On/Off

Premier effort solitaire du chanteur des légendaires Têtes Raides. Une curiosité? Une nécessité? Un bon disque?

Sur le premier titre, “je crie”, on se doute que Christian Olivier a besoin de se faire la voix sans ses copains habituels, les Têtes Raides. Il faut s’affirmer un peu plus. L’ego a fini par convaincre le chanteur accordéoniste de se lancer dans une aventure solitaire. Mais est ce que ca vaut le coup?

Car les Têtes Raides, c’est surtout une légende de la musique indépendante en France. Depuis trente ans, le groupe a quasiment créer un genre, entre variété française, réhabilitation des flonflons, recyclage vintage et autres bricolages dignes d’un théâtre de tréteaux. Le groupe a une forte personnalité qui a imprimé tout le rock à la française.

On peut comprendre que le chanteur désire s’échapper d’un si prestigieux nom. Exister par soi même, est ce encore possible après toutes ses années de succès et de rigueur? La reconnaissance a t elle encore un sens pour un type qui représente de toute manière, les Têtes Raides?

Les chansons de Christian Olivier sont du même tonneau. Il a peut être brancher un peu plus d’électricité. Les guitares sont arides mais présentes et soutiennent des mélodies sêches mais plus proches d’un rock débraillé comme celui d’Arno ou Tom Waits.

La voix est rauque mais chaleureuse. On est surpris par la passion soudaine du rock. Il est assez élégant, soutenu par des cordes et bien produit. C’est beaucoup moins rustique que Les Têtes Raides. Mais il y a cette même énergie. Un peu punk. Beaucoup franchouillarde. Sans que ce soit péjoratif!

On/Off montre bien l’envie du bonhomme de faire du rock. Il est allé s’acoquiner avec Edith Fambuena du groupe mythique Les Valentins qui depuis est devenue une incontournable de la production rock en français (Daho, Miossec, Julien Doré, Higelin).  Il n’a pas perdu la fibre poétique dans cette histoire personnelle.

Cette verve qui fait tout le sel des Têtes Raides subsiste à une style plus posée. Il a tout de même l’ambition d’être un empêcheur de tourner en rond avec des paroles tout aussi acerbes que dans les disques de Têtes Raides. Finalement il aspire à un peu de classicisme, Christian Olivier!

Après des décennies de Têtes Raides, Olivier prouve qu’il faut être souple dans le métier.

Fontana – 2016

Auteur: Pierre Loosdregt

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