Euro 2016, un début chaud patate !

Euro-2016-France
Maisssssss ouiiiiii, ça y est, on oublie tout, c’est foot, c’est ballon, c’est but, c’est folie. Tous les 18 ans, la France accueille les plus grandes stars du ballon rond, et cette année, ça y est, c’est le moment.

Stop aux manifestations Cgtistes pour conserver sa retraite à 53 ans ! Stop à la peur de boire des coups en terrasse de trouille qu’un fou de Daesh déboule et tire dans le tas ! Stop aux migrants qui s’échouent en Méditerranée par paquet de mille ! Stop aux inondations qui s’arrêtent pile poil juste avant le début de l’événement ! Stop aux critiques virulentes sur la sortie du dernier album de Christophe Maé, qui, aux dires de beaucoup, aurait été à l’origine desdites intempéries !

Oui, stop à tout, on commande les pizzas, on commandes des bières, on se met en short, on se fout en maillot moulant floqué FFF de l’équipe de France 1998 qui se portait sans bide et avec 20 kilos de moins, fatalement 20 ans plus tard, ça fait baleine, ça fait morse, mais on s’en cogne ! on se fout du bleu blanc rouge sur la gueule quitte à avoir une réaction mode exéma, on claque son fric sur Winamax, on s’abonne à BeinSport, on s’engueule sur Twitter pour critiquer les sélectionneurs en mettant des hashtags à l’analogie barbare ou en écrivant des conneries du type « Machin président ! », on ne sait plus si Martinez est le patron de la CGT ou l’arrière droit remplaçant de l’Albanie, on fait copain-copain dans les rues de Bordeaux avec un gallois plus alcoolisé à lui tout seul que 8 bretons un soir de Vieilles Charrues, c’est G E N I A L.

Bien sûr, y’a folklore et animations !

David Guetta qui continue de jouer de la musique sans les mains et qui invite WILL IAM à chanter comme une chèvre « Aille grotte ta fine ligne ! » reprise pas faite exprès de « I GOTTA Feeling » mais en pas beau la veille de l’ouverture de l’Euro ; une cérémonie d’ouverture probablement conçue par un instit de Seine-Saint-Denis , faute de moyens, qui ressemblait étrangement, en plus moche, au pestacle de fin d’année de mon fils dans l’enceinte pluvieuse de sa cour de récré, avec encore une fois David Guetta, toujours lui, avec une suédoise fringuée par le styliste des vidéos de Jackie et Michel en guise de chanteuse !

Et puis bien sûr, clou du spectacle, les Hooligans Globe-trotters en tournée dans tout l’hexagone ! Et ça c’est rassurant si tu avais des doutes sur notre capacité occidentale à être aussi Attila le Hun que les fumiers de Daesh, qui a priori, ont eux commencé une tournée d’été aux États-Unis.

Ahhhhh, les Hooligans, tout le monde pensait que les ancêtres dignes fanatiques des Vikings en plus cons du Stade du Heysel dans les années 80 avaient été définitivement éradiqués de la planète foot, bah non ! Si les abrutis sont interdits de stade, cela ne les empêche pas de se reproduire et mettre leur zizi de dégénérés dans la chachatte de dégénérées femelles ! Et ce des steppes sibériennes aux banlieues de Liverpool ! Du coup, ça se reproduit et si les anciens sont trop vieux pour venir foutre le bordel sur le Vieux Port, leurs jeunes porcs ne se gênent pas pour y venir le bordel foutre !

Ok ok, j’aurai pu sortir une bonne vanne en rapport avec la télé poubelle et vous dire qu’après les débordements lors du tournage de la saison 9 des « Chtis à Marseille », la production d’NRJ12 s’excuse et affirme avoir été « un peu loin dans le concept » ; mais non, en fait, ça m’emmerde, ça me fatigue.

Et si j’avoue avoir fait un triple salto arrière sur mon canapé vendredi soir dernier lors du but magnifique de Payet en assumant parfaitement mon côté supporter de base (mais sans le bide et sans la bière, je précise), que j’ai pris un plaisir réel avec une touche d’émotions et de nostalgie à coller les images avec mon fils sur son album Panini, que je ne bouderai pas de voir la France se réunir sous des écrans géants en chantant « la marseillaise » le 10 juillet au soir après un triplé de Griezman en finale, si si on y croit, oui, ces scènes de violence, honteuses, déshonorantes, une nouvelle fois, me laisse un goût de cendres amer dans la bouche, là où ce truc devrait être une fête, une réunion de peuples, une parenthèse dans le bordel mondial, bah non, il faut toujours que l’humain gâche tout, c’est plus fort que lui, à ce con, l’humain.

