Encore

C’est un blanc bec. Il a une voix de crooner venue d’ailleurs. Il n’atteint pas encore la trentaine mais on a l’impression qu’il a baroudé sur toutes les routes du sud des Etats Unis, en fumant des tonnes de cigarettes et avalant toute la poussière du Texas. Le type impressionne à tous les coups!

Son style, lui, est beaucoup plus classique. C’est du blues, avec du rock et du gospel. Ce que cherche le jeune chanteur, c’est nous filer le grand frisson. Il a un style nonchalant et des accords bien chaloupés. Il nous baigne dans une ambiance de messe soul. Il préside une assemblée de musiciens investis. Ils ont la Foi.

Et ca fonctionne. A force d’embrasser les clichés, Anderson East et ses copains réussissent à nous emporter dans leur mission. Encore enchaine les poncifs avec une envie qui finit par nous plaire. C’est le genre de disque que l’on devrait détester mais on y arrive pas tellement les artisans de l’album se donnent du mal.

Les cuivres accompagnent dans un spleen stylisé la chaude voix d’Anderson East. Il n’aime pas la solitude. Il a donc un choeur féminin absolument charmant. Tout est bien fait dans ce disque: nouvelle signature sur un gros label, on lui prete même Ed Sheeran sur une chanson et le producteur du rock bien country, Dave Cobb, se met aux commandes. Il n’y a que du beau monde.

Ce n’est donc pas surprenant mais c’est très plaisant à écouter. Une sorte de vieux Rythm’n’blues (rizeuménblouze) qui n’a plus le droit de citer vraiment. Tout est (trop) parfait mais ca nous emporte vers un idéal clean de musique. Sans fausse note mais avec de la vraie sincérité.

Elektra – 2018

Auteur: Pierre Loosdregt

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