Sound + Vision
Fév28

Sound + Vision

Les véritables artisans de ce magnifique travail sont les canadiens de chez Rykodisc, qui avaient élaboré le premier coffret Sound + Vision fin 1989. Rapidement épuisé, cet objet était devenu pièce de collection bowiephile.
Alors il y a dix ans, EMI a récupéré le bébé, l’a luxueusement relooké, agrémenté de quelques titres plus récents et puis ressorti sous cette forme, qu’on peut encore s’offrir avant qu’il devienne collector à son tour.

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The Deram Anthology
Fév26

The Deram Anthology

Mélodies, interprétation, idées… on se régale, on est épaté du brio et de la maturité de ce gamin autodidacte, encore un tout petit peu emprunté, mais dont le talent transpire déjà comme une évidence. On repère les prémices du théâtral (Please Mr Gravedigger) ; on sourit à quelques niaiseries (The laughing gnome, assurément son morceau le plus débile, toutes époques confondues, petite voix niaise en prime… qui atteindra pourtant le top 4 en 1973, quand Decca choisira de le ressortir, en pleine vague Ziggy ! Décidément, Decca…)

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Bowie at the Beeb
Fév24

Bowie at the Beeb

Entre septembre 71 et mai 72, la BBC peut se vanter d’avoir accueilli sur ses ondes plusieurs performances historiques, versions extrêmement enthousiasmantes du gratin des albums ci-dessus , avec en prime deux reprises de Lou Reed/Velvet Underground pas piquées des hannetons. C’est vraiment fabuleux.

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The Rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars
Jan13

The Rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars

La notion de concept déborde même sur tout un univers où Bowie se confond avec Ziggy, personnage androgyne, complètement fabriqué, des cheveux orange aux platform shoes, du maquillage outrancier aux vêtements à paillettes : caricature du star system, de la rock star bouffée par son public (le tragique destin de Vince Taylor aurait servi de modèle), nourri de Marc Bolan et d’Alice Cooper, notre drôle de Zig’ s’installe par la force sur le trône très convoité de roi du glam rock.

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Next
Mai02

Next

Attention : cet album n’est pas un “tribute”. Je veux dire qu’on n’a pas réuni une brochette d’artistes exprès pour rendre hommage à Jacques Brel par des reprises plus ou moins inspirées. Non, ce disque est constitué de morceaux de Brel enregistrés en anglais par des chanteurs de tous styles, dans leurs versions personnelles, au fil du temps.

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The Rise & Fall of Ziggy Stardust
Avr30

The Rise & Fall of Ziggy Stardust

Par ailleurs, la notion de concept déborde même sur tout un univers où Bowie se confond avec Ziggy, personnage androgyne, complètement fabriqué, des cheveux orange aux platform shoes, du maquillage outrancier aux vêtements à paillettes : caricature du star system, de la rock star bouffée par son public

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Diamond Dogs
Avr28

Diamond Dogs

Ayant viré au préalable et sans ménagement l’ensemble de son groupe (les fameux Spiders Ronson, Bolder et Woodmansey), Bowie prend ici en main la composition, la production, les arrangements, les guitares et même le saxophone (son instrument d’origine). Musicalement, contrairement à ce qu’on a pu en dire, on trouve beaucoup d’idées remarquablement modernes, d’expériences dans les sons et les enchaînements

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Grace
Jan14

Grace

Jeudi 29 mai 1997 : la journée a été chaude. Jeff est descendu en soirée (20h20 ?) sur les rives du Mississipi, avec sa guitare. Il s’est jeté dans l’eau tout habillé et il a chanté comme un fou en faisant la planche. La pluie a commencé à tomber, à verse. Et il riait et il chantait sous les trombes.

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Rock Bottom
Août10

Rock Bottom

On peut traduire le titre par « le fond du fond », « toucher le fond ». Illustration en fonds sous-marins sur la pochette. Sea song, une des chansons les plus belles et les plus poignantes de l’histoire du rock. Rock Bottom, une œuvre unique et intemporelle, d’une liberté musicale absolue et dont la connaissance de la genèse facilite son appréhension.

