Les yeux dans le fillon

Amis désespérés par toute la classe politique, camarades manifestants quand c’est la gauche au pouvoir ou quand c’est la droite, de toute façon jamais contents tents tents, nostalgiques du mitterrandisme à la belle époque du sans chaine info, du sans internet, du sans mobile, du secret de Mazarine bien gardé, amoureux glam du temps où un mec était chef de parti depuis 20 ans tentait sa chance aux présidentielles 5 fois et finissait enfin par être élu, et bien … vous n’avez pas fini d’en chier, et c’est bien fait pour vous.
Et oui, déjà, nous bons français, pourtant méprisés outrageusement par tout ce qui ce qui se fait de plus beaufs outre-Atlantique nous avions cru bon de nous emballer comme des texans primaires pour la course à l’élection américaine, d’ailleurs à l’occasion de Thanks Giving, nous souhaitons bien sûr une très belle fête à toutes les dindes américaines et elles sont nombreuses, et vla ti pas, qu’après l’élection de l’aut' blaireau de Trump (non le blaireau n’a pas de trompe, c’est une expression), nous avons de suite enchainé avec nos primaires de droite et de droite, premières du nom, dans notre bonne vieille France.
Débats aux couteaux de cuisine en mousse, une seule femme sur sept candidats, un dénommé Poisson qui, une fois allié avec Trump, aurait pu créer le mouvement « Hippocampe », le retour du retour du retour de Sarkozy III, le très funky youpi wow trop jeune déglingo Bruno Le Maire, donc forcément pas président, si Maire, cimer, merci pour tout, au revoir, le roi des boulangers Jean-François je sais pas Coppé jusqu’à 1€, soit le prix d’un pain au chocolat, ou presque, non pas dix fois moins Jeff, fais un effort merde, bon pour la peine tu feras 0,3% ; le super jeune trop j’ai déjà gagné d’avance à quoi bon faire l’effort de venir même au débat, j’ai nommé Alain Juppé, dont les supporters aimaient à brandir des pancartes AJ, mais non puisqu’on vous dit que 71 ans c’est AJ du tout, et pour finir, le mec que personne n’attendait, le king de la déconne, le super open sur le monde gay-lesbian, le chantre du Durex, le fou furieux du slip en mode quand un homme met sa verge de type zizi dans le vagin de type zezette d’une femme, le plaisir doit être très secondaire, l’essentiel n’est pas de participer, mais bel et bien de procréer, de donner vie, d’offrir cet enfant à Dieu, que Dieu nous bless, que le god bless la république, mais pas trop fort merci d’avance, la République est très sensible de l’arrière train.
A gauche, c’est Beyrouth, à gauche de la gauche c’est MélanRonchon jamais content tent tent, à droite de la droite, Marine se marre sans ruminer, et Macron, pas con, a décidé de faire une primaire ouverte avec lui-même avec du coup une probabilité non négligeable de la gagner.
Au soir du 1er tour, malgré les baffes, malgré LA surprise de voir la droite avec la tête dans le Fillon, après le départ d’un Sarko presque soulagé de se barrer là-dessus, le constat était unanime, répété 63 fois sur la seule BFM TV (si si j’ai compté, je sais j’suis con) « C’est une réussite avec toute cette participation, c’est magnifique, les français veulent de l’alternance, car la France souffre, la France a peur, la France est désespéré »…l’ennui, c’est que cette histoire d’empathie d’élus de droite pour la soi-disant souffrance de la France, était souvent proférée par un « soutien de » (comprenez un mec qui a eu soit le nez creux et qui va être ministre, soit qui s’est gouré de cheval, et va en chier au moins 5 ans) devant les caméras d’une chaine info, avec en arrière plan des militants s’empiffrant de petits fours, coupette de Champagne à la main, même chez les perdants, avec l’option obligatoire vêtement Cyrillus et raie sur le côté…forcément, ça ne sent pas des masses le pif dans la « vraie souffrance »…si tant est que la France soit au bord du chaos, à deux doigts de l’explosion, de l’exode, de l’effondrement, les rues des villes ras-la gueule de monde avec les bras chargés de cadeaux de Noël l’après-midi du second tour saupoudrés ladite thèse d’un subtile doute. Passons, admettons, laissons dire.
