Barbara Barbara we face a shining future

De la bonne vieille techno made in England. On vous le dit depuis quelques chroniques, les héros des Nineties vieillissent assez bien.
En tout cas, ils reviennent tous avec de nouveaux titres et quelques classiques pour mélomanes qui rentrent dans la quarantaine ou célèbrent cinq décennies. Suede et compagnie profitent de l'absence des gros poissons de la britpop pour pousser de nouveau la chansonnette. L'année c'était Blur. L'année prochaine, on pourrait parier sur un rabibochage entre Liam et son frère Noel pour qu'Oasis retrouve un second souffle.
Nous n'en sommes pas là: c'est le duo de Londres, Underworld, qui fait un retour remarqué aujourd'hui. On se souvient bien sûr de leur monstrueux Born Slippy qui a fait danser tous les lads d'Angleterre et le reste du Monde puisque la chanson illustrait le film culte Trainspotting.
Mais depuis, on avait un peu oublié les deux zigotos, Karl Hyde et Rick Smith, deux farfelus de la musique, entre post punk et techno festive. La fête semblait permanente pour Underworld mais l'inspiration semblait s'être fait la malle après des années d'existence. Leurs disques étaient assez décevants au fil du temps.
D'où cette bonne surprise avec ce regain de forme. Effectivement l'avenir semble radieux pour les deux quinquas qui réalisent un sacré de disque... de rock. Avec leurs armes. Des mixes. Une voix sombre. Des guitares et des envies de trance. Le duo avait attendu six années avant de se reformer. Ils ont repris des forces.
Cet album est plein de surprises! Il ne veut pas rester dans la même voie: chaque titre a un style et une volonté d'en découdre avec les habitudes de l'auditeur. Il y a de jolies nappes de synthés mais aussi des choses plus rudes et des rythmes plus agressifs. L'electro a été digéré par les deux hommes qui se consacraient à autre chose pendant de longues années. On devine à quel point cela a fait du bien au groupe: le son est posé, calculé, apprécié. C'est d'une soudaine élégance qui explose les oreilles. Dans le bon sens du terme.
On sait que l'immédiateté et l'efficacité ont leur importance dans la techno. Ici, le temps a sa place et les idées s'articulent parfaitement sans être une grosse démonstration de gros sons. On ne s'attend vraiment pas à cela dans cet album au titre long mais optimiste.
D'ailleurs on se dit que l'on avait un peu oublié ce groupe: c'est un petit bonheur qu'il se rappelle à notre bon souvenir de cette manière.
Astralwerks - 2016
Sunrise to sundown

Du matin au soir, les petits gars de Spiritual Beggars rêvent d'être Black Purple ou Deep Sabbath.
Si un jour, la tournée sans fin du mythique groupe de hard rock, Deep Purple, passe en Suède, il ne faudra pas que le pianiste s'étonne si son instrument disparaît. Per Wiberg du groupe Spiritual Beggars en a toujours rêvé! L'hommage est évident sur chaque note de musique. On pourrait croire à une nouvelle chanson de Deep Purple.
Mais non, il s'agit du neuvième album des Suèdois, vikings qui ne se sont jamais remis des années 60 et 70. Ils vouent un culte à tous les groupes fondateurs du heavy metal mais conservent toujours la petite touche retro. On n'est pas dans les extrêmes du metal mais on se promène dans sa version présentable, rustique et sympathique.
Il n'y aura rien de nouveau dans ce neuvième épisode des aventures électriques de Spiritual Beggars. Ils fabriquent un petit cocon autour des nombreuses légendes, celles qui se racontent en Suède et celles firent le heavy metal. Plus qu'un cocon rassurant, avec les idoles mis en évidence, il s'agit d'un petit théâtre musical.
C'est parfaitement mis en scène. On se demanderait même si les gaillards du groupe n'auraient pas pris comme argent comptant, le mockumentary de Rob Reiner, Spinal Tap! C'est une ribambelle de clichés mais ils sont tous rigolos. Ce qu'on aime c'est la volonté du groupe à faire vivre les premiers sons du hard rock, ce qui les rend assez attachants.
