J’vous ai apporté des bonbons, Brel, Saramango, Lucernaire

 bonbons

Les chansons de Jacques Brel rythment et retracent, ici, l’histoire de trois amis d’enfance : Jef, Pierre et Jacky. A chacun son caractère, ses révoltes, ses peines, ses joies et ses déboires amoureux.

(Re)découvrez les grands classiques de Jacques Brel mais aussi les chansons du répertoire moins connues du grand public, mis en scène par Sébastien Saramango, rendant un bel hommage à l’artiste mêlant à la fois, humour et poésie.

L’originalité de la mise en scène de J’vous ai apporté des bonbons provient de sa forme : trois personnages issus du répertoire de Jacques Brel, croisant les femmes qui l’ont rendu si populaire : Mathilde, Madeleine et Frida. Trois destins racontés ici à travers les âges, de l’enfance à la vieillesse. Des tranches de vie en chanson, des chansons mises en scène, des textes qui prennent corps et vie le temps d’un délire festif et jouissif.

Le public est convié à cette comédie musicale à la fois spectateur, personnage furtif participant le temps d’un instant à une valse ou simple témoin de ce que ressentent et vivent Jef, Pierre et Jacky. L’interactivité de la mise en scène renforce son originalité et ne laisse personne indifférent. Dans un décor intimiste, l’énergie et la passion débordantes des personnages occupent tout l’espace, faisant la part belle aux textes de Brel et au jeu des comédiens. La sobriété et la justesse de l’accompagnement révèle toute la puissance des chansons. Le spectateur ne peut qu’embarquer dans ce tourbillon musical et poétique.

Venez découvrir ce trio chantant, vous en serez enchantés !

 

 

 

Jusqu’au 9 août 2015

Au Lucernaire, Paris 

Chansons : Jacques Brel

Mise en scène : Sébastien Saramango

Avec : Sébastien Saramango, Guillaume Fortineau, Jean-Baptiste Schmitt

Accompagnement : Clément Simon

 

Contes Italiens

Les frères Taviani ont mis dans ces contes italiens ce qu'il y a de plus beau en Italie - collines et palais de Toscane, fresques du Trecento, séduisantes jeunes femmes, vertueuses ou délurées... pour le plaisir des yeux. Passée la première demi-heure au ton un peu trop dramatique, les cinq nouvelles du Decameron sont mises en scène avec verve, alternant humour et passion.

Les dix personnages de Boccace, un peu affectés au début de l’histoire, se révèlent ensuite d’excellents conteurs. Alternent alors assemblées de demoiselles et damoiseaux dans la nature formant de lumineux tableaux vivants et récits courts rondement menés et bien joués, plein d’humour ou de passion.

Voici un film résolument esthétique – l’affiche, qui évoque une chorégraphie, donne le ton –, mais au charme désuet, dont on peine à ressentir la modernité. Les réalisateurs, âgés, prétendent pourtant avec ce film adapté du Decameron de Boccace, essayer de se « rapprocher des jeunes d’aujourd’hui et du présent difficile qui est le leur » (dans l’entretien du dossier de presse). Cependant, peu importe si les émotions des jeunes gens, fuyant la peste qui sévit à Florence au XIVe siècle, semblent factices, on se laisse séduire par la beauté de la campagne et des palais toscans, la perfection des images rappelant des œuvres peintes et la vivacité des récits que content les jeunes Florentins pour passer le temps et se distraire de leurs chagrins.

Les frères Taviani proposent une version du Decameron empreinte de poésie courtoise, dans laquelle sexualité et vulgarité sont gommées au profit d’un romantisme un peu mièvre. D’autant plus que tous ces jeunes gens éplorés sont anormalement beaux… Ce manque de profondeur fait craindre, au début du film, une adaptation de médiocre qualité.

Heureusement, une fois les dix personnages arrivés dans la villa champêtre où ils ont trouvé refuge, le décor devient enchanteur et la beauté des jeunes femmes prend tout son sens quand elles composent dans la nature, vêtues de robes chatoyantes, leurs longues chevelures dénouées, de superbes tableaux vivants.

Le jeu théâtral, un peu outré, des acteurs se prête mieux à l’interprétation des cinq nouvelles (choisies parmi les cent que compte le Decameron) racontées par les fugitifs. Pour le plaisir de leur auditoire et pour notre plaisir, les conteurs usent alors de tous les procédés de la narration pour rendre ces récits captivants, variant les tonalités de la farce à la tragédie en passant par la satire et le conte moral, ménageant le suspense jusqu’à la chute.

