GRAND SYMPOSIUM : TOUT SUR L’AMOUR, Emma la clown, Catherine Dolto, Théâtre de Belleville 

grand-symposium-tout-sur-l-amour-avec-em-20161201153348

 

Il suffit de lire le titre de ses spectacles pour savoir que Meriem Menant, alias Emma la clown, ne craint pas d’aborder des sujets sérieux, voire dramatiques : « Emma mort : même pas peur », « Emma la clown en Afghanistan », « Dieu est-elle une particule ? », « Emma sous le divan »…

Pour la 3ème fois, elle propose une conférence-théâtre avec Catherine Dolto (oui la fille de Françoise, haptothérapeute et écrivain). Cette fois, c’est une « conférence-thérapie » pour reprendre le thème de L’Amour, « là où Platon l’a laissé » avant elles, en toute humilité bien sûr !

Ces drôles de conférencières font intervenir des scientifiques de renom (interventions transmises sur grand écran) : historien, gynécologue, ethnologue, physicien et philosophe, pour nourrir sérieusement le débat.

Catherine tient le fil de la conférence, tandis qu’Emma s’ingénue à prendre des chemins de traverse. Bien qu’elles n’en soient pas à leur première collaboration (la première date de 2005), elles jubilent toujours autant (Emma ramène parfois Catherine les pieds sur les planches lors d’un fou rire inopportun).

On en sort enrichi (on aborde les formes d’amour chez les Grecs, la mémoire phylogénétique, la psychologie trans-générationnelle, la quête de sens) et ragaillardi après un bon fou-rire.

 

Du 8 au 30 janvier 2017

Les dimanches à 17h et les lundis à 20h.

Au Théâtre de Belleville 

Résa : 01 48 06 72 34

Oczy Mlody

Revoilà les bisounours du psychédélisme, les enchanteurs du bidouillage, les dieux de tout Californien haut perché... le quinzième album des Flaming Lips montre à quel point le groupe vole toujours et encore dans les étoiles et les nébuleuses.

Ce groupe a un grand mérite: il a une légende. On ne compte plus les anecdotes sur ce groupe farfelu de Wayne et Marc Coyne (parti rapidement), qui a grimpé de l'underground au top de la hype avec une douce folie innée et une sorte de jemenfoutisme qui rend le groupe réellement intouchable.

Voilà un groupe qui depuis 1983 donne tout son sens au mot "expérimental". Si les Flaming lips se fume, vous pouvez être sûr que c'est de la bonne. Difficile de les suivre. Dernièrement, on les croisait sur l'album de l'adolescente rebelle qui aime jouer à touche pipi, Miley Cyrus. D'ailleurs on va la retrouver dans ce disque au titre digne d'un album de Magma. Ils aiment bien leur statut d'extraterrestres: ca leur permet d'atterrir là où ils veulent. Peter Gabriel, période Genesis, peut aller se rhabiller!

Une fois de plus leur représentant sur Terre se nomme Dave Fridmann, producteur qui les suit depuis bien longtemps et fait tout pour concentrer leurs efforts et leur énergie débordante. Quand ca fonctionne, cela donne le magnifique The Soft Bulletin, pépite de pop explosive et vivifiante.

Ca fonctionne plus ou moins bien selon l'envie des artistes le reste du temps. Ce quinzième album a l'ambition évidente de revenir un peu à la formule gagnante des Flaming Lips: de jolies pirouettes sonores colorées. Mais attention à l'éparpillement!

Aussi la première chanson nous emmène t elle sur leur planète, où l'on redécouvre des réverbérations et des échos en tout genre? La voix intervient sur le second titre et elle aussi est trafiquée pour nous transporter dans un monde bariolé, qui a ses secrets.

Ils sont parfois bien enfouis. On glisse parfois sur des rochers opaques et sonores. Ce n'est pas facile de comprendre leur démarche tant ils peuvent partir vers un ailleurs bien barré, au delà du psychédélisme, pas loin du foutage de gueule arty. Mais de temps en temps, plus c'est gros, plus ca passe!

Heureusement il y a des pépites aussi. On fore dans leur musique pour arriver à des endroits plus pop et apaisés. On reconnait avec plaisir des vrais talents d'écriture. Le style est plus électro et moderne mais il y a des idées lumineuses comme l'impressionnant There should be Unicorns ou le solaire Sunrise.

