Day of the dead Bloodline

Ca fait du bien de temps en temps, un bon gros nanar fauché opportuniste!
Vous savez ce genre de navetons où l'on n'a pas beaucoup de moyens pour suggérer la fin du Monde. Donc on fait avec les moyens du bord. Une petite soirée arrosée à coté d'une morgue part en vrille. Les morts se relèvent pour bouffer des étudiants en médecine. Vous prenez quatre types avec des gobelets, un gros colorié en bleu pour faire le zombie et trois californiennes: hop, vous pouvez évoquer la fin du Monde!
5 ans plus tard, une jeune femme qui a survécu à la fameuse soirée et à un viol, fait des recherches dans un centre isolé dans des Etats Unis dévastés par les zombies. Pas de chance pour elle, elle est entourée par des militaires qui ferait passer Donald Trump pour un prix de science. Pire encore, elle tombe sur son violeur zombie. Cette suite de remake d'un classique invente donc le zombie obsédé sexuel!
Très sérieusement la scientifique explique que le très fort taux d'hormones fait du monstre, un être exceptionnel car il est un mort vivant qui a le cerveau qui fonctionne. Faut le voir dès qu'il y a une nana qui lui passe devant. Il ressemble au Joker version grand brulé avec un grand sourire pervers. Effectivement il a l'air d'avoir de l'imagination ce gros dégueulasse.
Autrement avec trois francs six sous, on voit des types courir dans des couloirs, des zombies mangés salement et une brune crier après toute la stupidité des Hommes. Cette suite de remake de classique (j'adore écrire ca: à voix haute c'est un vrai exercice de diction) est le film de zombie post Harvey Weinstein! Dommage qu'il soit nul!
Avec Sophie Skelton, Johnathon Schaech, Jeff Gum et Marcus Vanco - netflix - 2018
Una Casa del Papel por favor


Depuis quelques semaines, la France et une bonne partie de l’Europe fredonnent, à demi-mots dans la rue, sans trop se cacher dans le metro parisien, sur une esplanade ensoleillée, sur son canapé, le soir avant de se coucher un refrain italien un tantinet révolutionnaire « Bella cio, bella ciao, bella ciao ciao ciao… ».
La question est pourquoi ? Et bien figurez-vous que j’ai la réponse ma brave dame, et oui ! Ahahahahaha, oui j’ai réponse à tout, et vlan dans les dents.
Et bien tout simplement parce que « Bella ciao » est l’hymne, du moins disons la chanson phare et enjouée, d’une série espagnole made in Netflix, qui, en quelques mois de temps à fait le buzz comme jamais et qui, à l’occasion de la récente sortie de la saison 2 (ultime ? nous verrons bien), confine au phénomène de société, « La Casa del Papel ».
Pour ceux qui ne connaissent pas, pitchons peu mais pitchons bien : à Madrid, capitale de l’Espagne, pour ceux qui sont vraiment vraiment mauvais en géo, un petit groupe de repris de justice -pour la plupart- sont enrôlés par un « cerveau » appelé El Professor (Ohhhhh mais comme cette langue est magnifique, ohhhhhhhh comme je t’aime mon Espagne de mi Yaya), et se lance dans le braquage du siècle de l’équivalent de notre Banque de France, en espagnol la Banca de Espana, nom de code « La Casa del papel », la maison du papier donc, pour la simple et bonne raison que l’impression ibérique des euros s’y fait. Ok, le sujet pourrait à première vue paraitre un peu branque, ok, bien sûr, vous allez y trouver des grosses ficelles parfois, des histoires d’amour un peu à la agua de rosa, des bons gros syndromes de Stockholm en mode gros sabot de Toledo, mais de la justesse des personnages, en passant par quelques rebondissements bien sentis, sans parler de l’ambiance en suspens permanent mais aussi quelques drames bien pesés, cette série connait le succès qu’elle mérite.
Et mieux que ça, quelle idée de génie de donner des noms de villes aux personnages, de Tokyo la trentenaire déjantée, à Denver el loco romantico, en passant par un ours de 2m appelé Helsinki en repassant par, le meilleur d’entre tous, de mon point de vue, le dénommé Berlin, pilier du gang, grand malade, divinement inquiétant aux confins de la folie brutale, nos amis de La casa parfument votre salon le soir d’une ambiance atypique mouchetée de personnalisation qui vient très vite à l’esprit.
Car oui, qui n’a jamais eu l’idée folle de participer au braquage du siècle, de faire monter l’adrénaline à son paroxysme à l’intérieur de son petit soi, de passer des nuits à s’imaginer partir sur une île isolée une fois le coup réalisé pour profiter à jamais d’un magot qui dépasse l’équivalent de 30 vies de salaires…
Moi perso, oui bon on me prend moi pour l’exemple car je vous aime beaucoup mais si je fais chacun d’entre vous on en a pour des jours, et sincèrement là tout de suite maintenant j’ai pas le temps de m’occuper de chacun d’entre vous, donc moi perso, je me ferai appeler « Vesoul », oui Vesoul, j’en n’ai rien à claquer, on prend la ville qu’on veut c’est la règle, oui ok Lima ou Bogota ça faisait plus trafiquant de coke golden boy, mais ça finit par A, et A ça fait meuf, et comme je suis un mâle un vrai tatoué barbu bah là mon ptit pote le truc qui se termine par A t’oublie ! Ok ok, un truc comme Montréal ça fait froid lointain mais comme j’y ai vécu, forcément, les flics vont faire le rapprochement c’est sûr ! Ahahah, faut pas me prendre pour un con non plus ! Bon alors sinon y’avait Manchester ou Liverpool mais je crois me souvenir qu’un pote a appelé ses jumeaux poissons rouges comme ça…imagine je le recroise, le mec me dit forcément « tiens j’t’ai vu dans la série et ça m’a rappelé un nom d’un de mes poissons rouges ! », là tu passes pour un con et toute ta testostérone de gangster sous capuche rouge se barre en trente secondes ; évidemment, plutôt que Vesoul, tu prends une ville d’Asie, Shangaï, Pyonchang, Oulan-Bator, Hangzhou, mais là pour sûr tous tes potes malfrats se souviennent pas de ton nom, n’arrive pas à le prononcer et pis, ça confine à un nom de héros de dessin animé des 80’s…tu passes pour un ringard, à l’évidence on te donne 50% de moins que les autres niveau tunes ; donc Vesoul !
Bon, à défaut d’aller à Vesoul je vous invite à vous gaver de la vingtaine d’épisodes de « La Casa del papel », régalez vous ! Olé !
Te beso mis pequenos conejos !
All Inclusive

Du rock à l'ancienne! Quelques types propres sous tout rapport défendent le blues steady avec une joie communicative. Allez, on se laisse aller...
Les membres de Shaggy Dogs aiment le bon vieux rock de papa ou même de grand papa. Les gaillards se sont rêver à cinq sur une planche de surf en Californie, en famille autour une grosse dinde luisante, à l'armée avec Elvis Presley comme bleubite!
Shaggy Dogs sont bien sappés mais ce sont des sauvages. Ils grognent des riffs convaincants et joyeux. Les franchouillards défendent farouchement leur passion. On devine chez eux que la musique c'est un art de vivre, de penser et de (faire) vibrer.
Les guitares s'imaginent bien sur la route 66. On entend un piano rigolard. Une grosse voix pleine de goudron. Et des rythmiques qui connaissent bien la route du rock'n'roll. On traverse toute la mythologie américaine, à toute vitesse et avec beaucoup de malice.
Après sept albums, ils intéressent même Gary Bromham, un producteur de Sheryl Crow. Cela soigne un peu la nostalgie americaine. Il y a donc du blues, du steady, du boogie. Que des vieilles choses. Mais dépoussiérées par l'énergie sincère de Shaggy Dogs.
Un disque qui a du chien, donc!
first defence records - 2018
The Third Murder

Un thriller austère et japonais tente de nous tuer en nous endormant sur un thème archi rabaché mais pas inintéressant!
Depuis 2004, on aime le cinéma de Hirokasu Kore-eda, responsable de chefs d'oeuvre comme Nobody Knows ou Notre Petite Soeur. Le réalisateur observe avec un tact incroyable les relations familiales et les étrangetés de l'existence.
Son cinéma est généreux. Sa caméra est douce. Ses histoires sont sobres. Il sait être spectaculaire quand il faut. C'est un fameux metteur en scène. Ses acteurs sont toujours incroyables. Le Japonais est obligatoirement important dans notre monde désincarné avec des thèmatiques universelles et des réflexions fines et caressantes.
Son nouveau film désoriente un peu: c'est une chronique judiciaire. Un avocat est dérouté par un accusé qui change en permanence sa version des faits qui lui sont repprochés (le meurtre de son patron). Le réalisateur s'essaie au polar. Et ca fonctionne assez moyennement. Kore-eda ne peut pas s'empêcher de parler de la famille. Il le fait bien une fois de plus. Mais il s'enferme dans une narration bleue et molle qui va vous entrainer dans une somnolence immanquable.
L'exigence de la mise en scène devient de l'austérité. C'est beau. C'est intelligent en plus. Mais qu'est ce que c'est chiant. Désolé d'être vulgaire mais c'est un vrai rendez vous raté car il y a tout pour que la réussite soit là. Les comédiens une fois de plus sont bons. La photo est pensée. La musique a du sens. Tout est là. Mais rien ne se passe. Les qualités se noient dans un schéma poussiéreux et fatigué. On est déçu. C'est le thriller ici que l'on assassine.
Avec Masaharu Fukuyama, Kôji Yakusho, Suzu Hirose et Yuki Saitō - le Pacte - 11 avril 2018 - 2h04
L’ile aux chiens

Wes anderson! Des conflits et des problèmes familiaux sous des tonnes d'effets vintage et des vieilles chansons qui flattent les spectateurs, on pourrait résumer son cinéma ainsi mais heureusement, son petit dernier échappe (un peu) aux habitudes.
Car depuis Grand Budapest Hotel (et peut être même son film précédent, Moonrise Kingdom), le bonhomme se la pête un peu moins et semble moins vouloir faire la danse du ventre devant tous les bobos de la planète. Wes Anderson se révèle enfin dans un cinéma personnel, avec toujours des artifices exagérés mais avec un peu plus de conviction.
On pouvait l'accuser d'être un peu lache et non chalant. Ce n'est plus tellement le cas même si le principal défaut de L'île aux Chiens, c'est bel et bien la durée. Le film est trop long et s'attarde souvent sur de menus détails. L'esthétisme est une obsession chez Anderson. Il en oublie parfois de faire avancer son récit.
Qui cette fois ci se sert de la fiction pour observer un peu le Monde actuel. Difficile de ne pas voir dans son aventure canine, une métaphore stylisée de nos petites sociétés qui refusent de voir les maux en face tout en les distribuant à d'autres. Les chiens deviennent donc la plaie d'Egypte de la ville japonaise de Megasaki. Les chiens sont bannis sur une île. C'est là que débarque en avion le fils du maire qui veut retrouver son chien de garde, Spots...
Et le garçon va se retrouver à la tête d'une meute de chiens courageux et bavards. Comme toujours chez Anderson, ca papote avec un grand sens de la dérision et un humour décalé, un peu vieillot qui fait le charme des dialogues, première force du cinéma de Wes Anderson.
Comme Fantastic Mr Fox, c'est un film d'animation à l'ancienne où la technique est en apparence dépassée. Il y a là tous les vieux trucs qui feraient la joie de Willis O'Brien ou Ray Harryhausen, les dieux de l'animation à l'ancienne. L'accumulation des tics visuels permet néanmoins une effervescence visuele quui dépasse rapidement la surprise.
En limitant la technologie, Anderson se sent plus libre et désormais, il raconte un peu son époque. La fable est humaniste, drôle et ripolinée. Elle s'étire un peu inutilement mais le réalisateur semble très heureux de célèbrer la candeur et le regard enfantin.
Comme à son habitude, il étouffe un peu l'émotion et l'interaction entre le spectateur avec les personnages. Il multiplie les idées géniales mais laisse encore une fois les personnages de coté, souvent limités à leur joliesse. Comme d'habitude, on aime bien mais on est coincé par les limites narratives d'un cinéaste iconoclaste mais pas complètement guéri des défauts d'avant...
Avec les voix de Bryan Cranston, Edward Norton, Jeff Goldblum en VO et les voix de Vincent Lindon, Louis Garrel ou Romain Duris - 20th century fox - 11 avril 2018 - 1h41