Commence alors un voyage dans la Toscane ensoleillée, de Pistoia à Montepulciano, dont les palais révèlent parfois furtivement de somptueuses tapisseries et des peintures murales rappelant l’art de Giotto. De nombreuses images évoquent en outre des peintures célèbres, par exemple la belle amante nue de dos prenant la pose de la Vénus au miroir de Velazquez.

Le titre italien, « Maraviglioso Boccaccio » (« le merveilleux Boccace ») tient finalement sa promesse : comme Boccace a accompli le prodige de divertir ses contemporains en temps de crise grâce à son imagination et son art de la narration, ce film des frères Taviani est une merveille pour les yeux et fait merveille sur l’humeur.

Avec Riccardo Scamarcio, Kim Rossi Stuart, Jasmine Trinca et Paola Cortellesi - Bellissima films - 10 juin 215 - 1h55

Zombis enquête sur les morts vivants

Ils sont partout. La contre culture n'a pas vu l'invasion se répandre dans les médias. Un scientifique décide de revenir aux sources d'un mythe contemporain. Dépaysant et inquiétant.

Médecin légiste, spécialisé dans l'étude des restes humains, Philippe Charlier se pose des questions d'ordre historique et scientifique sur un sujet très à la mode: le mort vivant. Il a toujours donné son point de vue sur des questions un peu éloignés de sa spécialité néanmoins ce médecin sait écrire et la première chose que l'on apprécie dans son enquête, c'est son voyage.

Il est parti à Haïti. C'est là bas que commence l'aventure ténébreuse des zombis. Entre le vaudou béninois et le catholicisme, les hommes conjuguent leur religion avec la mort et la peur. Sur l'île, les morts ont une place à part, au milieu des vivants. La mort n'est pas une fin. Le vrai drame c'est perdre son libre arbitre, assister à sa mort sans pouvoir profiter de la paix éternelle. Le zombi est une peine finalement pire que la mort!

On peut donc être la victime de sectes secrètes qui vous condamne à devenir zombi. Philippe Charlier fait des rencontres mystérieuses lors de son séjour. C'est franchement étrange. Il parvient à nous faire sentir les souffrances d'un peuple, traumatisé par l'Histoire mais aussi le récent tremblement de terre qui a rasé la capitale.

Philippe Charlier va bien entendu s'interroger de manière logique sur le mythe. Il va découvrir l'importance d'un poisson hautement toxique. Il va se confronter à des sorciers, garants d'obscurs rituels. Dans ce dédale d'émotions et de violences, le zombi est une sentence sans appel. Le scientifique nous fait bien sentir le poids de la tradition qui pèse sur le peuple et raconte les faits qui sont à la base de ce mythe qui a inspiré Hollywood puis un certain George Romero qui va démocratiser le mort vivant, loin d'Haïti.

Ce qui est amusant dans son récit, c'est bien l'impression que l'auteur se fait aspirer par les croyances locales. Il nous perd entre deux mondes. C'est parfois un peu confus mais on devine l'émotion, première chose qu'il manque à un zombi.

Tallandier - 224 pages

Beneath the Skin

Retour de la révélation de l'année 2012. Que peut on faire après un disque consacré comme l'un des meilleurs de la décennie? Les Islandais de Of Monsters of Men n'ont pas froid aux oreilles et s'offrent encore un moment folk!

Après le succès international de My Head is an Animal, le groupe islandais aurait pu se disloquer par une longue tournée et cet intérêt soudain qui parfois gèle vos inspirations. Leur projet ne devait pas dépasser le succès sur l'île. Ils se sont retrouvés au coeur d'une tempête médiatique.

Première sensation sur ce deuxième effort: l'aspect folk refait surface. Nous ne sommes plus trop dans cette tendance dans l'industrie et pourtant le groupe ose encore les croisements harmoniques, les rythmes acoustiques et les voix hantées comme des bois humides. Amusant.

Dans le sillage d'Arcade Fire, le groupe construit donc un mur de son beaucoup plus nuancé et rustique que les amateurs de guitares électriques et de rythmes binaires. Hélas, de temps en temps on est plus proche des Corrs et quelques gloires irlandaises que de musiques farouchement indépendantes.

