Perse... si l’on fait abstraction du parquet grinçant... Mais une Perse guerrière.
Un des plaisirs des contes est de dresser des morales par les aventures que vivent les personnages. Mais en l’occurrence le spectateur ne se reconnait ni dans Rostam ni dans Esfandiar, ni dans la violence de leurs combats ni dans leurs tentatives de conciliation. Le silence qui règne dans la salle pendant le spectacle est autant dû à l'absence d'interactivité qu'à ce peu d'engouement et d'empathie.
La seule morale que l'on tire de ce spectacle porte sur la tendance guerrière de l'humanité quand on souhaiterait que le théâtre l'élève vers la paix.
www.epeedebois.com