Comme d'habitude, il faut laisser du temps pour mûrir un avis sur ce groupe inclassable qui ne fait rien comme tout le monde. On est souvent dérouté mais comme les grands disques, il y a des petits secrets qui se livrent à chaque écoute et on adore finalement l'ambition des arrangements, même s'ils sont parfois déjantés.

Warner Bros - 2017

Chanson d’actu: Mise en vente du concert de U2

Ping Pong

Iggy Pop les adore. Venez vous baigner dans le punk charmant des Jacuzzi Boys.

Ce qu'on attend d'un bon jacuzzi? De la détente. Un peu de sueur et hop! Nous voilà tout frais pour affronter la vie. Diego, Gabriel et Danny veulent aussi bien suer mais avec leurs instruments de musique. A Miami, il fait déjà chaud mais le climat ne leur suffit pas: on les imagine s'énerver dans les petits clubs sur quelques riffs futés.

Car le trio joue vite et fort. Ils n'aiment pas les douces harmonies. Ils poussent les enceintes à fond et apprécient les effets de la saturation. Normal qu'Iggy Pop rebondit sur leur musique. Il y a encore des petits jeunes qui croient aux vertus d'un bon vieil ensemble, guitare basse batterie! Si plus de gamins pouvaient suivre leur exemple, ca serait une bonne chose! Même pour lutter contre l'obésité!

Les Jacuzzi boys ont de l'humour. Chez eux, on joue au ping pong. Le ping pong du garage a été remplacé par des instruments de musique pour qu'ils puissent se défouler. Eux aussi transpirent! Ils transportent tous les artifices du punk vers une pop énervé. Leur entrain pourrait rappeler le Supergrass des débuts.

Effectivement, ils ont plus la culture anglaise que le rayonnement du sud de l'Amérique. Ils font semblants d'être affreux, sales et méchants. Ils sont parfois dans la démonstration mais le disque tient bien la route. Il réussit effectivement à nous déhancher un peu. On sue ce qu'il faut. Mais on reste sur le carreau sur certains morceaux. En tout cas, on a trouvé des bons partenaires de jeu pour perdre quelques litres d'eau! Plus qu'un trio punch, des coachs sportifs!

Jacuzzi boys - 2016

Chanson d’actu: la grippe est là, les docteurs débordés

Hits with a twist

Il y a baucoup de musiciens dans le Grand Nord de l'Europe. Les vikings aiment le metal. Les Islandais font des bizarreries. En Finlande, on s'imagine dans les années 50 ou 60 et on s'amuse à imiter les ambiances lounge où l'on sirote des cocktails avec classe. Sympa!

Linear John vit à coté du Père Noel, en Finlande, grand pays enneigé dont on sait peu de choses. Il a en tout cas le goût de la fête. Mais il a peut être trop regardé Mad Men et ses capitalistes névrosés mais fort bien habillés. Linear John s'imagine inviter à un cocktail où il devrait animer la soirée dansante!

Il a donc écrit des chansons légères, à l'ancienne. Il a tout de même Beck comme référence donc sa vision du vintage a un certain reflet particulièrement moderne. Les Good Vibrations du musicien ne sont pas uniquement dues
à l'imitation du son des années 50.

Tout est suave mais il y a une petite intrusion de quelques bidouillages qui font du bien à entendre. Linear John fait un groove soyeux mais pas entièrement rétro. Comme Beck, il y a une fausse nonchalance qui s'exprime pour trouver une musicalité un peu différente que d'habitude. Linear John applique les standards d'une autre époque avec une orchestration beaucoup plus moderne qu'il n'y parait.

Il s'agit d'un disque qui cache des petits trésors de mélodies. Effectivement dans chaque titre il y a un petit twist pour se dire que l'on n'est pas dans la simple singerie. C'est un peu plus. Du travail bien fait par un artisan venue du froid et qui a bien la ferme intention de nous réchauffer!

Agogo records - 2016

Chanson d’actu: 10 ans d’Iphone

The Birth of a Nation

Nouveau film sur l’esclavage aux Etats Unis. Nouveau film sans grande nuance et un peu trop maladroit pour nous emporter!

Le réalisateur acteur Nate Parker a du culot. Il ose reprendre le titre du film de DW Griffith, The Birth of the Nation pour dénoncer ainsi le racisme de ce film  charnière de 1916.  C’est osé mais pas sûr que cette nouvelle naissance soit aussi importante dans l’histoire du cinéma.

