Qui joue avec John Mellencamp?

Les Combattants

Il  y a la crise et le chômage. Arnaud aime particulièrement sortir avec ses amis. Rigoler. Glander au bord de l’eau. Il pourrait peut être travailler dans l'entreprise familial mais il est encore à l'âge des possibles. Un peu paumé. Un peu con. Un peu naïf. Un peu rêveur.

Un adulte naissant qui va rencontrer Madeleine (épatante Adèle Haenel) qui veut elle absolument faire l'armée. Elle envisage le pire. Pour elle, la fin du Monde est proche et il faut à tout prix se préparer. Son regard est dur. Elle est tendue. Toujours sous tension, son agressivité impressionne. Sa féminité bien est cachée mais Arnaud n'est pas insensible à cette drôle de "survivaliste"…

Deux âmes en peine qui vont se découvrir et se dompter! Le récit n'est pas nouveau mais il a le mérite de conjuguer tout ce que l'on peut aimer dans les premiers films français. Une fantaisie. Ou une liberté. Que cherche autant le réalisateur que les deux personnages centraux des Combattants.

Chacun à leur manière, ils luttent en effet contre le catastrophisme, les galères et surtout l'ennui qui devient de plus en plus existentiel. Tout est raconté avec une légèreté agréable et lumineuse. C'est un film qui se passe au bord de la mer... les chemins de traverse y sont nombreux et Thomas Cailley s'y aventure avec un vrai plaisir de la découverte. Le cinéma est une affaire de sensations.

Il arrive avec une facilité déconcertante à nous replonger dans les premiers émois, le passage à l'âge adulte, l'incompréhension et les doutes. Pourtant le film est une comédie qui refuse toute démonstration. Avec son extravagance et sa délicatesse, le film est une histoire d'amour, atypique, drôle et sensible.

Pour Cailley, l'amour est une guerre, une fuite, une alliance avant de devenir une réalité pour les deux protagonistes de ce petit film culotté, qui fait du bien au coeur et à la tête. Il semble partir un peu dans tous les sens, un peu perdus comme Madeleine et Arnaud. Mais derrière cette fougue, il y a des vérités qui ressortent. Une belle leçon. Un probable beau souvenir de cinéma !

Avec Adèle Hanael, Kevin Azais, William Lebghil et Brigitte Rouan - Haut et court - 20 août 2014 - 1h30

Un pour Deux

unprdeuxLe  roman de Martin Winckler n’est pas résumable, il part dans beaucoup de directions et on les suit toutes avec intérêt. Le livre ne se lit pas, il se dévore.

La collection Interstices chez Calmann-Lévy a vraiment le don d’éditer des livres originaux et qui sortent à chaque ligne des sentiers battus. Un pour deux, le dernier roman de Martin Winckler ne fait pas exception à la règle et c’est tout à l’honneur de cette collection, à l’heure où l’on a tendance à répliquer les recettes qui ont déjà fait leurs preuves.

Martin Winckler est connu à la fois comme l’auteur de La maladie de Sachs (prix du Livre Inter en 1998) et comme amateur érudit de séries télévisées. Alain Carrazé et lui, ont beaucoup œuvré pour qu’on prenne en France, conscience du fait que la vitalité artistique était du côté d’Oz, de New York Law and Order sans parler desSopranos et de Six feet under. Martin Winckler est également un médecin courageux, qui faisait des chroniques matinales sur France Inter et s’est retrouvé tricard parce qu’il s’était attaqué aux lobbies pharmaceutiques.

Bref Martin Winckler (c’est un pseudo) est quelqu’un qui n’aime pas rentrer dans une case et qui a plusieurs cordes à son arc. Un pour deux est le premier volet d’une trilogie.

Dans ce premier opus, on retrouve toutes les passions de l’auteur, à savoir : le goût des intrigues policières, des ambiances étranges et des personnages décalés, le regard d’un humaniste sur les dérives d’une société et notamment au niveau médical. La science-fiction et le fantastique sont traités comme des moyens permettant de décrypter ce qui se passe dans notre société actuelle et que nous ne savons pas voir.

L’histoire se passe en 2010, dans une grande ville du centre de la France, Tourmens. Le maire de la ville est un homme de petite taille marié à un mannequin connu. C’est un obsédé des Etats-Unis et de la télésurveillance.

Le mannequin connu Clara Massima fait appel aux services d’une agence de sécurité tenue par deux jumeaux au même prénom, René et Renée, spécialistes d’escorte et de sécurité rapprochée au doux nom de Twain Peeks. S’ensuit une ténébreuse affaire où les lobbies pharmaceutiques n’ont pas le beau rôle.

Mais le plus intriguant, c’est le mystère que cachent les deux jumeaux à propos de leurs identités. Mystère qui rapproche Martin Winckler de La quatrième dimension.

Ajoutons à cela qu’à une époque où les écrivains font du style comme d’autres de la mauvaise graisse, il est rafraichissant pour l’esprit que Winckler se contente de raconter son histoire abracadabrante et stimulante dans la plus grande sobriété.

Tout ça pour dire que si Alexandre Jardin ou Marc Levy vous font kiffer et vous donnent de bonnes vibrations, Un pour deux de Martin Winckler risque de vous filer un électrochoc salvateur.

280 pages - Calmann Levy

Les Gardiens de la Galaxie

Un monstre végétal, une tueuse toute verte, un rongeur énervé, une brute épaisse et un nostalgique des années 80, voilà ce qu’il faut pour pervertir joyeusement la charte trop rigide de Marvel.

Chez Marvel, il vous faut donc un super héros. Une nénette un peu timorée mais courageuse. Le monde à sauver. Des punchlines efficaces. Des explosions toutes les dix minutes. Et si possible, un méchant charismatique !

Depuis Spider-Man ou Iron Man, Marvel, aidé et racheté par Disney, a construit brillamment son propre studio pour que des types aux pouvoirs extraordinaires viennent nous sauver des extraterrestres, des terroristes, de la fin du monde, des néo conservateurs, des invasions venues d’ailleurs ou de monstres belliqueux.

Depuis Iron Man, les costumes changent mais les répétitions s’accumulent. On s’ennuie malgré les efforts pyrotechniques et les nombreuses invraisemblances parfois marrantes, souvent irritantes. C’est pourquoi Les Gardiens de la Galaxie nous vengent un peu de ce bazar bruyant coloré et commercial qui secoue le box office depuis plus d'une décennie!

James Gunn, réalisateur de séries B indépendantes et amoureux des années 80, se retrouve donc à faire la révolution avec un croisement improbable de Star Trek et de Breakfast Club. Dans la forme, c’est de la vraie sf avec des aliens qui parlent tous anglais dans toutes voies lactées. Dans le fond, c’est tendre comme le cœur d’un adolescent avec un couplet naïf et agréable sur le fait d’avoir des copains. Cette bande de héros ce sont les Bisounours de l’espace !

Mais ils ont une bonne gueule. Des hors la loi assez originaux, qui volent dans l’univers après un caillou rose qui peut détruire une planète qui ressemble à un centre commercial géant et qui déplaît fortement à un balèze bleu qui n’est pas le schtroumpf costaud ! 

James Gunn trouve un ton un peu différent des autres productions Marvel. Gunn ne prend pas son spectacle pour une machine à faire rentrer les dollars. L'absence de cynisme est évidente. Ca change donc ca fait du bien. Il fait souffler un vent pop et référentiel. C’est simple, sympa et sans bavure. On peut même y trouver quelques pointes de poésie. Un bon blockbuster à siroter durant l’été !

Avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista et Lee Pace - Marvel - 16 aout 2014 - 2h02

Qui fait les yeux doux à Savage Garden?

Le Rôle de ma Vie

Deux films en dix ans! Inimitable JD dans la série Scrubs, Zach Braff avait surpris tout le monde avec son film Garden State, sensible et drôle en 2004. Une décennie plus tard, il sort enfin son second essai: une comédie personnelle, sensible et drôle.

Le Rôle de ma Vie est inattaquable. Ce qui rend le film aussi attachant qu'agaçant. L'acteur et réalisateur se raconte avec un sentimentalisme élégant, très californien donc plutôt agréable à regarder. Comme un bon copain, il se pose des questions. Il n'a pas forcément de réponse mais chronique assez bien la vie, l'amour et les emmerdes.

Zach Braff joue donc Aidan, un acteur raté, un papa à la ramasse et un fils peu prodigue. Couvé par sa femme bienveillante, Aidan découvre que son père est atteint d'un cancer en phase terminale. Cet événement va bien évidemment changer sa vision du monde qui l'entoure, de ce qu'il est et de ce qu'il veut. Va t il comprendre qu'elle est le rôle de sa vie?

Disciple de Woody Allen, Zach Braff est une version jeune et branchée du New Yorkais binoclard. La religion lui donne des boutons. Et un certain réconfort. Le rapport familial n'existe que sous forme de conflit. Les autres, c'est l'enfer (l'histoire entre la femme d'Aidan et son entreprise mérite un film à lui tout seul). Les angoisses existentielles s'expriment dans des dialogues ciselés et des vannes poilantes. Comme le père malade le suggère: "à la fin, il reste l'humour".

Une philosophie de vie se dessine. Très moderne, Zach Braff respecte un discours formaté mais charmant à voir et entendre. On a un peu peur au début par les tics du ciné indépendant américain mais l'auteur a une capacité hors du commun à se rendre sympathique. On se sent proche de lui et tous ses travers.

Aidé par des comédiens lumineux (merci de ne pas avoir pris des enfants cabotins têtes à claques), Zach Braff est le cinéaste ami, qui nous console, nous comprend et se marre avec nous. Autant de bonne volonté, ca ne se refuse pas: ca se savoure.

Avec Zach Braff, Kate Hudson, Joey King et Mandy Patinkin - Wild Bunch - 13 aout 2014 - 1h45

Foxtrot

C’était à une époque où il était de bon ton de mettre une chanson sur une face entière d’un 33 tours. Les expérimentations et les drogues ont étendu le rock sur la cire. Le jazz installe sa notion de durée à l'intérieur de la pop.

C’était à une période où l’on progressait avec des instruments dans des univers psychédéliques, imaginaires et littéraires. Les lectures sont devenues une source d'inspiration. Le rock fin 60 début 70 redonne une vitalité certaine aux univers chers à Tolkien. La culture anglaise s'invite chez les rockers. Le premier morceau de Foxtrot, Watcher in the skies est inspiré par les écrits d'Arthur C.Clarke, l'auteur de "2001 l'Odyssée de l'espace".

C’était à un moment magique où Phil Collins était bien coincé derrière sa batterie et éloigné des micros de Peter Gabriel.C’était un temps glorieux ou Genesis n’était pas cette machine à tubes ennuyeuse.

Foxtrot reste le meilleur disque du groupe mais aussi du genre. Une vraie aventure lyrique et exaltée. Pas besoin de porter une armure ou d'être haut perché pour apprécier le charme british et bavard de cet album.

Peter Gabriel et ses camarades font dans l’emphase sans être jamais dans la surenchère et l’énormité. L’écriture est intelligente, rebondissant entre l’élan symphonique et des moments apaisés.

Il y a une vraie cohérence dans les chansons qui nous amènent à ce morceau épique de 22 minutes et des poussières. Mais plutôt que de virer à la démonstration, cette chanson sert un univers qui rappelle Lewis Caroll, Shakespeare et Tolkien.

Comme un bon bouquin, Foxtrot réserve des surprises à chaque relecture. En tout cas, le disque est un bon moyen de se réconcilier avec le rock progressif, genre tombé rapidement dans la caricature et de redorer le blason sali de Genesis, groupe passionnant qui aurait dû disparaitre avec le départ de Peter Gabriel pour d'autres cieux...

Chroma

C'est un fidèle collaborateur de Miles Kane. Il est pote avec Alex Turner. Son carnet d'adresses est prestigieux. Il a bon goût. Il sait écrire de bonnes chansons. Pourtant Eugene McGuinness n'a pas le même destin glorieux que ses amis!

Son quatrième album a les qualités d'un disque britannique de notre époque. Il lorgne un peu sur les années 60 et joue sur un certain classicisme dans la réalisation. Il y a d'abord du style chez Eugene McGuinness. Il est un peu précieux mais son travail n'est pas bâclé.

L'orchestration est élégante. La production est léchée. Pourtant l'ennui pointe son nez. Il y a peut être un manque de charisme. Le chanteur est un peu condamnée à être un second couteau. Il n'y a pas vraiment de défaut dans son album mais peu d'éclat aussi!

Effectivement il fait penser à Jake Bugg ou Miles Kane mais en beaucoup moins bien. Il ne résiste pas du tout à la comparaison. Ses parents lui ont fait écouter les Kinks et les Beatles à haute dose. C'est cet héritage qui fait le charme du personnage. Il sait imiter le son faussement candide de ces prédécesseurs.

Mais il manque la petite flamme. C'est un dandy sans charme. On est un peu désolé pour lui mais sa place secondaire semble méritée. On attend beaucoup mieux de sa part. Il est peut être un peu trop anglais pour nous mais promis, on garde un oeil sur lui!

Domino - 2014

La Croisière du Hachich

hachichLe GPS n’existait pas encore, quelques morceaux de terre restaient à découvrir, l’âge d’or des aventuriers touchait à sa fin. Et vogue Henry de Monfreid !

 Sa relecture est toujours rafraîchissante en période de rentrée littéraire et de refrain connu : trop d’autofiction, de nombrilisme étroit, de parisianisme germano-pratin… Assez ! De l’air… Eh bien, en voici justement, de l’air, et même du grand air, plein les pages de ce livre, initialement publié en 1933.

Pour décrire l’activité de Monfreid au début du siècle dernier, qu’il raconte dans ses récits autobiographiques, il faudrait inventer le verbe "contrebander". C’est plutôt viril, mais la contrebande se conjugue le plus souvent au masculin. Monfreid contrebande donc de long en large, en dilettante des commerces interdits et en futur écrivain. Il contrebande au gré de ses humeurs et de ses fortunes, à droite et à gauche - pardon, à tribord et à bâbord.

Au bout des comptes, quelle forme de contrebande n’a-t-il pas pratiquée ? Dans La Croisière du hachich, disponible depuis quelques années dans un recueil de six récit intitulé Mer rouge, il trafique une nouvelle fois entre Egypte et Arabie, après être allé négocier et acheter une cargaison de hachich en Grèce. L’audace, la chance et l’inconscience du novice lui permettront de mener à bien son entreprise.

Au passage, il dresse les portraits, parfois chargés, d’une galerie haute en couleurs : seigneurs de la contrebande, policiers corrompus, diplomates avilis, etc. On se demande bien de temps en temps ce qui est authentique, ce qui ne l’est pas, mais à quoi bon ? Tous les raconteurs sont un peu mythomanes… La question s’évapore au soleil, on sent le sel sur sa peau, on y est, c’est tout ce qui compte.

Mais Monfreid n’est pas seulement un aventurier du début du vingtième siècle. Ce qui le distingue, c’est d’abord qu’il écrit lui-même son histoire, et ensuite qu’il le fait en vrai poète, tous les sens en éveil. En poète, mais aussi en marin : à bord de son navire, le Fat el-Rahman, tout sonne juste, le lecteur embarque à la manœuvre avec le reste de l’équipage.

Tout sonne d’ailleurs tellement juste qu’on se trouve parfois largué dans les pages du dictionnaire, par tel ou tel nom d’espèce de poisson, rare sous nos latitudes. On part à la pêche aux définitions. Exemple : les pêcheurs de "trépang" nous amènent à "tripang", de là nous dérivons vers "holothurie", puis nous accostons à "échinoderme", etc. La pêche des "trocas", elle, laisse muet le Petit Larousse, illustré ou pas. Rien de trop long toutefois, ni de gratuit : on n’est pas dans une page d’histoire naturelle de Vingt milles lieues sous les mers.

Aventurier, écrivain-voyageur tendance nomadisme et rencontre entre l’orient et l’occident, Monfreid ressemble à un croisement de Hemingway et de Loti. Un peu daté, comme le second, il dégage parfois un net parfum de paternalisme, ou de racisme : "On se sent toujours gêné devant un être humain captif, fût-il un nègre." (page 265) Le lecteur de 2014 se pince à la lecture d’une pareille phrase, mais manifestement, pour Monfreid, l’espèce humaine se compose de différentes races, comme l’espèce canine, mettons, avec chacune ses qualités et ses défauts - au crédit de l’auteur, les blancs ne valent pas mieux que les autres.

Avec cette vision des peuples, Monfreid pourrait être un écrivain de la différence, mais c’est surtout un écrivain de la rencontre - première étape de la globalisation, premiers acteurs depuis des siècles : les marchands sur leurs navires. Les écrivains du métissage, les Michel Serres, viendront plus tard.

237 pages - Grasset

Black Storm

Le mauvais temps est aussi sur les écrans. Arrêtez de vous plaindre: les apprentis cinéastes de Black Storm s'en prennent plein la gueule et ce n'est pas du crachat breton!

Il faut dire qu'ils le méritent ces idiots: ils sont chasseurs de tornades ou plutôt chasseurs d'images. Depuis Paranormal Activity, le found footage est à la mode et permet de justifier les plus belles âneries au cinéma. C'est surtout vrai dans le film d'horreur. C'est donc possible et valable avec le film catastrophe.

Le film montre donc des gars qui se filment en train de cadrer des cyclones et surtout des tornades qui rasent la campagne américaine. Donc un frère filme son père qui téléphone à son autre fils qui filme une fille qu'il aime bien dans une usine désaffectée et bientôt balayée par la tempête. Ils sont filmés et aidés à leur tour par des chasseurs de tornades pas bien rusés mais guidés par une chercheuse plutôt mignonne et botoxée. Ils ont des caméras tout partout. Enfin deux rednecks font les clowns et des blagues vaseuses autour du phénomène meurtrier avec une gopro!

Complice de James Cameron, Steve Quale est un solide technicien mais un gros naze en matière de réalisation. Son found footage n'est jamais crédible et assumée pour que toute son histoire soit limpide. Il multiplie mécaniquement les personnages, aussitôt envoyés en l'air par les tempêtes certes spectaculaires mais un peu répétitives.

Il suit donc trop sagement des pauvres types avec leurs caméras et leurs portables, faisant tout ce qu'il ne faut pas faire devant ce genre d'événements graves et dangereux. Evidemment on se moque d'eux et finalement on n'est pas mécontent de les voir passer à la moulinette! C'était le principe de Destination Finale, précédente réalisation de Steven Quale.

Caricatural dans sa forme, Black Storm empile les clichés avant d'être soufflés par l'extrême tornade. Quelques scènes décoiffent mais sinon le film déçoit. Twister à coté, c'est du Bergman!

Avec Richard Armitage, Sarah Wayne Callies, Max Deacon et Matt Walsh - Warner Bros - 13 aout 2014 - 1h30

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