Joyeux Noel Monsieur Loup

La veille de Noël, un loup affamé erre dans la forêt glacée.
Tout à coup il entend des voix au loin. Très vite il constate que ce sont douze petits cochons tout heureux de préparer leur sapin de Noël devant leur maison.
Le loup se dit que, oui le réveillon devrait être réussi ... À l'attaque ! Attention Monsieur Loup ! Le sapin, ça pique ! Et la gentillesse et la générosité peuvent être contagieuses ...
Un album optimiste qui croit en la magie de Noël avec humour et bienveillance.
Un album aussi qui en dit long sur la nature humaine en s'intéressant à la nature du loup et des petits cochons
A partir de 5 ans
Joyeux Noël Monsieur loup !
De Tatoua Miyanishi - nobi nobi
Les tribulations d’Ana, Lucernaire

« Les tribulations d’Ana », au théâtre Lucernaire ? Si vous voulez passer un bon moment, où l’humour et la tendresse se partagent la scène, relayés par une actrice vraiment douée, n’hésitez surtout pas ! (suite…)
Exodus Gods & Kings

Comme tout bon péplum, les Egyptiens sont des êtres étranges. Ils sont un peu spéciaux ces messieurs en jupe qui se déguisent avec des vêtements en or. Si vous voyez ce que je veux dire. D'un autre coté, les Hébreux sont pas mal non plus: systématiquement, ils s'habillent comme des Jedi et prennent un air triste. D'accord, ce sont des esclaves mais ils font toujours la tronche.
Même quand on leur annonce que Moïse va les libérer de Ramsès le Grand, ami d'enfance de Moïse et dégénéré pourri gâté. A 77 ans, Ridley Scott ne fait toujours pas dans le drame intimiste. Il refait les 10 Commandements à sa sauce. Il reprend même l'histoire de Gladiator et invite Dieu dedans!
Comme dans son majeur succès, Ridley Scott observe la rivalité entre un enfant légitime au trône et un général adoré du peuple, juste avec chacun, dur comme un guerrier et humble comme un religieux. Loin du coté bling bling des Pharaons, Moïse comprend qu'il est différent.
Il va donc réaliser sa mission confiée par Dieu: libérer les Hébreux. L'Ancien Testament par Ridley Scott, c'est donc pas mal d'action et des bastons monstrueuses. Dieu des grands mouvements et des affrontements épiques, Ridley Scott sait faire des scènes lisibles, excessives mais parfaitement cadrées. C'est exactement l'inverse de Michael Bay et autres épileptiques de la réalisation.
Il nous venge un peu de la production actuelle à Hollywood. Sa formation de peintre et d'artiste lui permettent quelques plans assez étranges pour faire la différence. Quelques phrases renvoient aussi au fanatisme d'aujourd'hui... et s'en prend aux religions sans distinction. Le plus troublant reste la dédicace finale qui fait revoir le film sous un nouveau jour. Il rend hommage à son frère, Tony "True Romance" Scott.
Le duel entre Ramsès et Moïse a alors une saveur bizarre. On est mal à l'aise lorsque les plaies s'abattent les unes après les autres. Moïse n'est plus qu'un simple observateur de la déroute de son frère. Difficile de ne pas voir l'auteur de Prometheus incapable d'empêcher le suicide de son frère.
A son âge avancé, Scott est un peu morbide, s'attardant sur la mort des enfants de la cité, filmant le temps qui passe et les êtres que la vie nous retirent petit à petit. Amusant de croiser Sigourney Weaver, la guerrière d'Alien, en belle mère aigrie. Ce n'est pas beau de vieillir semble dire Scott, effrayé par la déchéance.
De cette manière, on pourrait voir une oeuvre personnelle dans ce gros spectacle où biblique veut dire épique. Ridley Scott aurait réussi à mettre du sens et de la chair dans cette impressionnante illustration. Ses inclinaisons sombres se mélangent avec un classicisme un peu ringard (quel accent anglais).
Trop long. Trop énorme. Trop perso. Le Trop est souvent l'ennemi du bien. Ridley Scott prouve encore qu'il est le grand prêtre de la surenchère. Ses défauts deviennent touchants tout comme sa volonté de faire des gros films. Exodus est donc un truc hybride qu'on attendra un peu avant d'évaluer à sa juste valeur. Bizarre vous avez dit bizarre?
Avec Christian Bale, Joel Edgerton, John Turturro et Ben Kingsley - 20th Century Fox - 24 décembre 2014 - 2h30
The take off & landing of Everything

