Reason

Deuxième album et déjà l'album de la maturité... de la raison pardon! Selah Sue a décidément tout compris!

Une petite blondinette avec un regard perçant et une choucroute sur la tête. En 2011, Selah Sue impose une présence étonnante en chantant en acoustique des petites ritournelles très libres, entre folk et reggae. Plutôt séduisante, la flamande fait le tour du Monde (des beaux compliments de Prince dans les valises) et revient donc quatre ans plus tard avec un second album marqué par son expérience.

On n'est plus dans l'hymne de nos campagnes. Selah Sue a toujours ce regard bleu déroutant mais sa musique est devenue beaucoup plus sophistiqué. La production de ce second disque est dans l'air du temps avec un intrusion de l'electro et de la soul. Ce qui n'est pas pour déplaire. On peut encore emmener Selah Sue en vacances dans notre mp3: elle chante bien entre douceur et amertume avec des petits accents champêtres.

Elle conserve une vraie fraîcheur alors que la musique elle est plus travaillée, avec des samples efficaces, des choeurs soul et des échos à d'illustres chanteuses comme bien entendu Amy Winehouse. Mais on se souvient tout le temps qu'il s'agit de Selah Sue. Tout se réalise dans la continuité du précédent et premier essai.

Elle vise clairement le succès commercial mais ne se trahit pas trop. Ses chansons ne sont pas de hits pour publicité uniquement. Il y a du coeur et de l'âme. Le tout forme un ensemble cohérent, aux frontières d'influences diverses et variées. On n'oublie pas sa voix qui révèle l'ambition mais aussi une certaine pudeur car elle cherche pas à faire l'étalage de toute sa puissance. C'est un disque tout public, populaire dans le bon sens du terme.

Warner - 2015

Innocence, Dea Loher, Comédie française

innocence

Dans des costumes de Jean-Paul Gaultier, les comédiens du Français interprètent un texte allemand exigeant, matière à réflexion. A voir.

Suite à une noyade qui s’est déroulée sous leurs yeux, Fadoul et Elisio, deux jeunes amis sans papier, s’interrogent sur leur destinée. L’un essaye de se racheter, l’autre sombre dans la culpabilité. L’espoir renait au détour d’une rencontre. Fadoul croise la route d’Absolue, une jeune fille aveugle qui danse dans des bars. Elisio celle d’une mère fabulatrice, obsédée par un couple pleurant la mort d’un enfant. Leurs histoires s’entrecroisent.

Innocence parle d’espoir et d’illusions déçues. D’individu et de collectif, de solitude et de rencontre, des désabusés et d’absurdité. La force de la langue sert la profondeur des thèmes abordés. Reste à signaler une écriture parfois obscure qui s’apparente plus à un roman. La voix du narrateur déstabilise. De longs monologues philosophiques peu adaptés à la scène provoquent l’ennui. Ils sollicitent l’esprit critique des spectateurs dans la lignée des pièces de Bertolt Brecht.

La troupe de la Comédie française rend avec excellence la singularité des personnages. Bakary Sangaré impressionne tant dans l’éveil du sentiment amoureux que dans la colère face à une caissière. Danièle Lebrun est très juste dans le rôle d'une ancienne postière diabétique, comme son nom Frau Zucker, qui signifie sucre en allemand, la prédisposait. Entre imaginaire et réel, elle s’invente une vie de courage. « Ça aurait pu se passer comme cela » répète-elle sans cesse à sa fille.

Une vraie leçon d’innocence vient de la jeune aveugle jouée par Georgia Scalliet. Elle éclaire la scène par sa beauté et sa candeur. Dans un trench ou une robe à corset signé Jean-Paul Gaultier elle rend une forme d’hommage à tous ceux qu’on ne regarde pas ou mal. Elle donne beaucoup à voir sur le monde qui l’entoure. Déjà saluée dans La double inconstance de Marivaux, elle apporte toute la lumière et la touche légère à la pièce.

Dea Loher est la première auteure de langue allemande à entrer à la Comédie française de son vivant. Allez voir, vous comprendrez pourquoi.

 

 

jusqu'au 1er juillet 2015

à la Comédie-Française,

Salle Richelieu, en alternance

Sometimes I sit & think, Sometimes I just Sit

Courtney Bartnett pratique le rock avec simplicité et gourmandise. C'est notre petite chérie de mois d'avril! Coup de coeur!

Le mois dernier, on disait tout le bien que l'on pensait de Dick Diver, groupe underground Australien qui nous mettait la tête à l'envers. C'est encore en Australie que l'on trouve la révélation du mois, Courtney Bartnett, songwriter qui n'aime pas la fioriture et qui n'a rien à voir avec la tradition australienne du rock poilu, collant et cognant!

Basse, guitare, batterie. Sans effet particulier. Juste des instruments pour faire sortir l'énergie de cette chanteuse qui ne fait pas dans la performance. Comme le titre de son album, on pourrait l'imaginer désabusée mais en réalité, elle file la patate. Il y a une vraie personnalité qui ressort de sa collection de chansons!

Elle aime visiblement quand tout est un peu de dépouillé, débraillé et tout en vérité. Les 7 minutes de Small Poppies sont une merveille de blues déglingué au féminin. Un beau moment de rage rentrée qui rappellerait une autre Courtney, Love et princesse du grunge. Mais Bartnett se fait un nom avec cet album.

Il y a de la fantaisie dans ses textes. Une fausse candeur qui fait plaisir à entendre. C'est assez rare les touches d'humour dans le rock'n'roll. Elle se donne des airs de petite effrontée mais derrière les apparences, ses créations s'incrustent durablement dans la mémoire.

Cette façon de jouer de la musique est clairement revigorante. Antithèse de toute sophistication, ce disque aère la tête et les oreilles, sans faire de trou dans le ciboulot. C'est alternatif mais cela refuse de se la péter. C'est juste de la musique. Et ca fait un bien fou!

Mom+Pop Music- 2015

Cendrillon

Peut-on détester un film qui prône le courage et la bienveillance ?

C’est la nouvelle politique de Disney : adapter ses classiques de l’animation en film live avec acteurs réels et quelques images de synthèse pour les détails féériques. Depuis le très laid Alice au Pays des Merveilles, on avait le droit d’être sceptique.

Pour Cendrillon, Disney est allé chercher Kenneth Branagh, capable du pire (The Ryan Initiative) comme du meilleur (Beaucoup de bruit pour rien, Hamlet), adepte de l’emphase et des décors grandioses. On peut avoir peur car il peut se fourvoyer dans les excès les plus baroques. A force de voir Shakespeare dans chaque script, il voit des tragédies et des drames partout !

Dans Cendrillon, il y a donc trois parents qui décèdent durant le métrage. Le dessin animé était raffiné et joliment daté. Le film sera raisonnable et sentimental. Un parti pris finalement osé quand on connaît la tiédeur des grosses productions hollywoodiennes.

Branagh respecte le conte mais lui donne des accents anglais et dramaturgiques assez plaisants. On pensait vraiment assister à un naufrage : elle finit par nous toucher Cendrillon et sa solitude qui lui colle à la peau. Heureusement l’auteur de Peter’s Friends ne fait pas une psychanalyse.

Elle nous agace un peu cette Cendrillon avec sa candeur forcenée, sa blondeur idiote et ses dents toutes carrées ! Et on ne vous parle pas du prince charmant avec son sourire plein de dents carrés lui aussi. Une tête à claques.

Qu’est ce qui reste alors ? De chouettes seconds rôles avec bien entendu une Cate Blanchett qui fait une magnifique imitation de Greta Garbo ! On retrouve la musique passionnée de Patrick Doyle, complice du cinéaste depuis les débuts. Il y a aussi un premier degré totalement assumé. Il y a une infinie tendresse pour le spectateur et l’histoire. On devine le plaisir du cinéaste, qui ne fait jamais les choses à moitié.