Il y a donc la voix qui hurle à la mort et nous conte des histoires. Il y a les guitares furieuses qui se lancent dans des cavalcades. Les rythmiques sont lourdes mais lyriques. Et puis il y a cette orgue hammond déjà cité plus haut qui nous rappelle qui est la principale référence des Scandinaves.
Ca ne sent pas trop le renfermé ou la redite. On se plait à les écouter. On vogue sur leur drakkar old school mais encore en bon état!
Inside Outmusic - 2016
Patch the sky

Du rock nostalgique et bruyant... he bien vous savez quoi, ca peut le faire!
Il faut bien l'avouer: l'envie de simplicité prend le dessus lorsqu'on passe nos journées autour de mauvaises nouvelles qui surenchérissent dans l'horreur. Bob Mould a cinquante cinq ans et joue du rock, comme s'il était un adolescent. Simple, rageur et salutaire!
Husker Du était un groupe bruyant des années 90. Leur chanteur, Bob Mould, continue bien des années après le succès, a s'acharner sur sa guitare. A 55 ans est ce bien raisonnable? Oui quand on devine la jouissance du chauve à gratter ses accords comme un forcené. Mould sait ce qu'est le hardcore et joue encore les révoltés avec quelques potes.
L'énergie n'est plus juvénile mais on sent que cela maintient à flot un artiste tourmenté mais ravi de se réfugier dans le rock qui fait du bruit, qui fait chauffer les décibels et qui ne veut pas se prendre complètement au sérieux. Patch the sky est un disque de rock.
Celui qu'on entendait quand Kurt Cobain était vivant, lorsque Alice in Chains avait un chanteur, quand Seattle était la capitale du Monde musicale! C'est un geste de survivant que ce disque! C'est un devoir de mémoire que réalise Bob Mould. Il y a là les guitares héroïques, des rythmiques orgueilleuses et des chansons qui s'écoutent en montant le volume à fond. C'est peut être un peu nostalgique comme plaisir, mais Bob Mould est un héros discret qui fait des disques simples, à l'ancienne et ce n'est pas si mal. La musique ne doit pas toujours nous transporter dans le futur!
La passé, ca a parfois du bon!
Merge records - 2016
L’Apparition, Perrine le Querrec


Si le vœu du lecteur est de sortir indemne d’un livre, qu’il ne s’aventure pas dans celui-ci. A l’encontre des écrivains qui chantent les vertes prairies de l’enfance et ses sucreries, Perrine Le Querrec explore avec « l’Apparition » des territoires plus reculés aux ritournelles singulières.
« Trois pas du côté du banc, et trois pas du côté du lit. Trois pas du côté du coffre, et trois pas. Revenez-ici. » Dans le village intemporel d’Ici- Bas, le roman de Le Querrec lance ses dés au gré d’une aventure peu commune, et comme une pièce de monnaie tombe de manière exceptionnelle sur la tranche, le sort en est jeté entre prédestination au malheur, longue traîne des siècles de folie humaine, magie du hasard élémentaire.
Aux confins de la psychiatrie et des anciens mystères, Perrine Le Querrec fraye le chemin d’une écriture hallucinée au service d’une urgence à portée universelle. Elle est une des rares auteures contemporaines dont la forme rattrapée par la transe, rend grâce à la Matière tout en l’accouplant à l’Esprit par l’entremise d’un souffle tectonique qui se fond dans la langue. Leur osmose aux abois constitue le porté à connaissance de dégâts séculaires dont Perrine Le Querrec a hérité par contumace, et qu’elle transcende dans la ferveur d’un imaginaire contraint de se pacser avec la sauvagerie du quotidien.
Dans « l’Apparition », le miracle, avant d’être récupéré puis galvaudé par la cohorte des marcheurs du temple, s’entend au sens médiéval, quasi mystique, du terme. Il se débat dans l’espace d’une gouvernance des hommes par les dieux, les croyances, et leurs avatars. « - C’est tout juste si nous savions où se trouvait notre main droite, tellement nous étions isolés. »
« L’Apparition » raconte l’histoire de PetraPieraPierette, trois sœurs qui n’en font qu’une, et de Létroi, l’idiot du village qui les veille pour trois et s’arrime à Piera jusqu’au cataclysme. La chute finale de Piera retournée, lapidée par la multitude, nous renvoie à celle de Basile, engloutie par la foule, dans le un-happy end de « Têtes Blondes ». La geste incantatoire de Laitroi (orthographe à bascule), conjuguant scansion catatonique et mantra d’amour de longue haleine, clôt ce livre hors normes où, comme chez Rilke « Tout ange est terrible ». « Mon nom Létroit / Ma bien aimée apparue te rends en hâte à la montagne offrir tes trois trous des yeux de la bouche / Tu es juste des os de la peau du jus de pierre mon amour ». A la dernière ligne, le lecteur « s’assoit par terre étourdi ». La messe est dite, aussi profane que sacrée.
