xXx Reactivated

Dans la famille suite qui ne sert franchement à rien mais qui peut bien faire rigoler, le troisième xXx est une bonne pioche.

Vin Diesel va bien. Il prend de l’âge et continue ses séances de musculation pour assurer dans l’éternelle saga motorisée Fast & Furious. Il s’empatte mais continue de jouer les gros durs avec sa grosse voix et son crane finement rasé.

Il rentabilise tranquillement ses franchises et ressuscite son personnage d’agent secret adepte des sports extrêmes pour les besoins de xXx, films d’espionnage ringards et mal foutus. Comme à son habitude, il se vautre avec une certaine élégance dans la beauferie la plus totale.

Mort dans le second volet pour laisser le rappeur Ice Cube tout casser à sa place,  il renait de ses cendres pour foutre la raclée à des mystérieux voleurs qui font du karaté et rebondissent un peu partout…

Il a l’air d’un beau parleur mais en fait, il est capable de détricoter un complot mondial avec son charisme de grosse patate yankee et faire jouir toutes les femmes simplement en les regardant. Il est comme ça le fameux xXx !

Il n’a peur de rien. Parce qu’il a une grosse voix et un crane finement rasé. C’est Pascal Brutal en live ! Il s’imagine en super mac qui adore faire des trucs extraordinaires comme faire du ski dans les arbres ou de la moto sur la mer. Le scénariste (celui de La Chute de Londres c’est dire) a visiblement pas mal d’imagination pour que notre homme fasse le beau.

Mais laisse l’histoire de côté. Il préfère les vannes toutes pourries qui semblent s’échapper d’un mauvais film d’aventures des années 80. Il invite un footballeur pour rentrer un peu plus dans la beaufitude. Il donne quelques pépètes à des acteurs prestigieux pour qu’ils se paient des vacances (Samuel Jackson et Toni Collette). Il justifie l’impossible avec une feignasserie sans nom.

D’ailleurs tout le monde devient adepte du farniente. Les cascades sentent le déjà vu. Le réalisateur filme cela comme un vieil épisode de l’Agence tout risque. Il arrive même à rendre moche des jolies actrices. Et les effets spéciaux sont pour le moins… spéciaux. Bref, on conseille à Vin Diesel de désactiver rapidement cette franchise sans intérêt, sauf si vous aimez les trucs industriels surréalistes !

Avec Vin Diesel, Toni Collette, Deepika Padukone et Donnie Yen – Paramount – 18 janvier 2016 – 1h47

La Grande Muraille

Matt Damon contre les chiens de l’espace ! Tout un programme !

En tout cas c’est le concept fort de La Grande Muraille, entièrement construite par des Chinois mais à la gloire de la star américaine, qui veut pénétrer le marché asiatique : il devrait y arriver avec ce film complètement barré, un peu baclé et qui frôle le grand n’importe quoi !

Donc Matt Damon est un mercenaire qui se fait poursuivre par des Mongols et qui se retrouve coincé devant la Grande Muraille de Chine. Comme il tire avec son arc comme Robin des Bois, il intrigue toute l’armée qui réside là bas et qui a d’autres soucis à se faire !

Les chiens de l’espace ont débarqué. Tous les soixante ans, la meute verte et gluante vient croquer des soldats. Heureusement notre héros aux yeux tout ronds visent juste et fait l’admiration d’une belle générale et tous les militaires chinois.

Il va donc sauver l’Empire et apprendre la politesse aux grosses bestioles venues d’ailleurs. Niveau scénario, on peut imaginer qu’on ne pourra pas voir plus barré mais c’est sans compter sur la virtuosité légendaire du cinéaste Zhang Yimou. Auteur de films d’auteur dans les années 90, le réalisateur a visiblement fini par accepter la ligne du parti et sert de tout son talent un spectacle sino-américain d’un autre monde !

On a de quoi être déconcerté ! Finalement armé d’un solide second degré, tout cela est franchement amusant. Ca ne casse pas des briques (pardon c’est facile) mais on hallucine tellement devant le scénario (écrit par des pointures d’Hollywood) qu’on est happé dans cette bataille avec effets spéciaux indigents et grosses ficelles ringardes (pauvre Willem Dafoe). C’est une tentative joliment raté de faire plaisir au public asiatique.

Avec Matt Damon, Jing Tian, Pedro Pascal et Willem Dafoe - Universal – 11 janvier 2017 – 1h44

Peace Trail

Après Simple Minds et Sting, on continue notre "spécial jeunes" avec Neil Young qui réalise des disques tous les six mois et n'en finit plus de chanter ce qui lui passe par la tête. Heureusement pour nous, il en a dans la caboche!

