Les Visiteurs 3

Bah chez nous, on a bien trouvé quelqu'un qui veut dire du dernier succès de Jean Marie Poiré!

Etant fan de la première heure du premier voler, je me devais, rien que par curiosité, de donner une chance à troisième épisode, 23 ans plus tard. Ou peut être trop tard! Mais d'entrée, le troisième Visiteurs a le mérite d'assumer jusqu'au bout des dialogues recherchés et rythmés.

Bon franchement, ce n'est pas très drôle mais la subtilité est de ne pas trop en faire. Ce n'est point vulgaire messire! Et il y a une chose qui ne change pas et ne changera jamais, c'est l'incontournable et inoubliable Jacquouille.

Les seconds rôles sont néanmoins soignés. On est agréablement surpris par l'immersion au coeur de la révolution française. Il manquait presque un petit coup de "Libertine" pour qu'elle prenne un tournant plus funky et décalé. Le film s'amuse de l'histoire: Marat qui cherche par exemple un peu tranquillité dans son bain pour écrire...

C'est un chouette petit cours d'histoire en accéléré pour les retardataires comme moi qui n'apprécient pas jusqu'alors cette période. C'est aussi cette époque ou la longueur qui nous laisse sur notre faim. C'est dommage: c'est dans la nouvelle ère où les Visiteurs atterrissent qui aurait mérité un nouveau long métrage. Plus okkkayy ou en adéquation avec nos visiteurs préférés.

AVIS AUX AMATEURS

Avec Christian Clavier, Jean Reno, Alex Lutz et Karin Viard - Gaumont - 6 avril 2016 - 1h56

Part three

Du rock, du punk et du blues, une sainte trinité qui fait carburer les Parisiens de Whodunit. Ca marche encore cette formule?

C’est toujours sympa de voir résister des musiciens aux modes ou aux nouvelles pratiques. Il est admirable de croire à la simple réunion d’un guitariste, d’un bassiste et d’un batteur peut faire un rock décoiffant et intemporel.

Whodunit défend bec et ongles son idée du rock. Il est sauvage. Les chansons sont rapidement exécutées et le chanteur se prend pour un hurleur. Ca aussi, ca ne se fait plus, ou presque. Là, il s’égosille avec une vraie élasticité vocale.
On pourrait penser qu’il exagère, mais heureusement, c’est vrai. Il en fait trop et c’est justement ce qui est sympa. Un type comme Mike Patton (le leader de Faith No More) apprécierait ce joyeux drille qui monte et descend dans les octaves.

Mais nous ne sommes pas au solfège ici. Pour leur troisième album, ils sont sauvages et toujours aussi énergiques. C’est du rock de copains. Ils transpirent ensemble et on devine que ca les tenterait bien de mourir ensemble sur scène.

Les grosses suées ne leur font pas peur. Les morceaux se bâtissent à toute vitesse sur une furieuse inspiration. Les idées sont claires mais elles sont électriques. Ils laissent l’impression de s’emballer de temps en temps. Mais ils cherchent vraiment à déglinguer l’audience d’un rock foutraque mais affriolant ! C’est sans âge, plaisant et ca rendrait presque nostalgique. Pas mal du tout.

Closer Records - 2016

Panama Papers: Argent trop cher

La colère du Marsupilami

Coucou le revoilou! Après avoir fêté dignement son 60e anniversaire, le groom belge retrouve les affaires courantes et garde la forme. Tant mieux!

Spirou a bien lancé une mode. Après lui, Mickey et Lucky Luke se font désormais tirer le portrait loin des albums officiels par des auteurs à l'approche plus européenne et plus indépendante. C'est une très bonne chose. On doit pour cela le respect pour notre enquêteur roux, toujours fidèle à son ami Fantasio et son écureuil, Spip!

D'autant que dans sa série traditionnelle, Spirou a retrouvé des couleurs avec l'arrivée de Vehlmann et Yoann, qui synthétisent parfaitement l'univers du groom avec une certaine modernité. On a trouvé dans leurs planches, une nouvelle énergie et beaucoup d'humour. L'esprit de Franquin est sacrément vivace grâce eux.

C'est donc une nouvelle aventure trépidante qui débute bizarrement. Zantafio fait encore du grabuge et les deux journalistes se rendent compte qu'ils avaient laissé tomber leur vieux copain de Palombie, le fameux et mythique Marsupilami. L'explication est un peu compliquée mais elle montre à quel point les auteurs jubilent en utilisant le passé de la série. Le Marsupilami fait donc son grand retour dans la saga!

Sa mauvaise humeur légendaire va ajouter du piment à un récit picaresque comme on les aime. Très en jambes, Spirou et Fantasio vont courir partout pour mettre la main sur leur copain et éviter encore toute une ribambelle de pièges improbables et divertissants. Loin de la colère, ce cinquante cinquième album nous met en joie!

64 Pages - 56 pages

Panama Papers: Bills Bills Bills

On/Off

Premier effort solitaire du chanteur des légendaires Têtes Raides. Une curiosité? Une nécessité? Un bon disque?

Sur le premier titre, "je crie", on se doute que Christian Olivier a besoin de se faire la voix sans ses copains habituels, les Têtes Raides. Il faut s'affirmer un peu plus. L'ego a fini par convaincre le chanteur accordéoniste de se lancer dans une aventure solitaire. Mais est ce que ca vaut le coup?

Car les Têtes Raides, c'est surtout une légende de la musique indépendante en France. Depuis trente ans, le groupe a quasiment créer un genre, entre variété française, réhabilitation des flonflons, recyclage vintage et autres bricolages dignes d'un théâtre de tréteaux. Le groupe a une forte personnalité qui a imprimé tout le rock à la française.

On peut comprendre que le chanteur désire s'échapper d'un si prestigieux nom. Exister par soi même, est ce encore possible après toutes ses années de succès et de rigueur? La reconnaissance a t elle encore un sens pour un type qui représente de toute manière, les Têtes Raides?

Les chansons de Christian Olivier sont du même tonneau. Il a peut être brancher un peu plus d'électricité. Les guitares sont arides mais présentes et soutiennent des mélodies sêches mais plus proches d'un rock débraillé comme celui d'Arno ou Tom Waits.

La voix est rauque mais chaleureuse. On est surpris par la passion soudaine du rock. Il est assez élégant, soutenu par des cordes et bien produit. C'est beaucoup moins rustique que Les Têtes Raides. Mais il y a cette même énergie. Un peu punk. Beaucoup franchouillarde. Sans que ce soit péjoratif!

On/Off montre bien l'envie du bonhomme de faire du rock. Il est allé s'acoquiner avec Edith Fambuena du groupe mythique Les Valentins qui depuis est devenue une incontournable de la production rock en français (Daho, Miossec, Julien Doré, Higelin).  Il n'a pas perdu la fibre poétique dans cette histoire personnelle.

Cette verve qui fait tout le sel des Têtes Raides subsiste à une style plus posée. Il a tout de même l'ambition d'être un empêcheur de tourner en rond avec des paroles tout aussi acerbes que dans les disques de Têtes Raides. Finalement il aspire à un peu de classicisme, Christian Olivier!

Après des décennies de Têtes Raides, Olivier prouve qu'il faut être souple dans le métier.

Fontana - 2016

Le Goujon Folichon, cabaret de Maison Close, Julien Fanthou, Théâtre du Marais

Photo Franck Faipot
Photo Franck Faipot

 

Petit théâtre mais grands comédiens, voilà la première phrase qui vient à l’esprit en sortant de ce spectacle frivole et grave à la fois.

Une heure et quelques minutes de plus… C’est peu et c’est assez pourtant pour réjouir les amoureux des chansons de ce temps-là. Lequel ? Hé bien, celui où les marlous vivaient de leurs filles de joie, où tout le monde ou presque chantait l’amour, perdu, trouvé, trompé. C’était un temps où l’interlope n’avait rien à voir avec le porno, où le canaille n’était pas grossier, où l’on ne traitait pas les filles à la cuisse légère de salopes. Bref, le sexe était présent mais on le chantait gaiement.

Julien Fanthou est tombé sous le charme de cet univers-là et a décidé d’en faire un spectacle. Le monsieur n’avait pas à avoir peur car, excusez du peu, il est baryton  avec un parcours impressionnant. Plasticien puis formé à l’art lyrique, interprète de Dansini dans La Cenerentola à Bastille, ce touche-à-tout est aussi passionné de danse contemporaine et interprête une pièce chorégraphique, La Revue Macabre, créée par Aurélien Richard. Les noms d’artistes qui ont croisé sa route et ont collaboré avec lui sont nombreux et souvent talentueux.

On ne pouvait donc que l’attendre dans Le Goujon Folichon. Il ne déçoit pas. L’artiste joue de sa voix, parle, raconte, chante dans un tourbillon amusant  des airs que chaque amoureux de cette époque a entendus. On s’attendrait presque à voir entrer sur scène Piaf chantant Dans ma rue ou Yvette Guilbert interprétant Fleur de berge, une chanson de Jean Lorrain, personnage incontournable du Tout-Paris de la fin du XIXe siècle et amoureux des bordels. Sans oublier les artistes un peu plus contemporains, pourquoi pas Régine  nous affirmant que Les femmes, ça fait pédé ou Fernandel chantant On dit qu’il en est, avec son mouchoir blanc en dentelle et ses mimiques précieuses à outrance ?

Bref, Julien Fanthou nous fait voyager dans le temps, surtout que Le Goujon Folichon a vraiment existé et que son arrière-grand-mère en était la patronne. Personnage surprenant, tout d’abord maitre de cérémonie élégant accueillant les spectateurs dans cet étonnant cabaret, il nous entraine ensuite, au gré de ses choix musicaux et vestimentaires, dans un moment d’élégante décadence, où l’autodérision est très présente.

Et l’artiste sait s’entourer. Il est en effet accompagné à l’accordéon par Gérald Elliott qui, avec son débardeur et son gros pantalon de toile, a des airs de voyou d’autrefois. Lui non plus ne sort pas de nulle part : études de musicologie,  accompagnateur de Caroline Loeb – qui signe la mise en scène de ce spectacle- il compose également pour des documentaires et des programmes de télévision. Les deux font donc la paire, le deuxième tout en douceur, la chanson qui lui vient comme un jeu, et le premier tout en excès mais sans jamais déraper. La voix de Julien Fanthou est impeccable et tient vraiment la performance. Et la gestuelle un peu appuyée, accompagnée d’œillades coquines, séduit vraiment. Loufoque, tendre et délicat, ce spectacle donne une seule envie au spectateur : qu’il continue, qu’il soit connu. Alors, à quand les Folies-Bergère ?

 

 

Le Goujon-Folichon

à 19 h les vendredis et samedis en avril et

les mercredis en mai 2016

au Théâtre du Marais

Panama Papers: Money for nothing

The Party

En 1968, la critique n’a pas été tendre avec la comédie de Blake Edwards. Le temps a réparé l’injustice : The party est un pur joyau burlesque et un fol écho de l’époque. L’humour à chaque vision devient un peu plus évident ! Essentiel pour le samedi soir détente!

Avec The party, Blake Edwards voulait se moquer gentiment du cinéma désincarné des années 60, celui d’Antonioni plus particulièrement. La presse n’a pas apprécié et a descendu cette nouvelle comédie avec Peter Sellers.

Ce dernier joue un personnage à la Jacques Tati. Hrundi V. Bakshi n’est qu’une excuse pour exposer une galerie de farfelus, aussi grotesques que pathétiques. Cela n’empêche pas le personnage principal d’être attachant. L’acteur donne une candeur charmante à cet artiste indien maladroit invité par hasard à une soirée chez un puissant producteur.

Avec le temps, Bakshi deviendra un personnage culte. Il restera comme une grande figure du burlesque à l’état pur. Car le film est un vibrant hommage à l’humour physique et absurde. On pense évidemment à Buster Keaton et Charles Chaplin.

Sellers détruit tout sur son passage avec une blancheur hilarante. Dans un monde surfait comme le cinéma, tant de naïveté amène obligatoirement un lot de catastrophes de plus en plus énormes.

Le film accélère les gaffes avec une imagination qui à chaque fois surprend. Il développe encore une idée de Tati, la mécanisation des êtres. Le film montre des humains pris au piège d’un maladroit mais aussi d’une maison à la pointe de la technologie. Les invités ne sont plus que des pantins, victimes de leur dépendance et de leur orgueil.

Chaque personnage est une source de gags plus ou moins visibles. Derrière la farce loufoque, Edwards épingle les travers de ses contemporains avec une férocité, peut être pas si drôle que cela !

Cette vision du désordre montre que le cinéaste comique avait bien compris son époque et qu’il était peut être le plus clairvoyant. Le bouffon a toujours raison !

Le Syndrome de Cassandre – Yann Frisch – Théâtre du Rond-Point

p213700_1-le-syndrome-de-cassandre

Yann Frisch et le clown existentialiste

C’est coincé derrière un « mur mou » translucide, entre un bureau capricieux et une mère séquestrée dans une malle que Yann Frisch a décidé d’emprisonner son clown de théâtre. Avec comme seules armes sa magie et son imagination, le clown de Frisch évite de charger le plateau d’un comique mécanique et linéaire. Le cadre est vite posé.  Le clown commence l’histoire en essayant de la finir, allumette à la main.

Il est seul, vif et grinçant. En dérangement perpétuel et instable. Mange des bananes. Tourne dans sa cage. Questionne le sens du réel et le rôle du fictif. Essaye de convaincre que la magie n’existe pas, tout en en maîtrisant tous les codes. Il est sans être vraiment, en lévitation entre être et non-être. Le syndrome de Cassandre rend fou. Frisch bouscule les frontières de la représentation jusqu’à celles du spectateur.

Ni vraiment clown comique, ni vraiment magicien, il se cherche clown de théâtre. Tente d’enlever en vain son nez noir. Tente l’inclusion dans le mode du spectateur. Cligne des yeux nerveusement devant l’angoisse du néant. On suit le clown, ses détournements contrôlés de la fiction. Le spectateur devient méfiant devant la tournure que pourrait prendre la fiction. La frontière est sensible, poétique. Haute voltige théâtrale, Frisch casse l’espace et les codes. Parfois maître de l’illusion, parfois valet du réel, son clown déambule en cage à la recherche du soi. Une mise en abyme existentialiste du clown de théâtre.

On rit jaune, on rit gris, on rit peur. La farce, méli-mélo de fiction et de réel, ne peut que mal finir. Un très beau numéro de clown tragique.

 

http://www.theatredurondpoint.fr/spectacle/le-syndrome-de-cassandre/

Trending

Most Discussed

F.A.I. 2009 / BERTRAND BELIN et TATIANA MLADENOVICH

Et la laïcité bordel !

Diamond Dogs / David BOWIE / (EMI – 1974/ Rééd.2004)

Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu?