Jurassic 5: Freedom

Feral Roots

Le Hard rock a repris du poil de la bête avec le succès inattendu de Greeta Van Fleet. Pourtant, les petits jeunes ont encore du chemin pour avoir l'assurance de Rival Sons!

Le son brutal de votre papa a de nouveau sa place dans les premières pages des quotidiens culturels. Le bon vieux blues bien blanc et bien sale fait encore plaisir au grand public. Finalement les riffs que défendent Justice ou Carpenter Brut peuvent encore avoir du sex appeal au près du grand public, dans sa forme la plus simple.

Celle du bon vieux hard! Quelques musiciens et des gros morceaux électriques à défendre bec et ongles. C'est le cas du très sympathique quatuor, Rival Sons. Jay Buchanan s'imagine comme un contemporain de Jim Morrison tandis que ses trois potes se prennent pour les Who ou Black Sabbath!

Depuis 2014 et leur précieux Great Western Walkyrie, le groupe a trouvé son créneau: un rock mélancolique mais très très très puissant. La batteur imite celui du Muppet Show et le guitariste est d'une virtuosité assez incroyable pour vous planter un air dans la tête.

Dans leur nouvel album, il n'y a donc rien de nouveau. Les attitudes et les gestes ne sont pas d'une folle originalité. Mais qu'est ce que c'est bon. Le son donne l'impression de passer son avion. Les choeurs nous embarquent vers le blues rock le plus assoiffé. Ce disque est effectivement un peu plus roots. Le groupe fait dans le mysticisme à deux ou trois moments mais l'essentiel est là: ca transpire pour des refrains imparables et costauds.

Dans chaque chanson, il y a quelque chose à piocher: des sentiments et des émotions. C'est là, la vraie valeur ajoutée de Rival Sons, groupe qui petit à petit fait sa place dans le petit monde tatoué du hard qui plaira au plus grand nombre. Tant mieux pour eux!

Atlantic - 2019

copains de la semaine: Jurassic 5

Steve Ray Vaughan: unplugged

Steve Ray Vaughan: Crossfire

Capitalist blues

Le blues au féminin.

On tombe évidemment amoureux de Leyla McCalla en quelques notes. Voilà une jeune femme qui aime bien sauter par-dessus les barrières et les frontières. Ses parents sont haitiens. Elle grandit à New York en faisant un petit arrêt par le Ghana. Leyla McCalla n’a donc pas de limites. Elle connait le violoncelle mais elle s’amuse aussi beaucoup avec un banjo. Elle aime trainer dans tous les styles… qui viennent du sud.

Elle a donc commencé par étudier les chansons de son pays d’origine. Mais petit à petit, la chanteuse remonte le courant et s’installe petit à petit dans les bayous de la Louisiane. Ce troisième album se place au carrefour de tous les genres. C’est une tempête qui s’abat sur le monde du blues.

Sa sensibilité vient donc secouer les bases du blues et de la Nouvelle Orléans. Ce n’est pas une séance de vaudou mais il y a bel et bien de la magie dans cet album qui picore un peu partout l’inspiration la plus rustre mais aussi la plus sincère.

Elle adopte donc la chaude ambiance de La Nouvelle Orléans. Le violoncelle est un peu moins utilisé : l’artiste veut mettre en avant le bouillonnement de la ville et sa folie musicale. Ce disque est une fête où tous ont le droit de citer !

Dans ses nouvelles chansons, elle convoque les traditions et les légendes. Elle ouvre un havre de paix, où tout se passe bien entre Trinidad, Cuba, les Etats Unis et Haïti. Inutile de dire que le disque assure le dépaysement total.

Mieux encore, le folklore s’introduit dans le quotidien et la réalité. La jeune femme ne veut pas être un joli produit exotique. Les paroles sont sarcastiques et ne manque pas d’égratigner notre époque. Le commentaire social est là mais il ne s’impose pas.

Ce que l’on entend c’est de la musique colorée, cultivée, élégante et d’une richesse ensorcelante. Face au capitalisme qui la désole, elle a une recette succulente de rythmes, de refrains et de mots délicieux et finement choisis. Cet album est une fête, avec des moments calmes et des emballements bienvenus. Certes elle a le blues cette chanteuse, mais elle garde et offre un beau sourire !

Jazz village - 2019

Steve Ray Vaughan: Superstition

Steve Ray Vaughan: Pride & joy

Steve Ray Vaughan: Cold Shot

Velvet buzzsaw

L'équipe de Nightcall se réunit à nouveau pour croquer les moeurs contemporaines. Plus décousu, Velvet Buzzsaw décoit.

Pourtant on retrouve bien tout le savoir faire de Dan Gilroy, scénariste discret mais friand de la bonne grosse série B (il a pondu le script de Kong: skull island tout de même). Des années d'écriture qui le pousse à la réalisation. NightCall restera comme l'un des polars de ce début de siècle.

Dans Velvet Buzzsaw, il y a donc cette écriture cynique et cette façon très clinique de suivre des personnages plus ou moins agaçants. NighCall est un thriller sombre et désenchanté: ce nouveau film est encore un triste constat sur quelques pantins attirés par l'argent et le pouvoir. Ils pervertissent à leur manière l'art et son marché. Une malediction va s'abattre sur eux...

Le portrait commence donc comme un film de Robert Altman, référence de plus en plus évidente en ce moment dans les productions américaines. Une multitude de personnages pour une multitude de défauts. John Malkovich et Jake Gyllenhaal donnent la main à Toni Colette et René Russo (l'épouse du réalisateur) pour une farandole de crétins bavards et prétentieux.

Ils sont doués pour ça et la farce est efficace. Mais trop grossière de la part d'un type qui a fait NightCall, beaucoup plus nuancé et plus efficace. A trop critiquer la superficialité, à la scruter, Dan Gilroy oublie trop souvent le thriller et l'aspect horrifique de son film. Le film continue l'étude du cinéaste d'un Los Angeles en trompe l'oeil. C'est ce qu'il y a de mieux. Pour le reste, on reste sur notre faim. Le monde de l'art en prend plein la tronche; nous on aurait aimé en prendre plein les mirettes!

Avec Jake Gyllenhaal, René Russo, Zawe Ashton et John Malkovich - Netflix - 2018

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