Hits with a twist

Il y a baucoup de musiciens dans le Grand Nord de l'Europe. Les vikings aiment le metal. Les Islandais font des bizarreries. En Finlande, on s'imagine dans les années 50 ou 60 et on s'amuse à imiter les ambiances lounge où l'on sirote des cocktails avec classe. Sympa!
Linear John vit à coté du Père Noel, en Finlande, grand pays enneigé dont on sait peu de choses. Il a en tout cas le goût de la fête. Mais il a peut être trop regardé Mad Men et ses capitalistes névrosés mais fort bien habillés. Linear John s'imagine inviter à un cocktail où il devrait animer la soirée dansante!
Il a donc écrit des chansons légères, à l'ancienne. Il a tout de même Beck comme référence donc sa vision du vintage a un certain reflet particulièrement moderne. Les Good Vibrations du musicien ne sont pas uniquement dues
à l'imitation du son des années 50.
Tout est suave mais il y a une petite intrusion de quelques bidouillages qui font du bien à entendre. Linear John fait un groove soyeux mais pas entièrement rétro. Comme Beck, il y a une fausse nonchalance qui s'exprime pour trouver une musicalité un peu différente que d'habitude. Linear John applique les standards d'une autre époque avec une orchestration beaucoup plus moderne qu'il n'y parait.
Il s'agit d'un disque qui cache des petits trésors de mélodies. Effectivement dans chaque titre il y a un petit twist pour se dire que l'on n'est pas dans la simple singerie. C'est un peu plus. Du travail bien fait par un artisan venue du froid et qui a bien la ferme intention de nous réchauffer!
Agogo records - 2016
The Birth of a Nation

Nouveau film sur l’esclavage aux Etats Unis. Nouveau film sans grande nuance et un peu trop maladroit pour nous emporter!
Le réalisateur acteur Nate Parker a du culot. Il ose reprendre le titre du film de DW Griffith, The Birth of the Nation pour dénoncer ainsi le racisme de ce film charnière de 1916. C’est osé mais pas sûr que cette nouvelle naissance soit aussi importante dans l’histoire du cinéma.
Car Nate Parker n’y va pas avec le dos de la cuillère. C’est un film juste car il dénonce le sort de Noirs des années avant la Guerre de Sécession. Le rappel est louable et le film nous éprouve avec quelques séquences chocs !
Mais hélas, le scénario est sans grande surprise. On suit Nate Turner, un noir qui sait lire et qui va devenir un pasteur pour tous les esclaves de Virginie. A force de voir les souffrances des esclaves, il va se révolter.
C’est donc une sorte de Braveheart dans le Sud des Etats Unis. On s’ennuie ferme car la narration empile les scènes attendues. On est évidemment traumatisé par le quotidien ignoble des esclaves. Il y a des types réellement affreux et ils sont capables de choses horribles. Mais c’est présenté sans aucune nuance. Seul le personnage joué par l’excellent Armie Hammer a quelque chose de troublant.
Autrement on baigne dans un manichéisme qui finit presque par desservir le propos puisque l’on comprend mal la soif inouïe de vengeance qui réveille le pasteur, humble durant une très grande partie du film. On se demande si on n’a pas perdu quelques minutes au montage.
La reconstitution est admirable. Les décors sont puissants ainsi que les seconds rôles mais franchement on finit par s’ennuyer alors qu’on devrait partager l’envie de révolution. La mécanique du récit est trop connu pour que le film nous éclabousse de sa colère.
Néanmoins, la piqure de rappel n’est pas inutile par les temps qui courent. Les actualités le prouvent tous les jours. Nate Parker a du culot mais pas sûr qu’il ait du talent !
