The Rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars

Papier écrit à l'occasion de la sortie d'une Edition 40ème anniversaire le 4 juin 2012
'The man who sold the world' (avril 71), 'Hunky Dory' (Décembre 71) et '...Ziggy Stardust' (juin 72) : trois albums d'anthologie en à peine plus d'un an ! Epoque bénie de création frénétique pour David Bowie, assisté dans son art par deux personnages essentiels : l'excellent producteur Tony Visconti et le formidable guitariste-arrangeur Mick Ronson.
Frénétique est d’ailleurs un faible mot , si on considère que sur la même période, Bowie offrira le magnifique tube All the young dudes au groupe Mott the Hoople (juillet 72), produira (avec Ronson) le mythique "doo-doo-doo-walk-on-the-wild-side" "Transformer" de Lou Reed (décembre 72), préparera son prochain chef d’œuvre ("Aladdin Sane" qui sortira en avril 73) en même temps qu'un album de reprises ("Pin-Ups" sorti en octobre 73), collaborera à une quantité de projets musicaux et même à une sorte de mascarade sous le nom d’Arnold Corn.
Mais revenons à notre histoire. Car c’est bien d’une histoire dont il s’agit. 'The rise and the fall…' est ce qu’on appelle un album concept : une suite de chansons qui se tiennent à peu près toutes autour d’un fil conducteur. Dans notre cas et littéralement, la montée et la redescente de Ziggy Poussièredétoile et de ses Araignées martiennes. Ziggy étant une rock star (tiens tiens) et les Araignées son groupe.
Mis à part ça, la signification précise des paroles des chansons échappe encore de nos jours à l’ensemble des analystes. David Bowie écrit sous forme d’images, d’impressions, de sensations ; des bouts de phrases qui valent plus pour leur son et leur couleur que pour leur sens précis. On pourra qualifier l’ensemble de tragédie rock sur fond d’apocalypse (thème récurrent chez Bowie. Five years : c’était selon lui le temps qu’il nous restait à vivre à l’époque. La date fatidique sera ensuite repoussée à 1984 dans l’album "Diamond Dogs", puis il abandonnera ses macabres prédictions, sûrement par crainte d’un ridicule troisième échec).
Par ailleurs, la notion de concept déborde même sur tout un univers où Bowie se confond avec Ziggy, personnage androgyne, complètement fabriqué, des cheveux orange aux platform shoes, du maquillage outrancier aux vêtements à paillettes : caricature du star system, de la rock star bouffée par son public (le tragique destin de Vince Taylor aurait servi de modèle), nourri de Marc Bolan et d’Alice Cooper, notre drôle de Zig’ s’installe par la force sur le trône très convoité de roi du glam rock. Comble du tragique : David Bowie tombera lui-même dans le piège qu’il avait décrit, sur scène et dans la vie, au point de devoir saborder (sur scène, à Londres, le 3 juillet 73) son personnage et son groupe pour en sortir.
Ce groupe, emmené par Mick Ronson, qui atteint la perfection : un son qui claque nerveusement, rapide, riche ; le fabuleux jeu de basse de Trevor Bolder, la précision de la batterie, tout en cymbales, de Woody Woodmansey rehaussés d'envolées orchestrales et de saxophone free (avec Bowie lui-même à l'anche) imposent un rythme et une ambiance à couper le souffle. Et c’est presque avec soulagement, comme à la fin d’un tour de grand huit, qu’on pleure sur la poignante issue fatale du héros déchu, abandonné de tous, qui se rock’n’roll suicide devant nos yeux ébahis.
Systématiquement catalogué comme l’un des plus grands albums de tous les temps, Ziggy Stardust... est sûrement, en tout cas et qu’on le veuille ou non, l’œuvre maîtresse qui a happé la majorité des fans de David Bowie avant de les canaliser vers la multitude d’autres sources de bonheur qui irradient la majorité de son œuvre.
Si vous en êtes toujours vierge, il est encore temps de prendre un ticket...quarante ans pile plus (mais jamais trop) tard...
RCA virgin - 1972
Les Huit Salopards

Comme un bon repas d’hiver, le nouveau de Tarantino est copieux, lourd mais ne manque pas de saveurs. On avait oublié qu’il pouvait être saignant aussi !