Toute révélation des grades supérieurs s’acquière à l’arrache. Il est des extases trop profondément outragées pour ne pas exiger des suites littéraires. Au terme de la transmutation des métaux, fussent-il vils et douloureusement abrasifs, Perrine Le Querrec accouche de l’or fin. On ne saurait trop conseiller aux éditeurs qui ont compris que l’écrivaine est un trésor, de la laisser mettre bas sans péridurale ni entraves.
Parution :
Éditions Lunatique
140 pages
14€
Siestes acoustiques et littéraires Colibris, Bastien Lallemant, Maison de la Poésie


Poésie et musique aussi engagée qu’enchantée. Le tout, allongé. Un plaisir intense !
A la Maison de la poésie, on n’est pas au bout de ses surprises. Ce dimanche, petits et grands prennent place sur la scène. Devant les instruments, chacun est invité à s’allonger. Oreiller sous la tête, les visages se détendent, les corps s’étirent, les esprits se prélassent.
Entre un univers à la Léonard Cohen, des contes créés la veille où l’on croise des loutres, des scarabées et des attachés case, on part loin. Très loin.
Dans l’esprit des colibris, la sieste invite à ralentir le rythme, à renouer avec la terre, avec ses sens. On retrouve l’intériorité militante du film documentaire En quête de sens. Marc de la Médadière au micro nous transporte dans une histoire pour reprendre confiance en soi.
Dans l’obscurité, les sens sont chamboulés. D’où provient ce son si étrange ? D’une bouche ? D’un instrument de musique ? Nul ne sait, les yeux fermés. La guitare de Seb Martel et le violoncelle de Maëva Le Berre apaisent. Les voix elles-mêmes sont un instrument d’où sortent des mots chantants. Dans une langue simple et élégante : « Le soleil et la lune : Deux astres amoureux se tournant autour depuis si longtemps », l’oreille savoure de douces mélodies.
C’est Bastien Lallemant qui est à l’origine de ce réjouissant concept : inviter des spectateurs à s’allonger dans une salle de spectacle faiblement éclairée (coussins fournis !), réunir une poignée de musiciens et d’écrivains et, sans micro ni amplification, offrir un concert tout acoustique.
Bastien Lallemant revient cette fois-ci à la Maison de la Poésie pour des siestes « spécial Colibris», mouvement créé en 2007 sous l’impulsion de Pierre Rabhi pour la construction d’une société écologique et humaine.
Une expérience d’écoute inédite pendant laquelle certains se sont endormis, tous se sont sentis vivants. Bravo. A quand la prochaine ?
IV

Black Mountain continue sa lente progression sur le rock psychédélique. Cette quatrième étape est importante et réjouissante! Pas un sommet non plus!
Mothers of the sun: 8 minutes de pur psychédélisme à l'ancienne. On sent que ca cogite dans ce groupe pour triturer une fois de plus les bons vieux clichés du genre. Le groupe de Vancouver a l'esprit du Grateful Dead qui plane au dessus de la tête. Ce n'est pas le premier groupe à s'imaginer dans les utopies des années 70 mais il faut le reconnaître: ils font correctement le boulot!
La présence d'une fille y est sûrement pour beaucoup de choses. Avec son goût pour la démonstration tout en sueurs, le psychédélisme peut se révéler ennuyeux, un petit concours de masturbations de manches à guitares. Ici, il y a certes de grosses guitares mais la voix de Amber Webber calme un peu les ardeurs.