Avec Nate Parker, Armie Hammer, Penelope Ann Miller et Mark Boone Junior – 20th century fox – 11 janvier 2017 – 1h50
Assassin’s Creed

Quelqu'un va t il un jour avouer aux producteurs de cinéma, qu'une adaptation d'un jeu vidéo sur grand écran n'est vraiment pas une bonne idée? Une preuve supplémentaire avec le mystico pas rigolo Assassin's Creed.
Charlotte Rampling et Jeremy Irons sont la caution européenne et bizarroïde de l'adaptation de la saga d'Ubisoft. Marion Cotillard est l'actrice bankable. Michael Fassbender lui est la grosse machoire qui va virevolter dans le ciel pour les besoins d'un scénario qui va bien nous faire marrer.
Ce qui est bon sur un ordinateur ne l'est pas forcément pour un long métrage. Assassin's Creed a un concept sympa avec ce combat entre les Assassins et les Templiers, qui se disputent en gros le sort du Monde. Tout simplement. Là dessus on ajoute une dose de sf avec le code génétique du libre arbitre (en gros les Templiers veulent le supprimer et nous coller devant les chaines d'info en continu) et des explications scientifico-fumeuses qui justifient une ambiance high tech et froide.
Cela justifiera aussi les interprétations sans fond de tous les comédiens. Assassin's Creed ne veut froisser personne donc il reste dans une zone grise et ne joue que sur de simples références aux jeux vidéo et quelques films mais rien de plus rien de moins.
Tout est sous contrôle et justement cela ennuie profondément. Justin Kurzel, réalisateur de MacBeth, avec Cotillard et Fassbender, semble vraiment s'amuser dans les scènes d'action au fin fond de l'Andalousie. Là, le film se lache un peu. Mais on voit surtout des types en pyjama qui disent plein de sentences mystérieuses et attendent comme nous, les morceaux de bravoures, qui pourraient plaire aux fans du jeu vidéo.
Mais comme Warcraft récemment, toute la mythologie s'écroule, une fois posée sur la pellicule! En plus l'absence d'humour déconcerte. Là où le recul aurait nécessaire pour revoir tout le concept, le film se prend pour une réflexion pure sur l'existence et franchement, avec un scénario de série B italienne (ou espagnole),c'est obligatoirement décevant.
Bref, si vous voulez voir Fassbender serrait les dents, voir des "yamakasis qui font l'Espagne" et si vous voulez payer les impots du sympathique Jeremy Irons, alors allez voir Assassin's Creed, le film qui tue juste le bon goût et les envies de séries B.
Avec Michael Fassbender, Marion Cotillard, Jeremy Irons et Brendan Gleeson - 20th century fox - 21 décembre 2016 - 1h45
Sound the Charge

Du gros son pour se réchauffer, il n’y a rien de mieux !
D’ailleurs le quatuor de The HOST grille ses accords parfaits sous le soleil de Marseille. Mais leurs influences ne sont pas du tout méditerranéennes. Il faut traverser l’Océan Atlantique et aller tout droit vers Seattle.
Evidemment le grunge a marqué les quatre barbus. Mais il y a aussi le puissant son sorti d’une Californie en chaleur qui a fait le style flamboyant de Queens of the Stone Age. C’est vraiment du coté du Pacifique qu’il faut chercher l’inspiration de ce groupe ambitieux. Et juste pour ça, on les aime beaucoup.
Car ce n’est pas une pale imitation. Ce que l’on entend dans leurs riffs rageurs et les arrangements costauds, c’est de l’authenticité. Ils vivent un rêve et leurs chansons sont une invitation à une sorte de songe ou de fantasme très américain.
Aidé par l’ancien leader des Posies (groupe grunge qui a connu son petit succès au début des années 90), Ken Stringfellow, The HOST monte le son à fond et nous régale de morceaux virils et corrects. C’est une vraie chevauchée fantastique.
Ca ne fait pas forcément dans le détail mais c'est du bel ouvrage, car la volonté se ressent à chaque titre. C'est virevoltant. Le travail sur les voix et les harmonies possèdent tout le charme des productions bien 'ricaines. Mais cela fait toute la différence. Ils jouent ensemble et cela s'entend. Mieux c'est un disque qui s'écoute et se réécoute. Les Marseillais ont bien intégré et digéré toute l'essence du Stoner et des sons rock populaires dans le bon sens du terme. L'assaut est lancé!
Modulor - 2016
Laborde s’en va comme une Météo RIP !

Ah bah voilà, patatra, elle démarrait plutôt pas mal pourtant cette année 2017, pas d’attentats à Paris, même si c’est à 360km de chez vous, pas d’augmentation notable de la baguette tradi pas trop cuite, des examens médicaux nickel chromes d’après votre généraliste que vous avez été voir par acquis de conscience comme la tradition vous l’impose depuis près de 88 ans, tout le voisinage qui vous a souhaité ses bons vœux et la santé parce que c’est important la santé, même la connasse du 5ème qui passe l’aspirateur au moment de Motus pour bien vous taquiner, « Plus belle la vie » qui repart pour une 20ème saison, Tex toujours fabuleusement drôle avec ses imitations du Suisse grognon, vous vous étiez même habitué au petit Samuel Etienne qu’a pris la place de Lepers et que ça vous avez rendu très très mécontente à l’époque, les inoxydables Romejko, Bertrand Renard et autre Arielle toujours à bloc dans la fanfaronnade dans les « Chiffres et des Lettres », ah non de non, ah que oui que oui, il était pourtant bien engagé ce karma saison 2017 !
Et puis vlan donc, patatra donc, voilà pas que Catherine Laborde annonce un soir de janvier, dans les tous premiers en plus, qu’elle quitte la météo pour, je cite, laisser la place aux jeunes !!!
Non mais où allons nous je vous le demande !
Bien sûr, vous n’êtes pas dupe, ah ça non, en ouvrant le France Dimanche d’il y a 3 jours, vous aviez vu le gros titre « Catherine Laborde : Victime d’un odieux chantage ! », comme d’habitude dans ledit journal, le contenu de l’article n’avait aucun rapport avec le titre, il n’y avait rien de rien de rien qui laissait présager un « odieux chantage », mais quand même, faut pas vous la faire à vous, vous en avez vu d’autres, et on ne vous fera pas croire que l’émergence de ce jeune gauchiste de Macron ou encore que le départ de l’autre noir là qu’est président des Etats-Unis, Obama j’sais pas trop quoi là, n’y sont pas pour quelque chose !!!! Bien sûr, d’après vous, des pressions du CIC, sponsor de la météo depuis 20 ans, et dont le slogan « La banque d’un monde qui bouge », pour justement faire changer bouger Catherine Laborde ne sont pas à exclure, comment vous donner tort ! AH ça non !!!
Même Marie-Guilaine Foissart, votre partenaire de double à la belotte tous les mardi et les jeudi à la salle communale, partage cette opinion depuis que son petit-fils, pourtant si sérieux, s’est fait rétrograder de conseiller à guichetier dans ladite banque, après avoir soi-disant détourné l’ensemble du stock d’agendas cuir normalement réservés aux dirigeants d’entreprises, qui pourtant ont troqué lesdits agendas pour des tablettes et des smartphones depuis des années, pour les fournir en douce à votre club de belotte !!! Ah ça non, vous n’êtes pas dupe !
En plus, comme par hasard, elle quitte la météo tout début janvier en annonçant un redoux, avec du grand beau pour les premiers jours du premier mois de l’année, elle annonce son départ, et voilà pas qu’on prend 10 degrés de moins dans la tronche, que ça oblige à augmenter le chauffage, y compris celui de l’ancienne chambre bleue du rez-de-chaussée au cas où les enfants passeraient, et bien sûr au final ça va faire des frais, on voit d’ici la future facture de l’EDF-GDF à cause de ça, et qui qui va payer ! hein je vous le demande, à ça c’est sûr c’est pas Monsieur Hollande et ses amis, ah ça non, c’est bien vous ! ah ça oui !
Pis, un été vous aviez lu un article très détaillé dans Télé-Loisir (source TeléLoisir du 15 aôut 2015) sur les secrets de la minceur de Catherine Laborde, où elle expliquait qu’elle faisait très attention à ce qu’elle mangeait, tu penses bien que le lobby des présentatrices girondes en vogue, les Damido, les Evelyne thomas, les Marianne James, copines des mecs de gauche comme pas deux, ça a du les rendre dingues, que ça a du passer des coups de fil à qui mieux mieux, à qui veut l’entendre, auprès des grands patrons, pour déloger Catherine Laborde, ça aura mis près de 18 mois mais elles y sont arrivées les garces !
Ah ça, c’est pas parce que vous êtes loin géographiquement de la vie parisienne, que vous avez jamais bossé, que vous avez votre carte du FN seulement depuis 4 ans, que vous n’êtes pas super au fait de l’actualité médiatique hors prisme des magazines télé, qu’on est capable de vous couillonner comme ça, en un tour de passe-passe cousu de fil blanc par les blancs bonnets et bonnets blancs du petit écran ! Parce qu’est-ce qui va se passer, bah je vous le donne en mille, tu vas voir qu’ils vont nous mettre un musulman ou une mulâtre à la météo, tout ça pour continuer à cirer les pompes des riches rois du pétrole du Qatar, ou alors une asiatique, ça ne vous étonnerait pas vu la quincaillerie de Mme Gougeard rue Thiers, ils y ont mis un restaurant chinois à la place, avec des jeunes bridés à sa tête qu’étaient même pas du coin et qui parle avec un accent qu’on comprend rien !
Alors une asiatique qui présente les anticyclones sans même trop savoir sa géographie, l’idée forcément a fini par faire son chemin, et après faudra pas se plaindre, et ça c’est pas nouveau que vous le dites, que les bons français bah ils auront plus qu’à aller chez l’ANPE pour avoir du chômage, si tenté que tous les arabes aient pas tout piqué avant ce qui reste !
Ah non vraiment, on vous sent bien énervée et on peut pas franchement vous donner tort, quand ça veut pas ça veut !
Allez, j’vous embrasse quand même !
Lobo de Bar

Bon dans le dernier article, on traitait de la musique comme une aire de repos pour vieux mélomanes. La musique c'est aussi la fiesta, le foutoir et la rencontre. Altermondialiste et alternatif, La Pulqueria va vous empêcher joyeusement de dormir!
Oui c'est vrai que j'ai du me déhancher sur un bon vieux titre de Beyoncé durant le réveillon. Très tard j'ai du faire la chenille avec quelques amis qui n'arrivaient plus à articuler les profondes paroles. Mais c'est aussi ça la musique: un moment de communion éthylique.
Pour poursuivre la fête, il suffit d'écouter un disque de La Pulqueria, un groupe de Valence qui se prend pour la Mano Negra et autres groupes sans frontières. Ils ont sacrément la patate! Mené par l'Huracan Romantica, un chanteur bondissant, La Pulqueria poursuit cette tradition d'un rock qui ouvre les écoutilles sur tous les styles avec l'envie de faire danser le Monde entier.
Ils sont donc généreux dans l'effort. 12 ans après leur premier disque, le groupe continue de faire chavirer un rock, entre les Pogues et Ska-P. Le coté latin va très bien avec un hard rock dégourdi et l'aspect festif, vivant et plaisant.
On finit épuisé à la fin de leur disque, en forme de bodega électrique. Mais ils font du bien au moral. On oublierait l'hiver, les clowns tristes et les mauvaises nouvelles qui nous agressent dans le journal. Un peu de légèreté ca ne fait pas de mal. On prolonge la fête.
Actua Music - 2016






