« Et toi dis…tu regardes quoi comme série ? » – Episode 1

tony-danza

Il y a 30 ans, regarder une « série » s’apparentait à être un peu ring', un mec pas cool, tu sentais la naphtaline de ton canapé velours d’un pavillon de banlieue chic de province, car oui, si tu regardais une série c’est que tu regardais « Madame est servie » sur M6 le soir à 20h05 au lieu de regarder le JT, que tu étais fan de Maigret ou de Derrick, pis, que tu n’avais pas suffisamment d’amis pour sortir le samedi soir et en conséquence tu t’emballais pour les aventures de la famille Ewing…et comme en secret tu ne boudais pas, un jour de vacances, de regarder un « Sheriff fais moi peur » ou, pis de pis, un « L’homme de l’Atlantide » sur la Cinq…oui, tu pouvais avoir honte de toi.

Au contraire, si tu étais chic, tu avais la 1ère carte d’abonnement UGC-Gaumont trop cool pour aller au ciné tous les week-ends, et si tu étais super mais alors super chic cool tendance tu sortais dans un diner la fameuse phrase « rhooooo mais nous depuis qu’on est abonnés Canal+ on va de moins en moins au cinoch », entendue dans les diners de mes parents (oui quand je dis « il y a 30 ans » je ne parle pas de moi hein) et qui, dans la tête d’un môme de 8 ans que j’étais s’apparentait, déjà, au fait que les potes de mes parents aimaient quand même bien bien les films de boule avec Brigitte Lahaye tiens pardi !!! (Oui, « pardi », expression des 80’s, et comme répondait Philippe Risoli à la question « c’était quoi ta matière préférée au collège », « bah la Géo pardi »…ahahahahaha, poilade, pardon, j’écris cette chronique dans ma cuisine avec mon fils qui prend son petit déj en mode sanglier, du coup je vanne léger et 1ère degré accessible).

Oui mais voilà, nous ne sommes plus en 1986, mais bel et bien en 2016, et « être fan de série(s) » est devenu swag, j’avoue être moi-même à 80% de mon temps télévisuel devant des séries, même si je ne suis pas nécessairement Swag , un mot à la mode pardi, alors, regardons de plus près ce qu’il faut, ou pas, regarder comme série, c’est pardi mon kiki (oui vanne de cuisine de dimanche matin, j’avais prévenu, toussa toussa).

Tu es justement fan des 80’s, tu as pleuré la mort de Bowie comme si c’était celle de ton meilleur pote, tu écoutes The Cure dans un Ipod dès le matin, tu te passionnes pour les histoires d’espionnage durant la guerre froide, tu as fait un voyage scolaire en Allemagne avec cette conne de Mme Adam au Collège Marie-Curie de Bernay dans l’Eure à la fin des années 80 mais tu as eu finalement 3/20 au bac 8 ans plus tard, c’est dire si elle t’avait dégoûté de la langue germanique la vieille peau, tu aimes les séries où tu peux te dire que tout ça a bien du exister, alors tu es fait pour regarder Deutschland 83 sur Canal+, et franchement te prive pas, car c’est très très bien.

Tu as toujours été passionné par les narco trafiquants, par la pègre qui joue de la flute de pan, par les paon qui jouent de la flute de pègre, non ça non, aucun rapport, et quoi qu’on en dise cela reste très rare un paon qui joue de la flute, pas les pattes faites pour ça, tu as toujours été fasciné par les grands bandits soit disant Robin des Bois mais qui en fait étaient des enflures de 1ère catégorie, comme Mesrine ou El Chapo (mais non pas celui qui était dans la classe avec Ponpon, Blaise et Bézu, et qui chantait façon manouche, tu confonds, si si je te jures tu confonds…) ; et bien tu dégusteras la vie de Pablo Escobar dans Narcos sur Netflix avec un plateau de tapas et du guacamole plein le bol, en mode je dévore, fin d’un épisode et vite vite vite la suite, tellement cette série t’embarque au pays de la cocaïne et te prend bien les entrailles.