La dernière partie du film de Tarantino est à la limite de l’horreur. Celle des années 80 quand Sam Riami expérimentait la violence graphique avec les Evil Dead, quand Tobe Hopper se parodiait avec la première suite de Massacre à la Tronçonneuse, quand le tout jeune Peter Jackson bricolait son tout premier film gore, justement baptisé, Bad Taste !
Dans son huitième film, Tarantino se lâche. Il y a des hectolitres de sang qui se déversent de toutes les manières possibles. Pour un western en huis clos, c’est assez fortiche ! On pensait un dépouillement de la méthode Tarantino. Son film finit dans une gargantuesque orgie saignante avec bouts de cervelles et flaques de sang. Cela pourrait être immonde : c’est assez jubilatoire. Néanmoins cela fait de ce western, une œuvre moins aimable que les autres du réalisateur de Pulp Fiction.
Il joue une fois de plus avec le spectateur. C’est aussi cela que l’on aime dans son cinéma. Sa passion du je(u). En allant chercher Ennio Morricone pour composer la musique, il passerait pour un type assagi. Les anachronismes sont moins nombreux que dans Django, son précédent film et western. Il va chercher aussi des acteurs plus confirmés comme ce vieux briscard de Kurt Russell ou l’habituel Samuel Jackson.
L’aspect est plus classique, mais le gentil anarchiste subsiste avant de se transformer en furieux cinéaste adepte de la violence hard boiled. C’est ce qu’on aime dans ce film de près de trois heures. Il est différent dans chaque scène. Le réalisateur change de direction à chaque chapitre de son aventure assez simple en apparences.
Un chasseur de prime se retrouve coincé avec sa prisonnière dans un refuge en montagne en pleine tempête de neige. Arrivé avec un autre mercenaire connu dans le pays, ils doivent faire face à des personnages qui n’avouent pas complètement qui ils sont. Il y aurait même un complice de la prisonnière, petit bout de femme au tempérament bien trempé.
Western dépouillé, puis thriller ludique avant de devenir un spectacle de la violence quasi parodique, le film n’a finalement que la forme d’un genre éculé. Tarantino fait ce qu’il sait faire : de bons dialogues, des acteurs bien choisis et des ambiances étranges où ce qui est dérisoire ou stéréotypé devient une véritable étude de l’Amérique. Il a du style. Peut-être a-t-il moins de cœur cette fois ci mais les Huit Salopards est un plaisir coupable, un passionnant portrait de l’Amérique à travers sa haine sourde et omniprésente ! Ce nouveau western n’est pas poli : c’est sa plus grande qualité qui ne plaira pas à ceux qui veux enfermer Tarantino dans un cinéma anobli par le succès.
Avec Kurt Russell, Samuel L Jackson, Tim Roth et Michael Madsen - SND - 3 Janvier 2016 - 2h50
David Bowie


J’ai vu le Visiteur Magnifique
Sur la terrasse d’un café
Au-dessus de l’embarcadère
C’était bien lui et pourtant un autre
Seul à sa table, las et distant
Tenant l’écart, il avait tout appris
Tout rejeté, sans amertume
Sans effronterie, il concevait des personnages
Pour nos chapiteaux éphémères
Trois petits tours et puis s’en vont
Où s’en vont ses extravagances
Peupler nos cerveaux de visions
Les gares et les trains et les gares
Ne te retourne point, c’est une image
Filent la poésie de cet ailleurs qui nous tenaille
Ne tiens rien pour acquit, séduis celle qui passe
Celle qui vient à ton bras gauche
Se pendre et t’entraîner là-bas
Passage de éternité te propose
Que tu ne redouteras pas
Pour le moment c’est un secret
Son regard bivalent n’est toujours pas d’ici
Attend, tais-toi, Maître de lui
Il s’est dressé, foulant nos cendres,
Il disparaît.
Gilbert Provaux
Kiki de Montparnasse, Jean-Jacques Beineix, Lucernaire,


On aurait aimé un portrait plus fantaisiste ou malicieux et surtout, un peu plus secret, de la reine de Montparnasse.
S’il est bien sûr plaisant d'écouter de la bouche de Kiki de Montparnasse le récit de ses souvenirs des années folles, particulièrement de ses côtoiements d’artistes devenus immenses (Modigliani, Soutine, Utrillo ou Man Ray), on regrette de ne rien apprendre d’inconnu ni de percer le mystère de ce qu'il y avait de si fascinant, chez cette femme, au point de devenir une véritable légende.
