Loyle Carner: Ottolenghi

Ben is back

ALORS BEN IS BACK, JULIA IS BACK, PAS TRANSCENDANTE NON PLUS MAIS DISONS QUE CELA FAIT TOUJOURS PLAISIR DE LA VOIR EN DEHORS DE SES HABITUELLES COMÉDIES ROMANTIQUES (MÊME SI C’EST BIEN AUSSI HEIN). MAIS L’ACTEUR QUI JOUE BEN N’EST PAS TRÈS CONVAINCANT, VOIR CARRÉMENT NUL.

SON CHARISME EST AUSSI PERCUTANT QUE SON MUTISME EN MODE MOUE BOUDEUSE. LA MISE EN SCÈNE N’EST PAS MIRACULEUSE, ET S’APPUIE UNIQUEMENT SUR SON SUJET QUI PEUT SEMBLER FORT SUR LE PAPIER MAIS QUI NE TRANSPIRE PAS A L’ÉCRAN. LES MOUVEMENTS DE CAMÉRAS SONT TROP PRÉSENTS. LA MÉTAPHORE N’EST PAS SUBTILE, BIEN AU CONTRAIRE ELLE ACCUMULE QUELQUES CLICHÉS SUR SON CHEMIN.

OUI C’EST DUR, UN FILS TOXICO QUI S’ECHAPPE DE SA DÉSINTOXICATION LE JOUR DE NOËL POUR VOIR SA FAMILLE. UNE JOURNÉE QUI N’A RIEN DE SIMPLE POUR PERSONNE. CA AURAIT PU ET AURAIT DU ÊTRE SUPER POIGNANT MAIS L’ÉMOTION EST LOIN D’ÊTRE LÀ. QUEL DOMMAGE.

IL N’Y A PAS VRAIMENT DE PLACE POUR CETTE HISTOIRE. RIEN N’EST AFFIRMÉ, TOUT SE PASSE EN SURFACE. ET TOUT EST ÉCRIT D’AVANCE. HEUREUSEMENT, IL Y A DE BONNES SÉQUENCES , CELLE DU CIMETIÈRE OU JULIA DEMANDE A BEN DE CHOISIR SA TOMBE (MAIS QUI ARRIVE TROP TÔT), ET CE TRÈS BON SPITCH (BIEN QU’INAPPROPRIÉ), DE JULIA AU CENTRE COMMERCIAL, AU MÉDECIN QUI A PRESCRIT LES PREMIERS MÉDICAMENTS « ADDICTIFS » A SON FILS.

MAIS METTRE TOUTE LA RESPONSABILITÉ SUR LUI ET SOUSTRAIRE CELLE DE PARENTS OU MÊME CELLE DE BEN, EST TROP FACILE ET ENLÈVE TOUTE ANALYSE PSYCHOLOGIQUE QUI AURAIT ÉTÉ BIEN DE MONTRER A L’ÉCRAN. LE TEMPS PASSE ET LES PARENTS ESSAYENT DE SE RATTRAPER MORALEMENT DE LEUR ERREURS MAIS ON NE SENT PAS LEUR IMPLICATION.

D’AILLEURS TOUT LE FILM TENTE A CULPABILISER BEN, PEU IMPORTE CE QU’IL FAIT OU ESSAYE D’AMENDER. IL EST COUPABLE DE TOUTE FAÇON AUX YEUX DE TOUS ET AUX SIENS. L’APPROCHE N’EST PAS ININTÉRESSANTE MAIS ENCORE UNE FOIS, LA FORME EST NULLE. ON EST PLUS SUR UN MELODRAME PLEIN DE BONS SENTIMENTS, DE LA MÉNAGÈRE DU DIMANCHE QUI VA A LA MESSE.

ET PUIS CETTE PARTIE DU FILM EN MODE THRILLER A LA JOHN WICK....MAIS NON ON A PAS TUÉ LE CHIEN, MAIS ON LE RECHERCHE ACTIVEMENT ! TOUT CELA N’A AUCUN SENS, CE FILM PATHOS ESQUIVE L’ESSENTIEL ET MEUBLE AVEC L’INUTILE. ALORS SI VOUS VOULEZ JUSTE VOIR JULIA ROBERTS PARCE QU’ELLE FAIT PARTIE DES MURS D’HOLLYWOOD DEPUIS 110 ANS, FAITES VOUS PLAISIR MAIS POUR LES AUTRES QUI RECHERCHENT UNE VÉRITABLE ÉCRITURE, PROPOS, ET TOUT LE TRALALA, FAUDRA CLAIREMENT ALLER VOIR AILLEURS.

AVIS AUX AMATEURS.

Avec Julia Roberts, Courtney b Vance, Lucas Hedges et Kathryn Newton - Paramount - 16 janvier 2019 - 1h40

Samo, a tribute to Basquiat, Laëtitia Guédon, Koffi Kwahulé, Théâtre de la Tempête

 

©Tristan Jeanne-Valès

 

Symbole même du grand talent consumé en une vie trop brève – tel Jimmy Hendrix ou Janis Joplin – Jean- Michel Basquiat naît en 1960 à Brooklyn d’une mère portoricaine et d’un père haïtien. Adolescent en rupture, il se consacre à la musique et commence à taguer les murs de Manhattan de messages caustiques qu’il signe SAMO (SAME OlD SHIT). Bientôt repéré par une galerie new-yorkaise, il se voit proposer un atelier : il est en 1982 le plus jeune artiste exposé, se lie d’amitié et collabore avec Andy Warhol dont il rejoint la Factory. Ses tableaux se vendent cent mille dollars pièce… lorsqu’en 1987, il meurt d’overdose.

Superbes interprétations et mise en scène ! La musique jazz, mais aussi électro, la danse et la vidéo en live donnent une certaine force et poésie à la pièce. Le spectateur est plongé dans l’ambiance de cette époque. Le ton est donné dès l’entrée avec un ring de boxe de lumière. Celui qui est dans l’arène n’est autre que Jean Michel qui s’apprête à devenir Basquiat au fur et à mesure des coups et des esquives. On y retrouve plusieurs Basquiat à une période de sa métamorphose, celui des débuts, celui après son accident de voiture, celui qui a vu sa vie basculer vers la peinture et la rue juste avant la notoriété. Celui qui s’est affranchi de ses parents et de son père notamment. Une quête de la notoriété, non pour la notoriété en elle-même mais pour qu’un premier noir soit intégré dans un musée américain. On y retrouve des dialogues entre son père et lui, avec ses origines, son corps, entre fantasmes, mensonges et réalités. On assiste à la construction de Samo et de sa vie fulgurante avec en fond la musique et les mots. Yohann Pisiou l’interprète avec charisme et fascination. Sans parler de son corps subjuguant.

L’œuvre de Jean-Michel Basquiat se donne comme une critique acerbe de l’Amérique et de la position qu’y occupent les Noirs. Imprégné par la danse, traversé par la musique live du saxophone, ponctué d’inserts visuels, le texte de Koffi Kwahulé témoigne de la frénésie, de l’urgence de création qui animaient ce météore dont la notoriété n’avait pas fermé les blessures intimes.

 

Jusqu'au 02 février 2019

La Tempête
De Koffi Kwahulé.
Mise en scène: Laëtitia Guédon.
Avec : Willy Pierre-Joseph, Yohann Pisiou, Blade MC Alimbaye, Nicolas Baudino
Composition Musicale : Blade MC Alimbaye et Nicolas Baudino
Choregraphie : Willy Pierre-Joseph
Video : Benoit Lahoz
Son : Géraldine Dudouet
Lumières : David Pasquier
 

Loyle Carner: Water baby

Copain de la semaine: Loyle Carner

Thomas Fersen : libertad

Leather Teeth

Dans ses pages, je défends le cinéma bis, les jolis ratés du cinéma et tout ce qui pourrait ressembler à de la contre culture un peu bienveillante, un peu originale, un peu déviante, un peu génial en réalité. C'est ce que fait à sa manière si virtuose le bien nommé, Carpenter Brut!

Derrière ce nom qui rappelle bien évidiemment le pape de l'horreur, John Carpenter, il y a encore un petit surdoué de l'électro bien de chez nous, Franck Hueso. C'est sûrement dans les films de Carpenter que le jeune homme a fait sa culture musicale.

Son style rappelle un peu les grandes figures du genre, Daft Punk ou Justice! Ses clips jouent eux aussi sur les mythes de la série B des années 80. C'est coloré. C'est déluré. Et ce sont dans les détails que s'apprécient la musique de Carpenter Brut.

Le type s'est donc forgé une solide réputation. Il a sorti d'abord des EP. Puis un live. Désormais c'est peut être son premier effort sur longue durée. 32 minutes de musique sensationnelle. C'est à dire qu'il joue sur nos sentiments et nos mélancolies.

