Samo, a tribute to Basquiat, Laëtitia Guédon, Koffi Kwahulé, Théâtre de la Tempête

 

©Tristan Jeanne-Valès

 

Symbole même du grand talent consumé en une vie trop brève – tel Jimmy Hendrix ou Janis Joplin – Jean- Michel Basquiat naît en 1960 à Brooklyn d’une mère portoricaine et d’un père haïtien. Adolescent en rupture, il se consacre à la musique et commence à taguer les murs de Manhattan de messages caustiques qu’il signe SAMO (SAME OlD SHIT). Bientôt repéré par une galerie new-yorkaise, il se voit proposer un atelier : il est en 1982 le plus jeune artiste exposé, se lie d’amitié et collabore avec Andy Warhol dont il rejoint la Factory. Ses tableaux se vendent cent mille dollars pièce… lorsqu’en 1987, il meurt d’overdose.

Superbes interprétations et mise en scène ! La musique jazz, mais aussi électro, la danse et la vidéo en live donnent une certaine force et poésie à la pièce. Le spectateur est plongé dans l’ambiance de cette époque. Le ton est donné dès l’entrée avec un ring de boxe de lumière. Celui qui est dans l’arène n’est autre que Jean Michel qui s’apprête à devenir Basquiat au fur et à mesure des coups et des esquives. On y retrouve plusieurs Basquiat à une période de sa métamorphose, celui des débuts, celui après son accident de voiture, celui qui a vu sa vie basculer vers la peinture et la rue juste avant la notoriété. Celui qui s’est affranchi de ses parents et de son père notamment. Une quête de la notoriété, non pour la notoriété en elle-même mais pour qu’un premier noir soit intégré dans un musée américain. On y retrouve des dialogues entre son père et lui, avec ses origines, son corps, entre fantasmes, mensonges et réalités. On assiste à la construction de Samo et de sa vie fulgurante avec en fond la musique et les mots. Yohann Pisiou l’interprète avec charisme et fascination. Sans parler de son corps subjuguant.

L’œuvre de Jean-Michel Basquiat se donne comme une critique acerbe de l’Amérique et de la position qu’y occupent les Noirs. Imprégné par la danse, traversé par la musique live du saxophone, ponctué d’inserts visuels, le texte de Koffi Kwahulé témoigne de la frénésie, de l’urgence de création qui animaient ce météore dont la notoriété n’avait pas fermé les blessures intimes.

 

Jusqu’au 02 février 2019

La Tempête
De Koffi Kwahulé.
Mise en scène: Laëtitia Guédon.
Avec : Willy Pierre-Joseph, Yohann Pisiou, Blade MC Alimbaye, Nicolas Baudino
Composition Musicale : Blade MC Alimbaye et Nicolas Baudino
Choregraphie : Willy Pierre-Joseph
Video : Benoit Lahoz
Son : Géraldine Dudouet
Lumières : David Pasquier
 

Auteur: Estelle Grenon

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