Erich Von Stroheim, Christophe Pellet, Stanislas Nordey, Rond Point


Lorsque le public s’installe, il y a un homme nu sur scène sur un grand plateau vide à l’exception d’un fauteuil. Il restera nu tout au long de la pièce. Il est « l’Autre ».
Deux autres personnages participent à ce trio explosif : Il est «l’Un» et il sera torse nu. Elle est “Elle”, vêtue d’une robe noire, simple et élégante. Elle dirige une entreprise, l'Un est acteur porno, l'Autre vit en marge. La femme règne en maitresse implacable sur ce singulier triangle amoureux.
Derrière l’Un, il y a deux pans immenses, sur lesquels est agrandie une photo de Montgomery Clift et Lee Remick dans le Fleuve sauvage d’Elia Kazan. Image d’un amour fuyant, une femme nous regarde alors que l’homme porte son regard au loin. Bientôt l'image va se fendre, s'ouvrir tel un portail pour dévoiler une immense chambre vide. Le drôle de jeu sexuel et existentiel du torride trio va pouvoir commencer.
La pièce est violente et brute, questionnant sur le rapport du corps objet, la domination, le pouvoir et le sexe. Les corps sont écrasés par ce décor qui ne cesse de s’ouvrir et de se fermer.
Le décor semble engloutir les corps, recrachant à chaque fois le même scenario. Deux corps s’affrontent principalement, une violence urgente de s’appartenir, de s’unir sexuellement mais pourtant, les émotions restent bloquées. A travers les mots et les gestes se dessine un avenir incertain de possession. Qui possède l’autre ? Qui gagne du dominé ou dominateur ?
Les changements de scène sont rythmés par la voix de la Callas. Sa voix contraste avec la dureté de la pièce, le son de sa voix apporte grâce et intensité à ce trio décadent.
Porté par l’intensité du jeu des comédiens et du texte, on sort troublé de ce spectacle fort et énigmatique.
Jusqu'au 21 mai 2017
Erich Von Stroheim
De Christophe Pellet – Mise en scène Stanislas Nordey
Avec Emmanuelle Béart, Thomas Gonzalez, Laurent Sauvage en alternance avec Victor de Oliveira
Yesterday’s gone

Et si le meilleur rapper du moment était britannique? Du rap à écouter avec du thé et des petits biscuits? Je vous jure, c'est tendance!
On parlait il y a peu de la suprématie de Kendrick Lamar, de son rap brillant, de ses références intelligentes. La pochette du premier effort de Loyle Carner est une réponse amusée à la star américaine. Le même noir et blanc que To Pimp a Butterfly. Une photo de foule. Sauf qu'ici il n'y a que des personnes "normales". Dans un décor sans conséquence de South London. L'inévitable humour anglais se trouve même chez les rappers!
On avait découvert son flow décontracté dans quelques chansons de Tom Misch et le voici donc l'heureux papa d'un excellent disque de rap: Loyle Carner est un grand dadais qui cache un sacré talent derrière une nonchalance qui le protége.
Lorsque l'on entend le velour musical qui entoure sa voix envoutante et remuante, on se dit que ce Britannique a tout pour devenir un grand nom du genre. Comme Lamar, le jazz donne un aspect mélodique et méthodique à son premier essai qui ressemble à un coup de maître. C'est facile mais l'album est simplement éblouissant.
On est charmé par ce type de 22 ans qui évite habilement les poncifs du genre. Sa simplicité fait sa force. Il ne gonfle pas les pectoraux mais travaille ses arrangements avec une aisance incroyable.C'est un lad du rap. Il aime le foot, Shakespeare et d'autres bizarreries typiquement british.
Mais il raconte son histoire. Intime. Tragique. Passionnante. Il transcende tout grâce à sa musique et sa personnalité détendu de chanteur doux amer. Le quotidien est sublimé par ce jeune gaillard qui va nous faire regretter une fois de plus le Brexit...
Universal - 2017
Saintmoteltelevision

Allez, dernières impressions de la Californie et ses fortes chaleurs. Pour bien transpirer, on vous conseille l'écoute énergique de Saint Motel, petite pépite de Los Angeles.
La première joie de l'album de Saint Motel se nomme Move et vous mettra sur orbite. Un refrain presque idiot pour vous faire sourire bêtement. Il y a pas mal d'hédonistes en Californie et visiblement le quatuor de Saint Motel ne cherche que le bien être. Il vous conseille de bouger, leur premier titre va irrésistiblement vous obliger à bouger le popotin!
A/J Jackson, Aaron Sharp et Greg Erwin font une école de cinéma en Californie puis rencontre le bassiste Dak Lerdamornpong et forment donc un groupe de rock qui a le sens du rythme mais pas seulement. Leurs chansons donnent à voir des images. Souvent de fêtes. Et c'est déjà pas mal du tout! On s'éclate sur les chansons de cet album plein de vigueur!
Les titres s'enchainent. Les chansons ne dépassent pas les trois minutes mais elles vous font véritablement du bien. Elles trouvent toute la séve juvénile du rock indépendant, faussement candide et terriblement julitoire.
Le quatre garçons ont bien les cheveux dans le vent du Pacifique. Ils sont les héritiers des Beach Boys par cette volubile envie de danser et aussi de laisser passer quelques failles intérieures pour en faire un énergique mélange d'émotions.
C'est psychédélique, disco, rock et décontracté. Les vieilleries sont remises au gout du jour. Ils ont aussi un oeil sur la pop anglaise qu'ils réchauffent de leur histoire californienne. Ils en font trop mais on est tellement content de faire la fête avec eux, que l'on veut bien pardonner leurs quelques écarts de bonne conduite! La vie est une fête! C'est ce que nous rappelle ces drôles de Californiens, hors du temps et hors des sentiers battus. Ils resteront un excellent souvenir de ce voyage!
Elektra records - 2016
Hippopopopopopopopopopopotame