Imaginé comme une bande originale d'un film douteux, le disque nous envoie sur la planète des faux raccords, des effets gore et des belles pépées. L'instrumentation ne fait pas dans la demi mesure. Les arrangements ne recherchent que l'efficacité. Cela donne une espèce de heavy metal monté sur des beats et de gros synthétiseurs piqués dans un musée d'histoire de l'art. Tout ca sur un fond de disco et de funk!

Ca va donc plaire aux trentenaires et aux quadras. Ca pourrait faire danser cette barrique de Tarantino. Cinématographique à souhait, le musicien fabrique une musique puissante et kitsch en même temps. Carpenter Brut s'applique à faire le plus eighties et faussement mainstream. C'est assez rigolo et plus que jubilatoire. Bref, ce disque est la bande originale de tout amateur de nanar et série B!

No quarter - 2018

Songs, Samuel Achache, Bouffes du Nord

 

Une fois levé l'immense drap blanc qui recouvre la scène, c'est un univers insolite presque irréel et un brin décadent qui se dévoile. De l'étagère à la table, en passant par les fauteuils et le sol, tout est baigné ou éclaboussé de cire, cette substance qui dissimule, fige et retient le passage du temps dans ses moindres sillages. Quel lieu plus épatant pour accueillir une soirée de mariage? et, dans ce cas, pourquoi ne pas inviter pour l'animation un orchestre de musique anglaise du XVIIè siècle? Sur les étagères, au milieu du service à thé (coulé dans la cire bien sûr), des ballons de baudruche et des guirlandes. Sur le côté droit de la scène, aux côtés des comédiennes au langage pourtant résolument contemporain, des joueurs de théorbe, de viole, d'orgue et de virginal. Arrivé là, on comprend que rien de tout à fait normal ne peut subvenir, impossible de dire où l'on est ni à quelle époque, la téléportation est totale, jusque là bravo. Côté jeu, les comédiennes Sarah le Picard et Margot Alexandre interprètent haut la main les soeurs que tout oppose sauf, on ne tarde pas à s'en rendre compte, un bon gros grain de folie. Margot Alexandre, surtout, est hilarante dans un savant mélange d'autoritarisme et de bonhomie. Sarah Le Picard, dans le rôle de la mariée névrosée s'enlisant dans les turpitudes de son coeur, parvient habilement à rendre comique ses noires visions et sa mélancolie suicidaire. Leur mère, Lucile Richardot alterne le jeu et le chant lyrique. D'un côté neurasthénique, de l'autre d'une puissance qui semble infaillible. Et c'est ce contraste, entre des personnages à bout de nerfs et un accompagnement musical que rien ne semble pouvoir troubler, qui laisse confus. Le théâtre contemporain et la musique anglaise du XVIIè siècle se croisent plus qu'ils ne se rencontrent et la pièce, pourtant magnifiquement drôle et extravagante, reste un mystère insondable.

 

Songs
Jusqu'au 20 janvier
Au théâtre des Bouffes du Nord
Mise en scène de Samuel Achache
Direction musicale et orgue de Sébastien Daucé

Thomas Fersen: les papillons

Press rewind

Si le demon du rock, le diable du fameux crossroads, prend des vacances, vous pourrez le trouver du coté de Saint Etienne. Bonne nouvelle!

Bah oui, pendant que certains veulent construire des murs à toutes les frontières, d'autres s'en affranchissent avec un plaisir évident. C'est le cas de Devil Jo, chanteuse à la voix chaude de St Etienne qui a décidé de se prendre pour un héros du rock du sud des Etats Unis.

Quand on écoute sa musique, on entend Lynyrd Skynyrd, les Black Crowes ou autres chevelus amateurs d'orgue hammond, de substances prohibées et de grosses guitares qui groovent. De la grosse musique de Working Class Hero dont la jeune femme célèbre les vertus. On se croirait effectivement de l'autre coté de l'Atlantique.

Et c'est authentique. La voix soul conjuguée à des musiciens plus rock dresse les poils. C'est du bon vieux rock qui vise l'estomac et pas du tout les cordes sensibles. C'est bien fait. Les compositions sont solides. La base est un peu poussiéreuse mais Devil Jo souffle sur les braises. Le résultat est ardent!

En neuf chansons, on a entendu ce joyeux mélange que peut être le blues, le rock, la soul, la funk ou le boogie! On ne s'ennuie pas une minute même si le groupe ne fait pas dans la franche nouveauté. Mais bon, tout de même, quand ca vient de St Etienne, on a le droit d'être surpris. Agréablement surpris!

Inouie Distribution - 2018

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