The Color in anything

Il a la mêche comme il faut. Il porte le petit t.shirt sans forme. Il a un petit look frêle. Il a un air introverti. Il est pourtant le chouchou de la presse avec ses chansons modernes et tristes. Pour accompagner la pluie…

James Blake a tout du timide brillant. Il a de la suite dans les idées et des envies d’ailleurs. Il s’évade avec quelques sons électro et une voix délicate. Surnommé “Prince de la vallée du vent”, James Blake a réchauffé les coeurs avec un album frais, Overgrown en 2013. Il a connu un beau succès et récupéré le Mercury Prize, récompense grandiose au Royaume Uni.

Donc inutile de vous dire que le garçon était attendu au tournant avec son troisième album. Une fois de plus il joue sur la mélancolie contemporaine. La pochette fait penser plus à Nick Drake qu’à un petit génie du bidouillage. Pourtant une fois de plus, il démontre sa science des montages sonores.

Reconnu, il a désormais des copains célèbres qui viennent collaborer. On croise donc dans son disque des personnes différentes comme Franck Ocean ou Bon Iver. On se dit que le jeune chanteur porte la solitude comme un fardeau mais cette fois ci, le producteur des Red Hot et légende américaine, Rick Rubin participe à la production.

Est ce que cela change beaucoup de choses? Non pas vraiment. Les points forts sont là: James Blake réussit toujours aussi bien à écrire des titres tristes avec des moyens modernes pour nous embrouiller dans de belles émotions et de spectaculaires morceaux soul, quasi futuristes. Sa voix est incroyable.

Mais elle se métamorphose sur 76 longues minutes. Certes elles sont denses ces minutes car Blake est en recherche permanente. Mais l’ennui pointe aussi le bout de son nez à force d’expérimentations. Sorti sans prévenir, cet album abonde de générosités en tout genre et ca finit par être un peu usant.

Sa passion pour la musique quasi abstraite, au croisement de tous les styles, finit par englober dans ce disque tout et rien. On est parfois agacé. Parfois fasciné. Le disque ne laisse pas de marbre. C’est déjà ça. Mais effectivement, sa couleur n’est pas assez définie. Et donne une impression de fadeur. Bizarre après 76 minutes d’efforts!

Polydor – 2016

Auteur: Pierre Loosdregt

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