Après que les deux camps qualifiés pour le deuxième tour se soient foutus sur la tronche par radio interposée, des sous-entendus sur un Fillon pas très loin des théologies de Msgr Barbarin pour les uns, et un Juppé quasiment Che guevariste pro-daesh pour les autres, vint le temps du débat de l’entre deux tours…
2h de débat dans le fun, animé dans la gaudriole la plus totale, un vrai combat avec des moufles, et surtout, surtout, des échanges de grand malade sur le futur du pays du futur de l’avenir. En résumé, ouaiiiiis il faut supprimer les 35h payés 37 mais mettre en place le 39 payés 35 ou 37, oui c'est possib dit l’un, non c'est trop car pas assez dit l’autre, et puis il faut que les fonctionnaires soient 500 000 de moins, non 300000, donc 250000 c'est mieux, oui tiens c’est bien ça comme chiffre, que la sécurité c'est important parce que les français ils souffrent parce que c'est la guerre en fait et toi sombre con tu t'en rends pas compte mais oui c'est la guerre mon pote et ouaiiiiis donc c'est pour ça qu'il faut changer le régime de santé de l'histoire de France dès le CE2 en leur faisant faire de l'apprentissage boucher-charcutier en leur mettant des uniformes et qu'ils soient plutôt catholiques pour devenir policier municipal jusqu'à 65 ans au moins, voilà ; enfin si j’ai bien compris.
Le tout en faisant référence à Tchatcher et à De Gaulle, comme deux dieux, encore, et oui, qui, comme chacun sait, à l’ère du numérique et d’une profonde mutation de la société pour les siècles des siècles, amen, étaient juste des Steeve Jobs en puissance, ou pas. Pour parler monde idéal et évolution, on revient toujours sur le principe du « c’était mieux avant », à croire que reculer est la meilleure façon d’avancer…euhhh…oui je sais ça ne veut rien dire mais finalement suis-je si loin des dires et des pensées.
Bref, une chose est sûre ma bonne dame, c’est que tout ça ne fait que commencer, on va en prendre pour 6 mois, des combats de moufles il y en aura d’autres, Florian Philippot, viendra toujours déverser ses idées sur des prises de parole de la veille, n’oubliez de marcher dedans du gauche ça porte bonheur, Manuel tuera-t-il François, non pas lui, l’autre François, oui pour être président faut s’appeler François, à moins que François du Modem, non très numérique aussi tiens, y aille…oui, tout ça ne fait que commencer…
Vive la République, j’vous embrasse.
Captain Fantastic

Un mélange entre Mosquito Coast, vieux film de Peter Weir des années 80 et Little Miss Sunshine, comédie branché à succès, il fallait oser!
Et en plus ca fonctionne. Il y a tout ici du film indépendant. Y compris la vantardise et un certain cynisme. On pourrait tirer à boulets rouges sur la production du film, qui en fait parfois trop, avec des costumes loufoques ou une envie trop prononcée de secouer le bourgeois, ou plus simplement les habitudes des spectateurs.
Matt Ross a tout du petit filou arty californien. Il s'y connait en images et en musiques. Il sait comment appâter le bobo en mal de sujets profonds et "tendance". Il y a donc de grands espaces américains. La nature est foisonnante. Les autoroutes sont de belles lignes dérisoires, symboles de l'american way of life qui ne rime plus à grand chose.
Au milieu de tout cela, il y a la famille de Ben. Un père qui éduque ses enfant à la dure. Ils vivent en pleine nature. C'est la vie sauvage. Quand son épouse meurt, il n'est pas le bienvenu à ses funérailles. Il décide pourtant de retrouver la vraie vie pour assister à l'enterrement de sa femme avec ses six enfants.
Fable et satire, Captain Fantastic fait donc un constat doux amer de nos différences et de l'éducation. Dans le fond, rien de nouveau. L'Amérique est intéressante quand elle est dysfonctionnelle et c'est le cas dans Captain Fantastic, où un homme, contre tous, assume ses choix qui détermineront ses enfants.
Heureusement pour Matt Ross, il a choisi des gamins touchants et un acteur formidable, Viggo Mortensen. Peter Jackson a vraiment eu du nez lorsqu'il a embauché ce comédien de seconde zone pour jouer dans Le Seigneur des Anneaux. Il n'était même pas son premier choix. Depuis, il a impressionné dans d'autres rôles (merci Cronenberg) et il vieillit vraiment bien. Il prouve ici qu'il est vraiment un grand acteur américain. Buriné, intense et d'une subtilité rare.
En l'opposant au remarquable Franck Langella, Matt Ross ne pouvait pas se tromper. En tout cas, c'est bel et bien le casting qui nous attendrit et nous évoque de fort belle manière l'importance du rêve et de l'anticonformisme. On a vite oublié les défauts de production et on restera marquer par cette figure de père, ordinaire et hors du commun en même temps. Le papa poule idéal
Avec Viggo Mortensen, Franck Langella, George McKay et Samantha Isler - Mars film - 12 octobre 2016 - 1h55
Inferno

Troisième adaptation de l'oeuvre de Dan Brown... trois polar en pantoufles pour Tom Hanks et Ron Howard. Heureusement il y a les beaux yeux de Felicity Jones.
Car la jeune femme est d'une beauté diaphane et d'une force assez incroyable. Elle subjugue en quelques plans. Je pense qu'on tomberait sous le charme même si elle jouait une chasuble de curé. En tout cas, elle est la seule chose précieuse, voir religieuse, dans Inferno, infernal nanar qui fait quand même bien rigoler.
Car il rappelle l'inégalité du cinéaste Ron Howard, capable de chefs d'oeuvre discrets (Portrait d'une famille moderne, Le Journal, Rush) comme de gros navets coûteux ( Bah Da Vinci Code, Anges et Démons). Cet homme peut rivaliser avec les géants d'Hollywood comme Spielberg ou Eastwood. Puis c'est la rechute: ses débuts chez Roger Corman, pape de la série Z, a visiblement beaucoup marqué ses choix artistiques.
Brillant technicien, il peut donc accoucher de films indignes donc plutôt amusants. Ils sont réalisés avec le plus grand sérieux d'un studio hollywoodien alors que le scénario ne vaut pas mieux qu'un direct-to-video avec un type qui a joué un troisième rôle dans un film Marvel!
Avec les adaptations de Dan Brown, roi du roman de gare, Howard se plante dans les grandes largeurs! Ca marche à la lecture: beaucoup moins bien quand il s'agit cinéma. Le principe est simple: Tom Hanks court. Il s'arrête pour découvrir des symboles. Des méchants le poursuivent. Une fille court avec lui (ici donc la très belle Felicity Jones). D'un symbole à l'autre, il découvre un complot mondial et des secrets inavouables. A la fin, il est fatigué et nous aussi, tellement les dialogues nous font découvrir de très vaporeuses théories.
Au troisième épisode, les ficelles sont devenues des troncs d'arbre et on est juste ravi de visiter Florence, Venise et Istanbul. Les offices du tourisme de ces villes là n'ont plus de boulot à faire: c'est très joli tout ça! Moins glorieux le casting, entre un Omar Sy qui tente de ne pas rire et un Tom Hanks qui en a assez de courir et qui tourne de l'oeil sans arrêt dans cet opus où il a perdu la mémoire.
On veut oublier ce nouveau nanar dans la filmographie de Ron Howard, auteur attachant et cinéaste vraiment plus intéressant que ce polar ésotérique ridicule.... donc rigolo!
Avec Tom Hanks, Felicity Jones, Omar Sy et Ben Foster - Sony - 9 novembre 2016 - 2h02
The Vulture

Ancien guitariste des Black Crowes, Marc Ford a encore la force de bricoler un blues rock qui va droit au coeur. Ca plane pour lui!
Il a connu les années fastes des Corbeaux Noirs. Il a vu les deux frangins du groupe se taper dessus. Il a tout connu et tout vécu. Il est parti. Le grand cirque a fini par lasser Marc Ford, guitariste de génie, qui a plutôt travaillé l'humilité en accompagnant de nombreux artistes, adeptes de l'americana comme les Jayhawks ou Ben Harper.
Il a donc oeuvré pour le genre blues et rock. Celui du sud. Celui de la tradition. Son dernier album était léger et apaisé. Ici, il revient aux affaires avec pas mal d'électricité et beaucoup d'envies. The Vulture remet le virtuose en avant. Un véritable petit savant!
Qui tente les expériences. A l'intérieur du genre, Marc Ford s'essaie à tous les styles. Il y a du vrai rock'n'roll qui dure deux minutes. Il y a des titres de guitar hero. Il y a du blues rock qui ne déplairaient pas aux frères Robinson. Il y a des bizarreries qui respectent toujours la légende de la musique américaine. Effectivement Marc Ford est un grand guitariste et cela s'entend. Son goût de l'aventure est la meilleure chose que l'on entend dans son sixième album, pour fêter ses 50 ans.
Ce n'est pas un innovateur mais Marc Ford, comme une vieille bagnole, sait comment faire chavirer son auditeur. Il y va franchement avec son groupe. Les anciens des Black Crowes ont de quoi être jaloux car il a encore le feu sacré, Marc Ford.
Il propose et dispose d'un rock complet, flamboyant et pourtant marqué par l'humilité, voir la discrétion, du bonhomme. L'album est enregistré à l'ancienne, en analogique, à San Francisco. C'est un vrai disque qui sent bon l'Amérique. L'inspiration du musicien casse les clichés malgré le bon son du rock'n'roll. Avec son groupe, Neptune Blues Club, il revisite les conventions et impressionne par cette richesse qui déborde de chaque chanson. Le vautour a désormais tout ce qu'il faut pour affronter les corbeaux noirs!
Marc ford - 2016
Les Divalala, Femme Femme Femme, théâtre Trévise

Un trio hors pair de comédiennes-chanteuses-musiciennes qui revisite des chansons à texte avec modernité et une bonne dose de fraicheur.
Vous croyez la variété française dépassée par les tubes internationaux? Ce tour de chant va envoyer valser vos certitudes. D’Abba à Sia, de Léo Ferré à Stromae en passant par les plus inattendus, Herbert Léonard et Desireless, la playlist des divas alterne chansons à texte et jeu de scène.
Dans une mise en scène inventive, girly et décalée, ces trois ladies rendent la chanson française bien vivante. Vêtues de robe moulante à paillettes et coiffées de boucles improbables, les Divalala ont bien des airs de divas. On rit avec elles, on s’attendrit et ne cesse de saluer leurs performances vocales et musicales. Multi talents, elles possèdent un vrai sens du rythme, des bruitages, body percussions et instruments des plus étonnants. La musique vient même où l’on ne l’attend pas !
Angélique Fridblatt, Gabrielle Laurens et Marion Lépine avaient partagé la scène dans leur premier tour de piste : Chansons d’amour traficotées. On sent qu’elles prennent toujours autant de plaisir ensemble et qu’elles se connaissent bien, tant humainement que vocalement. Leurs voix se marient à merveille. La puissance émotionnelle de certains titres décuple du fruit de leur interprétation.
Le spectacle est loin d’être statique. On est emporté par l’énergie donnée et la portée des mots. Les paroles résonnent autrement au gré de leur mise en scène et de leur intonation. Il suffit d’une tournure de phrase pour qu’une chanson revienne en mémoire. On prend alors plaisir à en entonner avec elles.
On se souviendra longtemps en sortant du théâtre Trévise qu’il y a 1001 manières d’être femme et de se casser la voix.
Femme, femme, femme
les lundis 19h30
Loud Hailer

Jeff Beck surprend avec un rock un peu plus libre que d'habitude. La révolution est en marche. A son âge est ce bien raisonnable?
Comme ses copains Eric Clapton ou Rod Stewart, Jeff Beck, roi de la six cordes, avait tendance à gérer sa carrière sans trop se fouler, se raccrochant à ses glorieuses années et quelques titres de gloire. Charismatique comme un fish'n'chips, l'Anglais n'intéresse plus grand monde. Il y a six ans, il sortait un énième disque avec de belles envolées électriques et depuis c'était le calme plat!
Ce qui explique la grosse claque, Loud Hailer. Une résurrection. Peut être son meilleur disque depuis...les Yardbirds. C'est du rock combatif, qui veut bourrer les oreilles de sons énervés et en plus il est particulièrement féminin. Le guitariste a rencontré deux charmantes jeunes femmes, Carmen Vandenberg et Rosie Bones.
Ces deux là aiment le rock carré et définitif et offrent une nouvelle bouffée d'inspiration à Jeff Beck. Cela donne un truc hybride entre rock garage et rock progr. C'est franchement intéressant car le bonhomme de 72 ans tout de même laisse sa légende de coté dont tout le monde se fout un peu d'ailleurs. De tous les guitar-heroes, c'était le plus discret.
Ici, il retrouve une véritable verve musicale avec ses deux nouvelles copines. Les chansons sont populaires dans le sens où il y a un propos social et une énergie sans concession. C'est parfois un peu too much. Souvent ca a le grand mérite de surprendre. Jeff Beck n'est plus le vieux musicien qui rentabilise son passsé mais un jeune compositeur qui décrit comme il peut le monde qui l'entoure.
Il ne cède pas pour autant aux modes de l'époque. Il retrouve sa place dans un rock qui carbure au quotidien et à la vitalité. Beck se remet totalement en cause et on s'excuse de l'avoir enterré trop vite.
ATCO - 2016
American Nightmare 3: elections

Merde, c'est ça l'Amérique de Trump?
Le scénariste et réalisateur James DeMonaco a trouvé un chouette concept de série B: imaginons une Amérique où une fois par an on peut sortir dans la rue et buter qui on veut! Ca s'appelle la Purge et cela permet à tous de bien se détendre pour le reste de l'année et même faire des économies à la société. Les pauvres s'entre-tuent et les riches peuvent se laisser aller à quelques meutres de rien du tout!
Comme un bon Carpenter, James DeMonaco visait juste avec les moyens d'une série B musclée qu'il continue de développer avec ce troisième film qui trouve un écho particulier avec l'élection de Donald "je dis tout et n'importe quoi et ca fonctionne" Trump. Puisque ce dernier est un grand taré arriviste et malsain, le spectacle politique que propose ce nouveau American Nightmare est une exagération crédible du programme Trump.
La politique et la violence se nourrissent mutuellement. Les coups bas peuvent être sanglants. James DeMonaco raconte une fois de plus l'hypocrisie d'une Amérique qui se désaltère du sang des plus faibles. La charge du film est réel mais ne surprend plus tellement le Trump nous a fait peur avec ses commentaires de grand lunatique perdu dans sa tour d'or.
Lié à l'actualité, le film est intéressant. Autrement il s'agit d'une petite série B qui louche sans rougir sur Les Guerriers de la Nuit, Assaut et quelques autres pépites plus ou moins réac des années 70. Une course poursuite urbaine, déjà vue mais toujours sympathique.
On s'amusera en tout cas des Russes dans le film qui viennent en Amérique pour descendre quelques personnes, déguisés en Oncle Sam ou en Statue de la Liberté. Vu comment la cote de popularité de Poutine remonte à toute vitesse chez tous les hommes politiques de l'Occident, la réalité n'est vraiment plus très loin de la fiction. Ca fout (un tout petit peu) les pétoches!
Avec Franck Grillo, Elizabeth Mitchell, Betty Gabriel et Mykelti Williamson - Universal
Harlequin

Harlequin se reconnait à son habit coloré. Les tons automnaux de l'album nommé Harlequin mettent pourtant de la couleur resplendissante dans notre petite tête bien sonnée par l'actualité.
Car il y a là matière à rayonner et se réjouir. L'album de Alex Izenberg nous fait sourire d'abord par son apparente politesse. L'homme semble apprécier les songwriters des années 60 et reprend leurs harmonieux tics: belle voix claire. Orchestration pointilleuse. Un piano en tête. Des bidouillages élégants et psychédéliques.
Tout d'abord, l'album est une machine à remonter le temps: Comme Ben Folds ou Sufjan Srens, il impose une fausse légèreté d'écriture qui a la force de nous laver la tête de toutes les mauvaises nouvelles et les idées noires. Alex Izenberg fait du rock en robe de chambre avec quelques copains geeks. Il est atypique et on ne peut pas se plaindre de cela!
Il fait penser à Scott Walker pour la douce expérimentation et Brian Wilson pour la folie douce. C'est du bel ouvrage. On devine tout le tricotage artistique, au fil des chansons qui s'articulent bizarrement mais avec passion. Le Monde ne tourne pas très rond. Mais Izenberg montre que ce n'est pas forcément une mauvaise chose: ces compositions sont un peu baroques, barrés. Les instruments sont parfois en révolte mais il en sort toujours quelque chose d'élégant. C'est aussi ça l'art: ca donne de l 'espoir.
En tout cas, le recyclage du musicien est habile et nous entraîne vers de belles utopies musicales, où la dissonance a sa place et les rêves aussi. On sent que cela cogite sur les morceaux. Izenberg cherche vraiment l'originalité. Il veut ne ressembler à rien d'autres, que d'illustres et éloignés aînés. Il les imite à la perfection. Les couleurs changeantes de l'album nous subjugue. La petite comédie de Alex Izenberg est irrésistible même s'il en fait trop. Le trop peut être l'ennemi du bien mais ici la performance est réellement spectaculaire dans le bon sens du terme. Avec lui, le mois de novembre est un peu plus rayonnant!
Domino - 2016
Une chambre en Inde, théâtre du soleil, Ariane Mnouchkine


Le parti pris audacieux mais pas si réussi d’Ariane Mnouchkine de rire des drames des hommes et de la planète. Voyage exubérant dans un théâtre aux formes multiples.
Le spectacle commence avant même le seuil du théâtre du soleil. Des gardes indiens en uniforme sécurisent les entrées avant de fouler les planches. Des guirlandes ponctuées de vache sacrée lumineuse et écritures hindis magnifient le grand foyer de la Cartoucherie au doux parfum de cuisine indienne. De grands voiles s’ouvrent sur un décor majestueux. Une grande chambre baignée de lumière. De chaque côté des persiennes laissent deviner des bougainvilliers en fleurs et l’agitation des ruelles. Le dépaysement est déjà assuré.
Une troupe de théâtre française est coincée en Inde. Elle a perdu son directeur et demande à une jeune femme de sa troupe d’en prendre la responsabilité. Dépassée par la mesure de l’enjeu, elle va connaître des nuits agitées en proie avec les pires cauchemars.
Le spectacle prend des airs de Chaplin mais sans toute sa tendresse. Une agitation permanente sur scène agace, les acteurs sur jouent, frôlant les airs de folie. Des éclats de voix, de la scatologie répétitive inutile nous fait vite saturer du trait outrancier. A ajouter une ambiance de festival culture du monde avec des scènes de danse et de théâtre populaire traditionnel du Sud de l’Inde : le theru koothu fidèle à l’exubérance du Sud de l’Inde.
Le regard d’Ariane Mnouchkine plane sur tous les dialogues entre considérations métaphysiques et artistiques sur les tragédies du monde. Comment en rire, les théâtraliser, les penser ? Comment l’artiste peut s’opposer à la barbarie ? Qui peut questionner les enjeux qui dépassent les hommes ?
La grande figure du théâtre contemporain a pris le large après les attentats ayant ébranlé la France fin 2015. Perplexe au premier abord, elle a choisi de les théâtraliser pour porter sa voix sous la forme qu’elle connaît. Mais n’y a-t-il pas d’erreur à vouloir parler de tout : des mariages forcés en Inde et de la question des castes, de la radicalisation des jeunes en France, des vierges promises aux martyrs embrigadés dans le Djihad (scène très drôle) et de la pollution des nappes phréatiques (mise en scène très originale) ? Elle est perdue face à tous ces enjeux et nous perd aussi. Dommage.
« Une Chambre en Inde »,
A partir du 05 novembre 2016
du mercredi au dimanche, Théâtre du Soleil,
à la Cartoucherie (Paris XIIe)
Super Nanny, Jason, Brenda et les autres…épisode 2

Bon, c’est bon, tout le monde s’est bien scandalisé pompeusement de l’élection de Trump et s’est bien moqué du 0,3% de Coppé aux primaires de la droite et de la droite, qui, notons-le, avec un score pareil n’aurait pas passé le 1er tour d’une élection de délégués de classe dans 95% des collèges de France !!! On peut continuer…alors continuons.
Rappel des faits : Vous êtes marié à Jennifer, jeune coiffeuse fan de jogging mauve digne représentante des Haut-de-France, la vie n’est plus ce qu’elle était depuis qu’elle a mis bas suite semence mal dosée de votre part : Jason, 5 ans, Brenda, 3ans ½ et les jumeaux Aydan et Rayan, 2 ans, ou 1 an ½, ou 1 an, bref on sait plus, c’est pas le sujet, merde à force.
Travail harassant pour vous, Jenni ressemble à une montgolfière de mois en mois, Jason pisse toujours au lit à l’aube de ses 6 ans, joue à Warrior Battle 8 sur votre vieille PS3 jusqu’à 22h30 sans que personne ne lui dise rien, Brenda découpe le canapé aux ciseaux de cuisine quand sa mère a le dos (large) tourné, et les jumeaux se frappent à sang tous les jours, bref c’est plus possib’.
Pis, votre belle-mère, Pam, alias Sylvie, alias Pam car ex-fan de Dallas, rajoute de l’huile sur le feu lors de ses venues quotidiennes dans votre pavillon à la déco douteuse (papier jaune casto, cuisine avec inscription sticker « Chicken » sur la porte suite à une mauvaise traduction mode anagramme anglo-saxon sans faire exprès, chambres des enfants dignes d’un Toys’R’us désaffecté de la banlieue nord de Longwy…), et s’en prend à vous à grand coup de « euuulllaaaaa, méchant gars, tati rien daut’ à fout’ que rgarder eul match de ballons à la télé, tupeuxti pas t’occuper dtes mômes, c’est la Jenni qui fait tout, téti pas une feignasse ».
C’en est trop ! Et là, heureusement, dans le monde moderne, la télé peut vous sauver. La célébrité peut même s’offrir à vous !
Bien sûr, il y a l’option « Tous ensemble » où vos spèces de côônarrd de voisins pourraient venir vous filer un coup de main gratos pour repeindre la chambre des mômes, mais non, faut pas déconner, pas envie de passer pour plus pauvre que vous n’êtes déjà.
Bien sûr, après 4 mois intensifs à soulever des parpaings sur le parking de Point P en loose, vous pourriez vous bodybuilder le corps et vous inscrire aux « Chtis vs les Marseillais », intellectuellement vous avez le niveau et ça vous permettrez de vous tirer de ce capharnaüm tout en mâtant à longueur de journée des big boobs de femelles (oui, ce sont des animaux, j’ai le droit d’employer le terme) du sud, mais non, vous avez votre dignité.
Car sous vos airs d’homme mi-rustre mi-acier mi-tigre mi-molette vous avez un cœur, et vous optez pour…Suuuuupppppeerrrr Nannyyyy. En plus, c’est nickel, des comme vous, NT1 en cherche, vous habitez le nord, vous avez un boulot de merde, une baraque pis qu’un pavillon Orpi de seconde main, vous êtes marié avec une beauf, vous êtes beauf vous-même, vous parlez très mal de français, tout votre entourage également, vous êtes passionné de moto kittée, Jennifer fait des mèches roses, ah non franchement, impossible de ne pas être retenu.
1 mois après avoir posé candidature, absolument fabuleux, le rêve s’exauce, Super Nanny déboule un beau matin, en pleines vacances, alors que vous avez encore la tâche de pisse sur le caleçon Harley Davidson. 12 caméramans suivent, 5 ingé sons, 3 assistante, mais ça, à la limite, c’est pas bien grave, ça vous fait de la compagnie.
1er jour : Super Nanny vous observe, la production vous a dit « soyez vous-même », alors, vous y allez comme un grand, vous vous affalez dans le canapé en vous grattant les testiboules, vous vous prenez la tête avec Jenni en l’insultant copieusement de « truie au gros groin », avec des « taiiinnn t’auras pas pu t’habiller aut’ qu’avec ce bas de yoging dégueulasse », les enfants sont pas loin, donc du coup s’insultent entre eux sur le même ton, se frappent dans la salle de bain avec les balais à chiotte, les jumeaux s’urinent l’un sur l’autre. Le massacre. Super Nanny, qui pourtant en a vu d’autres, est livide.
2ème jour : Super Nanny, un brin perverse, et surtout pour faire marrer 1 million de cons de l’autre côté de l’écran, vous invite à aller, avec la portée de nains et la Jenni, plus belle-maman en bonus pif gadget, à l’hypermarché pour faire les courses sur 1 mois…truc que vous ne faites jamais, mais là, ahah famille nombreuse, famille heureuse, c’est parti pour 3 caddies, 10 kilos de pâtes, 56 portions de faux Kiri de la marque « Le Nord a du talent, c’est pas bon mais mangez-en » et bien sûr, avec les 4 chiards, le truc devient vite une fiesta à Alep un soir de bombardement, une vraie boucherie. Les jumeaux hurlent, Brenda se maquille avec du Nutella bon marché qui donne des boutons sur les fesses, Jason revient avec un sac de 5 Kilos de croquettes spéciales Berger allemand et en a déjà dévoré la moitié au moment où vous vous en apercevez, Jennifer se met à pleurer, vous insulte, vous la traitez une nouvelle fois de truie à gros groin, elle vous dit qu’elle ne fera pas du zizi avec vous pendant au moins deux semaines, vous lui dites que ça changera pas grand-chose et que toute façon vous l’aimez plus…hhhaaaaaaaannnnnnn ! Super Nanny fait l’offusquée, les caméramans se marrent, le prioritaire du Mammouth U Nord Ouest ZAC des trois gorets est un peu beaucoup vert…bref c’est la merde.
3ème Jour : Super Nanny revient chez vous après avoir pioncé dans un hôtel luxe de Lille, celui-là même où DSK organisait des partouses, pendant que vous, vous avez dormi sur le canapé, un caméraman à côté qui vous a filmé entrain de ronfler, juste pour montrer une scène avant la pub, le fumier. Et là, Super Nanny, qui a écourté la phase d’observations vu le carnage, vous donne ses foutus conseils. Elle s’adresse d’abord aux jumeaux Aydan et Rayan comme s’ils étaient sur les bancs d’un collège catholique du 15ème ardt, en leur indiquant que se frapper dessus c’est mal et que non non non il faut pas faire ça oh non ; morves au nez biscuits secs dégoulinants et lâché de caisse toutes les 3 secondes, un « oui Mme Nanny » peinent à sortir, ils s’exécutent néanmoins. Pour Brenda et Jason, instruction de ne pas jouer à la console où on tue des gens mais préférer un puzzle ou un livre avec des Mickey dessus pour jouer ; forcément y’a pas ça chez vous, pour vous un puzzle c’est un cocktail bière-picon-grenadine-ricard, la spécialité de Titi, vot’ pote du foot, vous improviserez…
Vient le tour de Jennifer, obligation pour elle d’emmener les enfants au parc après l’école pour (sic) les aérer et avoir un moment de détente au frais avec eux…comprenez, pas con, qu’il s’agit surtout à votre veau marin de femme de se bouger un peu la cellulite arrivée à un point tel que Végétaline pense à louer Jenni pour des shows vente en superette…
Et vous vla vous, Super Nanny vous jette un œil noir au travers ses lunettes de tenancière de bordel BDSM de la Gare du nord et commence à vous faire une liste de 10 points, tous aussi cons les uns que les autres, aider à faire la vaisselle, tondre la pelouse, faire du zizi avec Jenni au moins pour des raisons hygiéniques et éviter tout problème de grossissement testiculaire surdimensionné, pis, elle vous oblige à être poli, j’en passe !!! Mais où va le monde !!!
4ème jour : Vous faites semblant de tout bien faire, mieux, vous emmenez Jennifer à la « Pattaterie » pour une tartiflette en tête-à-tête, vous donnez le bain aux enfants sans leur mettre de grandes baignes, pourtant c’est pas l’envie qui vous manque, vous embrassez votre belle-mère pourtant elle pique avec ses piercings, vous en profitez quand même pour lui mettre une tite au cul, sur un malentendu vous pourriez avoir une érection, ça serait toujours ça de pris…Mieux que mieux, Super Nanny a fait venir un coach de vie, qui vous fait faire du théâtre au milieu du salon, c’est l’horreur, vous êtes à deux doigts d’aller acheter un poing américain à votre pote Khaled, seul rebeu que vous connaissez depuis l’enfance, et c’est pas pour autant que vous ne voterez pas Marine Le Pen, mais il est sympa quand même, et vous transformer en DragonBall Z pour exterminer à grand coup dans la tronche l’ensemble de la famille et passer de Super Nanny à Faites entrer l’accusé…mais non, vous vous retenez.
5ème-6ème-7ème jours : Super Nanny est repartie, mais vous observe de loin, tout est à peu près clean le 5ème jour et ça repart en vrille dès le lendemain…8ème jour, Super Nanny revient et vous fout dans la tronche que vous êtes une sombre larve…9ème jour au matin…on vous retrouve pendu dans votre cuisine, l’épisode ne sera jamais diffusé…la télé ne fait pas tout.
J’vous embrasse mec.