Les trompettes de la gloire ont sonné. Le groupe est peut être un peu plus sourd à l'innovation et l'originalité. Ils se font un disque d'une propreté étonnante et un peu lisse. L'économie de moyens de la première session a laissé la place à une confortable production, supervisé par Rich Costley (Muse, Interpol... tiens tiens Sigur Ros). La prise de risque est nulle mais le résultat n'est pas désagréable.

Il n'y a rien de déshonorant. Mais c'est nettement moins prenant que le précédent disque, assez étourdissant, rivalisant avec les meilleurs titres de Arcade Fire. Finalement nos Vikings sont des grands tendres. On est un peu déçu mais comment leur en vouloir?

Island - 2015

Vice Versa

Pixar au meilleur de sa forme. L'émotion, élément central du film mais aussi du cinéma: une belle idée pour un dessin animé coloré qui en a dans le ciboulot.

Les artistes de Pixar sont souvent traités de grands enfants. Ils jouent là dessus. Les chemises à fleurs de la star du studio, John Lasseter sont légendaires. Néanmoins ce sont de redoutables business men. Ils sont garants de l'enfance, de ses joies, ses peurs et même ses désillusions. Depuis Toy Story, ils fouillent régulièrement grâce aux nouvelles technologies le monde merveilleux, imaginaire et dingue de l'enfance avec une originalité qui amuse autant les petits que les grands!

Depuis quelques années Pixar s'est acoquiné avec Disney et on a pensé un temps que le studio avait décidé se consacrer au commerce et rien d'autre avec la saga Cars ou Rebelle, plus proches des cahiers des charges de la grande entreprise dirigé par Picsou. Vice Versa nous rappelle en couleurs que Pixar est un succès commercial mais aussi artistique.

Pete Docter est à la manoeuvre. Auteur de Monstres et Compagnie puis de Là-Haut, il est l'une des personnalités fortes du studio, cultivant une mélancolie dans le récit doublé d'efforts graphiques incroyables. Il amène de la nouveauté et de la réflexion dans toutes ses oeuvres, qui forment un tout autour de l'enfance.

Logiquement il plonge au plus profond de l'âme enfantine avec les émotions qui régissent la vie de Riley, 11 ans, obligée de déménager du Minnesota à San Francisco. Joie dirigeait toute la vie de la jeune fille. Mais tristesse commence à prendre de l'importance tout comme Colère, Dégoût et Peur.

San Francisco n'est pas une ville choisie au hasard. Vice Versa est un super trip coloré. Rarement les couleurs furent aussi criardes et importantes dans un dessin animé. L'esthétisme est psyché et les émotions semblent échappées des années 60 avec leur look détaillé, emprunté à Mad Men.

Si le récit est classique, rien ne l'est dans ce dessin animé qui a le grand mérite de ne pas mettre en avant de méchant ou de nemesis cruel. C'est juste une course poursuite dans la tête d'une gamine qui grandit et qui doit enterrer son enfance. Les psys de tout bord vont se régaler avec ce film, "Voyage Fantastique" revu et corrigé pour les plus jeunes.

Vice Versa aborde de nombreux sujets avec une virtuosité sans aucune comparaison. C'est drôle, poignant et cela nous touche. Le dessin animé convoque les souvenirs des plus grands, ravis de retomber en enfance et explique peut être des choses aux plus jeunes, qui resteront de toute manière hypnotiser par les idées folles et les personnages caractériels du film.

Pour faire la fine bouche, il y a peut être quelques répétitions dans le scénario mais c'est d'une intelligence incroyable, qui force le respect, entre contraintes commerciales et réflexions d'une pertinence époustouflante. Un film sur le cerveau d'une intelligence stupéfiante, vous n'allez pas rater ça quand même!

Disney - 20 juin 215 - 1h34

In Colour

Allez hop! C'est l'été. On sort la crème solaire. On fait de la musique puisque c'est la fête aujourd'hui! On vous propose peut être la meilleure bande son pour cette saison!

Leader du groupe XX, Jamie "le bien nommé" XX a décidé de nous faire danser et chanter comme des cigales et réussirait bien à transformer les fourmis en flambeurs de dance floor! Anglais jusqu'au bout des doigts, ce producteur musicien chanteur bidouilleur, fin connaisseur de la pop, a trouvé une fable musicale estivale!

Bien entendu pour son premier effort, il a invité les autres membres de XX mais son disque est ouvert sur plein d'horizons, tous ensoleillés. Les platines fonctionnent. Il y a du gros beat. Mais il y a surtout de la légèreté, un croisement entre le passé et le futur qui se fait avec une fluidité incroyable. I Know there's gonna Be Good Times est le symbole de la méthode. Gospel et ragga font bon ménage!

Tout le reste de l'album évolue sur des couleurs chaudes et offre des envies de sautiller bêtement. Un peu de house et de trip hop pour rappeler que nous naviguons sur un navire britannique mais il n'y a pas de frontière à sa musique. C'est pop et soul. C'est jazzy. C'est commercial et exigeant. Il y a des cotés loung pour se reposer et des parties plus rapides pour avoir les bras en l'air.

Sur le même modèle, Jamie XX rappelle un peu Roudoudou et ses albums exaltés. Ce n'est pas le disque essentiel mais Jamie XX se démarque avec sa science évidente de la musique électronique. Il est bien dans l'air du temps. Ancienne fourmi, il a l'air d'être une cigale épanouïe qui veut absolument nous faire danser. Ca marche!

Young Turks - 2015

Comme un Avion

Il y a des films qu’on n’attend pas, qui ne font pas de bruit dans le grand vacarme cinématographique, et pourtant.... Une fois encore, les frères Polydadès ont touché juste.

Il y a déjà plus de vingt ans, Versailles rive gauche, des deux frères Podalydès, rencontrait un succès inattendu. Quiproquos, imbroglios, cette histoire de couple un peu insensée était déjà très drôle. Cette fois-ci, un type fou de l’Aéropostale se prend soudain de passion pour le… kayak. Jusqu’à y consacrer temps, argent et décider d’une équipée pleine de rebondissements.

Bruno Podalydès se prénomme cette fois encore Michel, et sa vie lui semble bien morne, entre son travail autour de la 3D, sa boite avec son frère Rémi (Denis Podalydès) et le reste. Seule sa femme (Sandrine Kiberlain, toujours parfaite dans des rôles comiques) semble l’écouter, le comprendre et partager avec lui une certaine complicité. Lorsque le kayak prend le pas sur Vol de nuit et les avions d’autrefois, elle n’émet pas de critiques, elle suit.

Ce qui amène cet aventurier de pacotille inspiré par Gérard d’Aboville à partir avec du matériel professionnel et une foule de gadgets. Tout cela est énoncé avec un ton toujours décalé, filmé avec un tempo idéal. Le réalisateur aussi semble redécouvrir la lenteur. La campagne est ci superbement mise en valeur, alors que la ville du début semble si terne.

Certains trouveront peut-être cela un peu facile : oui, les gens qu’il rencontre semblent plus détendus, plus simples. Oui, les gags rapides, clins d’œil aux débuts du burlesque, sont vraiment drôles. Mais cela n’empêche pas les déconvenues, les déceptions, les embûches. Pourtant, plus le film passe, plus Michel « lâche prise ». Certes, la technologie n’est jamais loin :

un, pardon, deux téléphones portables l’accompagnent. Vuillermoz est fidèle au poste et campe un type complètement décalé qui ne cesse de peindre tout et rien en bleu. Agnès Jaoui –plus assez présente au cinéma – n’a plus rien à voir avec une égérie de la gauche bobo, mais interprète une femme pudique, bourrue et sentimentale, avec une grande justesse. Avec trois fois rien, ce film fait vraiment du bien.

Avec Bruno Podalydes, Sandrine Kiberlain, Agnes Jaoui et Denis Podalydes - UGC - 10 juin 2015 - 1h45

La Vie Presque Belle

Non non, on ne fera pas de jeu de mot facile autour du nom de ce jeune artiste qui a les écoutilles ouvertes sur tout ce qui l'entoure, au delà de toutes les frontières!

Car il faut parfois parler sérieusement. Zob' a de l'humour mais on se résout à froncer les sourcils pour vous faire remarquer que le jeune homme prouve que la musique ne se résume pas aux codes des radios et de quelques maisons de disques un peu sourdes au Monde extérieur.

Face à des hits de plus en plus synthétiques et impersonnels, Zob' ose encore une musique fait avec de petits moyens et des envies énormes. Il est à l'industrie française, ce que le théâtre de rue est aux théâtres privées parisiens! Il est une réponse réjouissante à la standardisation du Monde, à la Starbuckisation de la société!

L'artiste est un optimiste rigolard, un faux jemenfoutiste et un musicien habile. Pour son court album fait avec de petits bouts de rien, il a besoin que de quelques bruits de bouche pour s'assurer des rythmes ensoleillés. Des petits touches africaines et des idées lyriques s'ajoutent au travail assez spectaculaire de Zob' et ses deux copains bricolos, M. Gerbeck et Dandy Punk.

Sur cette musique inédite, il scande des paroles engagés. Ce n'est pas non plus un programme politique qui l'inspire. Il raconte les petits riens de l'existence, les petits plaisirs et les grandes faiblesses. Il est sérieux mais toujours drôle. Il fait du rap mais il a rayé tout le bling bling pour ne célébrer que la générosité et sa vision douce amère du Monde.

Mais nous resterons raide comme la justice pour vous demander de jeter une oreille sur cet artiste qui rappelle Java, Zebda et ceux qui bricole une tchatche pleine de liberté et d'une originalité qui nous sauve du marasme. Ce type là donne le sourire et son demi album est une totale réussite.

Bouge tranquille - 2015

Casa Grande

Film prêt à l'analyse, Casa Grande nous fait de grandes théories sur la lutte des classes au Brésil. On fait rapidement le tour du propriétaire sans conviction.

Fellipe Barbosa, le réalisateur de Casa Grande veut mettre en avant le malaise social qui ronge le Brésil, converti au capitalisme depuis quelques années et qui connait actuellement une crise dénoncée par les masses laborieuses. Les riches sont bien évidemment devenus plus riches et les pauvres s'entassent dans des favelas qu'on ne veut plus voir.

La société va mal. Pour nous expliquer cela, le réalisateur observe une famille dans sa belle et grande maison dans la banlieue riche de Rio. Jean a dix sept ans. On lui demande de penser à son avenir mais ce qui l'intéresse surtout ce sont les filles. Il ne voit pas les mille et une combines de son père pour se dépêtrer d'une affaire mal partie de fond d'investissement.

Avec sa femme, ils sauvent les apparences. Leurs employés vont trinquer. Le manque d'argent va dérégler la petite vie irréprochable de la famille et Jean va devoir faire de choix dans sa vie, plus profonds qu'ils n'y paraissent. Les riches s'étouffent dans leurs emprunts toxiques. Les pauvres savent encore apprécier une bonne soirée autour d'un peu de musique. Les jeunes vont devoir choisir pour l'avenir de leur pays, sclérosé par le racisme, les préjugés et la méconnaissance de son voisin.

La maison est effectivement terrifiante par sa grandeur et son système de sécurité. Elle est le symbole d'un pays qui refuse de voir le problème entre les classes. Dès le premier plan, fixe et long, on a bien compris la démonstration qui hélas va s'étirer sur deux heures. Le récit initiatique du jeune homme a du mal à exister face aux idées révoltés du cinéaste qui possède tout de même un sens de la mise en scène assez admirable.

Mais tout est dit dans les premières minutes. Ensuite, le discours devient un peu trop manichéen. C'est avec une rouleau compresseur lent et destructeur que rentre le cinéaste dans la maison de cette famille "bien sous tout rapport". On est bel et bien enfermé dans la lutte des classes. Le film manque alors d'un peu de chaleur, d'attache pour les personnages, pour nous convaincre. N'est pas Ken Loach qui veut!

Avec Thales Cavalcanti, Marcello Novaes, Suzana Pires et Clarissa Pinheiro - Damned distribution - 3 juin 2015 - 1h54

Chante chante danse là le Valls Gate, chouette

manuel-valls

Décidément le football est en pleine foforme en ce moment et abreuve nos chaînes infos (si on le dit vite ça fait « chez nympho », j’avais jamais fait gaffe, ça m’étonne de moi…) !

Après le Fifa Gate, où Michel et son orchestre l’UEFA ont crié au loup devant les agissements historiques de Sepp Blatter, voici les gars de l’Europe du foot impliqués dans un Gate pour eux par effet de billard à trois bandes (non, pas Adidas, c’est une expression, ça me fatigue de devoir tout expliquer à chaque chronique, faut que je refasse de la radio moi) avec ce qu’il est désormais courant d’appeler le « Valls Gate ».

Pour mémoire, les Forbans avaient anticipé avec leur très fameuse chanson « Chante chante, danse là le Valls Gate, chouette, c’est sympa tu verras, viens, surtout n’oublies pas, prends ton jet république emmènes tes gosses et tais toi ! », maintenant qu’ils chantent dans les meetings du Front Marine Le Bleu de Le Pen, ils ne se refusent rien (je sens que je vais prendre un procès via Maître Collard moi…).

Résumons-nous, notre 1er ministre au teint halé et aux cravates façon JP Foucault dans « Qui veut gagner des millions » s’est offert un week-end de printemps un aller-retour Poitiers/Berlin en jet de l’Etat, au frais de la princesse, et les princesses c’est nous, youhouuuu comme on est belleessssss avec nos robes à paillettes.

Pourquoi Poitiers ? Non pas pour fêter le 1283ème anniversaire du gain de la bataille anti sarasins de Charles Martel, 1283ème (vous pouvez vérifier si vous voulez…oui le truc date de 732) ça voudrait pas dire grand-chose comme date d’anniv ; mais bel et bien pour participer, en mode on est des cools foufous on met même pas de cravates, au congrès truc rassemblement cambadélisco-progressiste avec tout plein de gens du PS dedans, bref, le congrès du Parti Socialiste qui avait donc lieu à Poitiers.

Pourquoi Berlin ? Non pas pour fêter les 61 ans d’Angela qui était partie elle au G7 avec Barak, François, Paul et les autres, encore moins pour passer une soirée spéciale new wave en reprenant en débardeur et en crête tous les titres du groupe du même nom, Berlin, donc (à savoir un seul connu : « take my breath away », B.O de Top Gun !!! Haannnn mais tout s’explique, Top Gun = Avion = Jet = Voyage Poitiers/Berlin) ; mais bel et bien pour aller voir la finale de la Ligguuuueeeee des Champions (je chante hyper bien l’hymne) qui voyait s’affronter le Barça et la Juve (Barcelone contre Turin pour ceux qui ne regardent pas le foot).

Oui mais voilà, Poitiers-Berlin, sur 12heures top chrono, même invité par Platoch, en train, c’est pas jouable ; déjà parce que Poitiers, t’arrives à Montparnasse, tu prends le métro, direction gare de l’est, t’en as pour 3h, puis, tgv vers Strasbourg, puis sandwich, pause à la Brasserie Kaslbrau, tu prends 1h, direction Berlin, en plus t’as tes deux mômes, qu’ont faim, qu’ont soif parcequ’ils ont rien voulu manger chez Kalsbrau pour cause de « j’aime pas le choux ça sent pas bon », bref, la galère, t’arrives au stade tu sais pas où est la loge, tu tournes en rond, t’es fouillé, bref, tu rentres en tribune vide à 6h du mat’, y’a plus que les jardiniers et les joueurs de foot qui tringlent les hôtesses dans les vestiaires, sale spectacle pour les mômes, et faut déjà repartir. Pas pratique.

Sinon, t’as l’avion, oui mais même si tu voyages léger, le temps de faire Poitiers-Roissy ou Orly Ouest, en plus à Antony ton ticket de métro marche pas pour prendre le OrlyVall (ici on dira OrlyValls, comme ça pour le fun), tu passes le check-in, le check-out, le check-check-check your booty baby, idem, t’arrives à l’Aéroport de Berlin hyper crevé moitié en sueur, genre tu vas avoir des auréoles sous la chemise et t’as toujours tes deux gamins qu’ont faim et soif parce que t’as pas voulu payer un Mars à 15€ dans le Easy Jet, t’arrives à 4h30 du mat’ en tribune, bref, ça change rien, bref, t’auras même pas vu Messi, Messi qui ? Messi la SNCF ou Air France. Donc oui, tu fais bien de prendre un Jet de la République pour aller plus vite, normal !

Et bien vous me croyez ou pas, y’a 77% des français (source Ipsos-Sofres-Institut Pain Harris double tranche moelleuse spéciale petit dej avec des pépites de chocolat) qui ne comprennent pas la démarche du premier ministre ! Les 23% restant sont retraités en vacances à Pornic ou enfants de moins de 12 ans et ne savent pas qui est Valls, forcément ça fausse les stats.

Bon, en attendant, le Manuel a décidé de tout rembourser de sa poche personnelle, mine de rien c’est quand même nous qui payons son salaire par remontée comptable de nos impôts personnels…autant dire qu’on tourne en rond.

Rédemption personnelle pour cas analogue : Devant le scandale naissant au sein de la rédaction d’etat-critique.com, je me suis engagé à rembourser le pass Navigo payé par le site avec lequel j'ai emmené mes enfants à Disneyland Paris et initialement destiné à aller voir la TV chez des copains dans le Val de Marne…je m’excuse, ça va hein !!!

J’vous embrasse,

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