Gérald Genty s'amuse avec les enfants. Ca fait un disque. Et en plus il est bon!
Gérald Genty n'est pas très sérieux mais il est doué. Il aime les petites histoires simples, drôles et rapides. Il peut écrire une vraie mélodie ou simplement quelques lignes pour faire rire. Il compose de courtes fables avec de l'humour salvateur. Il frole la poésie avec ce sens découpé et dadaïste de la musique!
Il revient donc accompagné de deux bambins qui commentent les chansons ou s'inscrustent sur les titres. Gerald Genty sort son quatrième album mais heureusement ce n'est pas celui de la maturité. C'est tout le contraire.
En trente trois minutes, le chanteur réussit trente huit chansons rapidement exécutés mais toujours légères. Ca pourrait être le tout petit frère de Matthieu Boogaerts. Le minimalisme va très bien à Gérald Genty qui s'éclate comme un gosse dans une cour de récré.
Il se permet des fulgurances et de jolies mélodies. Il tournicote autour de jeux de mots plus ou moins foireux mais toujours joyeusement assumés. Il pourrait lasser mais cela va trop vite. Il rebondit d'idée en idée.
Il fait des bétises avec le sourire et rigole de tout! Il fanfaronne. En quelques secondes, il peut jubiler. C'est que l'on ressent tout le long de cet album au titre longuet mais bel et bien enfantin. On regresse avec bonheur en sa compagnie.
Si vous cherchez une alternative à Henri Dès ou Anne Sylvestre, ce disque a sacrément du style et du caractère!
Pias - 2017
Sous le même toit

PAS FACILE DE COHABITER SOUS LE MEME TOIT QUAND ON EST SEPARÉ DE SON CONJOINT OU SA CONJOINTE.
C'EST ENCORE MOINS FACILE QUAND CELUI QUI EST MIS DEHORS DECIDE DE REVENIR AU DOMICILE CONJUGUAL ET DE FOUTRE LA MERDE AU SEIN DU FOYER. 20% DE COHABITATION A LA HAUTEUR DE 20% DE CE QU'IL POSSEDE DE SA MAISON. LA PREMIERE MORALE DU FILM EST QU'A FORCE D'ETRE UN CON, ET DE NE PAS SOUTENIR SES AMIS, QUAND VIENT L'HEURE OU ON EN A BESOIN, PAS LA PEINE DE S'ÉTONNER QUE LES PORTES RESTENT FERMEES.
DOMINIQUE FARRUGIA EST LOIN D'ETRE NUL ( OK JE SORS). APRES LE MEDIOCRE "BIS" QUI POURTANT AVAIT UN SCENARIO ORIGINAL, IL SIGNE ICI UNE VRAIE COMEDIE AU TON CYNIQUE PUISQUE RIRE VRAI N'EXISTE QUASIMENT PLUS AU CINEMA.
UN VRAI SUJET D'ACTUALITÉ, QUE VIVENT DES MILLIERS DE COUPLES. COMMENT COHABITER QUAND ON EST DIVORCÉ? GÉNÉRALEMENT C'EST PARCE QU'IL EST DIFFICILE DE RETOUVER UN LOGEMENT, CE QUI EST LE CAS ICI AUSSI, L'EX MARI EST UN VRAI BOULET INCAPABLE ET IRRESPONSABLE MAIS ICI LA BOUTADE EST QUE GILLES LELLOUCHE REVIENT DELIBEREMENT POUR FAIRE CHIER SON EX FEMME.
C'EST LA TOUT LE PLAISIR MESQUIN QU'IL FAUT TIRER DE CE FILM. SANS TABOU, SANS CENSURE, CA PARLE CRU DE TOUT, ET CA POSE DE VRAI QUESTION EDUCATIVE. ALORS ALLEZ VOUS RIRE A 20% OU A 80%, TOUT DEPEND DE VOTRE CAPACITÉ A CALIBRER L'HUMOUR NOIR, L'AUTO DÉRISION ET SURTOUT LES LECONS A RETIRER DE CETTE EXPÉRIENCE.
Avec Louise Bourgouin, Gilles Lellouche, Manu Payet et Marilou Berry - Europacorp - 19 avril 2017 - 1h30