Est-ce dû au format du monologue ou au décor trop sobre et statique uniquement animé par quelques projections d’images, mais on ne ressent ni l’excitation ni les vent de folie, de liberté, d’audace et d’affranchissement, pourtant censés traverser cette période. Difficile pour Kiki de nous faire ressentir la folle ambiance des cabarets et l’effervescence artistique et sexuelle de l’époque avec pour seul accompagnement deux musiciens (même supers!). Et le cocktail de sensations antagonistes de grandeur et de désœuvrement, si emblématiques de cette période, n’est que faiblement restitué. Aussi, le choix de projeter des images (des lieux mythiques de l’époque) sur un angle de la scène n'apporte pas grand chose mais risque, au contraire, de nuire à l’intimité de la pièce et au jeu de la comédienne, dont les actes en ressortent rapetissés. Kiki de Montparnasse ne devient alors presque plus que témoin-conteur d’une époque dont elle a pourtant largement été actrice.
On est cependant touchés par l’investissement total d’Héloïse Wagner et de ses musiciens dont le plaisir de jouer est contagieux.
Jusqu'au 06 mars 2016
Mise en scène de Jean-Jacques Beineix
D’après Souvenirs Retrouvés de Kiki de Montparnasse
Avec Héloïse Wagner (Kiki de Montparnasse) accompagnée par Rémi Oswald ou Jean-Yves Dubanton (guitares) et Rodrigue Fernandes (accordéon)
From Black to Blue, Mats Ek,


L’écriture chorégraphique est comme écrire sur les vagues…
La danse de Mats Ek ne fera pas répertoire.
Est-ce son caractère actuel, quotidien, qui pousse le chorégraphe suédois de bientôt 70 ans, à la faire disparaître lors de cette dernière cérémonie aux Champs-Élysées?
En deux actes, le premier avec la pièce de 1994 She was black où les virtuoses du Semperoper Ballett Dresden s’électrisent dans une danse sauvage, clandestine comme pourrait l’être le flamenco, sous l’arbitrage d’un Monsieur Loyal sur pointes et en chapeau melon.
Le second reprend Solo for 2 où Dorothée Delabie de l’Opéra de Lyon parvient à calfeutrer l’absence mélancolique de Sylvie Guillem (encore des adieux…). Pas-de-deux où homme et femme interchangeables s’aiment tout simplement et s’enroulent dans le piano magnétique d’Arvo Pärt. Vient ensuite la création du soir, dans la lignée de Place (2010) pour Ana Laguna et Mikhaïl Baryshnikov, ode au vieillissement du danseur.
Hache est un énième dialogue de sourd entre un homme débordé et une femme qui essaie de compter.
Il s’agit, plus que de danse théâtrale, d’une danse littéraire: on y retrouve les obsessions au sujet de l’absurde et l’absence de Beckett, Duras ou Ibsen; on retiendra sa partition de La Maison de Bernarda Alba (Garcia Llorca) pour l’Opéra de Paris en 2011…
Mais, dans les histoires de Mats Ek, les choses finissent toujours dans une acceptation sereine.
C’est peut-être pourquoi il nous offre la possibilité de la fin; de se séparer pour de bon de ces œuvres accrochées à une temporalité nostalgique, des souvenirs aujourd’hui révolus, qu’il ne voudra pas réanimés.
Ainsi il a résilié les droits pour l’ensemble de ces créations, qui ne seront plus dansées…
Nous garderons dans les yeux la silhouette encore si souple de son épouse et muse, la magicienne Ana Laguna et ses prières en mouvement.
Il nous aura transmis une gestuelle unique, une danse dénudée; c’est d’ailleurs dépouillé de tout superflu que le spectacle s’achève sur un Théâtre des Champs-Élysées sans décor, originaire.
Il aura toujours parlé du passage du temps; place donc aux successeurs, sur lesquels ne pèsera pas le poids d’un héritage.
du 8 au 10 janvier 2016
Tous les matins suis Narta…bah moi moyen en fait…

Voilà, je vais enfin casser le mythe, briser 28 ans de silence et de non-dits, depuis 1988, tout le monde n’ose rien dire, par peur des représailles des lobby des poils sous le bras, des confréries secrètes des adorateurs du qui sent bon sous les aisselles et ce 24/24, voire plus, où que tu coures, tu nages, tu bosses, tu baises, tu marches, bah rien ne bouge, grâce à ton super déodorant mis à la 1ère heure à la lueur d’une salle de bain mal éclairée le jour levant, bah tu transpires pas et sens bon…bah mon cul oui !
En effet, en 1988, une jeune femme, ici en vidéo, suppôt de publicitaires cocaïnés, a embarqué la France entière dans un trip hygiénique qui perdure encore aujourd’hui et que personne ne veut contredire, je dis stop.
A en croire les effluves qui remontent dès les premières heures de RER ou à certains bureaux de collègues dès le bonjour du matin où l’atmosphère s’apparente sans mal à un zone industrielle remplie d’usines de fabrication de produits agricoles, non, tout le monde n’est pas Narta Narta, oh que non non non.
Déjà, comme tout le monde, ton réveil sonne à 6h47, oui, t’as mis ton alarme à 6h47 car 6h45 ou 6h50 tu sais pas pourquoi mais t’as l’impression que ça va te porter malheur, alors t’as mis 47, et pis, si tu passes une journée de daube, et bien le lendemain tu le mettras à 6h48 ou 49, mais jamais o grand jamais à 6h50, pas de chiffres ronds, parce que t’as peur…
Ensuite les minutes passent 15 fois plus vite entre 6h47 et 6h59, l’heure où tu le lèves vraiment, qu’à n’importe quel moment de la journée, là non plus, tu maitrises pas, y’a une puissance maléfique hostile à ta vie qui accélère ton radioréveil, comme ça, juste pour te pourrir la vie.
6h59, tu te lèves, t’as une tête mais t’as une tête bon d’la, juste l’impression que tu t’es fait dépucelé la nuit d’avant par un ours pornographe et que tu portes encore les stigmates de ta nuit d’amour avec ledit ours sur ta tronche.
7h05, tu prends ton café, t’es toujours pas hyper Narta, ça caille, tu passes la journée à venir dans ta tête, le truc te revient comme un boomerang, et la réunion avec truc, pffff, olalalalala, la galère, oh puis y’a le rdv avec machin, pffff, olalalalala, mais meeerrrrrddeeeeee.
7h13, là tu pourrais commencer à être un peu Narta, sous ta douche, avec la radio qui grésille, la buée plein la glace qui t’évite de voir ta tronche de nuit d’amour avec l’ours, tu planes à 4000, tu pars dans tes pensées, tu sors de la douche, t’as oublié de te laver à force de rêvasser, tu retournes dans la douche, tu te savonnes, tu ressors, là tu mets ton Narta, là tu l’es un peu, 7h28, t’es à la bourre, et carrément pas Narta du tout tellement t’es à la bourre.
7h43, deuxième café, 1ère clope, t’as la bouche déjà juste le contraire de Narta…
8h02, t’emmènes tes mômes à l’école, t’es speed, tu trouves pas de place pour te garer, tu te mets à 900m de l’école, t’es encore plus à la bourre, la sensation de fraicheur Narta sous ton manteau te monte au pif en ayant l’impression d’avoir foutu un demi paquet Menthos prémâchés sous ta chemise…tu sens déjà que tu vas pas être Narta à mort pour le reste de la journée…
8h17, transport, parking, bas du bureau, montée des marches, allumer un ordi, 120 mails, ras le bol, tu colles du cheveu, t’as mis ton Narta y’a 1h, et bah c’est foutu, t’es déjà plus Narta du tout.
13h36, sortie du resto chinois où un de tes collègues a eu la bonne idée de t’emmener, tu ressors en sentant le nem frit façon t’as baigné dans l’huile en costard, mais dehors tu t’en aperçois pas, c’est une fois arrivé à ton bureau où un collègue beugle « oh la vache ça sent le graillou !!! » que tu te rends compte que tu peux rebaptiser ta veste « made by Frère Tang »…
18h03, chemin inverse du matin, bureau puis bas du bureau puis parking puis transport, puis marche, puis y’a toujours pas de place, puis 900m puis run, puis mômes puis voiture, puis mais alors là t’es carrément plus Narta mais plus du tout…tu suintes de partout.
18h56, t’arrives chez toi, tu enfiles un mieux jean’s tout plein de trou car tu l’aimes bien et que quand tu l’enfiles t’as l’impression d’être chez toi, un sweet à capuche, tu t’en fous t’es chez toi, oui ce sweet tu l’as depuis 15 ans, et non de non, il est carrément pas Narta.
23h19, tu te mets au lit, tu repasses ta journée, t’as carrément oublié que t’avais mis du déo aux alentours de 7h28…et le léger soulèvement de bras avec ton pif qui vient snifer ce « mais alors là si t’es Narta moi j’suis le pape en Porsche cabriolet » te fait bien comprendre que t’es pas Narta du tout.
Voilà, il fallait le dire, sur ce, bah j’vous embrasse sous les aisselles.
Complicated Game

la voix se traîne autant que les accords plaqués sur la guitare. C'est de l'Americana. De la pure. De la bonne.
James McMurtry est né en 1962 au Texas. A Forth Worth. Il a les cheveux longs. De grosses lunettes. Un chapeau vissé sur la tête. Il est aussi glamour qu'un rondin de bois. Il a tout l'esprit de l'Amérique profonde dans la voix. C'est rugueux et presque rustique.
C'est aussi une voix très attachante. Le monsieur a l'art de raconter tout en chantant. Ses chansons folk sont de petits nouvelles sur la triste vie des Américains, à l'ombre de la mythologie du pays. Son père était romancier: cela s'entend car il chante beaucoup sur des airs calmes et des mélodies tout en acoustique.
Le Yankee est bavard et sa musique finit par nous charmer. Cela dépasse le cliché de la musique pleine de traditions, entre mandoline et accent sudiste. Tout est là mais on sent qu'il y a un peu plus. C'est étrangement dense. Les paroles claquent plus que la musique plutôt simple base rythmique pour des histoires aigres douces. Il y a du Dylan chez ce folk singer binoclard!
Ce n'est pas très original mais la vision de James McMurtry est presque étonnante tellement elle sillonne sur les vieux mythes artistiques. Lui pourtant a tout du grincheux acerbe et doué. McMurtry a tapé fort durant l'élection de Bush et ses faucons. Il n'y a rien qui va avec lui mais la musique adoucit les moeurs et visiblement les humeurs du chanteur.
Cette fois ci il s'attache à décrire la vie du "common man". Ce sont des vignettes et des tranches de vie assez bien vus où l'amertume se confond avec la passion des mots. C'est verbeux mais c'est aussi de la musique. On aime bien dire que les gens du sud des Etats Unis sont des ploucs... James McMurtry aime bien casser ce préjugé un peu trop réducteur.
Mis - 2015
En effeuillant Baudelaire

"Lorsque j'ai écrit En effeuillant Baudelaire, au début des années 1990, Londres se remettait à peine des années Thatcher, l'ombre de la Dame de Fer planait encore sur la ville.”
“S'il faut trouver un terme pour caractériser l'esprit qui dominait alors, "paranoïa" me paraît le mieux approprié. Les hommes d'argent, en particulier, vivaient dans la peur, encore étourdis par le crash des années 1980. Si on y ajoute l'effet de certaines drogues, on peut imaginer leur état de nervosité. Le prix de la cocaïne atteignait des sommet et l'argent… eh bien, l'argent était le moteur principal, comme dans la plupart des rencontres.
La criminalité en col blanc était le sujet des débats passionnés de certains dîners en ville. J'ai voulu explorer les réactions des gens avec un métier "sans risques", qui se seraient laissés séduire par les trois sirènes habituelles que sont : l'argent, le sexe et le pouvoir.
Prendre un comptable, par exemple, l'attirer dans les venelles du crime et observer sa réaction. Je voulais mesurer comment auraient résisté, à cette mise en cause de leur sécurité et de leur stabilité, les plus "passe muraille" de nos concitoyens. En ajoutant Baudelaire aux mailles du filet, on faisait pencher le plateau de la balance… il n'existe guère d'animaux plus dangereux qu'un anglais déstabilisé."
Voici ce que dit Ken Bruen en introduction de son roman, pourquoi chercher à le paraphraser avec un résumé inutile? Tout est dit et il ne vous reste plus qu'à assister à la métamorphose de Mike qui est stupéfiante.
Force du récit et puissance de l'analyse humaine sont les deux bases de ce récit survitaminé (Mike survitaminé est impayable), mais comment Ken Bruen fait-il de telles prouesses ?
Points - 216 pages