Elle participe aussi au bouillonnement des bonnes idées de synthés ou d'autres instruments qu ne nous font pas penser aux habituels stéréotypes du genre. C'est un groupe qui visiblement soigne les nuances. De loin, ca ne parait pas évident avec sa grosse pochette bien ridicule et son titre qui ose se comparer à Led Zep.
En écoutant le disque, on entend des petites choses qui réveillent notre intérêt puis notre curiosité. Finalement le groupe jongle avec les vieux trucs et des tics un peu plus indépendants, plus dans notre époque. C'est habile. Mais ca ressemble parfois à une exercice de style. Le groupe prend peut être un peu trop la pause!
Il ne faut pas non plus bouder son plaisir. Black Mountain a une autre estime du rock et c'est l'essentiel. Produit par un spécialiste du son vintage, Randall Dunn (producteur de Suun O), on a droit à une renversante collection de morceaux puissants. Et quand on lorgne du coté de Led Zep, l'efficacité est bien la principal qualité à posséder. L'air de rien, ils ont toutes les armes pour être un grand groupe... on attend encore le grand album!
Jagjaguwar - 2016
Mais pourquoi Elise est-elle si méchante ?!!


Vraiment désolé pour cette si longue absence, je vais bien, juste très pris entre différentes activités un peu folles, un peu de repos loin des bornes Wifi mais me revoici, me revoilà.
A l’image d’un Renaud, en moins vieux et surtout moins marqué par des années de vies de litres d’alcool anisé dans le fond d’un bar chic, je suis bel et bien toujours debout, toujours la banane, etc…oui, je sais, plus personne ne peut entendre cette chanson qui, à son écoute, à demi-mot, grince au niveau des tempes tellement la voix de l’ami Renaud a morflé…
Mais nous ne sommes pas là pour parler du come-back fulgurant, et espérons le durable, du vieux renard dont tout le monde reste profondément morgane de lui.
Non, cette semaine, je voudrais vous parler de ma banquière. Brave femme d’une cinquantaine d’années, l’allure pimpante et ma foi de bons conseils, mais qui était presque les larmes aux yeux, un lendemain de « Cash Investigation, spécial Panana Papers », tellement elle en prenait plein la tronche depuis le matin. Bien sûr, il me serait facile et populaire de lui cracher mon venin de gauchiste de bas étage sur son bureau laqué de bois de Suède et partir en vrille en suivant la meute hurlant d’un même organe sa vox populi anti banquiers.
Après en avoir fait leurs cibles préférées et les désignant comme à l’origine de tous les maux de la planète, nos journaux télévisés, mais aussi et surtout les « magazines d’investigation », aiment à fusiller sur la place publique médiatique…les banques, les banquiers, les méchantes cravates toutes vilaines et par ricochet leurs humbles salariés.
Donnant, à chaque « affaire » la parole à des phœnix beaucoup moins talentueux que Renaud, type Mélenchon ou Kerviel, dont chacun sait qu’ils ont apporté à la France et au Monde autant d’idées et d’avancées qu’un labrador nain peut en apporter à un cercle de scientifique débâtant sur les origines de la vie (oui il n’y a aucun rapport mais ça pèse le poids de la contribution des Heckel et Jeckel invités stars de BFM TV à chaque débat post sujet sur le sujet) ; nos chaînes infos mais aussi nos bons vieux JT n’en finissent plus de prendre la vague du désormais follement populaire « ouais les banques c’est que des méchantes qui volent aux pauvres pour donner aux riches, pour voler aux riches, pour garder pour elles ».
Assez curieusement d’ailleurs, à en lire les commentaires déchainés (et accessoirement bourrés de fautes de français qui font vomir les pupilles) sur les forums ou des posts desdites chaines ou émissions sur les réseaux sociaux, un enfant de 5 ans supérieurement intelligent et sachant lire pourrait tendre à penser naïvement que Hitler, Pol Pot, Mussolini et Staline étaient membres du conseil d’administration d’une fameuse banque rouge et noire, que cette même banque a fait assassiner Frantz Ferdinand en 1914 pour volontairement provoquer la 1ère guerre mondiale, qu’elle a exigé de créer Daesh histoire de foutre le bordel dans l’occident avec des bombes et rendre le moyen orient aussi joyeux et accueillant qu’un mouton de poussières dans un western, qu’elle avait formé aux pilotages 6 tarés fous de dieux en vue du 11 septembre 2001, que si un mec qui n’a rien branlé de sa vie, picole, tape sa femme et accessoirement aime bien toucher sa fille dans les bas fond de notre France profonde…et bah, oui, ma bonne dame, je vous le donne en mille, et bah c’est de la faute des banques, car elles ont un super pouvoir pour créer des méchants qui font des méchancetés à des gentils, c’est comme ça, c’est la vie, et d’ailleurs comme ils le disent à la télé, bah ça doit être vrai et comme en plus Tonton Dédé, qui fait rien depuis 25 ans, à part jouer au PMU, bah c’est dégueulasse car les banques bah elles ont pas voulu lui prêter de l’argent pour sa nouvelle voiture…bah c’est encore plus dégueulasse.