Cendrillon s’attache tout le long du film à deux valeurs : le courage et la bienveillance. On dirait bien que Branagh a appliqué cette méthode pour ce film surprenant puisque agréable !

Avec Lily James, Cate Blanchett, Richard Madden et Helena Bonham Carter - Disney - 25 mars 2015 - 1h42

Still Alice

Un film bouleversant, sensible et touchant, traitant d'un sujet délicat, Alzheimer.

Julianne Moore interprète donc Alice qui se voit confronter de manière précoce à l'âge de cinquante ans. La particularité de son diagnostic est d'être porteuse héréditaire du gène et elle risque d'avoir transmise la maladie à ses enfants. Heureusement le film ne tombera pas dans le pathos ou l'exagération. Julianne Moore est simplement exceptionnelle et son Oscar, mérité.

Le niveau d'identification est incroyable. Cette Alice ressemble au delà du rôle à cette actrice facile. Il est aisé de se projeter dans cette maladie à long terme qui fait tous les jours des milliers de victimes.

Still Alice montre un combat essentiel: essayer de rester ce que nous sommes. Rester humble. Ne pas avoir honte. Essayer de conserver les souvenirs, coûte que coûte. Voici le combat de cette femme ordinaire et extraordinaire. C'est aussi le combat d'une mère qui voit sa vie basculer du jour au lendemain, qui se voit forcer de quitter son travail de linguiste, qui se perd dans son propre corps et son esprit.

Elle doit s'abandonner à son entourage, qui parfois lui semble inconnu et qui assiste, désarmée et impuissante à la déchéance croissante et inévitable. Au delà de la perte des mots et des douleurs, il reste l'amour, incontestablement le sentiment primaire, qui reste malgré tout.

Ajoutons à cela Kirsten Stewart, dont je ne taris pas d'éloge, et qui s'émancipe film après film tel un papillon. Elle a bien compris la force et l'importance du combat de Still Alice... Mon paquet de mouchoirs aussi.

AVIS AUX AMATEURS

Avec Julianne Moore, Alec Baldwin, Kate Bosworth et Kirsten Stewart - Sony - 18 mars 2015 - 1h35

Pichet Klunchun and myself, Jérôme Bel, Théâtre de la Commune

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Conversation en mouvements entre une étoile de la danse de masque thaïlandaise traditionnelle, le khon, et le trublion Jérôme Bel, inventeur de la non-danse...

Au début, c'est l'esthétique du premier qui paraît assez impénétrable; répondant à l'interview béotienne de Jérôme Bel, il explicite dans un anglais approximatif les codes de cette pantomime où chaque geste est le fragment d'un long récit mythique.

Danse-théâtre de doigts et de regards, pour quatre types de personnages (femme, homme, démon et singe), elle se déploie dans une fluidité extraordinaire selon un principe organisateur, le tracé d'un cercle puis le retour à des jonctions corporelles qui rassemblent et ramène l'énergie vers l'interprète. Ces spectacles, offrandes aux statues des temples, durent jusqu'à plusieurs semaines; la mort évoquée fréquemment au cours de ces longs récits ne peut être représentée directement sur scène...

Au fil de cette causerie, hypnotisés par la beauté et la fluidité de Pichet Klunchun, nous voyons de plus en plus claires les formes tracées par son corps, nettement imprégné de ce vocabulaire. Nous entendons que Pichet a été destiné à cet art dès la naissance, et que son nom même est intimement connecté à cette pratique...

Aujourd'hui le khon est en plein déclin en Thaïlande et se pastiche autour des piscines pour des touristes mis à l'écart de la société thaïlandaise... Pichet Klunchun explique son œuvre de reconnexion à la tradition, dans la nouvelle donne contemporaine..

Jusque-là Jérôme Bel, presque condescendant, semblait traiter cette Autre danse comme étrangère... Puis c'est au tour de Pichet de l'interroger, et le rapport de force bascule.

Jérôme Bel n'est plus un danseur; il n'arrive plus à l'être reconnaît-il, il n'est pas un chorégraphe non plus... Jérôme Bel est un chercheur qui a posé son doute sur scène: "qu'est-ce que c'est être face public; pour y présenter quoi?"

