Stone alone : Monkey Grip de Bill Wyman, Main Offender de Keith Richards, Charlie Watts & Danish Radio Big Band

Exclusive Stories!
Splendeurs du baroque, Peintures de la Hispanic society of America, Musée Jacquemard-André,


Né trente ans après Nelly Jacquemard, Archer M. Huntington (1870-1955) a, comme elle, patiemment constitué une riche collection d’œuvres d’art. Si Nelly et son mari Édouard André aimaient particulièrement l’art de la Renaissance italienne, Huntington s’est, dès sa jeunesse, passionné pour l’art hispanique.
Héritier de l’immense fortune de son père, un magnat des chemins de fer, il a consacré sa vie à acquérir à New York, Paris et Londres, notamment, des peintures, sculptures, objets d’art, estampes et photographies, rassemblés en 1904 dans un musée espagnol, au nord de Manhattan : la Hispanic Society of America.
Le musée Jacquemard-André présente une sélection d’œuvres issues de cette immense collection, des peintures emblématiques du Siècle d’or espagnol – période de rayonnement culturel de la monarchie catholique espagnole qui s’étend en réalité sur deux siècles, de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492, à la mort du dernier Habsbourg d’Espagne en 1700.
On peut regretter que l’exposition ne donne des précisions sur cette période – ainsi que sur la Hispanic Society of America – que dans la 6e salle du parcours. La configuration de l’espace de déambulation, par ailleurs exigu, explique sans doute ce choix.
Une brève généalogie des Habsbourg d’Espagne aurait aussi pu être utile pour mieux situer les différents monarques les uns par rapport aux autres. L’ancêtre de cette dynastie est Philippe Ier de Habsbourg, qui épousa la fille des rois catholiques Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon ; lui succédèrent Charles Quint, puis Philippe II, Philippe III et Philippe IV dit « le Grand », dont le seul fils survivant, Charles II, dit « l’Ensorcelé » en raison de ses tares, mourut sans descendance.

La première salle présente de très beaux portraits du roi Philippe IV, par Juan Carreño de Miranda (1614-1685) et de son épouse Isabelle de Bourbon, fille d’Henri IV, par Diego Velázquez (1599-1660), ainsi que de dignitaires à la cour d’Espagne, notamment celui d’un sémillant officier par le Néerlandais Anthonis Mor / Antonio Moro (1519-1575).
On peut y voir aussi une extraordinaire peinture d’apparat funèbre, sorte de monumentale Vanité : Marie-Louise d’Orléans, reine d’Espagne, en chapelle ardente, par Sébastián Muñoz (1654-1690). Marie-Louise, morte à vingt-six ans seulement, était la fille aînée de Philippe d’Orléans (le frère de Louis XIV), épouse malheureuse de Charles II auquel elle n’avait pas pu donner d’héritier.
Au-dessus du catafalque, des angelots éplorés tiennent des phylactères dont les inscriptions latines signifient : « Les lys ne fleurissent pas éternellement » et « La force et la dignité sont ses vêtements et elle rit de l’avenir ». Par cette mise en scène grandiose du deuil royal, cette œuvre proclame l’immortalité de la Couronne et de l’Église.

La salle suivante évoque le statut de la peinture religieuse au temps de la Contre-Réforme catholique (des années 1540 aux années 1640), entre mysticisme et humanisme – des concepts complexes.
Elle confronte deux artistes à la conception spirituelle et au style très différents : Luis de Morales (1510-1586), d’une part, maître de la peinture de dévotion privée et tenant d’une mystique populaire ; Domínikos Theotokópoulos, dit El Greco (1541-1614), d’autre part, maître de la peinture de cabinet érudite et tenant d’une mystique néoplatonicienne. Parmi ses portraits de saints, un profil de saint François d’Assise en extase, brossé avec une touche vibrante sur un fond noir, est particulièrement expressif.

Dans les trois salles suivantes, les œuvres religieuses d’artistes originaires d’Amérique ou venus d’Espagne en Amérique racontent l’invention d’une peinture baroque latino-américaine à la suite de la colonisation par la monarchie espagnole de vastes territoires depuis le sud des États-Unis actuels jusqu'aux confins de l'Amérique du Sud .
Une carte de cet empire espagnol avec les vice-royautés de Nouvelle-Espagne (capitale : Mexico) et du Pérou (capitale : Lima), aurait été la bienvenue à cette étape du parcours. Elle aurait aussi permis d’y situer ces nombreux artistes peu connus.
Les œuvres présentées dans la salle 3, exécutées entre la fin du XVIIe et le XVIIIe siècle en Amérique du Sud par des autochtones, sont très originales. Elles témoignent d’un métissage entre les cultures espagnole et américaine.
Le panneau Les Noces de Cana (1696), dû au Mexicain Nicolás de Correa, est un somptueux exemple d’enconchado : un genre pictural né au Mexique au XVIIe siècle, inspiré de la technique des laques japonaises, consistant à « incruster de nacre » certaines parties d’un tableau (ou d’un paravent) peint à l’huile sur bois. À la préciosité des éclats de nacre s’ajoute celle des brocarts dorés appliqués sur le panneau, la complexité du décor et la finesse des visages peints.

Dans les salles 4 et 5, les autres peintures produites en Amérique, de techniques plus classiques (des huiles sur toile, mais aussi une très grande huile sur cuivre), se distinguent de leurs contemporaines espagnoles par une esthétique plus exubérante et décorative.
Elles s’avèrent cependant d’une qualité inégale quant aux proportions des corps, à la finesse des visages et aux accords chromatiques, les artistes n’ayant pas bénéficié de formations académiques et pratiquant la copie d’après des gravures d’œuvres européennes (espagnoles, italiennes et flamandes, notamment).
Certaines paraissent un peu naïves et maladroites au regard des portraits de Velázquez présentés salle 7 – plusieurs copies d’après le maître, un Portrait de paysan par Jusepe de Ribera (1591-1662), et une œuvre originale, le fameux Portrait de jeune fille au modelé très doux, rare portrait d’enfant et joyau de la Hispanic Society of America.
Le propos de la dernière salle, qui conclut sur un apogée du baroque à Séville et Madrid, à la fin du Siècle d’or, n’est pas très clair : il revient sur Carreño de Miranda, l’auteur du portrait de Philippe IV visible en salle 1, et évoque Francisco de Zurbaran (1598-1664), qui n’appartient pas à la nouvelle génération d’artistes ayant "adopté un style plus théâtral" après la mort de Velázquez (en 1660).
Si le Napolitain Luca Giordano (1634-1705), invité à la cour de Charles II, adopte en effet un style flamboyant, son prédécesseur, Bartolomé Esteban Murillo (1617-1682), offre un contrepoint à cette esthétique avec une Vierge à l’Enfant (autre perle de la collection) dont la grâce et la sensibilité annoncent le siècle des Lumières.

jusqu’au 2 août 2026
Musée Jacquemart André, Paris XIX
TP 19€
Des Minions et des monstres, Pierre Coffin, Illumination, Universal Pictures


Des minions, des monstres, et pas de scénario. (Si j'étais aussi paresseux que les scénaristes du dernier opus en date de nos personnages jaunes préférés, j'arrêterais là ma chronique...)
Mais je vais vous en dire un tout petit peu plus. Pas trop non plus, parce que le film ne mérite pas qu'on fasse des efforts pour lui.
Un jour de canicule, me voici donc au cinéma avec ma fille de 7 ans pour voir Des minions et des monstres. Une fois n'est pas coutume, la salle est comble en ce mercredi après-midi, et c'est toujours joyeux de voir tout plein d'enfants heureux et enthousiastes.
Le film commence très bien : il retrace la grande Histoire des Minions qui parcourent le monde à la recherche du grand vilain digne de devenir leur Big boss. Mais c'est sans compter sur James, un Minion pas comme les autres qui ruinent tous les projets de ses congénères. James y perdra un chef et l'estime des siens, mais y gagnera un ami pour la vie en la personne d'Henri, son plus grand fan. Car James est un entertainer dans l'âme, c'est un Minion qui rêve d'inventer des histoires pour divertir les autres.
Toute cette première partie sur l'errance des Minions et la rencontre du duo James-Henri est vraiment drôle, et je n'avais jamais aussi bien compris la langue des Minions !
La seconde partie, quand ils arrivent à Hollywood, est elle-aussi assez réussie. Elle est le prétexte à des nombreux clins d'yeux aux parents cinéphiles qui accompagnent leur progéniture. Car les Minions se tapent l'incruste dans tous les chefs-d’œuvre des débuts du cinéma : ils apparaissent dans les films des frères Lumières, ce Chaplin ou de Méliès, notamment.
On rigole bien... jusqu'à ce que les scénaristes trouvent le moyen de nous mener à la scène vue et revue où un monstre gigantesque et très méchant détruit la moitié de la ville avant d'être stoppé. C'était tellement ennuyeux que je suis parvenu à m'endormir malgré le bruit assourdissant des explosions. J'ai été réveillé par ma fille qui était mal à l'aise face à ce déchainement de violence gratuite.
Son verdict à la sortie : c'était nul.
Au cinéma le 24 juin 2026
1h 29min |
Au Soleil, l’enfer du rock : Gnome, La Dispute

Chaudement. Voici la réponse la plus basique que l’on donne cette semaine à la question banale : « Ça va ? ». Le réchauffement climatique nous fait gouter à l’enfer. Le Hellfest a eu lieu le week-end dernier et, comme d’habitude, on a fait des petites découvertes, bien énervées, qui font chauffer les foules et défouler les amateurs de gros son et de pogo. Bienvenue dans les abîmes du rock !

Où vous pouvez croiser des drôles de créatures mélomanes : Gnome. Ils ne manquent pas d’humour d’abord : Il y a des nains de jardin sur scène et ils jouent avec de jolis chapeaux pointus rouges ou verts. Cela laisse un indice sur l’origine du groupe : la Belgique. Le nom de leur troisième effort continue dans le burlesque : Vestiges of Verumex Visidrome
Et une fois de plus, on redécouvre que ce pays est une terre de rock. Ici, bien sévère et bien maîtrisé. Ils ne sont pas géniaux au foot mais en musique, ils assurent. Ce que prouve ce trio d’Anvers. Un déluge de décibels marqué par un solide second degré.
Et pourtant il n’y a pas de cynisme dans la démarche. C’est du stoner, bien puissant qui vous fait frire comme une frite dès les premières minutes de cet album forcément musclé mais réalisé avec une intelligence rare. Cela blague, mais à moitié ! Les idées fusent et l’album devient un truc hybride, passionnant à redécouvrir. On souhaite qu’une chose à ce trio atypique : grandir auprès d’un plus large public.

On souhaite la même chose à La Dispute. Ce n’est pas un petit groupe de bobos franciliens qui se languissent dans une redite de la new wave ou les années 80. Non voilà la nouvelle sensation d’un genre un peu nouveau dans ce Siècle : le spoken word !
Le chanteur Jordan Dryer a donc la rage au ventre. La Dispute vibre comme sur un ring de boxe. Ces Américains du Michigan transpirent à grosses gouttes et ne laissent rien passer. Le style est un peu dépouillé mais le ton est d’une intensité rare et originale.
L’album No One was driving the Car parle du monde moderne, de l’individu perdu et des angoisses existentielles. Ce n’est pas nouveau mais c’est exceptionnel de maîtrise et d’inspiration. On n’attend pas tant d’ampleur dans un disque finement construit. Au bout de cinq albums, La Dispute est un choc électrique. Après six années de silence, le groupe est une éclatante surprise.

Le festival permet de voir de vieilles choses comme Anthrax, Iron Maiden et autres papys du rock. Ça sent la naphtaline. Mais il fut plus surprenant de retrouver les énervés de Social Distortion.
Depuis sa création en 1978, il ne reste que le chanteur du groupe original. Il pousse la chansonnette sur un neuvième album que l’on n’attendait plus : 16 ans entre le 8e album et ce Born to Kill qui va à l’essentiel.
C’est donc un énième retour du groupe punk qui continue de célébrer les années 50 à sa manière. Décharnés et motivés, les morceaux s'enchaînent avec une certaine juvénilité que l’on ne soupçonne pas du tout à ce groupe increvable. Contre vents et marées, SxDx (c’est comme ça qu’on dit paraît- il) se fout des modes et balancent un son sec et rafraîchissant.
Malgré les brûlantes guitares, les batteries martiales, les basses aguicheuses et les chanteurs en mode branchés débranchés, ces disques sont une bande son idéale pour cuire au soleil et se demander si le Spritz, ça ne serait pas meilleur chaud au milieu d’un combat de caddies ou dans un mosh pit… Allez bonne cuisson à tous !
Gnome - Vestiges of Verumex Visidrome
La Dispute - No One was driving the Car
Social Distortion - Born to Kill
La B.O de l’espace : Daniel Pemberton & John Williams

Space, the final frontier, these are the voyages of the starship Enterprise. Its continuing mission: to explore strange new worlds, to seek out new life and new civilizations .To boldy go where no men has gone before.
Quand le soleil nous écrase de toute sa chaleur, il n’est pas anormal d’avoir la tête dans les étoiles. La science fiction inspire et dépasse nos limites. Elle projette souvent nos angoisses et nous offre très souvent des spectacles qui échappent à toute gravitation, cohérence ou croyance.
La musique dans un film de science-fiction est primordiale. Après les belles paroles de chaque épisode de Star Trek, déroulait ce générique incroyable porté par une voix qui participe à la mythologie de la saga. 2001 est lié à la musique classique. Le thème de Star Wars a quasiment fait le film. Interstellar est marqué par sa musique étrange. Et quand le Monde ne tourne plus très rond, l'intérêt pour la science-fiction se vérifie.

Cette année a été marquée par le succès du Projet Dernière Chance, film quasi parodique des grandes enquêtes scientifiques que peuvent être ces films de genre assez codifiés depuis 2001 l’Odyssée de l’Espace. La musique de ce film, signée par Daniel Pemberton, rentre dans cette optique humoristique.
Ce qui rend l’écoute extrêmement ludique. En 2026, Pemberton offre à la science-fiction une liberté qu’on n’attendait pas. On craint dans un premier temps, un sound design avec des notes métalliques, et des sonorités plus que des mélodies. Mais le compositeur amène tout un bordel qu’il maîtrise à la perfection.
On entend un chœur d’église de temps en temps pour donner de la sentence à une œuvre qui dure deux heures mais Pemberton apporte une légèreté et une vraie sensibilité de mélomane. Comme le film, il se dégage du score un éloge de la curiosité dans ce brassage instrumental.

Et on retrouve ce goût bienvenu pour l’humour avec sa partition pour le film fantastique et rigolard Les Maîtres de l’Univers. La nouvelle adaptation de Musclor contre Skeletor n’a pas la chance de sortir sur nos écrans. Vous la trouverez sur une plateforme. Mais le travail de Pemberton est une fois de plus assez caustique.
Il est allé chercher Brian May, le guitariste de Queen, pour lorgner clairement du coté de Flash Gordon, gourmandise kitsch des années 80. Il reprend aussi The Cure et Abba pour jouer sur une nostalgie douce heureuse. Tout cela avec un orchestre et un guitar hero qui intervient quand il le souhaite.
Les riffs tranchent dans un bande son épique. Les synthétiseurs décrochent nos sourires amusés. La bande originale est vertueusement drôle car Pemberton joue constamment avec son auditeur. Il ne fait pas que piquer des idées : il introduit un coté heavy metal qui va très bien au héros de la série animée. C’est musclé et puissant. Et ça ne prend pas au sérieux. Un plaisir enfantin donc assez précieux.