Ces dernières semaines, est donc en ce sens sorti d’à peu près nulle part, mais relayé en mode 24/24 partout où un écran se trouve dans nos barraques, le désormais célèbre Panama Papers. Si l’on oublie de préciser que ladite affaire a été le fruit journalistique mandaté par le Consortium des journalistes d’investigations aux USA (soutenue par différents grands truck US comme Kellogs, Ford, RockFeller…jamais mis en cause assez curieusement dans leurs enquêtes…drôle…), il a été de bon ton de dégommer des jours durant tous qui a de près ou de loin l’allure d’une banque, de surcroit, si, comme celle où j’ai mes comptes, elle a hébergé Jeckel (J. Kerviel donc) pendant quelques années.
Evidemment, si cela est vrai, et ne nous trompons pas dans mes propos, il est bien sûr abjecte de voir des millions d’euros ou de dollars partir sous le soleil des Bahamas, enterrés sous le sable chaud, quand ceux-ci auraient pu/du, une fois encaissés sous forme d’impôt, aider au mieux vivre de la Société…en général. Néanmoins, aux vues des réactions outrées à base de grands yeux écarquillés de tous nos gentils journalistes et de la fameuse voix populaire, il semble se confirmer que nombre d’entres eux habitent dans des maisons en forme de champignon dans des forêts avec du coton et des nuages partout, ont des Bisounours pour animaux de compagnie, que Bambi vient les réveiller tous les matins en leur léchant le lobe de l’oreille et que quand quelqu’un dit un gros mot dans la rue bah ils pleurent à chaudes larmes en hurlant « maiiiissss c’esssstttt malllll de dire des gros mots, c’est passss biennnnn, le monde est teeellleeeemmmeeennttt moche, à coup sûr c’est de la faute des banques ça s’il dit un gros mot lui ! » ; oui, ils découvrent que des gens très très très riches, des fois, ne sont pas nécessairement philanthropes, voire que s’ils le sont, très riches, c’est qui le sont rarement, philanthropes.
Dans cette affaire du Panama Papers, sorte de PQ puant et délateur de méchants, un magazine a brillé, « Cash Investigation ». Depuis une 15aine d’années, la télé, de surcroit publique, aime à rappeler sa totale indépendance d’esprit, et c’est tant mieux, mais, semble tirer de plus en plus à gros trait ce côté « ouaaiiiissss nous les journalistes on est des gentils qui dénoncent les méchants de la planète, parce que nous en plus d’être des gentils et bah on est intelligents en plus », dans une sorte de camouflage et de dédouanement à enfanter par lot de 50 des émissions aussi somptueuses que « Les anges de la télé réalité », « Super Nanny » ou encore qui mettent en avant la vie du peuple en les faisant pleurer à l’antenne comme juste après le JT de 13h sur France 2 dans « Toute une histoire ».
Il convient par ailleurs de rappeler que le journaliste de télévision publique est en terme d’éthique et de morale ce que l’Abbé Pierre ou Sœur Thérésa sont à la planète, des êtres bien évidemment parfaitement irréprochables, qui n’ont jamais fauté de leur vie, sont fidèles en amour, reversent 85% de leurs revenus à des associations caritatives, passent leur dimanche à ramasser les déchets sur les plages de Bretagne, sortent le soir donner des couvertures chaudes à des SDF, en hébergent pour la plupart, accueillent les migrants venus de Syrie dans leur humble appartement parisien, demandent à ne pas bénéficier de réduction d’impôts quand ils emploient des femmes de ménages ou des gardes d’enfants, profitent de leurs vacances pour rejoindre l’Afrique pour faire de la prévention contre le SIDA, ne disent du mal de personne à part les méchants, n’ont bien sûr jamais bu d’alcool, fumé un splif, pris de la coke, eut la tentation de foutre un baffe à un gamin qui hurlait dans un supermarché, ont des mômes qui ne font pas de conneries, ont 20/20 dans toutes les matières, et sont programmés pour faire Gandhi comme métier quand ils sont plus grands.