Alors il sidère Pichet, lui aussi dans un anglais approximatif, lorsqu'il tache d'expliquer que la non-danse est une rupture avec le spectacle classique, qu'elle vise à niveler la frontière entre le performeur et le spectateur... Qu'il y est question de la mort du corps, de comment s'arracher au rien pour devenir dansant... Que ce qui est bon à montrer c'est ce qui va amener le spectateur à penser; et que c'est un pari.
Et Pichet Klunchun dit qu'il y a des choses qu'on ne veut pas voir dans son pays et que ces choses-là on les montre aux touristes dans des lieux où les thaïlandais ne vont pas...

Cette confrontation questionne finalement les modes d'accès à la culture: quel sont les spectacles qui élèvent, ceux qui aliènent...

Qui est ici le touriste sur la scène?
Quel touriste de la danse sommes-nous dans l'audience?

 du 1er au 5 Avril 2015

Théâtre de la Commune, Aubervilliers

Durée 1h 45

pièce en anglais, traduction simultanée

 

 

 

 

 

Bonne Journée

Illustrateur breton, Olivier Tallec nous propose de passer un bon moment en sa compagnie.

Il est plein de bonnes intentions. Avec un titre comme Bonne Journée on ne pouvait pas s’attendre à autre chose. Cependant pour la politesse, ce n’est pas forcément son truc. Lui c’est plutôt le détail tout en décalage. L’ironie mordante mais pas agressive.

Visiblement il a beaucoup lu Gary Larson et ses petites illustrations en noir et blanc désopilantes. Comme lui, Tallec aime les bonnes blagues qui tiennent sur un seul dessin. Il gagne lui aussi en efficacité pour sonder le dérisoire et l’absurde.

Il y a donc des animaux qui se posent des questions existentielles et des hommes préhistoriques qui se révèlent plus tendres que leur réputation. On n’est pas loin du copié collé mais les dessins d’Olivier Tallec sont colorés et délicieux.

Il devient l’héritier de l’humour non sensique des Monty Python et d’autres dessinateurs qui se sont révélés par le dessin de presse. Il fait mouche et on lui souhaite une belle journée à lui aussi : il nous l’a éclairée avec quelques rires bien agréables !

Rue de Sèvres – 56 pages

Hawkdope

Hypnotise my soul with rock'n'roll. Juste pour le nom de ce titre, ce disque mérite tout notre intérêt. Encore un rock vintage et séduisant.

Ca cogne sévère. La batterie est maltraitée. C'est toujours bien. Une guitare crache un gros riff hargneux. La basse plaque ses accords. Tous les instruments préparent le terrain pour une voix nasillarde et fertile. Puis l'inévitable solo de guitare héroïque.

The Prophet ne révolutionne rien mais le premier titre de Hawkdope montre bien les intentions de ce groupe italien volontairement vintage. C'est du bon gros rock'n'roll énervé et carré. Ce que confirme Wolf Eyes et sa batterie assiégée par un batteur qui ne connait qu'un rythme: le binaire. Ca va tout droit et seule, la guitare a droit à des dérapages incontrôlées. Plus que vintage, on retrouve le goût du Stoner si cher au leader de Queens of the Stone Age.

Le troisième titre,Hawkdope se fait plus calme mais ca ne va pas empêcher le trio de bricoler solidement un mur de son assez impressionnant. Puis suivent d'autres morceaux musclés, spectaculaires et convaincants. Les Italiens arrivent à nous immerger de sons vintage mais jamais paresseux.

Ca sent la crasse et la sueur. Les instruments saturent de notes et d'effets flamboyants. C'est du rock de tatoués qui ne se posent pas de questions et qui vont jusqu'au bout de leur idée du rock'n'roll. Ce n'est pas nouveau mais comme dans un bon vieux Giallo italien, il y a de la conviction, du sang et du sensationnalisme.

Heavy Psych - 2015

Un métier idéal, Carreau du Temple

métier

A fortunate man est un récit de John Berger et du photographe Jean Mohr, publié pour la première fois en Angleterre, en 1967. La traduction française de Michel Lederer est parue en 2009 sous le titre Un métier idéal, aux éditions de l’Olivier. John Berger et Jean Mohr ont suivi pendant deux mois le docteur John Sassall dans son activité professionnelle.

Après avoir servi dans la Navy comme chirurgien durant la Seconde Guerre mondiale, John Sassall exerce en tant que médecin dans la campagne anglaise, dans une région dominée par la nature, au cœur de la forêt et au sein d’une communauté rurale et rustre.

Une toile dressée au milieu de la scène. Un décor campagnard. Deux chaises. Nicolas Bouchaud fait « l’appel » : le spectateur est un patient en puissance. L’audience est une immense salle d’attente en quête de diagnostic. La relation comédien – spectateur devient celle du médecin et de son patient. Les rôles sont redistribués, dans un autre espace – temps celui de la confession partagée dans ce qu’elle a d’intime, de personnel. Le spectateur, auditeur de ces bribes de vies, devient « acteur » et se fait « voix » shakespearienne le temps d’une respiration. La poésie n’est jamais éloignée d’un humour distillé au goutte-à-goutte pour mieux nourrir la réflexion du spectateur.

Les témoignages de John Sassall et ceux des patients alimentent ce récit d’apprentissage. Ce médecin est un héros « conradien » : faillible, désenchanté, ne renonçant jamais à affronter la vie, celle de la rudesse sociale et de la ruralité anglaise au XXe siècle. Nicolas Bouchaud se fait le « passeur » de cette parole, pour mieux révéler sa fragilité, sa sensibilité, sa délicatesse.

Ce spectacle, à la fois poétique et philosophique, social et politique est magnifié par la mise en scène délicate d’Eric Didry. Elle révèle la multiplicité des « rôles » de Nicolas Bouchaud : tour à tour conteur, acteur, « metteur en scène » pour mieux transmettre et partager cette intimité avec le spectateur.

 

Jusqu’au 18 avril 2015

Carreau du Temple

Un métier idéal

D’après le livre de John Berger, Jean Mohr

Mise en scène Eric Didry

Vanishing Point, Marc Lainé, Chaillot

Répétitions-Vanishing-Point@Tunde-Deak
visuels © Stephan Zimmerli

 

 

Le corps de Marie-Sophie Ferdane, ancienne de la Comédie française qui prend ici la place de la chanteuse Rosemary Stanley auprès des musiciens de Moriarty, évoque les créatures des films de David Lynch. Tentaculaire et musculeuse, tour à tour disparue, chamane ou sirène, elle se diffuse, erre vers un ailleurs qui fera peut-être céder le gel des émotions perdues.

C'est une pièce sur l'appel du lointain, pour retrouver la part manquante et inscrire enfin un deuil suspendu dans le temps qui empêche l'hiver de finir...

"Est-il possible d'être à la fois ici et ailleurs?"; coupé du réel...

La scène théâtrale se dédouble au profit de la scène de concert, à laquelle Marc Lainé ajoute une troisième dimension, la perspective de l'écran cinématographique. Cette mise en scène permet de suivre en même temps un récit de l'immédiat: un road-trip à travers le grand nord canadien pour retrouver l'amour perdu; et le récit d'un temps indéfini, du souvenir, ou à venir, auquel on accèderait par transparence.

L'écriture théâtrale, déjà affirmée dans Memories from the missing room en 2011, est figurative et sensorielle; le rythme y est scandé par la langue québécoise des acteurs Sylvie Léonard et Pierre-Yves Cardinal (vu chez Xavier Dolan), qui résonne autant que le chant de leur héroïne fantomatique est évanescent...

On aime cette fusion des médiums dans un spectacle fluide, au dynamisme nord-américain et sans académisme.

 

du 28 Mars au 17 Avril 2015

au Grand foyer du Théâtre National de Chaillot

Vanishing Point, de Marc Lainé,

Durée 1h20

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