Gentlewoman, Ruby Man

Il a les cheveux raides. Un regard doux caché derrière de grosses lunettes. Un barbe bien fourni. Matthew E White a tout d'un hippy. Tout comme la jeune Anglaise Flo Morrissey, qui derrière ses cheveux raides et son regard doux, aime aussi chanter les belles utopies de l'existence.

Pour cela, les deux artistes se sont faits la playlist idéal avant de la rejouer ensemble. Il y a de tout. Leonard Cohen, Frank Ocean ou Nino Ferrer. Ca va au delà du simple hommage, sage et docile. Il s'agit réellement d'une réinterprétation.

Le duo a bel et bien l'envie de se réapproprier les accords des autres mais ne veulent pas se trahir. La voix féminine conserve ce charme sixties et l'homme réintroduit dans les années 60, une vraie modernité synthétique mais chaleureuse.

C'est un album étrange. On pourrait dire que tout cela est facile et un peu léger. Mais c'est exactement cela qui fait du bien aux oreilles. Et au moral! Les deux chanteurs aspirent les tubes dans leur ambiance rétro et accueillante.

Quand la chanson est trop connue comme le Grease des Bee Gees c'est un peu too much mais leur choix est judicieux et nous impressionne. Le disque devient un joli traité sur les vertus de la collaboration. Il y a du respect, de l'entente et leur musique s'apparente réellement à un dialogue.

C'est délicat. Les nuances réjouissent. La chanteuse et le musicien sont des épicuriens. Leur disque est une invitation au plaisir et à l'amour. Et cela redonne du sens à cet exercice mal aimé des reprises!

Glassnote - 2017

All Was Bright

Une batterie capricieuse, quelques bidouillages et une voix féminine qui vous fascine, Spectacular lives, le premier titre de All was Bright fait le job: vous happer pour vous emmener dans un monde pop où personne n'a peur de rien. Spectaculaire en effet!

Décidément cette citadelle du rock qu'est Rennes a encore une garnison de rock qui a fiere allure. Et les petits gars (et fille) de Bumpkin Island sont de redoutables chevaliers. Ils ont une haute idée de la musique et cela s'entend dès les premières notes qui annonce un disque éclairé comme l'indique le titre de l'album.

Ils ont dû beaucoup écouté Radiohead et ses expérimentations raffinées. Ils ont appris cette science rare de ne pas faire comme tout le monde, sans pour autant dérouter jusqu'à se faire rejeter. La musique de Bumpkin Island n'est pas sophistiquée mais elle se refuse à toute facilité pour que chaque instrument trouve sa place: une obligation d'être nécessaire! Les riffs et les refrains sont pensés et exécutés avec intelligence et finesse.

Il y a des cuivres qui réchauffent et font du bien. La voix caressante de Ellie James se marie idéalement avec les harmonies et les arrangements courageux de Thomas Poli. Les machines sont là mais apportent un léger soutien qui fera malgré tout la différence. C'est une vraie découverte.

Les Rennais enchaînent l'air de rien les morceaux de bravoure. Ils partent à l'assaut du monde de la pop avec leurs armes et leur courage. Ils bravent discrètement quelques interdits et font jaillir au fil des titres une atmosphère incroyable. Il y a un sentiment de liberté qui fait du bien à entendre en ces moments troubles où la politique veut construire des murs partout!

L'autre distribution - 2017

L’ascension

JE VIENS DEJA DE DEPASSER MON QUOTA DE FILMS FRANCAIS ANNUEL, MAIS UN APPEL AU SOMMET D’AHMED SYLLA ET J’EMBARQUE AVEC LUI DANS CETTE ASCENSION!

CE QUI AU DEBUT ETAIT LE RESULTAT D’UN PARI COMPLETEMENT DEBILE VA S’AVERER ETRE UNE VERITABLE BOUFFÉE D’OXYGENE POUR SAMY, EN QUETE DE LUI MEME FINALEMENT. SI VOUS VOUS ATTENDEZ A CE QUE AHMED SYLLA FASSE DU AHMED SYLLA , IL N’EN EST RIEN MAIS IL N’EN RESTE PAS MOINS UN TRES BON ACTEUR CONTRE TOUTE ATTENTE.

UN FEEL GOOD MOVIE INSPIRÉ D’UNE VERITABLE HISTOIRE, OU UNE BELLE LECON DE VIE A LA FRANCAISE, SUR LA PERSEVERANCE, ET L’ENVIE D’ALLER JUSQU’AU BOUT D’UN PROJET SANS AUCUNE BASE, QUI DONNE UNE AMBITION NOUVELLE A DES JEUNES EN DIFFICULTÉ.

UN FILM QUI M’A PLUS FAIT VIBRER ET VOYAGER QUE SON ALTER EGO AMERICAIN. ON Y VOIT BEAUCOUP PLUS DE PAYSAGES, QUI DONNENT VRAIMENT L’ENVIE D’EN DÉCOUVRIR PLUS, SUR TOUS LES VILLAGES RENCONTRES AU DETOUR DU PÉRIPLE ASCENSIONNEL. UN VOYAGE SAISISSANT ET SANS CONTESTE LE ROAD MOVIE QU’IL FAUT VOIR SURTOUT EN CETTE PERIODE HIVERNALE ET QUI A COUP SUR, RECHAUFFERA VOS COEURS DE PETITS HOMMES QUE NOUS SOMMES.

AVIS AUX AMATEURS

Avec Ahmed Sylla, Alice Belaïdi, Kevin Razy et Nicolas Wanczycki - Mars films - 25 janvier 2017 - 1h43

Il a déjà tes Yeux

TRES BONNE COMEDIE FRANCAISE QUI N'A QUE FAIRE DES PREJUGES ET C'EST LA TOUTE SA FORCE.

IL EST VRAI QUE DANS L'INCONSCIENT COLLECTIF, ON Y PENSE PRESQUE PAS A SES FAMILLES RECOMPOSÉES, ADOPTIVES OU MEME TOUT SIMPLEMENT MIXTES. LE DESIR D'UN ENFANT N'A PAS DE COULEUR, ALORS POURQUOI VOULOIR UN ENFANT QUI NOUS RESSEMBLE QUAND ON PEUT AVOIR UN ENFANT QUI RESSEMBLE A TOUT LE MONDE ?

LA OU LE FILM AMUSE, C'EST QUE LE JUGEMENT NE VIENT MEME PAS DES PARENTS NOIRS QUI N'ONT QUE FAIRE QUE LEUR ENFANT SOIT BLANC, MAIS DE L'ADMINISTRATION ET DE TOUT LE SYSTEME ARCHAIQUE QUI UN JOUR, APRES DE LONGUES ANNEES D'ATTENTE, SE DECIDE ENFIN A VOUS APPELER POUR VOUS PRESENTER UNE PETITE TETE BLONDE.

ET QUI PAR SOUCI DU DETAIL, SE POSE LA QUESTION DE LA DIFFERENCE ET DE L'ACCEPTATION. ALORS QUE DANS UN CAS EXACTEMENT SIMILAIRE OU DES PARENTS BLANCS ADOPTENT UN ENFANT NOIR, CETTE MEME QUESTION NE SE POSE PAS.

LES PERSONNAGES SONT SUPER BIEN TRAVAILLES, ENTRE L'ASSISTANTE SOCIALE PSYCHORIGIDE QUI VEUT TROP EN FAIRE, LE MEILLEUR AMI COMPLETEMENT ALLUMÉ, ET LA FAMILLE AFRICAINE ULTRA CONSERVATRICE TOUT DE BOUBOU VETU .... TOUT AURAIT PU TOMBER DANS UNE RIBAMBELLE DE CLICHES MAIS IL N'EN N'EST RIEN.

C'EST UNE COMEDIE TRES DROLE, PINÇANTE ET JUSTE AVEC BEAUCOUP DE FINESSE ET DE TENDRESSE SUR UNE SOCIETE EN PERPETUELLE ADAPTATION ET ESPERONS QU'ELLE N'EST PAS PRETE D'ARRETER D'EVOLUER.

AVIS AUX AMATEURS

avec Lucien Jean Baptiste, Aissa Maiga, Vincent Elbaz et Zabou Breitman - UGC - 18 janvier 2017 - 1h35

Pénélope and down 

Mais c’est pas dieu possible de vouloir enquiquiner les gens comme ça sous prétexte qu’ils veulent être Président ou accéder d’autres fonctions de type présidentielles, alors, bon ça va, ça suffit à la fin ! Regardez aux Etats-Unis, est-ce qu’ils éliraient un mec avec maximum de casseroles au slip qui en plus voudrait construire un mur avec le Mexique, non ?!? bon alors ! Si, ah, autant pour moi !

De là à ce qu’on découvre qu’Hamon (c’est un mec qui va se présenter pour le PS mais ça ne ce sait pas trop, c’est un scoop, vous le gardez pour vous, je vous fais confiance) n’a jamais eu son BAC, que Macron aime regarder des photos de mecs en cravate en douce, que Mélenchon kidnappe les mêmes mecs en cravate pour les bruler vif le week-end dans les bois, que Marine Le Pen soit un peu raciste, hein ? Oui, ça on est au courant, re autant pour moi, oui bon bref, y’a pas loin !