Elbow, formidable groupe Anglais qui nous épate à chaque nouvel album, réussit à en faire des tonnes avec quelques grammes de finesse. Un exploit que peut faire de ce disque, un sommet de l'année 2014!
Lorsque vous découvrez la tête de Guy Garvey, le chanteur d'Elbow, vous avez le désir d'être pote avec ce type, qui ne ressemble pas du tout à une star de la pop; plus à un ami, pilier de bar, un peu poète après quelques coups au pub. Un Britannique à l'élégance naturelle, à la barbe taillée et à la voix surprenante.
Avec son groupe, Guy Garvey a réalisé une oeuvre importante, un disque qui réunit tout ce qu'on aime dans la pop, The Seldom Seen Kid. Le disque a reçu le Mercury Prize et il impose Elbow comme un élément vif de la musique anglaise... et plus d'ailleurs. Depuis ils n'ont pas déçu.
Leur sixième ouvrage impressionne une fois de plus. Le groupe a dépassé les modes et les tendances. La voix du chanteur est désormais un vestige des racines britanniques, littéraires, lettrés et subtiles. Et pourtant ce n'est jamais pédant.
Comme des bardes, les membres d'Elbow composent leur musique dans un coin d'Angleterre, entre traditions et rêveries, entre légendes et réalités, entre nuances et trivialités. En cherchant une comparaison, Elbow pourrait être un croisement sobre de Richard Thompson et Coldplay.
Ca peut faire peur mais sur cet album, on est aux anges. Tout n'est que raffinement "typically british". C'est la force tranquille, Elbow! L'air de rien, cet album au titre allongé, nous promène dans les landes boisées et charmantes de la pop anglaise avec digressions progressives et plaisirs électriques.
Il y a quelque chose de religieux dans ce disque: on vous le conseille pour les fêtes de fin d'année. Dans son dépouillement, le groupe trouve une vraie richesse. Comme un conte, on l'écoute plusieurs fois avant d'y découvrir des détails ambigus et des idées universelles. Ce qu'on écoute peut rassurer et nous rendre la vie un peu meilleure.
Il y a des moments impétueux comme des plages de calme élégiaques. Rien de médiocre. Tout est pesé. Il y a une recherche permanente d'équilibre. Pas (ou peu) de lenteur. C'est de l'ouvrage finement cousu et fait avec un soin qui nous fait bien plaisir.
Toutes les chansons sont hantés par la foi, la passion et le plaisir de la musique. Pas de frime. Pas besoin d'un orchestre gigantesque. Pas besoin non plus de bidouillage electro. Sûr de ses forces, Elbow bouleverse et rappelle à quel point la musique peut être un mystère, si bon pour nos têtes et nos âmes.
Si Guy Garvey a tout du bon pote, Elbow a tout pour être un géant discret de l'histoire de la musique! Si vous avez encore un cadeau à faire, n'hésitez pas!
Fiction - 2014
Albert et Charlène ou les enfants à Rainier 2…le retour

Avec un titre pareil, la confusion, non sans malice de ma part, tendrait à faire croire que Spiderman et Spiderwoman, proches amis de Kleptomane (Laure Manaudou au pays de Mickey), sont depuis peu les heureux parents de jumeaux qui auront pour préoccupation de tisser dans tous les lieux où tisser est possible…et quand on a envie de tisser, faut pas se priver. (suite…)
Nightscape

