chanson du jour: LIFE

chanson du jour: After the storm

Canyon Alibi

Discret et élégant, Alain Gibert signe un délicieux deuxième album. Définitivement, ce type a la classe.

Il y a quelques années, on avait remarqué déjà l'élégance naturelle de ce binoclard droit et doué. Alain Gibert est un compositeur français au caractère bien trempé et aux idées sûres. Il aime la pop verbeuse, celle où le mot a autant d'importance que l'harmonie. Ce genre de gus est rare donc Alain Gibert, en un seul disque, est devenu un artiste assez précieux.

D'autres le trouveront pedant avec ses accords délicats, ses voix féminines et son univers de petits airs fins comme les détails que l'on peut observer dans une seconde pochette, aussi vintage que la première mais qui souligne l'art de vivre du bonhomme.

Et la musique, c'est sa vie. Il y observe le romantisme et le quotidien. Il scrute nos émotions désuetes et tous nos vagues à l'âme qui secouent ses paroles, assez singulières. L'air de rien, le musicien semble touche à l'essentiel comme savent le faire nos grands chanteurs comme Daho ou Souchon.

Il cache son intelligence derrière des refrains simples, presque anecdotiques, dans lesquels nos pensées viennent chercher un écho ou un effet miroir. Cela fonctionne à merveille. Les arrangements nous transportent. La gourmandise des accords est constante. Alain Gibert récupère sans problème les aisances mélodiques de la pop et une fausse candeur de la chanson française. Il se glisse dans un costard que l'on croyait poussiéreux mais a qui il rend un éclat agréable et sensible. Nostalgique mais pas vieillot, le style d'Alain Gibert est irrésistible.

L'autre distribution - 2018

chanson du jour: club

Game Night

Les Américains sont de grands enfants: ils n'arrivent pas à séparer la fiction de la réalité. C'est le constat de cette comédie policière très réussie.

Game Night est une excellent surprise. Ne vous privez pas de ce plaisir primaire. Ne vous fiez pas à l'hideuse affiche ou même au pitch suspect. Un couple passionné par les jeux de société, Annie et Max, passent le vendredi soir à s'amuser avec leurs copains. Le frère de Max débarque et les ennuis commencent...

On ne vous en dit pas plus car le scénario est une excuse. Les joutes verbales entre les comédiens sont hilarantes et ces derniers se donnent à fond pour nous faire croire à un cluedo géant. Le couple et leurs potes vont se retrouver dans une sombre histoire mafieuse. Et des situations étonnantes et souvent drôles. La dernière partie d'ailleurs est totalement inutile entrainant le récit vers le cinéma d'action comme si les deux réalisateurs avaient peur de nous ennuyer avec leur concept simple.

Confondre le jeu et la réalité. Finalement le film en dit beaucoup sur les Américains et cette société du jeu. Planqué dans leur banlieue tranquille, le couple de héros échappe à ses problèmes en jouant. De manière compulsive et immersive. Ils entrainent avec eux des copains. C'est le coté très amusant de ce film finalement choral.

Echantillon d'une partie de la société américaine, les protagonistes ont finalement des oeillères sur les vrais problèmes qui les obsèdent au fond (la famille, la solitude, l'amour). Game Night n'est qu'un aimable divertissement mais il sonde peut être malgré lui l'Amérique post Trump, autre animal yankee totalement aveugle sur ce qu'il y a autour de lui.

Avec Jason Bateman, Rachel McAdams, Jesse Plemmons et Kyle Chandler - Warner Bros - 18 avril 2018 - 1h39

chanson du jour: je repars

chanson du jour: Everybody needs you

chanson du jour: Glorious

Escobar

Un apprenti Scorsese fait son film de gangster. Une fois de plus, on saura tout sur la vie tumultueuse de Pablo Escobar.

C'est le genre en saturation: le récit mafieux sur Pablo Escobar. Benicio Del Toro l'a fait. La série Narcos l'a fait. Maintenant c'est Javier Bardem qui veut interpréter le fameux roi de la drogue, qui a mis à terre la Colombie avec son goût pour l'ultra violence.

Alors le comédien a une belle moustache, une coupe de cheveux affreuse et un gros bidon qu'il repose sur un pantalon. Il a un bel accent qui roule les "r" et il parle totalement en anglais. Génant. Sa compagne, Penelope Cruz, est la maitresse de Escobar. Elle joue comme un paille dans un nez. Elle a retrouvé des vieux habits de vieux Almodovar et cache sa joie de jouer derrière de vieilles perruques. Le duo de comédiens n'est pas en grande forme.

Seule la moustache frisée de Peter Saarsgard donne un peu de corps à ce biopic bien fade du mafieux Colombien. Le film est d'abord centrée sur la rencontre entre Escobar et la journaliste célèbre, Virginia Vallejo, qui tombera amoureuse de Pablo "mais destétera Escobar". Mais rapidement, le réalisateur espagnol Fernando Léon de Aranoa est fasciné par la violence.

Ca devient complaisant et binaire. En gros, on assiste à une succession de crises de nerf et de résolutions meurtrières. Et si on ne comprend pas vraiment, il y a toujours une voix off pour nous expliquer ce qu'il se passe dans la tête de Pablo.

Il dépeint donc tous les grands moments de Escobar. Comme d'habitude, on assiste à la grandeur et décadence du trafiquant. Le film ne laisse pas la place à la moindre surprise. C'est très ennuyeux malgré l'exotisme latin. C'est du sous sous Scorsese joué par un sous sous De Niro. et on finit sou-souler par ce très mauvais biopic!

Avec Javier Bardem, Monica Cruz, Peter Saarsgar et Julieth Restrepo - SND - 18 avril 2018 - 2h03

The Straight hits

Rions un peu avec Josh T.Pearson et toutes ses chansons avec le mot "straight"!

Elles sont au nombre de dix et elles sont plutôt sympathiques. Josh T.Pearson ne pouvait pas nous préparer à un tel running gag. Quand on l'a découvert il y a quelques années, il avait un look de folkeux un peu poilu, un peu triste et un peu mélancolique.

Désormais il est tout de blanc vétu. Il a coupé la barbe drue pour une petite moustache fine. Il est un cavalier blanc qui saute sur un cheval fou de l'humour country. Dans son album précédent: il se présentait comme le dernier des derniers gentlemen country. Là, il a visiblement bien changé.

Sous son stetson blanc, il y a encore ce goût pour les couleurs iconoclastes qui font le charme du bonhomme. C'est donc une sorte de rock'n'roll déglingué que propose le cowboy immaculé, Josh T.Pearson. Ses arrangement sont pas spectaculaires mais ils sont ludiques et souvent drôles.

Il nous donne le sourire avec ses ritournelles assez sèches, bavardes mais rigolardes. Il ne dénigre jamais le genre qu'il défend depuis des années avec le groupe Lift to Experience. En réalité, Josh T.Pearson est le punk de la country moderne.

Il fait du post modernisme avec le sourire. Il en ajoute dans toutes les couches de son art mais il le fait avec une certaine classe et sans aucun cynisme. En plus il a la bonne idée de ne jamais s'attarder. Le disque est rapide et dense grâce à une grande diversité des refrains. Il sait être moderne comme il sait prendre le meilleur du passé. Droit au but, son disque est une amusante découverte!

Mute - 2018

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