Tu es un peu pupute sur les bords, au boulot comme dans la vie, tu n’es pas le dernier à baver sur les coucheries des collègues entre collègues, tu fais partie de ces mères de famille qui adorent lancer des rumeurs à la sortie de l’école sur les passions adultérines de tes voisines, mais tu as parfois des élans de lucidité et en plus tu as Canal+, alors tu te jetteras au corps perdu dans les saisons 1 et 2 de The Affair, autrement dit la vie au départ pépère tranquille marié 4 enfants d’un bon père de famille, qui après un wahouuuu wow sur une petite serveuse d’un resto de station balnéaire va voir sa vie de prof se transformer en vie d’écrivain super célèbre dans tous les Etats-Unis de l’Amérique des states, mais aussi, et surtout, en une life tumultueuse et qui va partir en couille bien bien mais grave bien bien.

Arrrrrrêettttteeeee d’insister sur la Saison 25 de « Joséphine Ange Gardien », non non non non, je n’en parlerai pas.

Enfin, tu aimes les hommes aux moustaches fines dans des grandes maisons avec des miroirs partout, non non la marque de ton sextoy double anal ne m’intéresse pas merci bien, et en plus tu aimes le clavecin baroque en dansant la bourrée versaillaise (ah bah si en plus « la bourrée versaillaise » c’est ton pseudo dans les soirées backroom, autant pour moi je pouvais pas savoir…) et bien il y a de forte chance que tu te passionnes pour Versailles…moi perso j’ai arrêté à l’épisode 5, les images sont belles, la lumière est jolie, mais c’est mou bordel, c’est mou…

Voilà, la semaine prochaine, pardi, nous poursuivrons notre conversation, pardi, sur le « et toi dis…tu regardes quoi comme série ?».

En attendant et bien j’vous embrasse, pardi,

 

 

Qui ne dit Mot

Il y avait déjà un de Groodt dans la BD, un belge qui plus est et un humoriste en plus! Il y en aura donc maintenant 2! D"accord, l'orthographe du nom n'est pas exactement la même, j'en conviens. Cependant ce "d", c'est un peu la différence qu'il y a entre les Dupont, non?

Le présent de Groodt est celui qui a fait le bonheur des plateaux de Canal +, d'une série télé et de bien des longs métrages. Et voilà donc notre de Groodt qui se lance dans la BD et le résultat est à la hauteur de ce que l'on attend d'un tel personnage!

D'abord, Stéphane de Groodt a l'honneur, pour ce coup d'essai d'être préfacé par Patrice Leconte. Ce qui n'est pas rien quand on sait la passion que ce dernier a pour le 9ème Art; son amitié pour des pointures telles que Marcel Gotlib et bien d'autres. La préface est jubilatoire, elle vaut le livre à elle seule.

Et puis, il y a l'histoire. Et elle va vite cette histoire! Car John a un rendez-vous qu'il ne doit surtout pas manquer. Et il se bat comme un beau diable tout au long des 136 pages que compte l'album. En fait c'est pas tout à fait le cas. On commence d'abord par une belle intro qui plante le décor: John, sa copine, les parents lourdingues de celle-ci, un repas de dimanche midi. Et puis après ces 20 premières pages, tout s'accélère.

Les 2 phases sont très bien portées par le dessin de Grégory Panaccione. Même au départ, on a l'impression de tomber sur un Vuillemin qui aurait décidé de s'appliquer. C'est assez destabilisant, on angoisse à l'idée de tomber sur une des bonnes blagues de l'Echo des Savanes. Ceci est dû essentiellement à la mise en couleur. Sinon, le dessin est vif et porte bien cette histoire qui va à 10 000 à l'heure.

Pour en revenir à l'histoire, donc, il semble que tous les éléments sont ligués contre ce pauvre John. Tout est mis en oeuvre pour l'empêcher d'atteindre sa destination. Et John se bat jusqu'au bout tel le héros contemporain qu'il est.

Alors je ne vous livrerai ni sa destination ni si il parvient à ses fins. Sachez que la chute est à la hauteur de ce que l'on pouvait attendre des auteurs. Donc un grand moment que cette BD en espérant que ce deuxième De Groodt, si c'est pour ce type d'album, sera aussi prolifique que son double!