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My Generation

I can’t explain, le premier single du groupe, est sur le modèle des chansons de Ray Davies. Encore aujourd’hui, le morceau surprend par sa puissance. Même remarque pour My generation, hymne comparable au Satisfaction des Stones, et dans lequel les Who déploient toute leur fougue.

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All the Young Dudes

Bowie a produit leur disque. Il ont tourné avec Queen en première partie. En matière de Glam et de rock, ce groupe est mal connu et c’est très dommage!

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Electric Warrior
Juil14

Electric Warrior

Puisqu’il s’agit d’un jour de gloire, aujourd’hui on fait la guerre avec Marc Bolan, héros tragique de la pop!

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All things must pass

Parce qu’il est le plus humble des Beatles, on l’adore. Parce qu’il s’appelle George et il reste une star du rock. Parce que c’est anglais mais pas que…

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Beet maize & corn
Juil05

Beet maize & corn

Les Anglais sont éliminés de la Coupe du Monde en deux ou trois passes. Nous, on cherche cet été des pépites britanniques qui nous font rêver. Rappelons de The High Llamas…

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The Deram anthology (1966-1968) / David BOWIE / (Decca/Polygram – 1997)
Mar21

The Deram anthology (1966-1968) / David BOWIE / (Decca/Polygram – 1997)

  “Pour moi, un caméléon c’est quelque chose qui se déguise pour ressembler le plus possible à son environnement. J’ai toujours pensé que je faisais exactement l’inverse de cela” (David Bowie, 1993) Fin 1963. A peine sorti de l’adolescence et d’une formation d’ébéniste, le jeune David Jones commence à composer, chanter et jouer du saxo au sein de différents groupes éphémères comme les King Bees, les Manish Boys, les Lower Third, les Buzz… avec des petits enregistrement et quelques 45t à la clé (je vous dis pas ce que ça vaut aujourd’hui). Fin 1966 – Deram, filiale de Decca, engage David Bowie et édite dans la foulée un album éponyme de 14 titres ainsi qu’une série de singles. Sans aucun succès. Elle le vire donc dès 1968, (excellente maison, Decca qui avait déjà retoqué les maquettes des Beatles en 1962 !), laissant – entre autre – en plan, inexploitée, une première version du chef d’œuvre Space Oddity, l’incontestable pivot de la carrière commerciale de l’artiste, qui fera le bonheur de Mercury Records quelques mois plus tard (et qui sera utilisé par la BBC comme générique aux premiers pas de l’homme sur la lune !)… Ensuite, c’est une autre histoire, mieux connue, pleine de glam, de génie et de gloire. Bon, maintenant que vous situez bien les 27 plages qui vous sont ici offertes, on y regarde de plus près ? Tout d’abord ne vous attendez pas à y retrouver vos repères : le principal intérêt de cette série de chansons très variées, de facture globalement assez classique, distinguée et très orchestrée, est d’y observer les graines en germe de ce qui jaillira en gerbes multicolores dans les années qui suivront. Mélodies, interprétation, idées… on se régale, on est épaté du brio et de la maturité de ce gamin autodidacte, encore un tout petit peu emprunté, mais dont le talent transpire déjà comme une évidence. On repère les prémices du théâtral (Please Mr Gravedigger) ; on sourit à quelques niaiseries (The laughing gnome, assurément son morceau le plus débile, toutes époques confondues, petite voix niaise en prime… qui atteindra pourtant le top 4 en 1973, quand Decca choisira de le ressortir, en pleine vague Ziggy ! Décidément, Decca…) ; on groove (In the heat of the morning) ; on admire les harmonies (Sell me a coat), les arrangements (The gospel according to Tony Day)… et on tombe par terre quand on constate à quel point la poignante version originelle de Space Oddity est forte et magnifique. Une extraordinaire brassée de titres prophétiques oubliés et pourtant indispensables à ces imbéciles qui ont l’immonde culot de comparer l’homme aux yeux vairons à un caméléon ! Et aux...