Allez, j’vous embrasse,

Chansons d’actu: Football is coming home

Colours

Puggy continue de composer sa petite musique légère et entêtante. Appuyant fort sur son coté pop, ils finissent par se perdre un peu mais restent fidèles à eux mêmes!

Un Suédois, un Français et un Anglais se rencontrent en Belgique et enthousiasment pas mal de monde avec des refrains qui viennent se scotcher immédiatement dans votre mémoires. Ils possèdent déjà une belle collection de chansons d'une redoutable efficacité. Puggy fait de la pop depuis dix ans et leurs trois premiers disques sont de vraies réussites qu'il faut aussi découvrir sur scène!

Ziggy, Romain et Matthew conservent une fraîcheur qui commence à s'émousser sur ce quatrième essai, tentative d'une pop plus contemporaine. Il y a donc des bidouillages de voix et un mixage contemporain. C'est beaucoup plus sophistiqué que les précédents disques. On a même du mal à les reconnaître. Mais on veut bien comprendre qu'ils tentent après dix années d'existence, autre chose, toujours à la recherche de la chanson pop parfaite!

Au milieu du disque, les nouvelles nuances de leur musique virent à la transparence. C'est un peu mou et inhabituel chez le trio européen. A trop vouloir coller à leur époque, le groupe sacrifie un peu de son identité en se faisant aidé par le producteur anglais, David Kosten, complice de Bat for Lashes, adepte de l'electro.

Mais il ne faut pas bouder son plaisir. On reconnaît aussi le style du groupe, vif et percutant. Il y a encore des choses simples et sautillantes, qui lavent la tête et la secouent en même temps. Ils tentent des exercices plus périlleux (l'étonnant Territory) et des singles sucrés (Soul, Feel so low). Les musiciens maintiennent leur douce osmose qui s'entend même sur leurs titres. Puggy conserve son capital sympathie.

Mais sa volonté de multiplier les couleurs brouille un peu les pistes. Cette prise de risque est normale. Elle est un peu décevante. On ne va leur reprocher cette ouverture d'esprit! Loin de là: ils sont la preuve que l'Europe peut avoir du bon. En ces temps de repli, Puggy serait presque un beau symbole!

Mercury - 2016

Futurs Ex

Retour vers le futur! Pat Kebra, un des premiers héros du punk à la française, se fait plaisir avec deux copains pour ressusciter le bon vieux rock à crête. Mais ça, c'était avant!

Il va falloir suivre un peu l'aventure de Futurs Ex qui joue avec la temporalité de l'existence d'un groupe. Futurs Ex sort donc ces jours ci un premier disque. Mais cela fait bientôt une dizaine d'années que le groupe s'est formé... et puis a rapidement stoppé son activité punk!

L'ex du groupe Oberkampf est un petit malicieux: il a l'attitude du punk encore énervé. Son actu c'est désormais son passé. Sa rencontre éclaire mais productive en 2007 avec RXC et Thierry Gaulme, adeptes d'un son puissant, électrique, un peu sale et méchant. A travers ce groupe, on retrouverait presque l'humour d'Hara Kiri.

Ils célèbrent en tout cas le riff hargneux et les paroles drôlatiques. Nous ne sommes plus en 2016. Ni en 2007. Nous redécouvrons les années 80 avec une révolte toujours présente. Et la touche de drôlerie qui manque aujourd'hui. Futurs Ex conserve la colère des débuts des trois musiciens. Ils ont aussi et surtout le sourire!

Il suffit d'écouter Je Te Hais, variation hilare de Ti Amo d'Umberto Tozzi pour se laisser charmer par la vigueur toujours fraîche de ce trio effectivement d'un autre temps. La production est sèche. Tout se résume à une basse-guitare-batterie qui profite d'une chouette symbiose et d'un plaisir adolescent.

C'est un disque régressif. Mais jamais simpliste. Un souvenir vivace d'un autre temps. Une attitude punk qu'on aimerait entendre plus souvent.

