Il est de Retour

Voilà un livre étrange, un livre à part, et qui fait polémique depuis sa sortie. C’est pourtant l’un des grands succès de ces derniers mois, malgré son sujet pour le moins paradoxal. En effet, Il est revenu, l’ouvrage de Timur Vermes, aborde un sujet controversé, surtout en ces temps de violence, voire de guerre : le retour d’Adolf Hitler. Ni plus, ni moins.

Quel drôle de pari a donc fait là ce sexagénaire allemand ! D’autant plus qu’il s’agit de son premier roman. Un coup de dés, car le risque était grand d’avoir en retour des lettres haineuses, des menaces de mort, voire une censure. Mais qu’on en juge : vendu dans trente-cinq pays, l’ouvrage va également être bientôt adapté au cinéma.

Au-delà du succès et du titre un peu racoleur – sans oublier la couverture , mèche noire reconnaissable sur fond blanc - de quoi traite exactement Il est revenu ? Le livre part du postulat qu’Adolf Hitler se réveille soudain dans un terrain vague à Berlin cinquante-six ans après sa fin dans son bunker, soit…aujourd’hui. Pourquoi ? Comment ? A cause de quoi ? On l’ignore.

Mais le Führer est bien là et va aller de surprise en surprise. Au début, il se croit encore à l’époque de sa toute-puissance et est un peu étonné par les comportements des Allemands. Pourquoi personne ne fait-il le salut nazi ?

Que font donc tous ces Turcs à gérer des « blanchisseries » ? Qu’est-ce que c’est que ces jeunes filles à peine habillées qui ont l’air de « souillons » ? Et où sont passés les cravates et les chapeaux des hommes ? Enfin, ces femmes étranges qui ramassent les crottes de leurs chiens dans les jardins publics ont-elles perdu la raison ?

Tous ces quiproquos sont franchement amusants, d’autant plus que l’auteur opte pour l’utilisation de la première personne du singulier, dans une langue classique, un peu désuète mais élégante.

Passé l’étonnement des premiers jours, Hitler se ressaisit et revient à sa préoccupation première : rendre à l’Allemagne sa grandeur et, pour ce faire, se débarrasser de la femme qui dirige désormais le pays. Bien évidemment, personne ne le prend au sérieux et ne croit un instant que ce monstre est de retour. Comment pourrait-il en être autrement ? Mais dans ce monde où la frénésie, l’apparence et l’argent sont les moteurs, son éloquence et ses convictions ont hélas toute leur place. La machine médiatique s’empare du personnage et de ces discours et en fait un…comique.

L’histoire un peu loufoque devient alors chronique ironique et lucide d’une époque où l’inculture et la médiocrité sont reines. Le livre, grâce à l’utilisation du « je », a des allures de journal intime halluciné. La leçon est grinçante et presque triste. Notre époque est-elle réellement plus morale que celle du Troisième Reich ?

Editions 10-18, 400 pages

Miss Hokusai

Rétro 2015! Un biopic animé, voilà une proposition rare qui offre en même temps la réhabilitation d’une artiste cachée dans l’ombre d’un géant du dessin.

Miss Hokusai déconcerte. Le film du brillant Keiichi Hara (Colorful) refuse de suivre le moindre stéréotype, le cahier des charges des dessins animés ou la fluidité d’un récit linéaire, instructif et historique. Pourtant nous sommes bien au début du 19e Siècle à Edo (qui sera rebaptisé Tokyo). Dans les petites rues populaires, vit le maître du dessin, Hokusai.

Il dessine sans arrêt et sans contrainte. La marginalité ne le dérange pas. Il assume sa folie créatrice. Il doit un semblant de normalité à sa fille, O-Ei, femme exigeante qui bouscule elle aussi les conventions de l’époque.

L’histoire est décousue. Il s’agit plutôt d’une succession de scènes où transparaît un onirisme salvateur qui explique le processus de création. La mise en abime avec le travail de Hara est évidente mais ce dernier joue l’humilité pour rendre hommage à cette femme et sa famille, qui ont tout sacrifié pour l’art.

C’est déroutant. On est parfois perdu mais le film évoque l’insolente modernité de l’art et le génie de l’artiste japonais. C’est délicat, court et clair. De nombreuses astuces narratives et des digressions fantasques nous permettent de comprendre et apprécier le talent d’Hokusai.