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Sound & Vision / David BOWIE / 4 CD (EMI – 2003)
Mar18

Sound & Vision / David BOWIE / 4 CD (EMI – 2003)

  Pépites, joyaux et perles rares illuminent cette très intelligente rétrospective (1969-1993). Pour approfondir ou pour découvrir l’œuvre d’un sertisseur de génie.     C’est comme si on pénétrait dans un musée. Premier tableau : la toute première demo du mythique Space oddity, enregistré dans sa chambre par David Bowie, en compagnie de John Hutchinson, d’une guitare douze cordes et d’un stylophone (curieux instrument électronique au son nasillard…). Dernier tableau : une très dure version live (Amsterdam 1997) du très free Pallas Athena tiré de l’album “Black tie white noise”. Entre deux, le parcours musical d’un génie, retracé avec une acuité et un à propos absolument formidables. Car contrairement à la plupart des compilations, le choix des titres n’a pas été déterminé en fonction de leur succès commercial, mais par rapport à leur importance dans la carrière de l’artiste, qu’il s’agit ici d’illustrer de façon logique et cohérente. Et une fois les morceaux choisis, on privilégiera leur édition dans des versions rares ou alternatives. Le résultat est, bien entendu, tout à fait épatant pour un gros fan comme moi. Mais la visite devrait également passionner les hommes et femmes de goût, curieux de découvrir et de comprendre l’itinéraire artistique d’un créateur qui vient assurément d’ailleurs. On passe de salle en salle, des œuvres de jeunesse aux œuvres de sagesse, sans contourner les périodes creuses, les égarements et les moments de faiblesse. Tout est intéressant quand il s’agit d’appréhender une œuvre dans sa globalité. L’énigmatique et indispensable The Bewlay brothers est là. Le dernier enregistrement avec Mick Ronson et les Spiders from Mars aussi (1984/Dodo). Rebel rebel est présenté dans une version rare où Bowie joue tous les instruments (chant-guitare-basse-batterie !). La langue allemande donne une force supplémentaire au pourtant déjà très poignant Heroes (Helden), période Berlin 1977. Et la progression de cette version live de Station to station ! Et la froide sensualité de Cat peopledans sa version du film “La féline”… On passe de salle en salle jusqu’au pied du Buddha of suburbia, bande son d’un film oublié. Pour être parfaitement complet, on aurait sans doute dû rajouter un gros cinquième CD correspondant à la période 1995/2003 où cinq très bons albums ont vu le jour dans les mains d’un David Bowie en plein regain créatif. Les véritables artisans de ce magnifique travail sont les canadiens de chez Rykodisc, qui avaient élaboré le premier coffret Sound + Vision fin 1989. Rapidement épuisé, cet objet était devenu pièce de collection bowiephile. Alors il y a dix ans, EMI a récupéré le bébé, l’a luxueusement relooké, agrémenté de quelques titres plus récents et puis ressorti sous cette forme, qu’on peut encore s’offrir avant qu’il devienne collector à son tour. Hormis un poster...

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Bowie at the Beeb / David BOWIE  / The best of the BBC Radio Sessions 68-72 (Jones/Tintoretto – EMI – 2000)
Mar16

Bowie at the Beeb / David BOWIE / The best of the BBC Radio Sessions 68-72 (Jones/Tintoretto – EMI – 2000)