Car Nate Parker n’y va pas avec le dos de la cuillère. C’est un film juste car il dénonce le sort de Noirs des années avant la Guerre de Sécession. Le rappel est louable et le film nous éprouve avec quelques séquences chocs !

Mais hélas, le scénario est sans grande surprise. On suit Nate Turner,  un noir qui sait lire et qui va devenir un pasteur pour tous les esclaves de Virginie. A force de voir les souffrances des  esclaves, il va se révolter.

C’est donc une sorte de Braveheart dans le Sud des Etats Unis. On s’ennuie ferme car la narration empile les scènes attendues. On est évidemment traumatisé par le quotidien ignoble des esclaves. Il y a des types réellement affreux et ils sont capables de choses horribles.  Mais c’est présenté sans aucune nuance. Seul le personnage joué par l’excellent  Armie Hammer a quelque chose de troublant.

Autrement on baigne dans un manichéisme qui finit presque par desservir le propos puisque l’on comprend mal la soif inouïe de vengeance qui réveille le pasteur, humble durant une très grande partie du film. On se demande si on n’a pas perdu quelques minutes au montage.

La reconstitution est admirable. Les décors sont puissants ainsi que les seconds rôles mais franchement on finit par s’ennuyer alors qu’on devrait partager l’envie de révolution. La mécanique du récit est trop connu pour que le film nous éclabousse de sa colère.

Néanmoins, la piqure de rappel n’est pas inutile par les temps qui courent. Les actualités le prouvent tous les jours. Nate Parker a du culot mais pas sûr qu’il ait du talent !

Avec Nate Parker, Armie Hammer, Penelope Ann Miller et Mark Boone Junior – 20th century fox – 11 janvier 2017 – 1h50

Chanson d’actu: les flocons tombent

Assassin’s Creed

Quelqu'un va t il un jour avouer aux producteurs de cinéma, qu'une adaptation d'un jeu vidéo sur grand écran n'est vraiment pas une bonne idée? Une preuve supplémentaire avec le mystico pas rigolo Assassin's Creed.

Charlotte Rampling et Jeremy Irons sont la caution européenne et bizarroïde de l'adaptation de la saga d'Ubisoft. Marion Cotillard est l'actrice bankable. Michael Fassbender lui est la grosse machoire qui va virevolter dans le ciel pour les besoins d'un scénario qui va bien nous faire marrer.

Ce qui est bon sur un ordinateur ne l'est pas forcément pour un long métrage. Assassin's Creed a un concept sympa avec ce combat entre les Assassins et les Templiers, qui se disputent en gros le sort du Monde. Tout simplement. Là dessus on ajoute une dose de sf avec le code génétique du libre arbitre (en gros les Templiers veulent le supprimer et nous coller devant les chaines d'info en continu) et des explications scientifico-fumeuses qui justifient une ambiance high tech et froide.

Cela justifiera aussi les interprétations sans fond de tous les comédiens. Assassin's Creed ne veut froisser personne donc il reste dans une zone grise et ne joue que sur de simples références aux jeux vidéo et quelques films mais rien de plus rien de moins.

Tout est sous contrôle et justement cela ennuie profondément. Justin Kurzel, réalisateur de MacBeth, avec Cotillard et Fassbender, semble vraiment s'amuser dans les scènes d'action au fin fond de l'Andalousie. Là, le film se lache un peu. Mais on voit surtout des types en pyjama qui disent plein de sentences mystérieuses et attendent comme nous, les morceaux de bravoures, qui pourraient plaire aux fans du jeu vidéo.

Mais comme Warcraft récemment, toute la mythologie s'écroule, une fois posée sur la pellicule! En plus l'absence d'humour déconcerte. Là où le recul aurait nécessaire pour revoir tout le concept, le film se prend pour une réflexion pure sur l'existence et franchement, avec un scénario de série B italienne (ou espagnole),c'est obligatoirement décevant.

Bref, si vous voulez voir Fassbender serrait les dents, voir des "yamakasis qui font l'Espagne" et si vous voulez payer les impots du sympathique Jeremy Irons, alors allez voir Assassin's Creed, le film qui tue juste le bon goût et les envies de séries B.

Avec Michael Fassbender, Marion Cotillard, Jeremy Irons et Brendan Gleeson - 20th century fox - 21 décembre 2016 - 1h45

Trending

Most Discussed

F.A.I. 2009 / BERTRAND BELIN et TATIANA MLADENOVICH

Et la laïcité bordel !

Diamond Dogs / David BOWIE / (EMI – 1974/ Rééd.2004)

Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu?