Money Monster

Très bon thriller, haletant et prenant, qui n'est pas sans rappeler notre réalité!

Après le glaçant Night Call qui dénonçait la haute manipulation des médias, c'est au tour de la brillante Jodie Foster de nous livrer une satire du crash boursier. Une fois de plus, les médias seront au centre de l'affaire: ils restent en Amérique un moyen bien pratique de mener à la vérité.

Puisque le film pose des questions simples comme "ou passe notre argent" ou "à quoi servent les banques". Depuis 2008, les révélations sur le sujet sont effrayantes et les interrogations se font sous la forme d'une prise d'otage comme dans Inside Man de Spike Lee... à croire que Jodie Foster ne soit plus sortie de cette banque.

C'est bien ficelé. Les acteurs sont parfaits. Mention spéciale à George Clooney que l'on semble redécouvrir ici. On finit par s'identifier au preneur d'otages qui a investi toute sa fortune dans le vide et qui est prêt à se lancer dedans. L'intrigue est suffisamment intéressante pour qu'on ne se lasse pas d'une situation pourtant connue.

En plus, c'est drôle. Oui, drôle. La réalisation est efficace et maintient le suspense jusqu'à la coupure de la mire.  Et tout cela soutient une vraie question d'actualité: faut il en arriver jusque là pour se faire entendre? Je crois malheureusement qu'il n'y a que sous les feux des projecteurs et sous la menace de la violence qu'on arrive à s'exprimer jusqu'au bout!

AVIS AUX AMATEURS

AvecGeorge Clooney, Julia Roberts, Jack O'Connell et Caitriona Balfe - Sony - 12 mai 2016 - 1h38

2

Tom Petty retrouve une nouvelle fois ses amis d'enfance pour retrouver les plaisirs d'antan. Petty est peut être le Peter Pan du rock'n'roll!

Il ne veut pas grandir. Il a de plus en plus la tête d'un vieux sage, échappé d'un conte pour enfants. Il a de la barbe et des grands cheveux. Il a toujours son sourire plein de dents et cette candeur incroyable dans le regard. Il a des années de concerts et de studios au compteur, mais Tom Petty reste ce fidèle fan de rock!

Depuis son premier disque, il a posé les bases d'un soft rock tout sauf lisse. Pour les auditeurs un peu pointus, il faut creuser pour découvrir chez ce type de Floride une véritable sensibilité qui le place tranquillement entre Springsteen, Dylan et quelques intouchables du songwriting made in America. Le taux de sympathie pour Petty est tout simplement hallucinant. Ce type aime la musique et cela s'entend dans tout ce qu'il entreprend.

Aujourd'hui il réactive son tout premier groupe. Sur les ruines de Mudcrutch, il a bâti les Heartbreakers et de solides amitiés dont l'incontournable Mike Campbell, guitariste et complice depuis des siècles du chanteur. Au début des années 70, Petty joue donc de la basse dans ce petit groupe de copains. L'aventure dure quatre ans et puis plus rien.

En 2007, il retrouve ses camarades et réalise enfin un album sous le nom de Mudcrutch et voici donc le second opus de ces tardives aventures de groupe inoffensif en apparence. Car c'est vraiment du bon rock que l'on entend. On n'est pas très loin du tout de l'univers de Tom Petty. Il y a bien un peu de rock'n'roll que d'habitude. Mais c'est sinon c'est très agréable à écouter. Pas de nostalgie déplacée! Juste du son à l'ancienne, sur les bases solides d'un rock classique!

A 65 ans, Petty ne va pas se métamorphoser. Il ne l'a jamais fait! Il n'en éprouve pas le besoin. Nous non plus tellement sa formule est bonne et plaisante à l'oreille. C'est la modestie et l'innocence de Petty qui nous charment. Il croit fermement en son art et le démontre une fois de plus avec des histoires américaines jusqu'au bout du dernier riff et des petits harmonicas qui filent le frisson. L'expérience de Petty n'empêche pas son éternelle jeunesse à redécouvrir les vibrations d'un bon refrain sans prétention.