La semaine dernière, donc, le Canard Enchainé déchainé se libérait de ses chaines pour mettre en une le fait que Fillon avait-aurait-eu pu employer sa femme, Pénélope, d’origine anglaise, ouhhhhhhh, ahhhhh, hhaaaaaan brexxxxitttt, moche moche ouhhhh, comme vraie-fausse attachée parlementaire, pour lui, pour son suppléant, pour lui et son suppléant. Pas de bol, personne n’a vu Pénélope à moins de 300 km de l’hémicycle, enfin si, enfin non, enfin on sait pas trop, enfin peut-être que oui à un cocktail ou lors de la galette des rois du Sénat, parce que, justement, oui c’est ça, elle bossait sur des notes sur l’augmentation des galettes des rois dans l’Ouest de la France, siiiiiiiiii c’est vrai !!!

Bon, ni une ni deux, les partisans du candidat Les républicains ont crié (à voix basse) au scandale médiatique, bon nombre dans l’opposition ont préféré se taire de peur que le truc leur retombe sur le coin du bec dans la mesure où la moitié d’entre eux avaient de la même façon employé des frères des sœurs des mères des pères, des pères de Maire, des mères amères, des cousins de la sœur de leur maitresse, par contre les médias, les réseaux sociaux, ça, nous, on est propre, on est digne, on n’a jamais piqué un bonbon chez le buraliste du coin, et si on avait été à sa place, à ça non, oh que non, nous serait venu l’idée d’employer nos conjoint(e)s ! Ah ça non ! et pendant la guerre on aurait tous été résistants, si Monsieur !!! 

Aussi, le brave François (décidemment quand tu t’appelles François, soit tu fais flop comme président, soit tu as des secrets avec ta femme avant ou pendant l’Elysée), a du aller s’expliquer au 20h de TF1, connu pour être le plus regardé de France, pas de bol, voilà 10 jours, que ceux de France2 les dépassent en audience, truc qui n’était jamais arrivé en 35 ans ! Ah décidemment quand ça veut pas !

Droit dans ses bottes (ça c’est de Juppé), le cuir épais (ça c’est de lui), il a dénoncé la manigance abracadabrantesque (ça c’est pas de lui, mais d’un mec qui a été à l’Elysée aussi, et mis en cause, aussi…ah décidemment quand ça veut pas de pas !!!), il a tenté de se justifier sans franchement convaincre ; mais alors une question se pose ! Que font ses conseillers en communication, ses Spin Doctors comme on dit dans le métier ! Ils ont oublié une règle essentielle, vieille de 1000 ans, quand t’es un personnage public et qu’on t’accuse de quelque chose de grave , plus tu fais gros dans les réponses, plus tout le monde fait « hein quoi, euhhhhh, il se fout de notre gueule », mais au final ça passe ! et oui mon pote !

Alors, il n’est jamais trop tard, devenons Spin doctor pour François Fillon et aidons-le à se défendre en 10 phrases clés, toute prête à l’emploi pour la prochaine ITW télévisée : 

1. «  En fait Pénélope n'a jamais été ma femme, c’est une cousine, si c’est une cousine, je peux pas nié l’avoir un peu tripoté quand on avait 15-16 ans, mais pas plus !!! »

2. « Pénélope est urbanophobique c'est pour ça qu'elle bossait depuis la maison à Sablé sur Sarthe, en plus elle a une voiture immatriculé à base de chiffres pairs et impairs, impossible de se déplacer dans Paris ».

3. « Balkany a fait bien pire et il est toujours député-Maire ! Merde à la fin. »

4. « De toute façon, j'ai toujours préféré Charlie Hebdo au Canard Enchaîné #jesuispénélope »

5. « Et puis qui lit le Canard enchainé de nos jours, on lit Society, l’Equipe, France Foot, on zappe sur Youporn mais le Canard Enchainé !?!  Meme Mediapart n'a pas sorti l'affaire, c'est dire si ça vaut pas ! »

6. «  Et vous croyez vraiment que vous allez aller au paradis Gilles Bouleau !!! Vous avez un côté gay en plus ! Vade Retro faux Pujadas !»