D’une grande sensibilité, on est littéralement aspiré dans la vie des Hokusai, pourtant peu bavards ou expansifs. On se promène dans l’œuvre de l’artiste qui croise le destin peu glorieux de la famille. Le film rend hommage à l’importance de l’art, de sa pratique dans l’existence.

Toutes les bonnes intentions du film nous touchent sans aucune niaiserie. Tout est délicat et original des personnages à la mise en scène, saugrenue et inventive. Portrait de femme, Miss Hokusai est une petite merveille qui refuse la facilité, obstinée à l’image de son héroïne.

Eurozoom – 2 septembre 2015 – 1h33

Queen & Country

Retro 2015! Après Hope & Glory en 1987, John Boorman se raconte une nouvelle fois.  Romanesque et humble, son film est un petit bonheur dont il ne faut se priver !

Désuet, voilà un adjectif que beaucoup de cinéastes peuvent redouter. A plus de 80 ans, l’illustre John Boorman se moque des modes et évoque encore sa jeunesse d’après-guerre. Il retrouve Bill Rohan, le petit héros de Hope & Glory. Il est désormais un jeune homme, obligé de faire son service militaire.

Il rencontre un autre fan de cinéma, Percy et font ensemble les 400 coups dans un camp où les gradés ont bien du mal à faire autorité sur eux. Car les deux hommes pensent à autre chose : l’amour et les femmes.

Chez nous, ce sont les Bidasses en folie. En Angleterre, on se passionne pour le service militaire de deux têtes de mules à l’humour bien trempé. Cela démarre de manière potache et légère puis la mise en scène glisse vers des détails plus graves et souvent touchants. La subtilité du regard est séduisante. Un petit cours de cinéma est donné par le réalisateur de Délivrance et Excalibur.

Le budget est désormais resserré mais ça n’empêche pas papy Boorman de se remémorer avec gourmandise son passé. La mélancolie n’empêche pas l’envie. Au contraire, c’est un film très vivant, pétri de bienveillance et d’une tendresse que certains jugeront ringarde !

Entre amitié virile et amours contrariés, on aurait pu voir une bluette insignifiante. Les dialogues, les acteurs, les décors nous font revivre les affres de l’adolescence et les interrogations d’un jeune homme sur ce qu’il veut devenir : un révolté au flegme typiquement british.

Il démontre que l’on n’a pas besoin de grand-chose pour être insolent et pertinent. Le charme anglais fonctionne à plein régime. C’est un vrai bonheur de voir et écouter ces vieux souvenirs d’un cinéaste tout simplement incassable.

Avec Callum Turner, Caleb Landry Jones, David Thewlis et Richard E.Grant – Le Pacte – 7 janvier 2014 – 1h55

Miley Cyrus & her dead Petz

Dans la série "j'en ai marre d'être une gentille fille alors je fais dans le trash", voici donc la petite Miley Cyrus, mignonne star Disney qui désormais dit des gros mots tout en étant fan des Flaming Lips. Bizarre vous avez dit bizarre?

Durant les fêtes, on s'intéresse donc à ses petites chanteuses qui ne savent plus quoi faire pour faire parler d'elle. Elles mettent en scène leurs crises adolescentes, leurs premiers pétards et leurs premières cuites. Passionnant comme une émission de NRJ12!

Mais peut on aller très loin dans ce délire scatologique et hyper-sexuel au point de revendiquer une attitude artistique? C'est bel et bien la question posée par cette grosse perverse narcissique de Miley Cyrus. Il y a longtemps, elle fut l'idole des jeunes en incarnant Hannah Montana, cousine lointaine de la violente Violetta, qui parasite l'esprit critique et musical des jeunes filles actuellement.

Lorsqu'elle a voulu s'émanciper de cette image, tout le monde l'a condamné à être une insipide chanteuse. Dans un excès de zèle totalement inattendu, elle s'est mise à dire des gros mots, à faire des signes explicitement douteux et dire des horreurs qui font rougir l'Amérique des pisse-froids. Elle rote. Elle pète. Elle fume des pétards de drogue. Elle joue à touche pipi avec ses ami(e)s. Elle fait et dit n'importe quoi. Miley Cyrus est atteinte du syndrôme Gilles de la Tourette? Nouvelle question!