Ce second volet sobrement appelé "2" est romantique, viril et correct. Petty et ses copains ont la classe. Tout simplement. Ils n'imposent rien mais font le job avec une élégance qui franchement, rassure le temps qui passe et la vieillesse. L'âge c'est vraiment dans la tête et les coeurs!

Reprise - 2016

L’été Diabolik

Des vacances guillerettes qui virent au cauchemar... Thierry Smolderen et Alexandre Clerisse confirme leur goût pour le vintage et le bon goût. Même si leur récit policier s'étire un peu trop.

Le duo nous a régalés avec un pétaradant feuilleton de science fiction et ils renouvellent l'aventure avec un polar qui une fois de plus rend d'abord hommage aux années 50 et 60. 1967 précisément! Cet été là, Antoine est un adolescent qui découvre les choses de la vie. La mer est l'horizon qui accompagne ses nombreux émois, amicaux et amoureux.

Il vit avec son père qui au fil des vacances va se faire de plus en plus mystérieux. Une pointe d'espionnage va transpercer le quotidien du jeune homme qui sera chamboulé à vie par d'étranges événements, pas si anodins que ça! Un vrai cauchemar se cache derrière de jolies vacances au bord de la mer.

Franchement, après le précédent effort des deux auteurs, on est un déçu. Mais en repensant, on apprécie la noirceur de ce récit qui pourtant est haut en couleurs, jouant sur le psychédélisme de l'époque. C'est toujours aussi plaisant à regarder. On pense à tous ces romans initiatiques sur les troubles de l'adolescence et le passage à l'age adulte mais les auteurs savent aussi composer un polar plus âpre que les apparences.

Le ton est plus sombre et surtout les rebondissements tardent un peu. Mais on s'amuse toujours autant avec des dessins faussement naïfs pour raconter une bizarre histoire de voisinage. Encore une fois les inspirations sont variées et souvent kitsch mais il en ressort quelque chose de plus profond et toujours aussi jouissif. Ces deux auteurs sont définitivement à suivre!

167 pages - Dargaud

The Color in anything

Il a la mêche comme il faut. Il porte le petit t.shirt sans forme. Il a un petit look frêle. Il a un air introverti. Il est pourtant le chouchou de la presse avec ses chansons modernes et tristes. Pour accompagner la pluie...

James Blake a tout du timide brillant. Il a de la suite dans les idées et des envies d'ailleurs. Il s'évade avec quelques sons électro et une voix délicate. Surnommé "Prince de la vallée du vent", James Blake a réchauffé les coeurs avec un album frais, Overgrown en 2013. Il a connu un beau succès et récupéré le Mercury Prize, récompense grandiose au Royaume Uni.

Donc inutile de vous dire que le garçon était attendu au tournant avec son troisième album. Une fois de plus il joue sur la mélancolie contemporaine. La pochette fait penser plus à Nick Drake qu'à un petit génie du bidouillage. Pourtant une fois de plus, il démontre sa science des montages sonores.

Reconnu, il a désormais des copains célèbres qui viennent collaborer. On croise donc dans son disque des personnes différentes comme Franck Ocean ou Bon Iver. On se dit que le jeune chanteur porte la solitude comme un fardeau mais cette fois ci, le producteur des Red Hot et légende américaine, Rick Rubin participe à la production.

Est ce que cela change beaucoup de choses? Non pas vraiment. Les points forts sont là: James Blake réussit toujours aussi bien à écrire des titres tristes avec des moyens modernes pour nous embrouiller dans de belles émotions et de spectaculaires morceaux soul, quasi futuristes. Sa voix est incroyable.

Mais elle se métamorphose sur 76 longues minutes. Certes elles sont denses ces minutes car Blake est en recherche permanente. Mais l'ennui pointe aussi le bout de son nez à force d'expérimentations. Sorti sans prévenir, cet album abonde de générosités en tout genre et ca finit par être un peu usant.

Sa passion pour la musique quasi abstraite, au croisement de tous les styles, finit par englober dans ce disque tout et rien. On est parfois agacé. Parfois fasciné. Le disque ne laisse pas de marbre. C'est déjà ça. Mais effectivement, sa couleur n'est pas assez définie. Et donne une impression de fadeur. Bizarre après 76 minutes d'efforts!

Polydor - 2016

Gelsomina, Pierrette Dupoyet, Studio Hébertot

Gelsomina

Zampano est un colosse de foire brutal, un vagabond, avec une force de Gladiator, un cœur de pierre. Il ne sait parler qu’en criant, en donnant des ordres, en jurant, habité par cette hâte d’aller vers nulle part.

Gelsomina, lui a été vendue par sa mère. Petit bout de femme lunaire, pétrie d’humanité, de poésie, elle accepte de suivre Zampano sur la route car elle voit en lui une vie d’artiste qui la fait rêver. Quelle ne sera pas sa désillusion quand elle se retrouvera longtemps cantonner aux tâches ingrates.
De village en village, de place en place, les deux âmes blessées cohabitent. Sans pour autant se comprendre. Ils ne vivent pas dans le même monde.

Zampano ne compte que sur sa force physique. Gelsomina s’interroge sur le monde qui l’entoure : « Comment on devient une femme ?» « Comment trouver les mots justes pour exprimer ce qu’on ressent ». Elle se met à penser par elle-même, à avoir une opinion, à s’affranchir.

Gelsomina va grandir au contact de la dureté de Zampano. Elle n’arrivera pas à l’adoucir mais elle puisera une force pour apprendre à dire non, pour comprendre qu’elle n’est pas une moins que rien.
Elle souhaite que quelque chose de beau sorte d’elle. Alors quand sa vie croise celle d’un funambule, musicien, ses yeux se mettent à briller. Elle va « boire du rêve à grandes gorgées » avec lui, être éblouie, apprendre à jouer de la trompette. « Je me suis sentie artiste », dira-t-elle. Mais les trios ne durent jamais bien longtemps et le drame se profile…

Dans une langue poétique imagée de Pierrette Dupoyet, la comédienne Nina Karacosta donne toute une palette d’émotions à Gelsomina. Elle habite le plateau, déploie le personnage, le révèle, le rend très attachant.

« Le spectacle nous confie l’histoire de ces « gens sans importance » laissés au bord de la route, ceux dont la vie ne semble compter pour rien, que l’on piétine, dont on se détourne sans voir que l’on passe à côté d’un être humain, d’une vie, d’un petit trésor. Sans jamais se plaindre, en faisant preuve d’une impressionnante force de vie, d’une volonté de voir le meilleur en tout, Gelsomina témoigne pour tous les laissés pour compte, les petites gens, les différences,… »

 

Jusqu'au 03 juillet 2016

au Studio Hébertot

Ocean by Ocean

Ce n'est pas bien. Ce n'est pas mauvais. C'est le syndrôme des disques de suiveurs qui rêvent sûrement de gloire et de beauté!

On aime bien se moquer de The Boxer Rebellion quand on sourit face à un peu d'ambition et les rêves de gloires. Car, à coup sûr, depuis une dizaine d'années, les quatre Londoniens se verraient sûrement bien comme une alternative bandante à Coldplay, qui a déjà pris la relève de U2.

L'Américain Nathan Nicholson et ses trois copains britanniques travaillent donc pour s'installer sur le marché américain. Ils cherchent et trouvent de temps en temps le hit parfait mais le résultat n'est pas là: ils restent surtout un petit groupe anglais capable de quelques chansons pour publicité. Pourtant il y a tout: l'écriture héroïque, une voix haute et profonde, une guitare qui lache des notes à toute vitesse et des refrains imparables.

On parle même d'eux dans la comédie romantique fort sympathique, Trop loin pour Toi. Depuis des années, le groupe fait tout pour se faire remarquer. Mais il ne se passe pas grand chose en dehors des frontières européennes. En tout cas on est loin du succès écolo-poli de Coldplay.

Il faudrait peut être un peu musclé le jeu mais The Boxer Rebellion continue dans la pop commerciale. Mais propre. Ca ne va pas vous écorcher les oreilles. C'est lisse mais parfaitement produit. Tout est bien placé pour vous faire taper du pied ou vous coincer sur un rythme accrocheur. Nicholson et ses potos ne manquent pas de talent!