            Même si en 1968 l’homme n’était pas bien vieux, même si sa carrière n’en était qu’à ses premiers pas, traduire « BOWIE at the BEEB » par “Bowie au biberon” serait un faux sens. The BEEB, en Angleterre, c’est simplement le gentil surnom attribué à la BBC, la radio…   Car à l’époque, les artistes anglais se produisaient à la BBC, en direct, dans des émissions comme  « John Peel in Top Gear », « The sunday show » ou « Sounds of the 70’s ». Et, thank’s God, les bandes ont été conservées, témoignages inestimables de la richissime et magique période pop-rock ! Ici, on retrouve tout d’abord, le 13 mai 1968, un jeune homme de 21 ans, fraîchement débaptisé Jones pour Bowie, qui entre dans le métier par la porte de la variété proprette, légèrement démodée. Et pourtant, si on approfondit l’écoute, on identifie déjà dans une intonation, un timbre, une mélodie, les fondamentaux qui feront bientôt sa gloire et notre plaisir. Tout le premier disque pourrait être sous-titré « la génèse » (ou « les préliminaires »). On sent, au fil des séances (entre mai 68 et juin 71) se mettre en place la voix, le style, le groupe, le son. Tony Visconti – futur producteur des albums de légende – est déjà là, à la basse. Puis Mick Ronson – guitariste mythique des « Spiders from Mars »- fait son apparition à la guitare. Quelques morceaux destinés aux tout proches chefs-d’œuvre (la mythique série « The man who sold the World »-« Hunky Dory »-Ziggy Stardust »-« Aladdin Sane ») sont livrés ici, en avant-première et c’est vraiment très excitant à écouter. Attaquons maintenant le deuxième disque, que je sous-titrerai « l’envol » (ou … je sais pas, moi, qu’est qu’il y a normalement après les préliminaires ?…) Entre septembre 71 et mai 72, la BBC peut se vanter d’avoir accueilli sur ses ondes plusieurs performances historiques, versions extrêmement enthousiasmantes du gratin des albums ci-dessus , avec en prime deux reprises de Lou Reed/Velvet Underground pas piquées des hannetons. C’est vraiment fabuleux. C’est vraiment Bowie, en pleine forme, avec son meilleur groupe, sa meilleure inspiration, ses meilleurs morceaux. Ah là là, quel pied mes amis ! Incontournable pour les fans, révélateur pour les amateurs, initiatique pour les néophytes, ce CD2 emporte tout le monde au Nirvana ! On recommande chaudement à qui souhaite découvrir Bowie d’aller téter de ce BEEB là plutôt que de ces médiocres compilations sans queue ni tête proposées par ailleurs : la découverte pédagogique sera dix fois meilleure, le plaisir dix fois plus grand. Et pour longtemps.  ...

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The Rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars / David BOWIE /  (EMI – 1972) Sortie d’une Edition 40ème anniversaire le 4 juin 2012
Juin03

The Rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars / David BOWIE / (EMI – 1972) Sortie d’une Edition 40ème anniversaire le 4 juin 2012