En tout cas, la demoiselle a amorcé un virage extravagant, ultra médiatique et exhibitionniste à souhait! Aux dernières nouvelles, et pour faire la promotion de copieux cinquième album, elle a annoncé vouloir faire un concert où tout le monde serait tout nu. Lady Gaga et sa robe en viande sont dépassées par les joyeuses idées de la petite effrontée. L'attitude est vilaine et grotesque jusqu'à la caricature.

Mais la vraie surprise c'est la musique. Sous influence des Flaming Lips, la jeune chanteuse réalise un long disque complètement loufoque, bidouillant à tous les étages des musiques barrées où elle déverse ses angoisses de petite américaine suractive et réellement paumée.

Plus de vingt chansons pour une midinette énervée de 22 ans, c'est beaucoup. Son disque est effectivement bordélique comme une chambre d'adolescente révoltée. Elle joue de sa vulgarité pour tenter des trucs très spéciaux en matière de pop music. C'est amusant d'abord puis lassant au bout d'une heure.

Mais la présence des Flaming Lips apporte son lot de surprises: ils désarticulent les codes commerciaux de la pop actuelle avec une chanteuse ravie d'en faire trop ou faisant n'importe quoi! Dans l'attitude jusquauboutiste, Miley Cyrus est bien courageuse et sait s'entourer. La délurée perd la boule mais pourrait découvrir le bon goût. Ca a du bon la crise d'ado! Même sévère comme ca!

2015 -

Revival

Bon d'accord c'est la période des fêtes de fin d'année mais ici, à Etat Critique, on a mis le chauffage à fond. Comme quelques chanteuses en mal de reconnaissance, on est bien tenté d'enlever nos vêtements.

C'est la superbe stratégie musicale de quelques jolies chanteuses américaines qui évidemment sont en mal de buzz et doivent absolument vendre quelques galettes si elles ne veulent pas finir dans un clip trash réalisé par un cinéaste libidineux ou participer à Danse avec les Stars!

Donc la charmante Selena Gomez attrape froid pour les besoins de la pochette de son second disque, Revival. Aux States, sur la couverture de son album, elle est toute habillée: on s'amuse plus sur le vieux continent. Au bout d'un disque solo, la jeune fille en est déjà à l'étape de la résurrection, de la renaissance en femme moderne et nue. Elle est précoce, ça c'est sûr! Cependant rien de surprenant, elle appartient à toute la tripotée de stars de la dance pop américaine, venue des productions Disney.

Comme Britney ou Justin, Selena Gomez est une enfant star qui a commencé dans de niaises séries et qui doit donc tout faire pour s'émanciper de cette image bien trop lisse. Allez zou, à poil! Déjà aperçu dans le court vétu Spring breakers, Selena Gomez veut montrer qu'à 23 ans, elle est désormais, une femme.

Dans ses nouvelles chansons, elle fréquente un rappeur. Elle défend des textes optimistes mais conscients que le mal existe. Elle prouve qu'elle est désormais une femme accomplie malgré sa tête de poupon texan élevé au grain. Bon on ne va pas attaquer le physique tout le temps. Ca vaut quoi?

Bah c'est pas si mal. Le disque n'a même pas volé par la fenêtre. La production est soignée et loin d'être insupportable: c'est de la musique de centre commercial. C'est inconséquent mais difficile de dire que c'est mauvais. C'est prévisible mais c'est solide.

Le mélange normalement indigeste de pop-dance-electro passe tout seul. Quelques passages horripilants tout de même! La demoiselle ne peut pas s'empêcher de deux ou trois chansons tristes pour faire la preuve de son joli timbre de voix. Il y a cependant quelques effets presque expérimentaux pour un tel personnage insipide.

Rien d'exceptionnel. Rien de honteux non plus. Une petite musique dans l'air du temps avec une jolie couverture dénudée, rien de plus!

Interscope - 2015

Christmas Song: Do they know it s Christmas?

PÉGASE ET ICARE – Alexis Gruss – Les Farfadais

Pégase

 

 

 

 

 

 

 

Un spectacle puissant à ne pas manquer

Alexis Gruss présente sa nouvelle création Pégase et Icare au cirque Alexis Gruss en collaboration avec la Compagnie des Farfadais et l'orchestre de Sylvain Rolland. Le résultat est tout simplement étonnant et magique à tout point de vue.

Fondé sur la rencontre mythologique de Pégase, le cheval ailé fils de Poséidon, et d'Icare, fils de Dédale qui réalisa des ailes de cire pour s'échapper du Labyritnhe, le spectacle parvient à fusionner les arts équestres traditionnels et une poétique fondée sur des numéros visuels dignes des plus grandes comédies musicales.

La féerie est habilement guidée par une chanteuse à la voix parfaitement placée, une orchestration calée au millimètre et des références musicales cinématographiques et populaires. Avec des costumes grandioses, des structures gonflables légères évoquant des monstres fantastiques, le spectateur bascule très rapidement dans le monde imaginaire des Gruss.

La famille en impose. La synergie entre chevaux et hommes est à son apothéose. Émotion, vitesse, puissance, se dégagent de la piste. On prend plaisir à vibrer avec les membre de la famille Gruss qui prennent de réels risques en compagnie des chevaux. La justesse est là.  Alexis Gruss et sa femme veillent en piste à la mécanique du réel à la beauté du geste. Le résultat est grand.

En parallèle, les acrobaties et portés de la Compagnie des Farfadais défilent dans les airs et l'eau. Une grande place est accordée à la pole dance. Un art de la sensualité parfaitement maîtrisé par des artistes qui savent communiquer leur plaisir. La créativité est là. Superbe Chute d'Icare dans l'eau sur le Skyfall d'Adèle. Magnifique plateau sur Nothing else Matter de Metallica.

Alexis Gruss est une institution. Sa famille réussit à hisser l'art équestre à un niveau de beauté d'une grande exigence. Ce spectacle gagne le pari de la modernisation dans le respect de la tradition et d'un héritage promis à un long avenir. A voir.

http://www.alexis-gruss.com/pegase-et-icare.html

Brace the Wave

Pendant que les hipsters de tout bord recyclent tous les courants (culturels) alternatifs, Lou Barlow, à l'approche de la cinquantaine, ne triche pas. Il écrit des ritournelles bien troussées avec peu de moyens mais plein d'idées!

Pionnier du mouvement lo-fi, Lou Barlow doit se marrer devant tous les barbus et les faux ringards qui font et défont les tendances actuelles. Bassiste du bien barré Dinosaur Jr, virulent musicien de la période grunge, leader de Sebadoh, Lou Barlow a tout connu, grandeurs et décadences, succès populaires et misères égocentriques.

Comme ses copains de Dinosaur Jr, il est désormais revenu de tout, sorte de survivant binoclard, discret mais sympathique dès qu'il donne de ses nouvelles. Brace the Wave ne déçoit pas. A l'économie de moyens, il trouve encore les ressources d'écrire un disque inspiré et identifiable.

Il a toujours l'instrument, l'idée ou la voix qui fera la différence. Ses chansons ont encore du caractère alors qu'il a été imité 1000 fois. Il gratouille sa guitare mais c'est l'élan qui sera décisif dans la perception de sa chanson. Il est enjoué puis sombre mais Lou Barlow ne se renie pas du tout. Au contraire, il s'affirme encore. On s'étonne de le reconnaître alors que son format de production est quasi rudimentaire

Enregistré en six jours, son disque réussit avec peu de choses à posséder une vraie ampleur et un putain de charisme. Bien entendu ce n'est pas nouveau. Mais à cinquante ans bientôt, Lou Barlow va bien. Il se fait plaisir et cela s'entend. Pas d'aigreur. Pas de mélancolie. Juste une petite musique de chambre joué par un grand dadais qui ne semble pas trop avoir peur de vieillir.

Joyful Noise recordings -2015

Un piano

Joos publie Un piano. Un album autobiographique mettant en valeur les chemins de la mémoire. Touchant car intime, réussi car graphique.

Joos est surtout connu du grand public via la littérature de jeunesse. Le Voyage d’Oregon est désormais un grand classique de la littérature de jeunesse qui permet à tous d’entrevoir des valeurs humaines issues du milieu circassien. Le don d'aller au-delà pour retrouver sa liberté. Simplement. Le don de soi.