Ils ont cependant un manque cruel de caractère. Tout ce qu'ils font est joli. Mais on n'est jamais surpris. Il n'y a pas de folie ou de grande originalité. Ca fait passer le temps de manière agréable. A la différence de la pochette, on n'est pas vraiment bousculé par une vague de fraîcheur. Et de la nouveauté!

Pour la révolte, il faudra repasser plus tard certainement.

Amplify - 2016

Souvenir de l’empire de l’atome

Ambiance Mad Men pour de la science fiction de papa. Un régal pour les yeux.

Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse ont visiblement la tête dans les étoiles. Ils les observent même. Comme leur héros, Paul qui vit dans un monde beaucoup plus étrange que les apparences. Ce binoclard discret est tout de même en contact avec un héros extra terrestre et ce lien va provoquer toute une série de catastrophes et aiguisée les appétits de pouvoir d'ennemis de tout poil.

Et c'est parti pour une longue et belle lecture quand on en voit rarement. Les deux auteurs s'amusent beaucoup à retranscrire les utopies des années 50, quand la croissance et le progrès s'engouffraient dans la même voie. Le dessin est évidemment rétro et assez naïf.

C'est un vrai bonheur pour nos mirettes. On baigne dans des décors éclatants et délirants. La mélancolie de Paul colle bien à l'environnement vintage et les amusantes représentations d'une autre civilisation tirée d'une série b italienne. C'est toujours respectueux et très beau à voir. Il faut imaginer une compromis entre Star Trek et Mad Men.

D'autant que le scénario est serialesque en diable. C'est peut être un peu répétitif mais on s'amuse comme des petits fous devant cette course poursuite quasi sans fin. Ca nous fait dire que "c'était mieux avant" mais on est ravi de découvrir maintenant deux talents et une bédé au charme désuet et indéniable "where no man has gone before"!

142 pages - Dargaud

Everything at Once

Revenu de tout, le groupe écossais Travis s'amuse et cela s'entend: leur huitième album compile joyeusement les ritournelles pop sans se soucier du temps qui passe.

D'ailleurs on est impressionné par la voix de Fran Haley. Toujours aussi guillerette et capricieuse. Il a la voix éternelle d'un adolescent qui jubile. Pourtant le look du chanteur a beaucoup changé. On dirait désormais un petit hippy barbu au regard particulièrement malicieux.

Il faut dire que plus rien ne fait peur à Travis. Il a connu un énorme succès (mérité) à ses débuts avant de devenir un groupe discret toujours soucieux de défendre la pop, la vraie, l'anglaise, la mélodique. Le quatuor ne veut pas révolutionner le genre. Travis est à la recherche de bonnes chansons.

Cela a donné des albums maladroits. Parfois, les quatre Ecossais se plantent. De temps en temps ca fonctionne. C'était le cas du précédent disque, revigorant et rappelant l'intelligence du chanteur, capable de jouer sur plusieurs registres. Le groupe a t il encore le mojo aujourd'hui?

Dans leur huitième opus, Tout en Un, il y a tout ce que l'on aime chez Travis. Toujours sur la base classique de basse guitare batterie.Même s'ils font intervenir ici où là d'autres instruments pour jouer avec les stéréotypes. C'est quand il joue le dépouillement le plus naturel que Travis est très bon. Car il possède un excellent chanteur, qui sait envahir nos oreilles avec des petites nuances qui font toute la profondeur de son style bien à lui.

Caroline records - 2016

X Men Apocalypse

Alors est ce que c’est bien les X-Men contre le schtroumpf grognon ?

Ce dernier est né à l’époque de Stargate. Cette époque est idéale pour créer des monstres cruels et belliqueux qui ne pensent qu’à réduire les Hommes à l’état d’esclaves. Apocalypse, son nom en dit long sur le personnage, serait donc le tout premier des Mutants. Evidemment il est hyper fortiche et les mutants d’aujourd’hui auront bien du mal à calmer ses morbides envies.

Le précédent volet se passait dans les années 70 donc logiquement nous découvrons les Mutants des années 80. Cela nous vaut une bande son à base d’Eurythmics et des brushings qui rendrait jalouse Une Nounou d’enfer !

Initiateur du tout premier X-Men sur grand écran, Bryan Synger connaît bien son univers et les comics. On devine qu’il touche sa bille pour faire vivre des personnages kitsch mais finalement assez touchants.

Il a surtout la bonne idée de réunir un chouette casting. Michael Fassbender est parfait pour jouer l’ambigu Magneto, qui se prend un peu pour Dark Vador. On s’amusera d’ailleurs de voir comment le réalisateur d’Usual Suspects emprunte beaucoup à la saga intergalactique. Il doit être un peu vexé de ne pas être appelé sur la nouvelle trilogie.

Il a aussi la qualité de multiplier les personnages et de leur donner de l’épaisseur. Si on rigole devant les costumes bien ringards des sbires du Schtroumpf grognon, on apprécie qu’ils ne soient pas de simples rouages pour un scénario qui cherche les morceaux de bravoure à répétition.

Puisqu’il faut comparer avec les autres héros Marvel, les X-Men, depuis trois films, développent avec un charme certain, une vraie envie de cinoche d’aventures, une galerie de super héros attachants, qui dépassent les contraintes visuelles, parfois maladroites.  Cela justifierait presque les quelques passages assez rudes pour une production Marvel.

Blockbuster, le film fait tout de même l'effort de ne pas gommer les moments réellement cruciaux et un peu craspec. Il y en a pour tous les goûts. Peu de sang mais pas de cadavres en fin de compte. Par exemple, Singer assume enfin la personnalité animal de Wolverine, qui se fait remarquer dans un bref passage sous haute tension. Ca nous console de sa série propre, un peu insipide.

Cela justifierait presque les quelques passages assez rudes pour une production Marvel. Blockbuster, le film fait tout de même l'effort de ne pas gommer les moments réellement cruciaux et un peu craspec. Il y en a pour tous les goûts. Peu de sang mais pas de cadavres en fin de compte. Par exemple, Singer assume enfin la personnalité animal de Wolverine, qui se fait remarquer dans un bref passage sous haute tension. Ca nous console de sa série propre, un peu insipide.

Il est vrai que l'on en voit beaucoup des types en collants qui ont des devoirs et des responsabilités parce qu'ils ont des pouvoirs extraordinaires. Mais la bande de professeur Xavier a quelque chose de différent. Sa relecture de l'Histoire, sa noirceur, ses ambiguïtés assumées et ses thématiques échappent un peu aux conventions de ce très envahissant genre né il y a une quinzaine d'années! Et ce n'est pas fini... Il faudra apparemment compter sur les X Men.

Avec James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence et Oscar Isaac - 2h20 - 20th century fox - 2h20

Stiff

Cela existe encore: des disques de rock où la jouissance est la clef de voûte! Septième album d'un groupe texan méconnu, Stiff vous file la banane même si sur la pochette il est question de cactus. Un album piquant.

Piquant et savoureux! A l'initiative, James Pitralli et trois autres musiciens d'Austin ne sont pas respectueux des clichés du genre: il n'y a pas de barbe à la ZZ top pour cacher leurs élans électriques et s'ils aiment le blues rock, ils apprécient aussi les choses plus calmes comme le jazz et des choses plus mélodiques. Pour se bourrer la gueule à la bière dans la poussière du désert, ils ne proposent pas vraiment la bande son idéal.

Au fil des disques, White Denim a défendu un rock assez cool, qu'on pourrait juger d'hédoniste! La satisfaction, le plaisir et le bonheur sont au coeur de leur projet mélomane. Ils semblent un peu hors du temps avec leur rock désuet mais pas du tout éthéré. Ils ne font pas dans le psychédélisme échevelé ou dans les longues digressions virtuoses.

Ils se situent quelque part en 38 Special et Big Star s'il fallait chercher des références. Il y a à la fois de la technique musicale et une recherche assez simple d'une éternelle adolescence ou d'une jouissance subtile. C'est très simple mais en même temps, il y a une déferlante d'innocence qui ne se conjugue avec de la niaiserie.

Ils font remonter ce rock plein de candeur, qui loue l'amitié, le travail et le plaisir. En plus la pochette prouve qu'ils ont de l'humour ce qui ajoute au charme old school mais réel de Stiff.

Downtown - 2016

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