So 2014! Vite, vous devez faire quelques cadeaux! En voici un qui fera certainement plaisir. Le meilleur disque de jazz de l'année est français. Le Made in France dans ce qu'il y a de moins nombriliste ou de plus classieux!
Le précédent et premier album du guitariste Paul Abirached était un peu exigeant mais Dream Steps était une magnifique déambulation dans le monde protéiforme du jazz. Le second est nettement plus libéré. Pourtant le guitariste est moins entouré.
Nightscape est d'abord un bel album de dialogues. Découvert dans un quartet, Paul Abirached n'a conservé que le pianiste Alain Jean Marie. L'équilibre entre la six ou douze cordes et le piano amène un apaisement aux compositions originales mais aussi aux reprises peu connues comme Down From Antigua de Jim Hall ou Limbo de Wayne Shorter.
Nighscape est peut être inspiré pour et par la nuit, il en découle surtout une belle tranquillité et une sérénité rarement appelé à devenir une qualité sonore. Les deux hommes jubilent et cela s'entend à chaque note. C'est peut être le disque de l'amitié et de l'échange.
Il n'y a pas d'effets démonstratifs. La surenchère est totalement absente. Ils se sont abandonnés à la nuit: c 'est un dépouillement salvateur que l'on découvre sur ce disque. Il n'y a que de l'élégance: la beauté de la nuit, ses secrets et ses mystères retrouvent un écho dans la guitare sérieuse de Paul Abirached et le piano capricieux d'Alain Jean Marie.
Les deux oiseaux de nuit sont des artistes délicats. Nighscape est une sortie nocturne de grande classe. Avec ces deux là, les nuits blanches ne sont plus fatigantes. On vous conseille de vous laisser bercer par ce disque aussi discret que très important!
Harmonia Mundi Archie Ball - 2014
Noel Blanc, Noel Noir

Moussa était forgeron lorsqu'il vivait en Afrique. Aujourd’hui, en France il ramasse les poubelles. Et comme il le dit avec philosophie : "Le pire n'est jamais certain !"
Son métier lui permet de trouver de nombreux trésors et son passe-temps favori est de les bricoler et de leur donner une nouvelle vie. Il s'est d’ailleurs fait un atelier dans sa cave.
Cette année, c'est le premier Noël en France des enfants de l'immeuble. Ils se demandent bien de quelle couleur peut bien être le père Noël ! Réussiront-ils à offrir une réponse à cette grande question en cette nuit du 24 décembre ? Moussa et ses complices se chargent s'organiser les festivités pour les enfants.
De très belles illustrations mêlant les couleurs hivernales européennes aux couleurs flamboyantes africaines. Cela donne vraiment une belle impression féerique en cette nuit de Noël. Que de lumières !
Le texte un peu long fait baigner le lecteur dans cette chaleureuse ambiance des communautés africaines. Il permet avec tact et douceur de ré préciser que Noël est une fête de famille, une fête d'amitiés, ou l'essentiel reste le partage et l'attention aux autres.
À partir de 7 ans
De Béatrice Fontanel et Tom Schamp - Albin Michel Jeunesse
It’s allright with me

Le jazz féminin truste les sommets des ventes tandis que le jazz manouche connaît une reconnaissance importante. Il est étonnant que l’album de Sara Lazarus reste aussi discret ! Idéal pour Noel.
Les chanteuses de jazz se multiplient depuis le succès de Norah Jones et Diana Krall. Elles sont partout. Omniprésentes. Talentueuses. Difficiles pour les petites nouvelles de se faire une place au soleil.
La discrète Sara Lazarus a heureusement une arme secrète : Biréli Lagrène. Guitariste depuis l’âge de 4 ans, ce fan de Wes Montgomery s’est fait une spécialité du jazz gitan. Sa guitare est l’une des plus impressionnantes en ce moment dans l’univers du jazz. Même le fils de Django a reconnu son incroyable talent. Aventureux, il accepte de donner la parole à Sara Lazarus.
Le duo donne des versions survitaminées de quelques standards. La guitare et la voix révèlent une complicité rare. Suave, Sara Lazarus régale les oreilles. Lancinante, elle n’est jamais molle. "Embreceable you" est un pur délice à ce niveau !
D’ailleurs c’est la fraîcheur des chansons qui surprend. Si le disque de reprises est commun dans le jazz, il a, ici, une saveur toute particulière. Les deux interprètes apportent une vraie nouveauté, due à leurs différences. La guitare et le chant s’imposent sur des classiques comme s’ils avaient été écrits pour eux. Spectaculaire, le duo s’invente des réponses à l’intérieur de compositions ultra célèbres.
Le disque possède alors un charme assez irrésistible, glissant habilement sur deux sensibilités et un amour sincère pour le jazz. Puisqu'il est question d'amour et de chaleur humaine à Noel, cet album est parfaitement de saison
Francois Dreyfus Music - 2006