Après un drôle de live, Neil Young sort encore un disque. Le crépuscule de la vie a rendu créatif un héros du rock, qui n'a jamais démérité. Il a bien sûr connu des hauts et des bas. Mais Neil Young n'a jamais faibli par sa curiosité. Si on fait le bilan, le monsieur n'a pas fait du rap mais il a touché à beaucoup de choses.

A la différence de beaucoup de papys du rock, Neil Young expérimente et s'amuse beaucoup. Ce n'est pas toujours de très bon goût mais dans l'ensemble, le Canadien a une certaine rigueur et conserve une verve plus qu'impressionnante après une si longue et tourmentée carrière!

Donc entre son propre réseau de streaming musical, ses tournées ou l'écriture d'un nouveau livre, le septuagénaire livre un Peace Trail, inattendu et rapidement réalisé. Une petite semaine de rock pour Neil Young avec les vétérans Jim Keltner (batteur pour Elvis et Dylan) et Paul Bushnell. En quelques jours ils pondent dix titres qui ressemblent beaucoup à Neil Young.

Ca peut être très beau et parfois, cela frise la nonchalance. Un peu à l'image de cette pochette qui ne ressmeble à plus grand chose. Neil Young a toujours ses combats et défend la bonne cause avec sa voix si particulière qui résiste au temps.

Il tente des trucs bizarres comme My New Robot comme il respecte la tradition avec des compos folk simples et juste comme Texas Rangers. Une de ses chansons se nomme Can't stop workin'... on sait déjà que dans quelques mois on devra recommencer à travailler sur un papier sur Neil Young, sa prolifique activité, son extraordinaire longévité, son grand talent qui continue de briller malgré tout sur ce drôle d'album rapidement exécuté.

Reprise 2016

Arrête de sourire tu m’agaces, n’oublies pas de faire la gueule !

En ce moment mes chers amis, mes chers lecteurs, mes petits lapins, mes fidèles abonnés, vous tous mes fans, vous mes détracteurs, vous mes rieurs, vous tous mes frères, vous toutes mes sœurs, amen, ce n’est pas le froid, glacial je vous l’accorde, et moi perso quand il fait froid je ne sens plus mon petit orteil droit, chacun son truc, qui nous lamine la peau les cils les doigts, mais, si l’on en croit, matin et soir, midi et nuit, de par nos yeux, de par nos oreilles, de par nos tous nos sens, ce que nous entendons, lisons, voyons, à travers tous les pores de l’épiderme médiatique, à travers chaque écran, chaque imprimé, chaque onde…oui, nous sommes frappés d’un mal bien plus grave que le froid !!!

Oui, oh que oui, je ne voulais pas y croire, car moi je suis heureux, mes parents ne voulaient pas y croire, car ils se disaient heureux, ma sœur, au loin au Canada, ne voulait pas y croire, car elle dit à qui veut l’entendre qu’elle est heureuse, ma grand-mère, 88 ans, ne voulait pas y croire, car elle aime à dire qu’elle est heureuse et qu’elle a eu une drôlement belle vie, mes amis, en soirée, faisaient-ils semblant, trempaient-ils finalement leurs lèvres meurtries de mensonges et de faux semblants dans l’alcool, juste pour me faire croire jusqu’au petit matin qu’ils étaient heureux ; cet enfant croisé l’autre matin au détour d’une rue, plié de rire, son père aussi, ses esclaffements traversant les murs du bureau de tabac voisin, à en faire plier de rire à leur tour tous ses occupants, mentait-il lui aussi, portait-il un masque rieur à l’instant même où au plus profond de lui, il hésitait déjà, du haut de ses 4ans, entre la corde et le gaz ; tous ces gens, la tête haute et les mains enlacées, déambulant samedi dernier à travers toutes les villes de province, à chercher la bonne affaire, à profiter des -50% sur un inutile bijou, juste pour le plaisir, étaient-ils eux-aussi, malgré la carte bleue frissonnante, parfaitement conscients, que tout ça n’était que leurre, n’étaient que faux rires, n’était que dissimulation juste parce que j’étais là, pour me tromper, détourner mon regard positif à l’égard de la vie ; comme cette BMW qui m’a encore doublé hier soir, puis une Audi, puis un 4x4 Nissan, puis une 3008 toute neuve, sur une route de campagne de la Sarthe, pas à Boulogne-Billancourt, non non, dans la Sarthe, n’était-ce pas là les parfaits camouflages de mobylettes trafiquées car, comment, en période de crise, de récession, de guerre, de terrorisme quotidien, peut-on s’acheter de telles voitures !!! AHahahahahaha, on ne m’y prend pas.

Car oui, je ne suis pas fou, je ne suis pas crédule, je m’informe moi madame, je ne me laisse pas prendre par les bons sentiments, par les sourires familiaux, par les rires des amis, ou par ceux des enfants, par les attroupements dans les magasins, par les paquets cadeaux qui dégueulent du caddie, par les cartes postales de sport d’hiver, par les crédits pas chers, par ces jeunes cons de startupers qui veulent développer l’avenir et générer des richesses nouvelles en ouvrant le monde devant eux et devant nous, pas plus apitoyé je suis par les mariages heureux, par les naissances joyeuses, par la jovialité des stades, de l’engouement zizanique des publics de spectacle et de concert qui n’ont jamais été aussi nombreux et chantants !

Ah ça non, moi madame, j’ai regardé tous les débats aux primaires, celles de droite, celles de gauche, plus les autres, les citoyennes, les écologistes, et puis toutes les soirées électorales, avec les débats qui vont avec, et tous les mecs en cravate l’ont dit, alors du coup, je me suis nourri 24/24 de tous les instants médias, des matinales radiophoniques, des matinales BFMesques, des 13h pernaultisés, des 20h, des flashs, des breaking news, des interviews, des unes de magazines, et oui, ils sont tous unanimes, c’est la crise, c’est la guerre, c’est la fin, enfin presque, alors arrête de sourire, tu m’agaces, tu nous fatigues, tu peux pas faire comme tout le monde, faire la gueule, être aigri, être anti tout, être pour rien, contre tout, détester l’autre, faire semblant d’être compatissant sur la faim dans le monde, alors que seule ta tronche compte, que quand il t’arrive quelque chose d’heureux, plutôt que de t’en réjouir tu as le devoir de porter un masque sombre ; ne vois tu pas, tous ces gens dans la rue, les brouettes pleines de billets qui ne valent plus rien, tous ces enfants qui vont à l’école nus, faute de frics, qui courent pieds nus sur l’asphalte, toutes ces centrales électriques qui ont cessé de fonctionner il y a déjà des années, c’est pour ça que t’as plus de chauffages, plus de portables, plus d’écran, plus rien ; ne vois tu pas, tous ces quais de gare vides, sans voyageurs, tous ces aéroports aux tarmacs sans avions, sans vols vers ailleurs, plus les moyens, plus rien ; n’entends tu pas, tous les soirs, ces bombardements sur Evreux, sur Toulouse, sur Marseille, sur Rennes, tous ces chars qui traversent ta ville ; ne croises-tu pas tous ces hommes habillés d’une simple peau de bête, prêt à violer tes nièces, prêts à te faire la peau, car oui, c’est la jungle, le retour à l’âge primaire, quasi de pierre, quasi sauvage, quasi tous des loups, la loi du plus fort, car oui, il n’y a plus de tribunal pour te défendre, plus de sheriff dans la ville, plus de magasins aux rayons fournis, car leurs allées sont vides, plus personne n’y passe, le cannibalisme s’annonce !!!

Aux détours d’un feed Facebook, je voyais les photos vue d’une fenêtre sur une montagne magnifique avec un « bien arrivé aux sports d’hiver », suivi sur cette même page de la même personne d’un « une vidéo qui nous fera rire en période de crise »…tien donc…la voilà la vérité, le voilà le sens des choses, même quand tout va bien, ou du moins pas si mal, pour une majorité, pour beaucoup, petits et grands, il convient d’être triste, il convient de faire la gueule, il convient d’avoir peur, peur de quoi, sombre con, peur de toi, peur d’avoir peur, peur d’être toi, préférer s’effrayer d’un petit rien, d’un événement qui ne te concerne même pas, toi bien au chaud, parce que tout le monde dit qu’il n’est pas tendance d’être heureux, alors de flip de trouilles, impalpables, intangibles, sans même le moindre exemple dans ton quotidien, tu aimes à dire que t’as peur de l’avenir, même quand t’as 95 ans, que t’as peur du futur, même quand t’as 18 ans, alors que c’est à toi de le construire, ce futur, ce destin, avance bordel, quand on pisse dans son froc on n’a pas chaud longtemps. J’ai une bonne nouvelle pour toi, en fait t’es heureux, en fait t’es bien, en fait t’es en France, en fait y’a pas la guerre, en fait le supermarché est ouvert jusqu’à 20h et ses rayons son pleins, en fait elle marche la centrale électrique, et c’est même grâce à ça que tu peux brancher ton portable et mettre des conneries sur les réseaux sociaux, en fait si tu veux un job, faut juste être heureux, parce que le mec qui va te payer, c’est sa vie sa boite, et le fait de voir un gars tous les matins faire la tronche, jamais heureux, jamais content, bah oui, il va en prendre un autre

que toi à force, faut juste se sortir un peu les doigts, voir ce que toi tu peux apporter à la Société, pas perpétuellement ce que la Société peut t’apporter, tu lui reproches de se laisser aller, d’être moins sexy, mais t’as pris 15 kilos, tu lui en veux, à la Société, de ne plus mouiller comme avant, mais toi t’arrives pas à bander, comment veux-tu l’exciter. Alors avance, arrête de gémir, bouge, réfléchis par toi-même, voyage, même avec rien, sors de ton trou, sors de ta bulle, sors de ton terrier, tu vas voir, dehors il fait beau, il fait un peu froid, ok, mais déjà il fait beau.

Avance, arrête de faire la gueule, tu m’agaces, et n’oublies pas de sourire, s’il te plait.000000000000000000000000000000000000000000

Allez, j’t’embrasse.

57th & 9th

Après des années égarés dans la musique, Sting revient au rock. Mais peut il encore rentrer dans son jean et ses baskets?

Sting a fini sa crise mystique: c'est fini le lyrisme, les violons, la celtitude, Mylene Farmer et la musique classique. Il s'est rasé sa barbe de vieux lord Anglais. Il ne s'habille plus en costard de gala. Il retrouve ses racines. La rue. Il donne même l'adresse exact, tellement il veut nous montrer qu'il revient vers le peuple et surtout le rock.

Certains ont espéré que ce serait un retour Punk, avec toute la vitalité juvénile de Police! Sérieusement, on est très loin de ça. Il a certes un jean et un blouson en cuir mais Sting n'a jamais été un gros rebelle. Il fait parti des créateurs de l'affreuse appellation pop/rock qui fait le bonheur des radios.

C'est donc du rock poli, présentable et bien peigné. C'est savamment exécuté. Il est vrai que Sting sait écrire une chanson qui va venir se scotcher dans la mémoire, que vous l'aimiez ou non. Il y a quelques réussites dans son nouvel effort.

Mais ca ressemble encore un peu trop à un consensus un peu, très politiquement correct avec des refrains faciles et des thèmes bien pensants. Néanmoins le charme de Sting agit. Le temps n'a pas de prise sur lui: il est toujours ce jeune musicien passionné par son art. Il ne fait pas la nuance mais il a encore la Foi et c'est tout à fait respectable.

Même si on n'est pas convaincu par ce petit dernier, Sting montre qu'il est loin de tout cynisme. Il vit sur sa planète rock star, entre Bryan Adams ou U2. Un rockeur qu'on ne peut pas détester, voilà ce qu'il est. Un disque qu'on arrive pas complètement à apprécier, voilà ce qui est!

A&M - 2016

Chanson d’actu: jour d’election à gauche

If You Lived Here, You Would Be Home by Now

Les Black Crowes ne volent plus en ce moment. Mais Chris Robinson se révèle très prolixe avec sa fraternité de poilus et amateurs de rock fumeux. On fait comment pour rentrer?

Parce qu'il y a quand même une bonne ambiance dans les disques de ce groupe monté sur les envies psychédéliques de l'ancien mari de Kate Hudson. Lui, son regard ne trompe pas: il ne fume pas que des cigarettes mais ca lui permet visiblement de trouver l'inspiration avec ses nouveaux amis, assez doués, il faut le dire.

Il s'agit là donc de la suite directe du précédent disque sorti il y a quelques mois: les titres sont tirés de la même session de fumette et d'improvisations. Le quatuor n'est pas dans le délire vaporeux mais plutôt dans un blues évaporé, qui n'a pas peur de s'étirer.

C'est pas mal mais ca ne change rien à la surface du rock pur et dur, poussiéreux du sud. Ils soignent les arrangements et il faut avouer que l'ambiance de saloon a réellement son charme. D'autant que ca ne dure que trente minutes ce qui n'est pas un mal à une époque où les albums sont souvent trop longs.

Les morceaux sont peu nombreux mais nous promènent dans l'imagination fertile de la fraternité de Robinson. On est bel et bien dans un bayou illuminé par la fée électricité et quelques pétards joyeux pour rendre la fête la plus éclatante possible.

De toute façon, après un album précédent convivial, on se sent désormais comme à la maison. C'est tout confort et on ne peut pas dire que ca nous dérange les quelques faiblesses de l'album. Robinson se fait plaisir et partage au maximum sa joie. Autant de générosité ne mérite pas trop de critiques.

Silver arrow records - 2016

Les primaires des primates, Théâtre des deux ânes

Allez rire pour fêter les 100 ans d’un lieu mythique. Le théâtre des deux ânes offre un spectacle hilarant à la hauteur de leur jubilé ! Jubilatoire !

Qu’il est bon de vivre en France où l’on peut rire de nos politiques. Si bon de rire de ceux qui semblent si peu rire d’eux-mêmes. Rien de tels que les chansonniers pour ramener sur terre les égos les plus surdimensionnés et tourner en dérision même les plus sérieux.

Avec leur humour cinglant et leur ton incisif, Jacques Mailhot, Michel Guidoni, Florence Brunold, Gilles Détroit, Jean-Pierre Marville et Emilie-Anne Charlotte se succèdent sur scène avec des numéros bien rodés. Des jeux de mots bien trouvés, un sens de la dérision remarquable. Chansons, sketchs, scénettes à caractère politique et sociétal. Ils ne reculent devant rien pour faire rire. Nos chers politiques, des anciens aux actuels, en prennent tous pour leur grade. Pas de jaloux. Toutes les oreilles doivent siffler à l’Elysée, comme à Matignon ou la Mairie de Paris.

La salle éclate de rire. Même les blagues misogynes font rire. Tout y passe : les impôts, Stéphane Plazza, les vies publiques et privées des ministres, leurs traits animaliers, leurs boulettes, l’alternance. Il y a tellement de quoi rire, il faut dire. Tant la surmédiatisation des hommes et femmes à la tête de l’Etat nous sert des gaffes et absurdités sur un plateau au quotidien.

Mention spéciale à Michel Guidoni et ses imitations hilarantes. Et à Gilles Détroit à l’humour corrosif. On ne remplira plus sa feuille d’impôt pareil après avoir vu son sketch. On n’appellera plus son neveu à la rescousse pour un problème de connexion internet.

100 ans de scène ce n’est pas rien sur Paris ! La salle est bien refaite et le spectacle surfe sur les thèmes d’actualité. Reste à trouver deux-trois astuces pour rajeunir le public. Le spectacle est vraiment pour tous les âges. Surtout en cette année d’élections !

On sort non sans une certaine fierté de cet art bien français et on souhaite : Longue vie à la tradition des chansonniers!

Hôtel Feydeau

D’après Georges Feydeau, théâtre de l’Odéon

C’est toujours très difficile de s’attaquer à Feydeau. Un monument. Des textes qui font partie du patrimoine français. Un langage à la fois recherché et désuet, des mises en scène réglées comme du papier à musique. Un mécanisme parfait. On rit où il faut rire.

Autant dire que le scepticisme était de rigueur. Georges Lavaudant relevait le défi, mais comment s’en sortirait ce brillant metteur en scène ? Bien.Tout simplement, bien. D’abord parce qu’il aborde le travail de Feydeau d’une façon à la fois originale et respectueuse. Pas de n’importe quoi, ici, de comédiens vociférant en bleu de chauffe sur des balançoires pour Feue la mère de Madame.

Ce n’est pas la première fois que Georges Lavaudant aborde le vaudeville. Et Feydeau, il connait, puisqu’il a mis en scène On purge bébé en … espagnol en 2008.

Drôle, immensément drôle, le roi des quiproquos demeure actuel. Mais n’te promène donc pas toute nue, L’Hôtel du libre-échange, Le système Ribadier : ces histoires de mari cocu, de femme infidèle, de domestiques insolents sont intemporelles.

Il fallait toutefois trouver la réponse à une question : doit-on ou non garder les meubles et les costumes d’époque ?

Georges Lavaudant opte pour un entre-deux. Si les costumes des domestiques rappellent sans problème la fin du XIXe, ceux des autres personnages paraissent bien plus modernes. Si ce n'est un surprenant Louis XIV.

La scénographie est donc réussie : chacun des acteurs joue plusieurs personnages, danse et chante, se déplace, sourit, et n’en fait jamais trop. Sauf au début, où quelques phrases semblent un peu forcées, la diction un peu maladroite. Ah, un détail : à la fin du XIXe siècle, il n’y avait pas de bonnes à l’accent portugais en France. Elles étaient bretonnes.

Mention spéciale à Manuel Le Lièvre et André Marcon, très “feydaldiens”.

 

Théâtre de l’Odéon, jusqu’au 12 février

Place de l'Odéon, 75006 Paris

01 44 85 40 40

http://www.theatre-odeon.eu/fr

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