Rue Stendhal - 2016

La voix humaine, La Dame de Monte-Carlo, Jean Cocteau, Francis Poulenc, Poche Montparnasse

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La Dame de Monte-Carlo : Une femme vient de perdre sa fortune au casino. Elle décide de se suicider en se noyant dans la Méditerranée.

La voix humaine :

Seule, dans une chambre, une femme téléphone à son amant qui lui annonce leur rupture et son intention d’en épouser une autre. Dévastée par le chagrin, elle se raccroche au téléphone, coupé par des interférences extérieures.

Un seul personnage, un long monologue, pas d'action. A peine une suite de phrases, parfois inachevées, entrecoupées de cris, et au cours desquelles l'essentiel n'est jamais dit : en un mot, un langage téléphonique, mais d'une incroyable force dramatique. L'arrière-fond est quant à lui psychologique, émotionnel et affectif. Aussi, traduire musicalement tout ce que les paroles dissimulent, c’est certainement ce qui séduit autant le spectateur. Cette tragédie lyrique est magistralement mise en scène et orchestrée. C'est une suite de séquences, de phrases : il y a celle du souvenir, celle du mensonge, celle du suicide manqué. Jean-Christophe Rigaud ponctue chacune de ces phrases comme des segments musicaux ayant chacun sa personnalité propre. L'œuvre baigne dans une atmosphère intense et lyrique. L’interprétation de Caroline Casadesus exprime toute la force du texte et de ces phrases, exacerbant à la fois le pathétique et le déchirant de ce monologue.

À travers les non-dits et un moyen de communication défaillant, la pièce présente une rupture amoureuse difficile, dans laquelle le téléphone devient le protagoniste d’un drame sentimental. Comment réussir à maintenir l’intérêt durant ce long monologue d’une femme délaissée par son amant qu’elle essaie de reconquérir dans une conversation téléphonique perturbée par des incidents techniques ? Jean-Christophe Rigaud laisse la voix à découvert.

Aussi, le piano assure le rôle de l’amant absent en suggérant la teneur de ses réponses qui ponctuent le récitatif tourmenté de l’héroïne :

La sonnette du téléphone retentit. Elle lui raconte sa soirée de la veille, son mal de tête, son déjeuner, ses courses. Il fait mine de raccrocher mais elle continue, lui indique qu'il peut venir chercher ses affaires quand il le souhaite, l'empêche de s'excuser. Elle endosse « C'est moi qui suis stupide » et le couvre de compliments, « Tu es gentil », « Je ne me croyais pas si forte » et se défend de jouer la comédie, de prendre sur elle. « Je n'ai pas la voix d'une personne qui cache quelque chose ». « J'ai décidé d'avoir du courage, j'ai ce que je mérite », « Tout est ma faute ». La ligne ne fonctionne plus, « C'est drôle parce que moi, je t'entends comme si tu étais dans la chambre…Allô, Allô ! (…) Allons bon maintenant, c'est moi qui ne t'entends plus, si mais très loin, très loin, (…) J'entends mieux que tout à l'heure…(…) On dirait que ce n'est pas ton appareil ».

La mélodie épouse toutes les émotions qui déchirent l’héroïne : l’amour, la haine, le désespoir, les regrets.

Laissez-vous emporter dans ce tourbillon lyrique et déconcertant par sa force et par le charme cruel du duo formé par Caroline Casadesus et Jean-Christophe Rigaud.

 

La Voix humaine précédée de La Dame de Monte-Carlo

Représentations les lundis du 30 mai au 11 juillet 2016 à 20h30 (durée 1h15)

Théâtre de Poche Montparnasse

 

LA VOIX HUMAINE : Tragédie lyrique de Francis Poulenc d’après la pièce de Jean Cocteau (1958) précédée par LA DAME DE MONTE-CARLO, monologue pour soprano de Francis Poulenc sur un texte de Jean Cocteau (1961).

Mise en scène : Juliette Mailhe

Avec : Caroline Casadesus

Pianiste : Jean-Christophe Rigaud

 

Max Jury

Il est jeune. Il est beau. Il chante bien. Bref, il a tout pour qu'on ce qu'il faut pour qu'on le déteste.

Au début de son tout premier disque, il forme un duo avec un gospel qui ne gomme pas la présence d'une guitare électrique. Il se la pète grave ce blanc bec qui sûrement rêve d'assurer le futur de la soul. Prétentieux, il réussit néanmoins une belle chanson, bien vivante et très habitée.

Pas mal pour un petit zigoto fraîchement sorti de son école de musique et qui joue du piano depuis l'âge de six ans. C'est un prodige. Ce n'est pas la première fois que les Etats Unis nous envoie un petit surdoué, propre et talentueux. On ne les compte plus d'ailleurs. Lui il soigne son look avec un regard de chien perdu et une vague ressemblance avec le héros de Into the Wild.

La seconde chanson confirme tout le mal/bien que l'on pense du jeune homme de 21 ans. Il a la bonne attitude. La voix est sûre et protéiforme. A l'aise dans tous les styles et à toutes les hauteurs. Il nous fait profiter du son west coast. On bronze: va t il nous amener le beau temps?

Max Jury n'est pas un magicien non plus: c'est un habile faiseur. On regrettera une production clinquante mais cela donne une idée du génie certain du chanteur. A 23 ans, il ne cède pas au jeunisme. Il conserve un style pimpant mais vintage. Il est presque décalé le gamin. Pas dans son époque.

C'est de la pop intelligente. Jury pourrait faire dans le post moderne mais se cache encore derrière une sorte de funk un peu austère, délicate, laissant place à l'émotion et la performance et un soft rock qui n'existe plus vraiment. C'est doux et massif en même temps. On se laisse avoir par ce chanteur surprenant finalement.

Kobalt - 2016

Bigre, Pierre Guillois, Théâtre Tristan Bernard

bigre

Après son triomphe au Théâtre du Rond-Point, Bigre, spectacle burlesque muet revient sur scène pour détendre les esprits bougons. Fous rires assurés !

Dans trois petites chambres sous les toits de Paris, vivent un grand maigre, une blonde pulpeuse et un gourmand maniaque. Ces trois-là n’ont peur de rien et surtout pas de rire d’eux-mêmes. Bien que la tournure de leur vie donnerait envie à d’autres de se lamenter ils s’en donnent à cœur joie pour l’enjoliver.

Invités à partager le même pallier, les bruits de couloir échauffent les sens. Les trois joyeux lurons mettent l’étage sens dessus dessous et le public en délire. Et pour cela ils ont plus d’un tour dans leur sac. Sans paroles, les gags et musiques rythment la pièce.

Entre une visite surprise de moustique, une bronzette sur le toit et un lapin en sauce sans oublier des scènes hilarantes de karaoké : La valse à 1000 temps de Brel en version japonisante, et J’ai encore rêvé d’elle version accent néerlandais, il y a de quoi se bidonner.

A l’aide d’une machinerie bien au point, le théâtre Tristan Bernard devient le terrain de jeu animé d’une salle de karaoké, soirée jeux vidéo, piste de danse, série de gags dignes d’un Laurel et Hardy attisé par l’arrivée d’une blonde aux formes généreuses.

La promiscuité des chambres de bonnes parisiennes favorise le rapprochement. Chacun va faire un pas vers l’autre. Ils s’agacent puis s’entraident et enfin s’aiment. A voir !

 

A partir du 26 mai 2016

Théâtre Tristan Bernard

 

Retour chez ma Mère

Pedro Almodovar s'inquiète des rapports mère-fille dans Julieta. Nous, en France, à notre manière, on fait exactement la même chose: Ha la famille!

Comédie sur le papier, plutôt cynique dans le fond, Retour chez ma mère, raconte sans prétention, les rétrouvailles d'une famille de trois enfants chez leur mère, récemment veuve. Elle ne souhaite pourtant qu'une chose: présenter son nouveau compagnon à ses enfants.

La tache va évidemment s'avérer plus difficile que prévu. Tout est question de timing mais que c'est difficile et chamboulé lorsque la gueguerre entre frangins s'impose, comme d'habitude dans les familles plus ou moins dysfonctionnelles.

On se retrouve forcément dans l'un ou l'autre personnages. Le portrait de famille est bien senti. Josiane Balasko est particulièrement formidable. Elle a vraiment tout d'une maman. Pleine de subterfuges pour rejoindre son amant au point de passer pour une vieille folle séniel auprès de ses enfants, elle est responsable de quelques scènes d'anthologie dont celle du diner ou de l'apéritif qui rappellent Le Diner de Cons.

C'est un film assez touchant. On pourrait même dire qu'il est assez réussi mais encore une fois cela ne va pas jusqu'au bout, à croire que les Français (ou Eric Lavaine) ont peur de l'ambition ou je ne sais quoi. Il manque pas grand chose pour que ce soit une comédie incontournable.

On ne s'en relévera pas la nuit mais on y repensera comme une bonne vieille tarte picarde.

AVIS AUX AMATEURS

Avec Josiane Balasko, Alexandra Lamy, Mathilde Seigner et Jérôme Commandeur - Pathé - 1 juin 2016 - 1h30

Julieta

Almodovar revient à ses premiers amours: les femmes,les femmes et les femmes!

Alors les hommes n'ont qu'un second rôle dans ce nouveau drame. Ils n'ont pas beaucoup de chance. Ils sont lâches, dispensables ou morts. Il y a un père qui se réconforte avec le jeune femme venue soigner son épouse gravement malade. Il y a un écrivain qui manque de caractère. Trop taiseux. Il y a aussi un amant, pêcheur taciturne et sexy, qui sera responsable de l'étrange relation entre Julieta, professeur indépendante, et sa fille, Antia.

On ne va trop dévoiler le scénario. Comme toujours, Almodovar féminise les théories du film à suspense, un peu à la manière d'Alfred Hitchcock. Il y a une tension sourde et des mystères sombres. Très vite, l'attitude de Julieta devient l'enjeu de tout le récit, qui peu à peu, va nous livrer des secrets inavouables, des pièges existentiels et des réalités cruelles.

Almodovar est moins excentrique que d'habitude. Bien entendu, il a toujours un amour pour les références artistiques, le design prononcé et les costumes quasi baroques. Mais on est marqué par sa grande sobriété. Cette fois ci il semble vouloir aller à l'essentiel: ce qui de Julieta, son mélodrame le plus âpre.

On ne dira rien sur l'intrigue mais on sort bizarrement sonné. Les rapports humains deviennent des rapports de force. Il n'y a pas grand chose à sauver. La solitude est presque un refuge. L'esthétisme s'estompe pour laisser sortir la noirceur des sentiments et Julieta s'engouffre dans une introspection douloureuse et nécessaire.

Heureusement cela reste très romanesque. Les femmes sont incroyablement belles et nobles. Le quotidien est transcendé par l'élégance d'une mise en scène toujours élégante. Car derrière le mélodrame, on ressent toujours l'amour du cinéaste de Tout sur ma Mère: pour les femmes et pour le cinéma. C'est ce qui fait de lui un grand réalisateur!

Avec Emma Suarez, Adriana Ugarte, Daniel Grao et Inma Cuesta - Pathé - 18 mai 2016 - 1h39

De l’autre coté du Miroir

Suite temporelle et colorée du fameux pays merveilleux qui a apporté le plus gros succès de Tim Burton!

Une fois de plus, il y a toutes les inventions graphiques, les belles images, les très jolis costumes et les décors sublimes. Même si certains passages sont kitsch, sur l'ensemble, on retrouve vraiment le style Wonderland voulu par Burton. On a également en un rien de temps changé de réalisateur. Burton reste producteur. On retrouve néanmoins Johnny Depp qui ne joue pas toujours son rôle de Chapelier Fou...

Et bien rien n'y fait! Comme dans le précédent volet d'Alice, l'émerveillement d'exception auquel on s'attend, n'est toujours pas au rendez vous. L'émotion encore moins! Ca reste très téléguidé. La caméra, virtuose, ne prend pas de risque. Et on est trop souvent dans le film pour enfants. Ce que je regrette vraiment beaucoup!

On s'ennuie un peu et on se perd complètement dans cet espace intemporel: le temps est tout l'enjeu du film. ici chaque minute et chaque seconde comptent. Le spectateur a le temps de les compter. Notre pauvre Alice peine à se remettre dans le bon espace temps. Laborieusement, avec tous ses compagnons de fortune, elle va tenter le tout pour le tout.

Heureusement l'exquise et diabolique Reine de Coeur (toujours épatante Helena Bonham Carter) n'est pas loin parce que sans elle, nous serions sans doute coincés dans les rouages du sommeil, à la dernière minute avant l'heure du thé!

Avec Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter et Sacha Baron Cohen - Disney - 1er juin 2016 - 1h50

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