CCN Ballet de Lorraine, Mathilde Monnier, Alban Richard, Cecilia Bengolea et François Chaignaud, Chaillot

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Il est réjouissant de suivre cette compagnie du Ballet de Lorraine comme on surveille une pépinière.

Non seulement ils sont jeunes et doués, mais ces danseurs ont aussi des "gueules" et du tempérament...

Techniquement acérés, le point qui distingue leur groupe d'un autre grand ballet réside dans leurs morphologies diverses, volontiers puissantes, qui assemblent les uns et les autres en une chaîne compacte où aucune individualité n'est oubliée.

Il était temps qu'on n'associe plus les chaussons de pointes avec tels corps canoniques; on les trouve ici diaboliquement bien portés, y compris par les hommes.

Dans Variation, pièce de Mathilde Monnier (2014), il pourrait être question d'un rêve excentrique,  Lynchéen, qu'on aurait fait à propos de la danse classique dans un désorganisation loufoque. Du décor tapissé de rose fuchsia, les postures s'emmêlent les pinceaux, la barre-à-terre sur pointes n'a ni queue ni tête et met à jour là où l'absurde pourrait s'insinuer, dans une danse classique trop guindée, en panne de transmission contemporaine.

Pour Hok, d'Alban Richard (2015), la groupalité propose son idéal: être tous l'Un. Guerriers et véloces, les circulations des danseurs sont réglées au cordeau.

La conclusion avec Devoted de Bengolea et Chaignaud (2015) est l'acmé de la performance.

Pièce-marathon, sur une musique de Philippe Glass sans scansion, les danseuses y assurent elles-même les comptes ce qui les contraint à une écoute constante.

Certes les postures ne sont pas toutes tenues et la physicalité de certaines trouve ses limites, mais l'ensemble de ces amazones est assez fantastique, évoquant les lignes de Forsythe ou Mac Gregor.

On y trouverait même un hommage à Bowie, les visages sont fardés à la manière du mime Lindsay Kemp, ou comme Ziggy Stardust, dans une surexposition où les rondes et spirales tourbillonnent avant que chacune n'achève cette transe par une explosion solitaire de danse comme en boîte de nuit, toujours sur pointes...

CCN Ballet de Lorraine, Théâtre National de Chaillot

Mathilde Monnier / Alban Richard / Cecilia Bengolea et François Chaignaud
Du 13 au 15 janvier 2016
> Rose – Variation (2014)
Chorégraphie Mathilde Monnier. Musique : Ludwig Van Beethoven
> HOK – solo pour ensemble (2015)
Conception, chorégraphie Alban Richard. Musique : Louis Andriessen
> Devoted (2015)
Chorégraphie Cecilia Bengolea et François Chaignaud. Musique :  Philip Glass, Another Look at Harmony Part IV

La médiation, Chloé Lambert, Théâtre Poche Montparnasse,

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Moment intime de la vie d’un couple mis en scène avec drôlerie, justesse et de très bons acteurs. Une réussite. A voir !

Il est work addict, charmeur et manipulateur. Elle est émotive, possessive, angoissée, blessée. Anna (Chloé Lambert) et Pierre (Julien Boisselier), parents d’un petit garçon de trois ans se retrouvent face à deux médiatrices. Jeanne (Ophélia Kolb) et Isabelle (Raphaëline Goupilleau) sont chargées de les aider à trouver un accord concernant sa garde et son éducation. Après un début d’histoire de couple léger, la venue de leur enfant a laissé place à un quotidien désenchanté empli d’animosité. Pour le bien de leur petit garçon, la médiation va chercher à concilier leurs intérêts.

Au plus proche du réel - et même du vécu pour Chloé Lambert, auteur de la pièce - la médiation est un sujet de pièce brillamment ficelée. Huis clos intime avec des éclats de voix, des coups de théâtre, des sentiments exacerbés et de l’intrigue, la scène du Poche s’adosse au cabinet du juge. On passe intelligemment d’une scène à l’autre avec une mise en scène dynamique, moderne et bien pensée de Julien Boisselier. Son sourire craquant et son rôle de paléontologue séduisent largement la salle.

Portée par des dialogues incisifs, drôles et touchants et des comédiens de très haut niveau, la médiation traite d’un sujet de société avec la distance précieuse des planches. L’humour y est pour beaucoup, au service de la catharsis. On rit beaucoup. On s’attendrit aussi, on s’identifie, se questionne.

Comment être impartial dans son travail quand sa vie personnelle interfère ? Comment renouer le dialogue quand les reproches assaillent ? Comment dire du bien de quelqu’un tandis qu’on en pense beaucoup de mal ? La médiation était un pari risqué pour ne pas tomber dans les travers de la pièce psychanalytique. Elle traite de la culpabilité, de l’éducation, de l’évolution d’un couple avec sensibilité.

Coup de cœur de ce début d’année.

A partir du 8 janvier 2016

Du mardi au samedi à 21h, dimanche 15h

Au Théâtre de Poche Montparnasse

 

LA MEDIATION de Chloé Lambert - Mise en scene Julien Boisselier - Decor Jean Haas - Lumieres Emmanuel Jurquet - Costumes Sandrine Bernard - Theatre de Poche Montparnasse - janvier 2016  - avec Julien Boisselier (Pierre),  Raphaeline Goupilleau (Isabelle),  Chloé Lambert (Anna),  Ophelia Kolb (Jeanne)  - © Brigitte Enguerand
 © Brigitte Enguerand

Alberta Cross

Voilà un petit groupe qui mériterait le succès de Coldplay par exemple! Désormais seul aux commandes du groupe, Petter Stakee fabrique un pont de plus en plus intéressant entre la pop anglaise et le rock américain. Pas mal du tout!

Sous le nom très yankee d'Alberta Cross, il y avait d'abord un Anglais et un Suèdois. Ils se sont rencontrés dans la capitale de la pop, Londres mais les coeurs battaient pour l'Amérique et ses mythes. Leur premier effort en 2009 faisait dans le blues rock appliqué, tendance Neil Young.

Puis Songs of Patience, le second volet de leurs aventures s'est montré très pop, pas loin d'un trip psychédélique. Voilà un groupe touche à tout qui a le grand mérite d'être ouvert à tous les vents. Mais la brise de liberté s'est transformée en tempête lorsque l'Anglais quitte le navire en 2013.

Il ne reste donc plus que Petter Stakee le Suèdois qui se rêve sur les deux continents. Cela s'entend à nouveau sur ce troisième album sobrement appelé Alberta Cross, histoire de montrer que l'histoire continue pour ce drôle de groupe éponge.

Dans cet album, il y a donc de la chanson à poigne qui rappelle Springsteen et des choses plus lentes qui pourraient être dans les meilleures compositions de Coldplay. C'est étrange mais ca fonctionne. La voix impressionne et le leader du groupe ne se perd pas dans ses références.

Il y a bien quelques longueurs et des effets faciles ici ou là, mais l'ensemble tient la route et tire le meilleur des influences diverses de Stakee et ses amis. Le disque a été enregistré dans une église. C'est une messe sympathique autour des grands mythes des deux cotés de l'Atlantique!

Caroline Records - 2015

Best songs 2015: la plus reconnue

Carol

Après Loin du Paradis, le cinéaste Todd Haynes continue d’explorer la bonne conscience américaine qui détruit les individus. Un air de déjà vu gâche le beau numéro d’actrices.

Après avoir affronté le mythe Bob Dylan, Todd Haynes replonge dans les années 50 et ses apparences si vintage et agréables à l'oeil. Avec Loin du Paradis, il rendait hommage aux mélodrames de Douglas Sirk et montrait comment une famille était détruite par la bien-pensance, les codes et la morale des années 50. C’était du Madmen avant l’heure. Une vraie réussite !

Qu’il tente dans Carol de renouveler avec une histoire d’amour entre une vendeuse et une bourgeoise. L'une est une petit brûne à l'aube de sa vie. L'autre est une blonde charismatique. Cate Blanchett est ahurissante en imitant
parfaitement les héroïnes d’Hitchcock et Rooney Mara n’a pas volé son prix d’interprétation à Cannes.

Elles sont toutes les deux magnifiques. Leur fragilité et leur force se conjuguent pour une danse passionnelle très dangereuse dans les années 50 puritaines, où la société est incapable de comprendre ou tolérer les différences.

La mise en scène est élégante, aidée par une image qui fait l'effort très louable de ressembler à la peinture d'Edward Hopper. On appréciera la description urbaine et subtile du New York du siècle dernier. Et la musique caresse la romance avec une étrange gravité.

C’est un très beau film. Inattaquable sur la forme. Mais hélas, il ressemble un peu trop à Loin du Paradis qui avait tout dit sur le moralisme et le manque d’ouverture de l’Amérique. Les Wasp sont sans pitié. L’échelle sociale est casse gueule. Tout est fait pour étouffer la moindre divergence. C’est ce qui hante le cinéma de Haynes, passionné par les personnages qui détonent et qui ne comprennent pas toujours la peur qu’ils provoquent.

Somptueux, le film sent tout de même la redite. L’auteur de Safe tourne un peu en rond. Il enfonce un peu des portes ouvertes. Même si sa démonstration, plutôt humble et délicate, est toujours nécessaire par les temps qui courent.

Avec Cate Blanchett, Rooney Mara, Kyle Chandler et Sarah Paulson - UGC distribution - 13 janvier 2016 - 1h54

A head full of dreams

Est ce que c'était mieux quand Coldplay faisait la gueule? En tout cas, dans la catégorie "pochette qui pique les yeux", ce disque est hors catégorie... Un groupe décidément déroutant.

C'était un petit groupe qui plaisait aux Inrocks à ses débuts. Leurs deux premiers disques étaient merveilleux. Des hymnes mélancoliques et mélodiques. Puis le groupe est devenu grand. Très grand. Une sorte de U2 des années 2000 et les chansons se sont transformés en titres pour stade avec des refrains faciles et des gros effets qui font lever les bras. On avait atteint le sommet avec Mylo Xyloto qui montrait clairement une préférence pour la pop et les codes commerciaux.

Ce n'est pas la première fois que ca arrive ce genre de chose mais bon, Coldplay est un groupe que l'on a aimé, pour qui on a obligatoirement un affection particulière. Après sa séparation avec sa femme, le chanteur Chris Martin a précipité la sortie d'un sixième album hors des règles, sombre et réussi. Mais aujourd'hui revoilà le Coldplay rutilant qui veut absolument nous faire danser!

Ils ont de nouveau appeler tous leurs prestigieux copains: on croise même Barack Obama dans leur septième disque entre Noel Gallagher, Tove Lo et Beyoncé. Il y encore des refrains qui "hohohooo" et des tristes morceaux avec des pianos qui pleurent.

L'humeur est joyeuse mais l'impression que donne ce nouvel opus, c'est l'effort paresseux! On a déjà entendu la plupart des nouveaux morceaux. L'optimisme du groupe, altruiste, est de retour. Ce n'est pas désagréable mais ca ne surprend pas du tout. Coldplay se recentre sur les ingrédients de son immense succès. Après la gueule de bois Ghost Stories, ils ne prennent plus de risque. C'est fait. Donc ils reviennent à la formule qui marche, celle qui les fait tourner autour du Monde dans les plus grandes salles. On ne peut pas leur en vouloir.

Car il y a de bons titres mais noyés dans un ensemble qui se veut un peu trop moderne entre solos de guitares, boucles electro et nappes envahissantes de synthés. Il y a des défauts qui remontent à la surface mais une fois de plus ils sont sauvés par une étrange affection pour ce quatuor discret qui a su conquérir le Monde. Rien que ça. Désormais leurs disques peuvent être anecdotiques!

Parlophone - 2015

Joy

Commencer l'année dans la joie. Une année qui démarre bien grâce à Joy qui réunit de nouveau des talents qu'on aime!

