Argent, dette et music-hall ! Création collective de Stefano Armori, Nigel Hollidge et Armel Petitpas

argentDu 19 février au 3 mai au Lucernaire

Paillettes et claquettes, magie et chansonnettes, tout est en place pour faire sourire au tempo du music-hall ! Trois comédiens nous étonnent sur scène pour nous conter la longue histoire croustillante de l’Argent…

 

L’Argent, la monnaie, le flouze, l’oseille, les sous, le blé, balance le fric ! Sur la forme du music-hall, nos drôles de comédiens retracent la sombre, joyeuse et trébuchante histoire de l’argent.

Si bien des thèmes ont été traités en art, l’argent n’est pas côté. C’est vrai qu’à première vue, cela ne fait pas rêver mais plutôt grincer des dents… Mais justement, cette troupe fait le pari de nous en amuser et de nous émerveiller avec tours et détours par les coulisses.

Le show se fait tour à tour magie, danse, chanson, mime. Nous sommes transportés dans les années 30 lorsque le music-hall permettait de se divertir des traumatismes de la dépression en musique comme un sombre écho de l’ambiance actuelle de notre société.

Le détour vaut également pour les coulisses. Le clinquant de la scène se fissure et les personnages révèlent leur vraie nature. Au royaume du show business, tout n’est pas rose…

Ce spectacle se savoure comme une tragi-comédie aux allures hollywoodiennes qui appuie là où cela fait mal mais loin d’être douloureux, on en redemande !

LE POULPE POLAR ÉLECTRO-CONTÉ

poulpeDe Julien Tauber
Avec Abbi Patrix, Phil Reptil et Vincent Mahey
La Compagnie du Cercle / Studio Sextan

DU 10 AU 28 FÉVRIER 2015  I  Mardi, mercredi et vendredi à 20h30, jeudi à 19h30, samedi à 17h  I  Durée 1h30

 

Le poulpe c’est quand même un drôle d’animal. Accoudé à son zinc, une bière à la main, il dégaine son journal favori et la suite…. Vous l’a connaissez ! Le poulpe il part toujours dans des drôles d’aventures dont il s’en sort toujours indemne.

De l’inquiétante Rungis aux îles exotiques, Le poulpe, alias Gabriel Lecouvreur, va s’enfoncer jusqu’au cou dans une histoire louche de tête décapitée aux oreilles coupées… De l’action, de la poésie, des histoires de bagarre et de coquettes, la malice du poulpe te donne envie de marcher dans ses pas et d’écouter sa drôle d’histoire.

Le poulpe, alias Gabriel Lecouvreur, alias Abbi Patrix, nous transporte dans un polar qui fait appel à notre imaginaire. Seul sur scène, Abbi Patrix donne vie au Poulpe. Nos oreilles et nos yeux sont en alerte, suspendus aux lèvres du conteur.

Dans une atmosphère moderne où le son est essentiel, nous suivons cette histoire comme hypnotisés. Avec l’aide de ses compères Phil Reptil et Vincent Mahey il nous délivre une partition sonore extrêmement vaste allant de douces mélodies à des sons d’immersion très réalistes.

Brouillades aux Embrouilles

Ancien flic devenu détective privé, Leo Loden, au fil de ses aventures, raconte avec humour le Marseille qui fait les gros titres de nos journaux. Dépaysant.

Depuis 1991, Leo Loden poursuit les gangsters de la cité phocéenne. Il ne manque pas d’humour pour arrêter des suspects en tout genre et décortiquer la vie des bas-fonds de la ville. Avec son oncle, alcoolo sur les bords, Leo Loden est devenu un guide cynique et sympathique.

Arleston est au scénario depuis la création de la série et apporte toujours un semblant d’actualité à des intrigues décontractées. Cette fois ci, Leo Loden doit retrouver l’un de ses indicateurs qui se retrouve malgré lui dans un trafic d’armes !

Le problème des cités de la ville sert de toile de fond, tout comme l’influence des religieux sur certains jeunes ! Pas mal pour un divertissement. Car ce qui compte ici c’est l’enquête et les blagues. La vie des dockers est croquée avec gourmandise (le petit jaune à dix heures du matin). Et la vie du détective est chahutée par l’arrivée prochaine d’un bébé.

C’est beaucoup plus exotique que Plus belle la vie. On est dépaysé par cette série qui joue habilement entre un classicisme narratif et une description sincère de Marseille. Pas de révolution mais un bon moment dans le sud de la France. On entendrait presque le bruit des cigales !

Leo Loden  T.23– 48 pages – Soleil – de Arleston, Nicoloff et Carrère

Spinal Tap : Stonehenge

Wonder Days

Blur sort un nouvel album dans l'année. Okay d'accord mais sachez que Thunder, autre groupe anglais sort aussi un disque. Tout aussi important!

Les nostalgiques de la Britpop approchent de la quarantaine. Ils voient leurs idoles vieillir. Ils dépriment. Ils n'arrivent plus à se remettre des soirées bien arrosées comme à l'époque où ils écoutaient Blur, Oasis ou Pulp. Heureusement Damon Albarn et ses copains se réunissent à nouveau et un nouveau disque de Blur déboule bientôt.

Blur, c'est le versant poli, élégant et londonien de la pop music made in England. Le versant prolétaire de la musique en Angleterre ce pourrait être Oasis et ses frangins têtes de lard. C'est aussi le bon vieux hard rock tatoué célébré par des millions de personnes avec le succès jamais démenti de Iron Maiden.

Dans le sillage de ce groupe, on trouve toute une ribambelle de hardos britanniques plus ou moins sérieux. On pense à Spinal Tap. On peut aussi se rappeler avec émotion de Whitesnake et son sex appeal capillaire, Def Leppard et son batteur manchot ou Thunder, qui nous intéresse aujourd'hui.

Thunder n'a jamais eu de chance. Il connaît toutes les galères du business. Le groupe s'est séparé et recomposé autant de fois que Benny Hill s'est mis à courir après des pin-up. Il a connu quelques succès puis ce fut les années de galère avec des albums mous comme un fish & chips sous la pluie écossaise (j'ai testé pour vous, cela vous marque une vie). Ils conservent une aura au Japon! Tous les clichés du genre!

Pourtant les lads du groupe persévèrent. Après 7 ans d'absence, ils sortent un nouvel album très rock'n'roll et pas désagréable du tout. A l'heure des reboots et des revival sont à la mode, le son très hard rock classic de Thunder est presque hype! Il y a de jolis chansons avec un piano triste et une guitare qui couine. Il y a une batterie qui cogne un rythme binaire sans surprise. Il y a des refrains qui se scotchent dans la mémoire.  Le chanteur hurle comme il peut mais semble conscient de ses limites.

Thunder sort ce dixième album sans grande originalité. Aucun éclair de génie mais le groupe est plus en forme que la plupart des vieux hardos qui ont arrêté les drogues, le sexe et, pour certains, le rock'n'roll.

2015 - ear music

Def Leppard: Pour Some Sugar on Me

Father John Misty: Hollywood Forever Cemetery Sings

Fleet Foxes: Grown Ocean

Un Océan d’Amour

Sans parole mais pas sans cœur !

Prix de la bd Fnac, Un Océan d’Amour va vous inonder de ses bonnes ondes ! C’est un récit simple, picaresque et enlevé. Un petit pêcheur va vivre une grande aventure et sa femme aussi. Le point de départ est une Bretagne typique mais ça ne va pas nous empêcher de voyager loin !

Scénariste à la mode, Lupano et son dessinateur nous entraîne dans un conte moderne, drôle et sans complexe. Ils cherchent des idées simples et fortes. Cela fonctionne : chaque planche cache de la tendresse.

Comme les personnages, il n’y a pas grand à chose à dire. Tout est à regarder. On voyage avec deux ingénus charmants et on se plait beaucoup à voyager avec eux dans leurs turpitudes un peu hors du temps.

Sans bulle et parole, le récit suffit à tenir un rythme trépidant où le petit pêcheur et la gentille Bretonne vont découvrir le monde moderne et toutes ses ambigüités. Un Océan d’Amour se permet une réflexion sur nos sociétés, sans fioriture et un humour jamais vachard ou cynique.

C’est cette absence totale de second degré qui fait cette grosse bédé une lecture saine et positive. Ça fait du bien à la tête. L’air y est bon. Les dessins aussi ! Le fond et la forme nous font prendre le grand large. N’hésitez pas !
222 pages – Delcourt – de Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione

Les Nuits, Ballet Preljocaj, Arsenal, Metz

1024_768_1_15-02-05-les-nuits-1-cop-jean-claude-carbonne1Le Ballet Preljocaj enchante une grande partie du public messin avec une pièce chorégraphique, inspirée des histoires des Milles et Une Nuits.

Créée à l’occasion de Marseille-Provence 2013, Les Nuits s’ouvre par un tableau vivant du Bain Turc d’Ingres. Des mouvements hypnotiques et saccadés, une gestuelle précise et symétrique, un travail formel captivant sur la durée et le rythme : l’entrée en matière dans l’exotisme mystérieux de l’Orient sensuel est tout à fait réussie.
Après ce début remarquable, la pièce se poursuit (et se perd) dans un défilé de séquences insistant de manière de plus en plus effrénée et, à notre avis, triviale, sur cette sensualité embrasée hétérosexuelle et homosexuelle correspondant à plusieurs clichés érotiques qui se révèlent involontairement comiques et cocasses.
Les costumes et les musiques ajoutent de la grossièreté et du pathos au premier degré à cette suite de tableaux sensuels dans lesquels, parfois, les mouvements de groupe ne sont pas à la hauteur de la volonté formelle du chorégraphe.
La pièce nous semble rester à la surface des questionnements culturels et, si l’on veut rester sur le plan purement chorégraphique, de la gestuelle érotique que le recueil de contes Les Mille et Une Nuits pourrait susciter aujourd’hui.
Quelles corporalités donner à voir ? Quelle sexualité interroger et déployer ? Quelle vision de l’Orient mettre en jeu ?
Ici, la danse ne creuse aucune question : Preljocaj nous semble fuir ces questions extrêmement politiques liées à l’émancipation du regard et des actes (notamment féminins) pour nous endormir avec une vague provocation sensuelle frivole et accessoire.

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