Un piano est un autre don de soi. Sans détour, Joos se lance dans une fresque retraçant les chemins de sa mémoire avec ses traumas, ses névroses, ses angoisses, ses frustrations et ses joies. L’album s’il peut sembler difficile d’accès mérite qu’on s’y attarde, case après case. Les cases sont des photographies redondantes d’un processus mnésique mal défini. Le graphisme et les traits sont fugaces comme des flashs qui privilégient à chaque fois une partie de l’image. Le travail se fait sur les valeurs noirs-blancs , un crayonné qui révèle par cet apparent minimalisme l’angoisse choix de ce qui mérite ou non d’être valorisé.

Les images sont jetées sur le papier. Jetées pour célébrer la vitesse du désordre mental qui prend le dessus sur la réalité. Jetées pour ne pas se brûler. Les cases suivent le parcours d’un piano. Un piano légué sur son lit de mort par un père qui hantera la suite de l’existence de Joos. Le piano, figure imposante et troublante par son silence. Le piano, rappel incontournable des moments sur lequel il faisait des gammes avec son père. Des figures symboliques suivront désormais sa mémoire comme des présences fantomatiques immuables. Le père masqué d’un loup revient inexorablement à travers cinq moments. La vie du père croise celle du fils. Le loup ne le lâchera jamais. A moins que ce ne soit Joos qui ne lâche jamais le loup.

Joos dévoile ses centres d’intérêt et on comprend désormais le parcours d’un artiste qui s’est tourné vers la représentation de figures emblématiques du jazz (Charlie Mingus, Bud Powell, John Coltrane, Monk). Le père pianiste de jazz a connu un grand succès au début du XXème siècle. La quête du père ou du ressenti du père est un moteur pour l’œuvre de Joos. Alors quand on voit le clown Duke en page 19, figure emblématique du Voyage d’Oregon, embarqué sur un paquebot à destination des Etats-Unis, on sourit. On sourit de cette mise en réseau de l’œuvre, de ce clown spectateur de l’histoire du père. Tendresse.

A 70 ans, Joos revient sur son passé à travers un album touchant qui met à jour une cicatrice toujours ouverte. La perte trop rapide d’un père a laissé une ombre permanente sur le chemin de Joos. Petit garçon il n’a jamais pu entendre d’histoire sur les loups sans faire de cauchemars… Une ombre angoissante fugitive et énigmatique. La dernière planche dévoile l’ombre d’un loup dans le ciel de New-York. Comme pour mieux figer le passé. Rendre réelle une absence.

http://www.futuropolis.fr/

http://www.louisjoos.com/

112 pages - futuropolis

Talking is Hard

Le cadeau idéal pour Noel!

Ce n'est pas tous les jours que je traine dans les pages musique d'Etat Critique mais il fallait que je vous parle d'un groupe extraordinaire, qui en fait trop et qui fait ça très bien. Ca faisait quelques années que l'on voyait les graines de rock star se remuer comme des balais devant des synthétiseurs ou jouer/chanter comme des robots. La nouvelle génération découvrait les Eighties et ses kitscheries.

Walk the Moon, quatuor de têtards de Cincinnati, lui pille littéralement les années 80. Avec une candeur et une énergie qui forcent le respect. Rarement on aura entendu un ersatz de musique eighties aussi parfait! L'imitation est stimulante et hilarante! On s'y croirait. Promis, une coupe mulet vous pousse dans le cou durant toute l'écoute du disque.

Car les petits jeunes de l'Ohio prennent tous les clichés du genre et les gonflent avec un souffle inattendu. Ca décoiffe. Ils imitent les guitares de U2 mais aussi celles des groupes de hard de cette époque (Europe, Def Leppard). Vous savez quoi? Ca marche. On est tout sourire.

Les synthés soutiennent une base rock que n'aurait pas renié Huey Lewis ou Lloyd Cole. Walk the Moon (emprunté à Police) fait un grand écart entre le mauvais goût et la bonne inspiration. Il y a le pire et le meilleur qui se confondent dans des titres pétaradants, excessifs mais réellement drôlatiques!

C'est de la new wave poussée vers une pop contemporaine, délirante et colorée. C'est un peu n'importe quoi mais il y a du coeur à l'ouvrage. Rien que pour ça, Walk the Moon ne mérite pas qu'on leur marche dessus!

RCA records - 2014

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