Jennifer Lawrence, la star incontestable d'Hollywood, retrouve le réalisateur David O'Russell (Happiness Therapy et American Bluff) qu'elle commence à connaître par coeur. Dans ce mélodrame, elle livre une performance dignes des plus grandes. Elle est incroyablement juste et tellement naturelle.

On en oublierait les autres têtes d'affiches, eux aussi complices du réalisateur qui est devenu bankable depuis Flirter avec les embrouilles avec Ben Stiller en 1996. Ici on croise donc Robert de Niro et Virginia Madsen qui sont autant détestables que charmants.

Ne vous méprenez pas: Joy n'a rien d'un conte de fée, contrairement à ce que l'on pourrait y voir avec ce titre rempli de bonnes intentions. Ce film est en fait de grande cruauté. Il dépeint tous les travers d'une famille dysfonctionnelle: de la jalousie, de la dépréciation, de l'avidité etc.

Tout est écrit et joué de la sorte que l'on ne se rende (presque) pas compte, comme dans la vie réelle en fait, qu'il s'agit d'une forme de maltraitance morale et verbale. C'est ce qui passe dans l'esprit de Joy, femme d'affaires en devenir, mais qui va devoir se battre contre tous pour aller jusqu'au bout de ses idées.

Elle doit se convaincre elle seule qu'elle n'est pas qu'une simple ménagère bonne à élever ses deux enfants. C'est un vrai engament de la part du film: pour elle et pour toutes les femmes qui se battent contre tous ses petits détails qui avilissent et ceux qui provoquent d'énormes accomplissements, je vous incite à aller voir cette femme/actrice  admirable capable d'affronter tout avec un calme déconcertant.

En plus c'est rythmé et bien réalisé. C'est divertissant. Donc à voir. Avis aux amateurs!

AVIS AUX AMATEURS

Avec Jennifer Lawrence, Bradley Cooper, Robert de Niro et Edgar Ramirez - 20th century fox - 30 décembre 2015 - 2h02

Barbe neige et les sept petits cochons au bois dormant, Laura Scozzi, Rond-Point

Barbe neige

Du Perrault démystifié, du Walt Disney passé à l’acide féministe. Métissage réussi entre danse hip hop, personnages de contes de fée et humour irrésistible. Formidable. A voir!

Laura Scozzi s’empare de la scène du Rond Point avec son succès « Barbe-neige et les sept petits cochons au bois dormant ». Pour le plaisir du public séduit.

Dans des décors couleurs bonbons, les petits cochons deviennent petites cochonnes, le petit chaperon rouge a du poil aux pattes, la Belle au bois dormant ne se réveille pas, Cendrillon perd ses Birkenstocks à paillettes en sortant de boite de nuit et sept Blanche neige se ruent sur le pauvre nain après avoir ingurgité une Pink Lady aphrodisiaque… Comme une parodie dansée et mimée des rêves d’enfance, un bâton de dynamite dans les clichés véhiculés par les contes de fée. On entend davantage l’écho de la Cendrillon du groupe Téléphone.

La chorégraphe italienne marie les histoires de notre enfance avec les battles, les techniques de danse classique, le mime et la génération 2.0. Si tu viens pour le hip hop, c’est léger mais si tu viens pour rigoler c’est gagné! En même temps, difficile de breaker avec un déguisement d’ours en peluche. Quoique, les deux videurs de la boite de nuit de Cendrillon ne s’en sortent pas si mal… Les grands classiques de Perrault revisités avec fraicheur et impertinence laissent éclater les rires dans la salle… Plus de rêves d’amour ni de héros préfabriqués. Des personnages réels, miroirs de nos actualités amoureuses.

On sort réconcilié avec le Prince charmant qui n’est pas du tout grand beau et fort mais plutôt gringalet, puéril et bourré. Heureusement Barbe bleue fait diversion avec un jeu de fesses d’enfer et un show de crooner digne de Barry White! Un vent de bonne humeur souffle sur Paris.

Extraits "Barbe Neige et les sept petits cochons au bois dormant" de Laura Scozzi from Théâtre de Suresnes on Vimeo.

 

Jusqu'au 31 janvier 2016

Théâtre du Rond Point

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