Ce qui provoque un vrai contraste avec l’événement de l’année en matière de musique de film et de science-fiction: John Williams a signé la musique du dernier Spielberg. Il est sorti de sa retraite pour accompagner son ami de toujours. Il signe encore une partition pour un film de science-fiction, Disclosure Day.
Évidemment, on retrouve cette mélancolie qui marque les derniers efforts de John Williams avec Steven Spielberg. Quelques messieurs trop tranquilles ? Non ! Deux artistes aux subtilités rassurantes. Plus besoin d’être spectaculaires. Spielberg réalise un thriller surnaturel et Williams donne de la matière à l’ensemble avec une grâce qui n’a pas d’égal actuellement. Ce que fait Daniel Pemberton est très bien pour la SF d’aujourd’hui mais John Williams donne vraiment du corps à l’image avec une partition nuancée.
Ce n’est pas le final de Rencontres du 3e Type. Ce n’est pas l’exaltation de ET. Ni l’énergie de La Guerre des Mondes. Disclosure Day propose encore une fois autre chose. Le film est surprenant (ou déroutant) et le travail de Williams participe à cela grâce un score assez caressant presque atmosphérique.
On entend toujours ses envolées lyriques et de la tension instrumentale. La savoir-faire est là mais il y a cette délicatesse qui s’accentue au fil des collaborations. En une heure de temps, John Williams capte encore de belles émotions et les partagent avec son talent unique et génial. La science-fiction et la pop culture lui doivent beaucoup: au crépuscule de son existence, le compositeur est sacrément vivant. Quand les orchestres symphoniques nous font décoller !
Hot Galleries
Our Editor Reviews
Trending Story

T’choupi champion de foot ! Thierry Courtin, Nathan

Thierry Courtin nous interroge sur la moralité du foot mondial. Ça fait du bien.
Tchoupi s'entraîne. Il fait des passes. Il gambade avec ses camarades sur un beau terrain de football. Il s’inquiète des nouvelles règles pour rentrer sur le sol américain pour la coupe du monde de foot. On ne sait pas vraiment quelle sorte de personne est Tchoupi. Ça fait des livres qu’il découvre le monde mais bon, on n’est pas certain qu’il soit un chien ou un pingouin… ou autre chose.
Hélas pour lui, il ne correspond pas aux normes américaines. Il n’est pas tout blanc. Il n’est pas réactionnaire. Il n’aime pas trop le catch (en tout cas il est trop jeune pour le savoir). Il supporte quand les gens amènent la contradiction. Il n’est pas de couleur orange. Il ne s’endort pas en réunions. Il sait compter jusqu’à dix sans faire d’erreur.
C’est ainsi que Tchoupi pourrait avoir les attributs du terroriste. Mais bon, notre petit Tchoupi, déjà champion de vélo et de trottinette, ne cherche qu’à taper dans le ballon avec ses potes. La magie du foot c’est le partage, l’esprit d’équipe et l’universalité d’une passe ou d’un petit pont.
C’est ce qu’il va dire à Gianni Infantino qui passait par là : ce dernier essayait de trouver un remplaçant à l’arbitre somalien. Lui aussi n’a pas pu aller à la coupe du Monde parce Donald Trump ne l’aime pas.
Il demande donc au patron des instances mondiales du football pourquoi le président désagréable américain a eu un prix pour la paix : Pourquoi il décide à la place de tout le monde. C’est une drôle de paix que de choisir qui peut ou pas jouer au foot chez lui…
Pourquoi les équipes qui viennent d’Afrique sont fouillées sur le tarmac de l’aéroport ? Pourquoi l’accueil n’est pas le même pour tout le monde ? Pourquoi les supporters de la Côte d’Ivoire ne peuvent pas traverser l’Océan ? Gianni Infantino parle de Christophe Gleizes, un journaliste emprisonné mais pour Tchoupi ce n’est pas là le vrai problème.
Tchoupi a connu les injustices. Un jour, un ami a pris son vélo sans lui demander. Une autre fois, la maîtresse l’a puni alors qu’il n’avait rien fait. Tchoupi est soucieux. Est-ce que le sport va reprendre ses droits ? Est-ce que l’on peut laisser un président taciturne prendre les commandes d’un événement plutôt festif et qui se veut vertueux ?Le gentil Tchoupi tente même une pointe d’ironie en fin de récit en proposant à Infantino d’organiser une prochaine coupe du Monde en Corée du Nord. Après la Russie, le Qatar et les Etats Unis (Tchoupi n’est pas encore très fort en géographie mais il épargne le Canada et le Mexique), la démocratie n’est pas visiblement une valeur qui s’allie avec le football.
Tchoupi champion de foot est donc une œuvre engagée et incroyablement courageuse.
Nathan – 22 pages