    ‘The man who sold the world’ (avril 71), ‘Hunky Dory’ (Décembre 71) et ‘…Ziggy Stardust’ (juin 72) : trois albums d’anthologie en à peine plus d’un an ! Epoque bénie de création frénétique pour David Bowie, assisté dans son art par deux personnages essentiels : l’excellent producteur Tony Visconti et le formidable guitariste-arrangeur Mick Ronson. Frénétique est d’ailleurs un faible mot , si on considère que sur la même période, Bowie offrira le magnifique tube All the young dudes au groupe Mott the Hoople (juillet 72), produira (avec Ronson) le mythique “doo-doo-doo-walk-on-the-wild-side” “Transformer” de Lou Reed (décembre 72), préparera son prochain chef d’œuvre (“Aladdin Sane” qui sortira en avril 73) en même temps qu’un album de reprises (“Pin-Ups” sorti en octobre 73), collaborera à une quantité de projets musicaux et même à une sorte de mascarade sous le nom d’Arnold Corn. Mais revenons à notre histoire. Car c’est bien d’une histoire dont il s’agit. ‘The rise and the fall…’ est ce qu’on appelle un album concept : une suite de chansons qui se tiennent à peu près toutes autour d’un fil conducteur. Dans notre cas et littéralement, la montée et la redescente de Ziggy Poussièredétoile et de ses Araignées martiennes. Ziggy étant une rock star (tiens tiens) et les Araignées son groupe. Mis à part ça, la signification précise des paroles des chansons échappe encore de nos jours à l’ensemble des analystes. David Bowie écrit sous forme d’images, d’impressions, de sensations ; des bouts de phrases qui valent plus pour leur son et leur couleur que pour leur sens précis. On pourra qualifier l’ensemble de tragédie rock sur fond d’apocalypse (thème récurrent chez Bowie. Five years : c’était selon lui le temps qu’il nous restait à vivre à l’époque. La date fatidique sera ensuite repoussée à 1984 dans l’album “Diamond Dogs“, puis il abandonnera ses macabres prédictions, sûrement par crainte d’un ridicule troisième échec). Par ailleurs, la notion de concept déborde même sur tout un univers où Bowie se confond avec Ziggy, personnage androgyne, complètement fabriqué, des cheveux orange aux platform shoes, du maquillage outrancier aux vêtements à paillettes : caricature du star system, de la rock star bouffée par son public (le tragique destin de Vince Taylor aurait servi de modèle), nourri de Marc Bolan et d’Alice Cooper, notre drôle de Zig’ s’installe par la force sur le trône très convoité de roi du glam rock. Comble du tragique : David Bowie tombera lui-même dans le piège qu’il avait décrit, sur scène et dans la vie, au point de devoir saborder (sur scène, à Londres, le 3 juillet 73) son personnage et son groupe pour en sortir. Ce groupe, emmené par Mick Ronson,...

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Diamond Dogs / David BOWIE  / (EMI – 1974/ Rééd.2004)
Juil27

Diamond Dogs / David BOWIE / (EMI – 1974/ Rééd.2004)

CAVE CANEM : La fin du monde n’est toujours pas là et tant mieux ! On va pouvoir continuer à l’imaginer en écoutant cette histoire hallucinante de chiens aux diamants, dont les multiples facettes brillent aujourd’hui encore des mille feux du génie de Bowie. 1974 : Bowie persiste à programmer la fin du monde (il l’annonçait déjà pour « dans 5 ans » en ouverture de  Ziggy Stardust… en 1972)  et en repousse l’échéance à 1984. Trente ans plus tard, bien qu’ayant frôlé à plusieurs reprises la catastrophe, le monde est toujours en (sur)vie…et Bowie – qui a abandonné son plumage de prédicteur de mauvaise augure- aussi. Riche, inventif, personnel et transitoire, Diamond Dogs – avec ses qualités, ses défauts et ses trente ans d’âge – fascine et allume encore comme un vieux whisky, en commençant par cette pochette (œuvre du belge Guy Pellaert), effrayante, avec un Halloween-Jack-Bowie mi-homme mi-chien (finalement asexué pour cause d’attributs trop proéminents au goût d’une censure castratrice ) dans un univers apocalyptique de gratte-ciels en ruines. Halloween Jack, rare survivant de l’ère post-atomique, celle des Diamond dogs, mutants qui font main basse sur la ville dévastée, sol jonché de cadavres, de rats pourris, d’insectes monstrueux… « This ain’t rock’n’roll – This is genocide ». Ceci pour vous donner une petite idée du contexte de l’histoire, inspirée à la fois de William Burroughs (The wild boys), Harlan Ellison (A boy and his dog) et naturellement du 1984 de George Orwell. Ayant viré au préalable et sans ménagement l’ensemble de son groupe (les fameux Spiders Ronson, Bolder et Woodmansey), Bowie prend ici en main la composition, la production, les arrangements, les guitares et même le saxophone (son instrument d’origine). Musicalement, contrairement à ce qu’on a pu en dire, on trouve beaucoup d’idées remarquablement modernes, d’expériences dans les sons et les enchaînements ; Bowie alterne les passages déstructurés et les tubes imparables. Exemples : la fin de Sweet things (reprise), complètement destroy sur son tempo de locomotive (un avant goût de Station to Station ?) qui aboutit au riff mythique de Rebel Rebel (joué par Bowie lui-même, les doigts en sang) ou le symphonique Big Brother qui donne naissance à la très hachée ronde de la famille squelettique qui clôt le débat. Rock’n’roll with me, c’est la facette crooneuse . 1984, c’est la facette soul . We are the dead, sorte de slow sensuel et stressant brille lui aussi, sur son lit d’orgue électrique, feutré et irréel. Ambiance pesante et fascinante, accentuée encore par un son volontairement métallique et froid, mais aussi par la nouvelle utilisation que fait David Bowie de sa voix dont il commence avec bonheur à utiliser les tessitures graves. Bref, tout pour déstabiliser...

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Bertrand Belin / Bertrand BELIN / (Quai de Scène / Sony Music – 2004)
Août29

Bertrand Belin / Bertrand BELIN / (Quai de Scène / Sony Music – 2004)

Oui, je sais, on n’est plus tout à fait dans l’actualité brûlante avec ce disque sorti à l’orée de 2005. Quoique…   Lorsque l’intemporalité est aussi flagrante, lorsqu’on est convaincu d’avoir entre les oreilles quelque chose d’aussi unique, d’aussi fort… Que pèse l’actualité face à l’universalité d’une œuvre qui durera ? La seule urgence qui compte pour le moment, c’est de réparer l’incroyable erreur de n’avoir pas su vous parler, dès qu’il vit le jour, de ce parfait bonheur musical et poétique. Retard qui nous aura au moins permis de soumettre au test du temps qui passe (et qui souvent efface) ces douze chansons. Conclusion : leurs effets enthousiasmants, trois ans après leur enregistrement, continuent d’aller croissant. Ce qui est assez rare ; et avec plusieurs centaines de chroniques d’albums au compteur, votre serviteur est bien placé pour vous assurer que le tri a posteriori entre le persistant et le non-persistant aboutit inexorablement à la constitution de deux tas de tailles malheureusement très inégales… Guitariste recherché depuis qu’il a quitté son Quiberon natal pour Paris, Bertrand Belin a mis depuis quinze ans l’incomparable son claquant de sa guitare Fender Telecaster ‘77 au service de nombreux groupes et artistes : des cajun-zydeco Stompin’Crawfish, aux géniaux Sons Of The Desert, en passant par la folle Trabant (groupe à taille variable, emmené par l’ex-VRP Sébastien Libolt) ; il continue par ailleurs de cachetonner régulièrement derrière Bénabar (tout point commun s’arrêtant heureusement là…). À côté de toutes ces expériences en tant que musicien, quatre années (deux albums et des concerts) auprès du Néry (encore un ex-VRP) lyrique de la dernière mouture lui ont affermi la plume, l’orientant vers une approche poétique originale et précise. Et pour emballer le tout, une voix de crooner romantique comme on n’en fait plus, superbement timbrée, douce, flatteuse, envoûtante… Porto, qui ouvre l’album et qu’on peut prendre pour référence, est ce qu’on appelle une chanson parfaite, un petit miracle plein d’images, d’ambiances et d’odeurs sur une mélodie inouïe, des ponts étonnants, un tempo délicatement chaloupé… Beau à pleurer. Et j’ai pleuré. Sans savoir pourquoi. Juste parce que c’est beau. Et enivrant. Le vin, l’ivresse, quasi-omniprésents au fil des titres (on ne dit pourtant pas “beurré comme un p’tit Belin”), contribuent à l’impressionnisme mélancolique de l’ensemble, fait de noires romances, d’énigmatiques histoires et de nostalgiques souvenirs embrumés. Tout ceci trempé dans de subtils arrangements musicaux où piano, cordes, cuivres et sèche batterie viennent appuyer la fameuse Telecaster au son mat qui mène allègrement le bal. Un fabuleux voyage. Un fabuleux artiste. Une fabuleuse découverte. Forte et persistante comme un bon vin de Porto.   Roland...

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