Déprime Hostile

Evidémment toutes les oreilles ne peuvent pas s'intéresser à Pogo Car Crash Control, nom qui résume assez bien l'intention de ce quatuor francilien, énergique et punk.

Ils font comme les Américains. Mais tout en version française. C'est ce qui fait tout le charme de ce premier album de Pogo Car Crash Control. Du rock garage de sales gosses ou du punk de survivants de l'ennui! Du gros son pour ceux qui veulent oublier un quotidien trop morose.

Donc comme une bagnole, ca peut aller très vite et se transformer en véhicule trompe la mort. Les quatre musiciens jouent vite et bien. Ca speede. Ca lorgne de temps en temps sur des routes hardcore. On pourrait poursuivre les métaphores autour de la voiture mais la mécanique est bien huilée. Ne vous inquiétez pas.

Ils déchargent donc toute leur énergie sur des hits qui devraient avoir un certain succès à Clisson et son célèbre festival (ils y seront). Ne vous fiez pas au look charmant des musiciens. Ils ont des têtes de sages étudiants mais ils ont pourtant décidé de vous enfoncer le maximum de décibels dans les oreilles. Ils impressionnent.

Il ne faut pas s'étonner de voir un type radical comme Stupeflip apprécier leur musique. C'est sauvage et beau. C'est un vrai morceau de rock à la française. C'est bruyant et scandaleux. Mais assez bien maîtrisé. On est donc capable d'un punk hardcore crédible en France. Chaque morceau est différent. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour tout le monde mais c'est en tout cas une nouvelle rafraichissante.

La jeunesse est au pouvoir. Ils ont digéré la liberté de Nirvana, le fun de Green Day et la folie des Dead Kennedy's. Le résultat est foudroyant. Il est bien pus que réjouissant! Vive le printemps! On a trouvé la BO presque idéal!

Nation of two

C'est un peu le nouvel eldorado pour les amateurs de chanteurs acoustiques. L'Australie. Il n'y a pas que les assoiffés de bières d'AC DC ou les tristes ritournelles de Nick Cave. On découvre là bas, de l'autre coté de la planète, une nouvelle génération de songwriters doués et épanouis.

On avait Marlon Williams et son coté vintage. On a désormais la force tranquille de Vance Joy. Ce dernier n'est pas insensible au succès. Riptide est son titre de gloire qui lui a permis de faire le tour du Monde. Il sait parfaitement doser la folk avec la pop.

Il fait des chansons simples et polies. Ca parle de douleur et de tristesse de toute sorte. Il est sympathique, beau gosse, plutôt habile. Donc parfait pour être le type agacant! Le garçon n'a pas grand chose du chasseur de l'outback. A la limite, il est le surfeur qui fait en plus de la guitare! En fait on pourrait carrément le détester.

C'est vrai que ces chansons ne sont pas inoubliables. Elles sont calibrées pour le passage à la radio. Mais dans le lot, il y en des bonnes. Des douces. Des sincères. Le cynisme ne pointe pas du tout dans ce second album, c'est ce qui sauve le gaillard de trente ans.

Il est même très convaincant lorsqu'il se concentre sur son instrument de prédilection. La tête à claques disparait et on peut écouter un sacré bon chanteur. Il a tout pour être le fer de lance de cette nouvelle génération qui devrait se faire entendre partout autour du globe!

Atlantic records - 2018

Encore

C'est un blanc bec. Il a une voix de crooner venue d'ailleurs. Il n'atteint pas encore la trentaine mais on a l'impression qu'il a baroudé sur toutes les routes du sud des Etats Unis, en fumant des tonnes de cigarettes et avalant toute la poussière du Texas. Le type impressionne à tous les coups!

Son style, lui, est beaucoup plus classique. C'est du blues, avec du rock et du gospel. Ce que cherche le jeune chanteur, c'est nous filer le grand frisson. Il a un style nonchalant et des accords bien chaloupés. Il nous baigne dans une ambiance de messe soul. Il préside une assemblée de musiciens investis. Ils ont la Foi.

Et ca fonctionne. A force d'embrasser les clichés, Anderson East et ses copains réussissent à nous emporter dans leur mission. Encore enchaine les poncifs avec une envie qui finit par nous plaire. C'est le genre de disque que l'on devrait détester mais on y arrive pas tellement les artisans de l'album se donnent du mal.

Les cuivres accompagnent dans un spleen stylisé la chaude voix d'Anderson East. Il n'aime pas la solitude. Il a donc un choeur féminin absolument charmant. Tout est bien fait dans ce disque: nouvelle signature sur un gros label, on lui prete même Ed Sheeran sur une chanson et le producteur du rock bien country, Dave Cobb, se met aux commandes. Il n'y a que du beau monde.

Ce n'est donc pas surprenant mais c'est très plaisant à écouter. Une sorte de vieux Rythm'n'blues (rizeuménblouze) qui n'a plus le droit de citer vraiment. Tout est (trop) parfait mais ca nous emporte vers un idéal clean de musique. Sans fausse note mais avec de la vraie sincérité.

Elektra - 2018

Chanson du jour: Adult fear

chanson du jour: Projector

chanson du jour: Over & over

chanson du jour: soleil de volt

The Outsider

Le regard bleu de Jared Leto mérite un film. C'est fait. Mais c'est à peu près tout dans cet étrange produit multiculturel.

Car le comédien de Requiem for a dream a vraiment de beaux yeux. Ils sont tristes. Ils sont profonds. Ils font oublier le coté un peu fadasse du comédien qui rêve aussi d'être une rock star. Depuis qu'on l'a découvert dans la série Angela 15 ans, Jared Leto a une carrière bien particulière. Gros machins hollywoodiens. Productions indépendantes. Rôles difficiles. Cabotinages insupportables. Jared Leto peut réjouir comme il peut décevoir.

Reste son regard plein de spleen. Ce sera notre point de repère dans The Outsider. Le héros a appris à ne rien laisser transparaitre. Pour éviter les problèmes. Pour montrer son respect. Américain perdu dans un camp de prisonniers japonais, il sait rapidement que la réserve est la meilleur arme pour survivre dans le Japon des années 50.

A sa sortie de prison, il est pris en main par un yakuza authentique qui va l'initier à cette vie de voyous. Evidemment ses origines posent un problème à toute une bande d'Osaka. Cela explique le quasi mutisme du héros et l'interprétation quasi neutre de Jared Leto. Le film fut descendu par la critique en Amérique. Franchement ce n'est pas un nanar.

Ce n'est pas non plus un polar puissant et original. C'est juste une oeuvre ouverte, avec un mélange déjà connue entre la culture occidentale et les traditions japonaises. C'est donc esthétique et efficace en même temps. Le scénario ne réserve aucune surprise mais il est vrai que le jeu du comédien a de quoi dérouter. Tadanobu Asano, sorte de Russell Crowe nippon, lui vole la vedette.

Le réalisateur, danois, rend hommage à Kitano, Scott ou Wong Kar Wai, tous ses artistes qui ont osé le mélange entre l'Asie et l'Occident. Il y a de très jolies filles, de très belles images, de belles idées mais il y a un étrange peur de surprendre. Le film n'est qu'un énième film de gangsters avec de l'honneur et de la trahison. Ce n'est pas un désastre. Juste un produit qui doit être vu sur toutes les rives de la Terre.

Avec Jared Leto, Tadanobu Asano, Shioli Kutsuna et Kippei Shiina - 2h - netflix - 2017

The Magic Gang

Il y a une certaine ironie entre le nom du groupe et la pochette de l'album. Les musiciens de The Magic Gang ne sont pas forcément à leur meilleur avantage. Mais les apparences sont trompeuses. On n'attaque pas le physique. L'humour a toute sa place dans cet album réjouissant.

C'est un peu la revanche des nerds. Ils n'ont pas le physique des boys band mais les petits jeunes de The Magic Gang a surtout du talent. Leurs chansons font référence à tout un style des années 90, mené par Weezer et Fountains of Wayne. Des chansons simples sur des thèmes simples. Mais la simplicité empêche la facilité.

Ils viennent de Brighton mais ils n'ont pas la même culture que les défenseurs de la pop. C'est un peu plus musclé et très instinctif. Ce ne sont pas des sauvages non plus. C'est encore un quatuor anglais qui possèdent viscéralement toutes les clefs pour réussir dans la musique!

Ils ont donc tout des types aimables mais leur son va un petit peu plus loin. Ils apprécient la fausse légèreté de Big Star. Les harmonies cachent un portrait doux amer de l'existence. Il y a un humour dans leurs compositions mais il est bourré d'ironie.

Les anglais ont tout de même l'art de nous sortir très souvent un petit groupe surdoué que l'on voudrait éternel. les membres de The Magic Gang sont assez irrésistibles. La musique passe avant tout. Les riffs percutent la mémoire. Les refrains déroutent tellement ils sont évidents. Les musiciens sont heureux de chanter et jouer ensemble. Il y a toute la fraicheur d'un premier album qui explose en quelques chansons humbles et jubilatoires. Après Shame, l'Angleterre semble nous faire regretter un peu plus le Brexit.

Warner - 2018

chanson du jour: Pink Sorrows

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