Capitaine Flam n’était-il vraiment pas de notre galaxie ?

« Capitaine Flam n’était-il vraiment pas de notre galaxie ? »
La nuit dernière, sur les coups de 5h du mat’, j’ai monté le son et j’avais des frissons, je medisais que moi aussi je devais faire tout ce qui me plait plait plait, même me poser les pires questions, du moins celles qui, aux yeux du vulgum pecus contemporain ne pouvait très bien n’avoir aucun sens, mais qui, à mes yeux à moi, dans une brume nocturne avec encore quelques effluves de Rhum, dont les dernières gouttes n’avaient été englouties que quelques heures avant, si ce n’est une heure avant, en fait, avait du sens, lesdites questions.
Alors, j’ai cherché une bonne question bien con, pour m’endormir sur une déviation métaphysique aux confins du porteninwak, du ridicule, du de toute façon tu trouveras pas la réponse. En pagaille, sont venues m’interpeller sur les parois dans mon crane de dégénéré :
« Si Loana n’avait pas fait le Loft aurait-elle été vendeuse chez la Halle aux vêtements ? »
« Si Arnold s’était appelé Willy et si Willy s’était appelé Arnold, se seraient-ils drogués tout
pareil ? »
« Pépita de Pyramide a-t-elle déjà visité l’Egypte et si oui en écoutant le dernier album d’Akhenaton tout au long du voyage ? »
« Au fait, il est devenu quoi Jean-Edouard du Loft 1 ? Commercial chez un pisciniste ? »
« Et si Alf de la série Alf, avec lui dedans quoi, avait été réellement vivant, un vrai extra terrestre et que personne ne s’en était aperçu !
Hannnnnnnnn ! »
« Ca veut dire quoi en fait Pas de pitié pour les croissants !?! »
« Les Jeux de 20h ont-ils réellement toujours débuté à 20h ?!? »
« Denver était-il réellement le dernier dinosaure ? »…
Voilà, j’vous ai pas menti, j’ai puisé profond…
Soudain, en arpentant fébrilement le couloir moquetté menant mon âme en peine et mon caleçon mi-coton mi-laine, moiiiiiiii Lolittaaaaaaa, vers la petite pièce qui allait me permettre de soulager mon envie latente d’uriner, oui, à force de réfléchir, on en oublie parfois l’essentiel ; un flash 80’s me vint, une lumière torche pour cerveau de mec torché, oui, c’était sûr, elle était là ma question du fonds de la nuiiittttt : « Capitaine Flam n’était-il vraiment pas de notre galaxie ?».
Quand on voit le mec, malgré sa combi vintage, en apparence première, tout porte à croire que la chanson du générique nous a en fait bien pipeauté, et ça, quoi qu’on en dise, faire ça à des gamins de 10 ans dans les années 80, c’est moche, et faut pas s’étonner après de la guerre du Golf, des attentats du 11 septembre, de la grève de Kysna de l’équipe de France, des brulures faciales de Ribery, d’avoir ri devant des sketchs de Smaïn, d’avoir eu des k7 vidéos de Courtemanche ou encore avoir dansé sur les 2be3, même saoul, oui, tout s’explique.
Thèse : Il n’est pas de notre galaxie. En effet, si nous reprenons notre maigre source d’indices, le chanteur du générique de Capitaine Flam nous dit sans faiblir que ledit capitaine voyage tantôt dans un Cosmolem tantôt dans un Cyberlab ; alors j’ai cherché, autant un Cyberlab, on aurait pu croire que le mec bossait au département recherche et développement d’Apple juste 30 ans avant tout le monde, mais bon bof, autant le Cosmolem, clairement, j’ai eu beau chercher sur tous les sites de concessionnaires, non, le modèle n’est pas dans notre galaxie. Pis, le gars a quand même traversé cent mille millions d’années pour aller bosser, là ça fait pas de doute, ça fait des bornes intergalactiques ! Pas de chez nous ça ma brave dame. Enfin, ces deux potes s’appellent Fregolo et Mala, même aux fins fonds de la Moldavie, c’est le genre de prénoms bien interstellaires bien bien.
Anti-thèse : Si mais si Captaine Flam est bien de notre galaxie ; pour preuve, le type a quand même le zizi qui le démange, pas plus humain que ça comme attitude, il a même une douce amie Johan (Baez sûrement, on sait pas, on n’a jamais su, j’veux même pas le savoir !). Pour preuve de preuve, le garçon ressemble quand même a un humain occidental de bonne famille et tu lui mets un costard de chez Devred, il cravate de chez Celio (oui cette chronique est sponsorisée) et un caleçon DIM, il fait genre de notre galaxie comme pas deux ! A priori, il a même des oursins dans les poches, il serait donc même français, puisqu’il habite Megara ! (Vanne de niveau 2)
Synthèse : Si quelques subterfuges bien pensés pouvaient tendre à nous faire croire que Capitaine Flam n’était effectivement pas de notre galaxie, voire qu’il était d’aussi loin que l’infini, genre après Dunkerque plus au Nord en passant par la lune, je suis ici quasi scientifiquement certain que Capitaine est un gars tout ce qu’il y de plus normal, qui après des années de succès s’est barré avec ladite Johan dans un petit pied à terre de la côte basque, que X-Or, Albator et Actarus viennent y boire des canons régulièrement ; faut pas me prendre pour un terrien de 3 semaines ! J’vais me coucher.
J’vous embrasse,
Un peu Beaucoup Aveuglément

Clovis Cornillac est un vieux routard du cinéma français. Il devient réalisateur pour la première fois et sa naïveté sauverait presque sa comédie.
Car il y a bien quelque chose de désuet et d'innocent dans sa démarche. Etonnant pour cette tête d'affiche qui a joué dans de grands films et des nanars coûteux. Il fait une comédie comme on n'oserait plus: tout en studio, sur un concept branlant, célébrant le romantisme! On est très loin du cynisme qui ronge l'industrie. Avec sa femme, il a eu une idée simple et fait tout pour y construire un récit.
Il sera limité car le principe de base est facile: deux personnes s'engagent dans une relation aveugle. Ils se plaisent mais une cloison fine sépare leurs appartements respectifs. Lui est un créateur de jeux ronchon. Elle est une musicienne qui a peur des concours. Les deux inadaptés vont s'apprivoiser, sans jamais se voir!
A l'heure de la communication à l'extrême, on pourrait imaginer que tout cela est hors sujet. D'autant que la base du récit ne tient pas la route sur la durée: très difficile de ne pas se voir quand on est voisin. Mais cela ne fait rien: Clovis Cornillac assume la légèreté et base tout sur son duo de charme avec Mélanie Bernier et des seconds rôles soignés.
Il nous désarme. La candeur va avec la candeur et les petites erreurs. Il convoque le vieux cinéma comique des années 50 ou 60 avec quelques grossières erreurs mais aussi une certaine élégance et un élan qui semble naturel. C'est plan plan. Ce n'est vraiment pas génial mais on devine un film personnel, ce qui est déjà pas mal du tout!
Avec Clovis Cornillac, Mélanie Bernie, Lilou Fogli et Philippe Dusquesne - Paramount - 6 mai 2015 - 1h30
Whispers Biennale de la Marionnette

Spectacle troublant de bruitages et de marionnettes au cœur d’un riche programme de mai. Faites ce qu’il vous plait, laissez vous transporter !
Seule visible sur scène, Nicole Mossoux plonge dans une ambiance digne du film Shining. Par ses mouvements et son univers elle présente un spectacle inquiétant pour adultes. Même son tango reflète des lumières de manoir hanté. Elle actionne habilement son corps, telle une marionnette. On en viendrait presque à chercher les fils qui la guident.
Avec toute sorte d’objets, Patrick Bronté joue, lui, dans l’ombre. Il crée des bruits qui viennent d’on ne sait où. De peurs lointaines ou bien surnaturelles.
Leur spectacle commun Whispers instaure un climat mystérieux. Intrigué, on frissonne sur son fauteuil. Le corps traversé de sensations étranges, on se croirait au cœur d’une nuit de cauchemar.
Les tableaux qui se succèdent semblent fantasmagoriques.
Dans le cadre de la 8e Biennale internationale des arts de la marionnette, la Compagnie Mossoux Bonté explore les sons et le travail du corps avec étrangeté. De nombreux spectacles à découvrir jusqu’au 30 mai pour approcher les 1001 facettes d’un art captivant.
Du mardi 5 au jeudi 7 mai 2015
A la Maison des métallos
Le Mouffetard, théâtre des arts de la marionnette
The Good Fight

Oddisee, rappeur de Washington DC, se bat pour un style jazzy et délicat. Décidément, en 2015, le rap américain serait devenu mélomane. Bonne nouvelle!
Les gros bras du rap se font doubler par les plus érudits du genre. Cela doit fatiguer de tendre les muscles en permanence pour quelques dollars de plus sur des beats qui donneraient des boutons même à David Guetta. Les types sérieux sont récompensés cette année. On n'est pas obligé de se compromettre au dieu de l'efficacité et du passage sur NRJ. Après Kendrick Lamar ou Action Bronson pour les grosses pointures, les petits artisans du genre se font entendre.
On apprécie donc aujourd'hui toute la classe de Oddisee, rappeur et producteur de Washington DC, passionné de vieux sons vintage et plaisirs jazzy. Ca trippe donc sévèrement sur ce nouvel album. Une fausse non chalance et une vraie musicalité, voilà le secret de la réussite. De son vrai nom, Amir Mohamed El Khalifa connaît bien la musique et cela fait plaisir de l'entendre sur des compositions aux mélodies réelles, où les instruments ont vraiment leur place!
Son rap swingue. Il se sert de tous les héritages laissés par ses parents et sa cousins: il a tout écouté et le recompose dans un patchwork jazzy très agréable. Tout comme les paroles qui cherchent pas à être que virulentes. L'intelligence d'écriture est franchement rafraîchissante. Hélas on n'entend pas ça tous les jours. Ce n'est pas non plus un rap de béni oui oui. Le constat est un peu acerbe mais entre le funk, la soul et le jazz, il transcende les clichés du genre si collants d'habitude!
L'éclectisme est au pouvoir dans ce Good Fight. C'est un disque prenant, qui ne capitule jamais. Il ne se laisse pas aller et toutes ses qualités vont vous laisser KO!
Melo Music Group - 2015
Parquet Flottant

Un roman qui navigue entre plusieurs styles mais jette un regard acéré sur une corporation : la justice.
Le livre de Samuel Corto hésite entre plusieurs genres et compte quelques faiblesses. Mais il montre un véritable potentiel littéraire, au-delà de l’exploitation du gisement autobiographique propre à nombre d’autres premiers romans.
Etienne Lanos, un double de l’auteur, nommé substitut du procureur dans un tribunal de province, raconte sa prise de fonctions, la découverte de ses collègues, de ses nouvelles tâches, avec la verve de ces adolescents impertinents qui, tout à la joie de découvrir que la langue bien affutée peut être une arme, posent sur leur milieu le regard le plus critique et les questions les plus absurdes, lesquelles font souvent mouche.
Comme ces adolescents-là, Samuel Corto en fait des tonnes, et les facéties de son personnage principal, son priapisme, son usage de stupéfiants jusque dans les ingrédients d’un cocktail professionnel, tirent le roman vers la farce.
En même temps, le texte emprunterait volontiers les chemins du reportage ou de l’essai, n’était-ce le caractère déjanté du narrateur, véritable intrus dans la maison, ou plutôt dans le palais, qui semble se moquer de ses usages avec un acharnement militant autant que déroutant pour ses collègues. Dans la mécanique de la magistrature de province, il est le grain de sable.
Son message est clair : la justice va mal dans notre beau pays ; la faute, peut-être, aux praticiens. Leur pratique ne semble pas seulement désuète ou inadaptée, elle semble dangereuse, et les magistrats incapables de la moindre remise en cause.
Des exemples ? la collusion du siège et du parquet, pourtant séparés dans la procédure par souci de justice ; ou encore l’affaire d’Outreau, dont on parle partout, sauf à l’intérieur de l’institution. Là, motus.
Répétons-le, l’écriture balance sans arrêt ni rupture entre le reportage, la fiction et l’essai. C’est la force et la faiblesse de ce premier roman, dans lequel le récit n’est qu’un prétexte parfois pesant. Le sens de la formule (« La justice ne juge plus, elle condamne ») y masque parfois des faiblesses dans le style, et une relecture de plus n’aurait peut-être pas été de trop.
Pour le plaisir, deux exemples du sens de la formule de Samuel Corto :
« Le citoyen moderne est un être en faute permanente. » (page 44)
Et plus loin :
« […] la victime est le totem du sentiment d’insécurité. » (page 139)
Finalement, on pourrait comparer ce livre à Blouse, le premier livre d’Antoine Sénanque. C’est ici la version potache du désamour de l’institution. Là où Sénanque écrivait en noir et blanc, plutôt en noir, et trempait sa plume dans l’amertume, Corto en écrit de toutes les couleurs, éclate de rire à chaque déconvenue.
On ne peut que lui souhaiter de nous donner rapidement les mêmes preuves de son talent qu’Antoine Sénanque le fit en enchaînant avec un superbe roman, plus maîtrisé.
Ta Lumière Particulière

Les vieux de la vieille pop, celle des années 90, remettent le couvert. Le même jour que le nouveau Blur, Autour de Lucie sortait aussi un disque. De chouettes retrouvailles encore!
C'est le cinquième album d'Autour de Lucie. Voilà un groupe rare! Il n'existe qu'avec la bonne volonté de Valérie Leulliot. Chanteuse discrète, elle est rayonnante et a bien profité de l'engouement de la pop dans les années 90 pour écrire de magnifiques mélodies délicates.
Il y a peut être cette année, un revival de ce son là: Noel Gallagher sort un disque réussi. Idem pour Blur. Dans quelques jours, c'est au tour des Innocents de revenir sur le devant de la scène. En 2004, Autour de Lucie s'arrêtait. Ils reviennent aujourd'hui avec un charme intact!
Le groupe n'a jamais eu le succès mérité. Il serait peut être temps que le succès critique se transforme. Désormais la notoriété a comblé les frustrations. Autour de Lucie fait du Autour de Lucie. De la pop à la française. Des textes qui glissent sur des notes soyeuses, dans une ambiance détendue, dans une atmosphère d'un rendez vous galant. La voix y est pour beaucoup. La musique est un peu délavée.
Elle révèle néanmoins des confidences et de bonnes intentions. Les musiciens ne sont pas déconnectés de la réalité qui les entoure. Valérie et ses potes profitent de quelques arrangements électro mais il y a toujours ce classicisme qui résiste à tout. Au temps. Aux épreuves. Aux envies. Autour de Lucie est toujours là. Avec ses particularités si modestes et séduisantes!
P-Box - 2015
A bouche que Veux tu?

La disco pop des Brigitte continue de nous transporter dans une douce mélancolie, une ambiance luxueuse pop ou un lendemain de fête un peu plus lumineux que la moyenne!
Le duo fait sensation depuis plusieurs années. Une reprise remarquée et remarquable (Ma Benz). Un premier disque bien vendu. Une tournée sans fin. L'épreuve du second album arrive enfin pour Aurélie Saada et Sylvie Hoarau. Le buzz s'estompe et désormais que va t il rester de cette success story plutôt justifiée?
Une bonne dose de disco nous explose à la figure. Les deux super nanas ont le chic pour soigner leur élégance rétro et décadente. La façade est ripolinée mais derrière tous les artifices et les accords, il y a bien un petit quelque chose qui fait la différence. Et ce n'est pas le sex appeal du duo. Pourtant véritable!
Elles soignent leur look. La pochette pourrait renvoyer directement aux héroïnes des bédés érotiques de Manara. Les basses et les harmonies vocales pourraient s'échapper d'une musique sexy d'un porno poilu des années 70. Elles font les belles mais il y a un second degré assez jubilatoire. Elles osent. C'est assez rare dans la musique française pour être signalé.
On ne sait pas trop s'il faut rire ou s'inquiéter mais les Brigitte visitent l'héritage des années 70 avec une envie gourmande. Leurs échanges vocaux sont suaves. Amanda Lear doit se retourner dans sa tombe (sic) car elles sont désormais au top de la hype avec les mêmes artifices un peu grossiers, un peu ridicules. Mais cela fonctionne car il y a le petit mot de plus, la phrase un peu désabusée, la réflexion qui fait sourire.
Ces chanteuses ont bien des défauts mais il ne faut pas oublier leur qualité: l'humour. Avec elles, comme le dit le titre, on a tout ce que l'on désire pour passer un bon moment.
Columbia - 2014
Quatre Murs

Quatre murs. Ca compose une maison. Ca suppose une famille en souffrance. Un drame sec sous le beau soleil de Grèce.
C'est un roman court et percutant. En quelques lignes, Kéthévane Davrichewy pose les bases de son drame familial. Les relations houleuses entre différents membres d'une famille, abîmés par l'existence, qui doit faire des choix après la mort du père. La maison de Somanges doit être vendue. Celle des Cyclades invite tous au pardon général!
Entre le passé et le futur, le présent est bien douloureux et particulièrement bavard. C'est un règlement de comptes corrosif entre frères et soeurs. Toujours surveillés par la mère. L'aîné est blasé. La seconde vit dans le remord. Les jumeaux restent fragiles et obsédés par l'autre. Le livre se compose de longs dialogues. C'est un peu facile d'autant que la romancière a le talent pour expliquer en peu de mots la situation familiale.
C'est assez poignant. La rapidité d'exécution de l'écriture permet d'être au coeur de cette famille qui tente de recoller les morceaux, après les accidents, les aveux ou les tromperies en tout genre. Quatre Murs veut dire quatre solitudes. Mais c'est aussi les bases pour une éventuelle reconstruction.
S'il manque une peu de lyrisme (on part tout de même dans les Cyclades), il y a des vérités qui nous touchent dans ce texte efficace, peut être un peu trop carré si vous voulez bien excuser ce mauvais jeu de mots!
Sabine Wespieser Editeur - 180 pages
Pyramide

Complice d'Alexandre Aja, réalisateur français adepte du film d'horreur hollywoodien, Grégory Levasseur réalise son premier film... son premier nanar aussi!
Producteur pour son copain depuis les débuts en France, Grégory Levasseur veut donc lui aussi s'essayer à la série B d'horreur avec jolies pépées et monstres violents. Bonne idée. Autre intuition amusante: mettre des scientifiques et des journalistes dans une pyramide mystérieuse déterrée dans une Egypte plongée dans le chaos...
Les Egyptions sont toujours une bonne source d'excuse pour justifier des oeuvres fantastiques, de La momie à Stargate. Sans eux, on pourrait mal justifier des idées saugrenues, fumeuses et rigolotes.
Bon,visiblement, il a fallu jouer avec un budget très limité. Emmener cinq comédiens au Maroc pour le tournage a visiblement coûté bonbon puisque rapidement il n'y a plus grand monde à l'écran. Deux archéologues et deux journalistes. Plus un geek sympa et un militaire costaud. On a bien vu quelques indigènes au début du métrage mais rapidement c'est un peu le désert de Gobi qui s'installe dans Pyramide.
Tout est un peu kitsch, tout comme la situation initiale complètement tirée par les cheveux avec des comédiens peu investis. Le défi du réalisateur est donc de faire tourner ses acteurs dans des décors obscurs, réutilisés à l'infini pour nous faire croire qu'à chaque croisement, nous nous retrouvons dans un labyrinthe mortel.
Et quand tout devient obscur (ou chiant), il y a toujours un petit hiéroglyphe pour nous prévenir d'un grand danger qui va de toute façon réduire en bouillie toute la petite équipe. Dans des couloirs étriqués, Levasseur tente de faire un film en found footage (caméra à la première personne) mais il ne tient pas la distance et son film devient aussi labyrinthique en terme de lisibilité. C'est filmé franchement n'importe comment, cherchant bêtement à nous faire sursauter une ou deux fois. Difficile d'être indulgent avec ce petit produit de consommation qui gâche une bonne idée.
De Pyramide, le jeu de Patrice Laffont laissera un meilleur souvenir!
Avec Ashley Hinshaw, Denis O'Hare, James Buckley et Christa Nicolas - 20th Century Fox - 6 Mai 2015 - 1h29