Parmi eux, Elise Lucet. J’avoue, plus jeune, avoir eu un faible pour la belle Elise, mode yeux bleus sourire ravageur, moins tendance que Claire Chazal, moins gay friendly Pop culture mais cool quand même, ce genre de charme que l’on croise aux détours d’un resto routier quand on est producteur de ciné perdu en rebord d’A6 un dimanche de pluie et que tes yeux s’arrêtent sur une bougresse à la vie pas simple à force de servir dans une jupe et un polo Malboro trop serrés des pichets de rosé qui suintent la coopérative viticole du coin. J’aimais aussi ses éclats de rire en recevant Jamel ou Luchini dans la fameuse tranche d’ITW de fin de JT 13h, elle sentait bon le naturel. Oui mais voilà, à la tête de « Cash Investigation », Elise se transforme, elle est gentille jusqu’à 13h45, puis soudain, elle pénètre dans les bureaux de son émission de creusé de sujets chauds et elle devient morpion à petites pattes griffues, elle n’est plus la même, elle met des lunettes de prof de science nat de 4ème B qui fait peur même aux rebelles du collège, alpague les méchants qui n’ont pas d’éthiques, qui aux contraires de ses équipes, ne sont pas fidèles en amour, ne reversent pas 85% de leurs revenus sont fidèles en amour, ne passent leur dimanche à ramasser les déchets sur les plages de Bretagne, ne sont jamais sortis le soir pour donner des couvertures chaudes à des SDF, n’en hébergent d’ailleurs aucun, n’accueillent les migrants venus de Syrie dans leur très grands appartements parisiens, font exprès d’employer des femmes de ménages ou faire faire des gardes d’enfants pour bénéficier de réduction d’impôt, disent du mal tout le monde, boivent de d’alcool, fument un splif et prennent sans nul doute de la coke. Et ça, Elise, bah elle aime pas ça et du coup elle leur fait bien comprendre…
Quoi ??? Vous avez l’impression qu’elle sur-joue la Robin des bois de la morale sociétale ? AH bon ? Qu’on ne la reconnait plus au point qu’elle en deviendrait carrément détestable ? Ah boooooonnnnn ? Qu’elle en fait des caisses dans le mode, attention moi je suis une gentille qui dénonce les méchants du grand capital ??? AH booonnn ? Ok, Elise n’a pas été épargnée par la vie en perdant son mari, jeune, très jeune, elle a vécu l’enfer quand deux de ses potes Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ont été séquestrés par des grands malades en 2009…mais merde Elise, arrête de faire la méchante, c’est pas toi, nous aussi, on trouve ça moche le monde, mais arrête, sois toi.
Allez, j’vous embrasse.
Reconnection

Au lieu d’attendre le dernier Mickey 3D, découvrez Lady H, ce vrai groupe de rock de Saint Etienne qui veut nous reconnecter avec un son résolument électrique!
Vous serez franchement surpris par la science de jeune quatuor Stéphanois. Ca faisait longtemps que l’on avait pas entendu des chansons franchement pop/rock sans le coté péjoratif du terme. Pierre Jean Savin et ses potes savent écrire des titres farouches et ca fait du bien aux oreilles.
Le premier morceau annonce la couleur. Train Station sera le point de départ d’une longue et belle balade dans un univers balisé, aux multiples références, tout en se frayant un chemin original.
Il y a des choses hargneuses à entendre. Les riffs sont séduisants. La voix s’appuie parfaitement sur les instruments. L’osmose entre les quatre s’entend et c’est une qualité rare donc appréciable. Le rock peut être une histoire de nuances.
Ils citent volontiers les Black Keys mais on entend aussi du Radiohead et des choses plus américaines. La volonté de bien faire est là. Elle illumine les titres qui se succèdent avec une saine énergie. On se promène entre l’Angleterre pop et les vastes plaines de l’Amérique. Croyez-le ou non : ils arrivent même à conserver une identité.
Les refrains se retiennent aisément. Les rythmes binaires se redécouvrent. Le groupe apportent quand il faut des pointes de funk et de folk. C’est classique mais cela bouillonne malgré tout de créativité et surtout d’envie.
Ils veulent en découdre. Ils se mettent à poil sur leurs morceaux. L’attitude est bonne et on espère que la route sera longue pour eux. Ils sont verts mais précoces ces petits là !
Greenpiste records - 2016
Sun city eater in the river of light

Il s'agit du neuvième album de ce groupe de Brooklyn, mais c'est seulement le second enregistré dans un vrai studio. C'est vous dire si Woods est un groupe atypique.
Les membres du groupe sont évidemment des hipsters ou simplement des ringards qui ont trop joué de leurs instruments dans la fanfare du lycée ou autour d'un feu dans un fameux "summer camp".Ils cultivent en tout cas l'art du décalage depuis une dizaine d'années avec des idées simples et loufoques. Le génie n'est pas synonyme de grandes sensations.
Mais la folk de ce groupe est parfaitement identifiable grâce à son inspiration rétro, sa voix si harmonieuse et ses sages orchestrations qui effectivement rappellerait la bande son de notre enfance ou de notre passage à l'adolescence. Ce neuvième album est innocent en apparence mais la candeur est fausse. Ce qui rend l'écoute irrésistible.
Jeremy Earl et ses amis aime la simplicité pour en accentuer l'ambiguïté du Monde, des paroles et de la musique. Dans un univers trop sérieux comme le notre, leur goût pour la ritournelle ressemblerait à de la subversion. Les textes eux ne rayonnent pas de joie. Et la musique est un patchwork d'une classe folle et inattendue.
Car on ne les a pas vus venir, ces petits gringalets de New York. C'est dense mais délicat. Earl réussit à lier différents styles sans faire le singe de foire. La musique est inédite même si elle se compose autour d'influences vieillottes.
Le résultat est d'une énergie incroyable. On a l'impression de se promener aux quatre coins des Etats Unis. Les états d'âme new-yorkaises bronzent sous un soleil californien. La sun belt s'acoquine avec les envies chaleureuses du Nord américain. Le blues se détraque idéalement sur des velléités psychédéliques d'un autre temps.
De toute façon, le son de Woods sort de l'ordinaire et juste pour cela, il faut que vous jetiez une oreille sur ce drôle de disque!
Woodsist - 2016
Kung Fu Panda 3

A chaque studio d'animation, son émerveillement!
Et franchement, ils sont très forts du coté de Dreamworks. Il y a eu d'abord Shrek. Au fil des épisodes, la qualité déclinait mais le studio a enchainé avec Madagascar et ses animaux un peu torturés ou Nos Voisins les Hommes. Il y a eu aussi le génial, Les Cinq Légendes et ses héros atypiques et spectaculaires.
Dreamworks développe des univers différents, où tous les styles ont une place. Et Kung Fu Panda prend de la place dans le succès du studio, entre réussite commerciale et excellence technologique! Ce nouvel épisode est d'une beauté ahurissante.
Les décors sont splendides. On en prend plein les mirettes. Les personnages son POilants... j'étais obligé de la faire celle ci! C'est un vrai film, pensé comme tel, avec de l'émotion condensé en 1h30. Il y a ce qu'il faut au bon moment. C'est un dessin animé parfaitement dosé.
On ne s'ennuie pas une seconde. C'est poétique et astucieux. Ca nous montre, à sa manière, une autre facette de la Chine. Avec une bonne morale intelligente. C'est un petit bijou de divertissement pour les petits mais aussi pour les très très grands qui ont le mérite d'avoir attendu 5 ans pour voir une séquelle sans défaut! Un exploit.
AVIS AUX AMATEURS.
Avec les voix en vo de Jack Black, Angelina Jolie, Jackie Chan et Brian Cranston - 20 th century fox - 30 mars 2016 - 1h35