7. « J’ai vaguement croisé Pénélope lors d’un BBQ chez l’adjoint au Maire à Sablé chargé de la petite enfance, sincèrement, je ne crois pas connaître cette femme, Pénélope comment vous m’avez dit déjà ? »

8. «  La moitié des journalistes femmes du Canard Enchaîné ont eu recours à l'avortement ! Y’a pas de fumée sans foune ! »

9. « Oui, j’ai eu des enfants, oui ils sont aujourd’hui avocats, oui je savais bien qu’un jour ou l’autre j’en aurai besoin. Quoi, je les aurai eu avec une certaine Pénélope ?!? Mais où avez-vous été chercher ça !? Mes enfants sont juste de moi et sont tous nés un 25 décembre, amen ». 

10. « Jean-Francois Copé m'a dit que 500 000€ c'est le prix d'une galette des rois, on me fait un sketch pour l'équivalent d'une fève dans de la frangipane !!!! »

Non, sincèrement, il fallait un peu de brutal dans cette ITW, un peu de gros sabots, un peu de paillettes, un peu de compte en Suisse, un peu de prestige dans le mensonge, de la pluie d’étoiles pour endormir, franchement !!!

Allez, j’vous embrasse !

 

A Night Full of Collapses

Une nuit pleine d'effondrements! Il est vrai que la musique de ce groupe français aime les chemins chaotiques mais une nuit avec eux ne manque pas de charmes!

Si vous mettez le troisième album des Marquises dans votre lecteur et que vous vous faites une promenade nocturne, vous risquez d'être un peu angoissé et plusieurs fois, vous vous retournerez pour voir si quelqu'un vous suit. En matière d'atmosphère le groupe de Jean Sébastien Nouveau sait y faire.

On l'avait remarqué avec Pensées Magiques en 2013 et cela continue avec de drôle de disque, qui pique des idées plus au cinéma qu'à la musique. C'est expérimental mais ca n'empêche pas l'ensemble d'être lyrique et nous entrainer dans un univers assez sombre mais envoutant. La cohérence impressionne car les volontés des Marquises sont de ne pas suivre la route et s'échapper dès qu'il peut vers les zones d'ombre d'un rock planant mais pas non chalant.

Car pour Jean Sébastien Nouveau la musique est protéiforme. Si la musique des Marquises fascine c'est parce qu'elle ne se tient à aucun bord. Le musicien fait de l'équilibre. Avec l'aide de plusieurs collaborations, ce qui rend l'expérience différente à chaque écoute.

On écoute un disque avec ses humeurs. Ici il y en a plusieurs. Nouveau ne précise rien sur leurs qualités. Il nous laisse découvrir. Ce n'est plus expérimental à ce niveau, c'est de l'exploration pur et simple. Et on remercie Nouveau d'avoir cette soif de découverte. Cela fait du bien d'entendre quelque chose de vraiment varié et en même temps construit et pensé.

C'est un labyrinthe sombre. Les impasses sont plus ou moins inquiétantes et il y a toujours cette lueur d'hiver qui maintient une chaleur dans les arrangements, pertinents et délicats. Nos humeurs nous dirigent vers tel ou tel titre. Ce qui nous oblige à revenir à ce disque de saison, assez saisissant!

Ici d'ailleurs - 2017

Chanson d’actu: la gauche se choisit un candidat

Un coup de queue de Vache

Il s'était fait plutôt discret. Son animalerie avait fini par un peu lasser. Thomas Fersen continue de jouer le fermier de la chanson française et finalement, il nous avait pas mal manqué. La musique est dans le pré!

Des cordes sautillent pour introduire la voix cassée de Thomas Fersen, adepte de la poésie à la Prévert et gentil défenseur de la chanson française feutrée mais gouailleuse. Les animaux s'invitent toujours dans ses chansons et ses pochettes d'albums: il revient cette fois ci avec une vache.

Et puis il y aura un cochon et un lièvre. Et bien d'autres! Thomas Fersen ne se refait pas. Il aime les bêtes et il le chante dans de champêtres compositions qui ressemblent très souvent à des fables. On pense bien entendu à La Fontaine. Ce qui est assez rare lorsque l'on écoute un disque! Et c'est gage de qualité!

Après sa rupture avec sa maison de disque, il a pris son temps pour sortir ce dixième album qu'il a fait tout comme un grand. Il a donc fait confiance une fois de plus à son vieux complice, Joseph Racaille, arrangeur de génie et musicien atypique. Ce dernier entoure donc le chanteur d'un quatuor à cordes à l'espièglerie réjouissante.

Là se fait toute la différence avec tous les autres artistes de sa génération. Mine de rien, par petites touches, il renouvelle son style. Il cultive toujours son amour pour les animaux mais parvient à raconter avec une fantaisie foisonnante les petits affres de la vie et le sel du quotidien.

Surréalistes mais incisifs, ses textes sont de nouveau mouche sur une musique franchement originale (expression qui devrait lui plaire). Il tournait un peu peu en rond comme un poisson dans son bocal, mais il semble bien qu'avec ce dixième album Fersen a mangé du lion...

Editions Bucéphale - 2017

My friends are Dead

C'est l'histoire d'un chanteur espagnol qui demande à un producteur californien de produire son nouvel album avant de le mixer avec un japonais. Cela donne quoi? Un disque très anglais!

On espère que tous ses amis ne sont pas morts mais effectivement, Bigott est un artiste espagnol qui ne connaît pas les frontières. Ce qui est toujours bien dans le monde de la musique. Il a donc réuni autour de lui des gens d'horizons lointains par apport à son Espagne natale pour réaliser un nouvel album plutôt plaisant par son extrême simplicité.

Bigott est allé chercher l'essence de la pop music. Celle qui fut définie par les Anglais dans les années 60. Son album ne dépasse pas la demi heure et c'est tant mieux: Bigott va à l'essentiel. Un rythme binaire, des textes simples et des structures classiques.

Ca fonctionne. A l'image de sa pochette, il embrasse les clichés avec gourmandise. C'est donc une déclaration d'amour à ce rock presque primaire mais qui nous touche au coeur par sa joliesse et sa rigueur élémentaire. Bigott conjugue assez bien les époques et les grands moments de la pop, du Velvet jusqu'à Yo la Tengo.

On entend de prestigieuses références derrière les accords plaqués par le barbu de Saragosse. C'est même jubilatoire d'assister à un tel cocktail, lumineux et culotté aussi. Car pour une fois, un artiste revient aux bases, ne se complique pas la vie, file vers l'immédiateté de la pop.

Ses amis du titre de l'album seraient alors peut être ses maîtres mais on vous propose de vous lier d'amitié avec ce disque rapide et sympa. Vous pourriez même tomber amoureux!

Born Record - Rue Stendhal - 2017

Triptyque- Les 7 doigts de la main – Marie Chouinard – Victor Quijada – Marcos Morau

Quand le cirque rencontre la danse contemporaine

Circassiens, les artistes de la Compagnie Les 7 doigts de la main présentent dans Triptyque trois mondes chorégraphiés par Marie Chouinard, Victor Quijada et Marcos Morau. Ils sont jeunes et abordent le plateau avec une force et une poésie aériennes spectaculaires.

On y retrouve des thèmes de recherche propre à chaque chorégraphe. Les béquilles médicales de Marie Chouinard donnent ici naissance à deux êtres protéiformes dont l’animalité joue avec des représentations mythologiques. Certains y verront un ballet entre un faune-centaure et une nymphe-biche, d’autres des êtres issus d’un monde de science-fiction digne de Bradbury. Portés par une musique originale de Louis Dufort, Anne Plamandon et Samuel Tétreault jouent une rencontre rythmée par l’interdépendance d’une relation affective naissante. Le violoncelle les porte et les soutient dans une ambiance boisée. Le résultat est marquant et d’un onirisme de haute volée.

Plus géométrique, Variations 9.81  de Victor Quijada, laisse une place plus représentative aux équilibres. 21 cannes d’équilibre peuvent être déplacées sur un des 75 ancrages possibles percés au sol. Les probables compositions laissent entrevoir une infinité de possibilités. Mathématique, ce tableau impressionne par la mécanique qui s’installe, comme une perdition qui fait perdre au spectateur tout repère habituel. Une gravité inversée dans laquelle les équilibres et les mouvements laissent transparaître des mouvements de hip hop. Un doux mélange de danse urbaine et contemporaine.

Nocturne, dernier tableau du triptyque chorégraphié par Marcos Moreau est sans doute le plus vertigineux des trois. Surréaliste. Les artistes dévoilent l’éventail des possibles à partir d’un espace du quotidien, une chambre avec un poste de télévision. Ceci n’est pas une chambre. La danse vient percuter l’espace et les objets afin d’y laisser entrer la verticalité du cirque. Le plateau devient une piste onirique. Le lit s’envole. Monocycle, sangles aériennes, corde lisse, main à main s’invitent. Spectaculaire. Un défi aux contraintes physiques. Un possible rêve. Triptyque est un mélange des arts de très haute tenue à ne pas manquer.

Trending

Most Discussed

F.A.I. 2009 / BERTRAND BELIN et TATIANA MLADENOVICH

Et la laïcité bordel !

Diamond Dogs / David BOWIE / (EMI – 1974/ Rééd.2004)

Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu?