A Sailor’s Guide to Earth

Incroyable guide de la musique américaine. Venu de nulle part, Sturgill Simpson est un capitaine fier et brave! A l'abordage!
Welcome to Earth: Bienvenue sur Terre! Bienvenue à Sturgill Simpson, chanteur de country qui semble avoir regarder vers tous les horizons tellement on s'éloigne des conventions (avec des franges) du genre! Welcome to Earth donne le ton: en une seule chanson, il y a une richesse instrumentale stupéfiante. On est noyé sous les idées musicales du chanteur du Kentucky.
Mais on respire rapidement: ce disque est unique en son genre. Pour son premier effort pour une grosse compagnie, Sturgill Simpson s'est fait plaisir. C'est une pièce baroque où tout est au service des envies du chanteur qui s'éclate avec sa voix so sixties. On est tout sauf dans les standards.
Il y a de la soul, du jazz, du rock et surtout une voix qui pourrait parfois rappeler la fièvre d'un certain Van Morrison. On vérifie vraiment la date de production. C'est soyeux et délicat. La production est parfaite. Chaque morceau est finement découpé, écrit et réalisé. C'est tout simplement une révélation.
Et c'est ce que l'on aime dans la musique: se faire avoir. Etre harponné par un parfait inconnu. Et devenir proche en quelques notes. Inspiré par la paternité, le disque est généreux et profondément humain. Il y a bel et bien des traces de country mais il y a aussi l'émergence forte des racines du genre et la modernité du bonhomme. Sa reprise de In Bloom de Nirvana est très personnelle avec des cuivres qui vous feront jubiler.
Ce type là ne triche pas. Il y a de la créativité à tous les étages. On est bluffé par toute l'originalité qui sort et se ressent de ce disque pourtant si américain, produit du coté de Nashville. Album concept, le coeur parle dans chaque titre. Il a tout mis dans ses compositions: Sturgill Simpson est un nouveau capitaine à découvrir. La vie de papa lui donne des ailes et du courage. Son navire a fière allure.
Toutes les chansons qui suivent Welcome to Earth vont vous faire chavirer.
Atlantic records - 2016
Earth

On est toujours surpris par l'énergie du Loner, indécrottable écologiste qui retrouve une nouvelle jeunesse avec les fistons de Willie Nelson. On arrête avec la nostalgie et on se consacre un genre boisé parfait pour l'été. Bienvenue sur Terre!
Il ne s'arrête plus. Neil Young semble increvable. On le dit à chaque chronique de disque. Et on se répète souvent car le bonhomme est productif. Est ce l'approche du crépuscule d'une vie? Ou une éternelle jeunesse? En tout cas, le héros des années 60 est encore vert et poursuit ses nombreux combats en fabriquant de solides chansons.
Les livraisons sont plus ou moins convaincantes mais Neil Young attire vers lui les jeunes de tout poil. Il y a eu Pearl Jam pour un album incroyable. Il a croisé de chemin de Jack White et maintenant il tourne autour de la planète avec les rockers Promise of the Real. Le Crazy Horse peut se reposer: les fils de Willie Nelson canalisent les plaisirs électriques qui font la légende de Neil Young.
Earth est donc une bizarrerie puisqu'il y a là un live et une thématique. La nature a toujours inspiré Neil Young: il réunit ici des chansons autour de ce thème. Il interprète des morceaux plus ou moins connus. Il reprend simplement des vieux titres qui sentent la chlorophylle ou continue de fabriquer des murs de sons qui défendent la bonne cause.
C'est entrecoupé par des cris d'animaux et des ambiances champêtres. C'est une sorte de boeuf furibard d'un vieux coucou ravi de jouer avec des petits jeunes transis d'amour. Ils reprennent des classiques et des chansons moins connues écrites à des époques bien différentes pour le Loner. A la fin, ils font le concours de la plus longue chanson avec Love & only love de 28 minutes rugissantes.
Mais l'album est bien plus qu'une captation de concert à but commerciale. C'est un vrai travail pensé et maîtrisé. Neil Young défie le temps et les jeunes musiciens qui sont avec lui. Ce live a une fraîcheur inédite. Il nous fait aimer la vie, la nature et tout ça. Ses rêves se réalisent. La planète est bien plus belle avec lui.
Reprise - 2016
Hotel California

Votre serviteur a quarante ans et il danserait bien un bon vieux slow langoureux dans la chaleur moite de l'été. Ca tombe bien, les Eagles lui ont offert à sa naissance, la plus grande et longue chanson de tous les temps.
Au point qu'on a le droit de détester Hotel California, ballade de plus de six minutes connue pour sa bataille acharnée entre deux lead-guitares, celles de Joe Walsh et Don Felder. Ha on a grandi et dragué sur cette éternelle chanson ! On a peut être roulé des pelles dans son adolescence. Le morceau est une madeleine de Proust pour beaucoup de monde!
New Kid in Town, le titre suivant est lui aussi tout en mid tempo et nettement plus exotique car moins connu. Pourtant elle est tout aussi triste: une fois de plus, il y a un voile de spleen qui fait toute la différence chez les Eagles, réduit à l'état de groupe souriant californien. Un peu comme les Beach Boys, il y a une méprise.
D'ailleurs l'irrésistible Life in the fast line, autre succès de l'album s'amuse à décrire une vie d'excès. Non, les Eagles ne sont pas d'anciens hippys au rock soyeux et propre. Tout est très west coast. Mais plus de quarante ans plus tard, ca conserve une vraie classe dans l'écriture et la production.
Il y a de belles choses dans ce disque très américain où les auteurs s'interrogeaient sur le cynisme, la vacuité et les autres vilaines réalités du Monde. Les Eagles étaient déjà connus mais Hotel California allait être l'un des disques les plus vendus sur la planète: 32 millions de copies! Pas mal. Pourtant le disque est plus aigre que doux.
C'est cela que l'on retient. Plus que les solos héroïques et la production inattaquable. Le soleil californien réchauffe mais brûle parfois. Les Eagles étaient des stars mais leur clairvoyance a toujours fait la différence. Aujourd'hui encore!
Asylum - 1976
La ballade de l’impossible

Eté au Japon. Plongée dans le passé des années 1960 au Japon et dans l’adolescence d’un jeune homme qui doit s’initier aux mystères de l’existence. Envoutant.
Dans La ballade de l’impossible, publié en 1987 et réédité durant l’hiver 2007 par les Editions Belfond, Haruki Murakami raconte une histoire aux accents autobiographiques transcendée par sa sensibilité et son sens inné de l’étrange.
Ce roman retrace le parcours de Watanabe, un jeune homme dont le meilleur ami se suicide à dix-sept ans. Cette mort planera sur le parcours de Watanabe durant lequel il quittera sa ville natale et viendra à Tokyo suivre des cours à l’université, retrouver Naoko, la petite ami de Kizuki, le garçon suicidé. Tout cela se passe à la fin des années 1960 avec, en toile de fond, les révoltes estudiantines et la musique, notamment celle des Beatles et Norwegian Wood qui revient en motif le long du récit.
Murakami n’a pas encore atteint la quarantaine quand il se retourne vers une époque révolue. Il n’a pas encore adopté la forme métaphorique des récits auxquels il nous a habitués. Sous l’influence de Raymond Carver ou de Fitzgerald, il nous livre un roman descriptif où les personnages sont englués dans leurs existences comme dans l’imaginaire.
En fait, Murakami nous livre un roman de formation, tel que nous avons appris à l’aimer dans la littérature du 19e siècle. Un roman où il s’agit pour le personnage principal de passer de l’état enfantin ou adolescent à celui d’adulte. Aimer, souffrir, vivre, espérer, voilà ce qui est en jeu.
Et comme la présence de la mort est envahissante, l’enjeu pour Watanabe est de l’apprivoiser, l’accepter. Autrement dit, pour vivre, il faut connaître la mort d’un proche. On passe après par tous les différents états de la perte. Mais il faut traverser cette expérience comme un prix à payer, une livre de chair au royaume des songes.
Comme souvent chez Murakami, une finesse extrême dans la description des sentiments et des paysages côtoie un érotisme omniprésent et parfois trivial. Les femmes qu’il décrit sont à la fois profondément perturbées et sexy en diable.
Pourquoi lire ce roman de Murakami ? Parce qu’il touche au cœur et qu’il dévoile l’humanité douloureuse de ses héros autant que la nôtre.
The Killer

Sommet du lyrisme de John Woo, The Killer est le plus romantique des films des années 80. Un vrai ballet sanglant comme on ne peut plus en faire.
Ce qu'il y a de plus beau dans les films de John Woo, ce n'est pas sa mise en scène. Pourtant elle est impressionnante. Elle va marquer à tout jamais le cinéma mondial. Scorsese bave devant la technique de son ami de Hongkong.
John Woo lui, dit être justement inspiré par Scorsese ou tous ces maîtres du polar comme l'épuré Jean Pierre Melville. Chez eux, il admire le sens de la mise en scène mais aussi la mythification des personnages.
John Woo est un grand romantique. Ses héros sont des monstres de sentiments et d'émotions. Spectateurs cyniques, fuyez l'univers de John Woo. Le réel, il s'en moque; ce qui le passionne c'est la grandiose vertu humaine.
Dans The Killer, un tueur à gages (inspiré par Alain Delon dans Le Samouraï) décide de faire le bien, aider une jeune aveugle, en remplissant un dernier contrat, poursuivi par un flic astucieux. Il pourrait faire rigoler avec ses grandes manières.
Pourtant ce dernier a des principes et des convictions. Elles le mèneront au sacrifice ultime. Mais il représente (avec le flic) cet esprit chevaleresque qui justifie le scénario généreux de John Woo.
The Killer a un aspect crépusculaire qui rappelle le cinéma de Sam Peckinpah. Pas la violence graphique! On ressent aussi chez John Woo cette vision mélancolique de la fin d'un mode de vie, d'une façon de pensée, de la mort d'un mythe.
Après ce tueur, la place sera prise par des bandes mafieuses sans scrupule. Depuis Le Syndicat du Crime, en 1985, John Woo réinvente le polar au delà sa vision fastueuse et lyrique. Nourri par une énergie du désespoir, The Killer est un film sentimental malgré sa violence. C'est Sissi avec des flingues. C'est une série B ultime, fragile et magique pour tout cinéphile!
Phrase culte: "Je pensais que ceux que je tuais méritaient de mourir. Maintenant, je crois que tout le monde a le droit de vivre"
Vendredi 13

Premier slasher d'une très longue saga, Vendredi 13 est surtout une rustique version de Halloween, chef d'oeuvre de John Carpenter. Cela n'empêche quelques meurtres appétissants!
Bon tout le monde connaît Jason Vorhees, sorte de zombie adepte de l'ultra violence caché derrière un masque de hockey! Ce que vous ne savez peut être pas: c'est qu'il est une simple excuse dans le premier chapitre de la saga Vendredi 13.
Hé oui, il n'est même pas là avec sa démarche lourde et son envie d'écarteler tous les adolescents qui forniquent dans la forêt. Hé bien non: dans le premier épisode, c'est sa petite mOman qui fait tout le boulot. Et elle assure. Elle a un sacré talent pour éventrer et utiliser tous les ustensiles possibles pour tuer du jeune aux hormones en folie.
Bon on gâche le suspense mais de toute façon, on ne regarde pas ce type de films pour la psychologie des personnages. Nous, ce que l'on veut c'est du sang, un peu de fesses et de supplices dégoûtants. En plus, après le film de Carpenter, le réalisateur Sean S. Cunningham construit un peu plus les stéréotypes qui serviront le cinéma d'horreur contemporain. Un boogeyman charismatique. Des crétins en guise de victimes. De la violence gratuite.
On est servi: du couteau dans le bide. De la gorge tranchée. Une flèche dans le cou. Une hache au milieu du visage. et d'autres petites manières de détourner vos achats de Jardiland. Tout cela à cause de deux animateurs de colo qui n'ont pas surveillé le jeune déficient dans le fameux Crystal Lake et qui s'est noyé!
C'est en tout cas l'acte de naissance de l'un des plus grands monstres des années 80 qui commencera ses forfaits dans le second épisode sous un sac à patates avant de découvrir un plus photogénique masque de sport. Vendredi 13 entame aussi une mode qui va durer, durer et encore durer...
Hamlet

Ca ne finira jamais ! Johnny va conclure dans les mois à venir sa très longue carrière. Si le culte subsiste, l’artiste se laisse aller aux écritures à la mode et un blues de supermarché. D’où la proposition de réécouter le disque le plus absurde du chanteur ! Bienvenue en 1976!
En 1976, durant le succès de son show, Johnny story, la star française du rock sort un projet complètement fou : un opéra rock adapté de Shakespeare. Johnny Hallyday s’est imaginé sur deux disques en Hamlet. Hallyday et Shakespeare, avouez que l’association a de quoi surprendre.
Le public de l’époque a boudé ce duo inattendu. L’opéra ne fut jamais monté. Quatre décennies plus tard, ce double album est un grand moment de rock kitsch des années 70 et il contient un charme redoutable.
Johnny Hallyday ne fait pas dans la demi mesure. Son spectacle commence par un texte où il explique qu’il a aimé l’histoire d’Hamlet sans savoir exactement pourquoi. L’orchestre gronde et c’est parti pour vingt cinq morceaux emphatiques.
La relecture de Shakespeare par Hallyday fait rire avec des textes qui réduisent maladroitement la verve de l’auteur britannique. Cependant les morceaux ont le sens de la dramaturgie.
C’est donc sacrement rythmé. Le chanteur rend hommage à l’éloquence de Shakespeare par un tempo haletant. Les chansons s’enchaînent et tiennent une vraie tension. Bien entendu, le son résolument 70s ajoute à l’absurdité du projet mais aussi au plaisir de l’écoute.
Car Hamlet est un disque qui s’écoute attentivement. On sourit bien souvent aux textes un poil simplifiés mais drôlement ampoulés. Au lieu de Notre dame du roi soleil et sa soupe variétoche, on préfère largement ce rock endiablé et daté.
Pompeux par son orchestration plus que généreuse, Hamlet devient un vrai vestige d’une époque et une authentique découverte (que l’on fera écouter à des copains amateurs de binouses) qui réconcilie avec le vendeur de lunettes qu’est devenu Johnny Hallyday.
Philips - 1976
Le Pays des Cerisiers

Eté au Japon. La tragédie d'Hiroshima évoquée avec force et émotion. Par les temps qui courent, ce manga fait un drôle d'effet. Poignant
On le sait depuis le film Le tombeau des Lucioles: les artistes japonais n'ont pas peur de la mélancolie. Ils transcendent généralement le cliché et leur rapport à l'histoire est nettement plus trouble que notre bonne vieille nostalgie du "c'était mieux avant"!
Avant, le Japon est un pays meurtri. Le nationalisme exacerbé lui a couté une guerre. La bombe atomique a laissé une trace indélébile dans l'inconscient collectif. Fumiyo Kouno, dessinatrice, pose un regard d'une tendresse sans égal sur les survivants et les victimes de cette sale guerre.
Pas de grandiloquence. Juste une petite histoire. Un personnage simple et très vivant. Il décrit une existence paisible avec un trait léger et délicat. On se sent bien dans sa bande dessinée en apparence anodine. Et pourtant...
Kouno frappe fort en 97 pages. Elle nous touche sans effort. Elle dessine admirablement l'avant et l'après Hiroshima. Elle traduit l'espoir et la résignation des habitants de la ville. La vie est cruelle mais l'espérance permet de survivre. La poésie transperce certaines planches.
Elle suit le destin d'Hirano et nous révèle toute la tragédie japonaise. Cela fait tout drôle lorsque des éléments violents apparaissent dans ce manga qui joue sur une fausse candeur avec une habileté sans cynisme.
C'est un vrai coup de poing que l'on se prend. L'actualité trouve évidemment un écho certain à ce drame dessiné. Mais au delà de cette triste coïncidence, Le Pays des Cerisiers est une totale réussite, un souvenir de lecture certain et un témoignage sublime.
Kana - 97 pages
Ramones

1976: une date pour un groupe culte, une attitude unique et une pochette d'album de légende!
Le punk déboule à New York en 1976 sous la forme d'une galette en noir et blanc avec les frères Dalton du rock dessus. Les faux frères Ramone sont fier de la vilaine attitude et dénoncent les maux du monde avec leurs riffs plaqués sur trois accords. Ils feront cela jusqu'à la fin de leur existence. 14 chansons en 29 minutes! C'est ainsi qu'ils rentrent dans l'histoire du rock.
Joey, Dee Dee, Johnny et Tommy sont donc des sales gosses qui jouent vite et fort. A la sortie, personne ne comprend vraiment la douce folie qui habite les Ramones. Ils jouent trop vite. Les paroles ont un humour un peu vicieux. Ils sont la réponse au politiquement correct de l'industrie musicale.
A la sortie de ce premier disque, le succès n'est pas au rendez vous mais les concerts font parler d'eux. Ils imposent l'attitude punk. Rien n'est compliqué pour eux! Le disque est enregistré en deux jours. Ils s'habillent pareil mais leurs chansons, elles aussi, sont similaires. Elles se ressemblent par cette attitude bête et méchante.
Comme leur look, ce sont dans les nuances d'une musique non filtrée, que se trouve le plaisir d'écouter les Ramones. Le quatuor égratigne l'Amérique et ses travers mais le fait avec un dépouillement qui sera reconnu comme une forme d'art plus tard. Ils ont tout pour être cultes. La réputation et les excès feront d'eux les mauvais garçons du punk, les éternels petits voyous, les indécrottables punks new-yorkais, les décalés si classes!
Enfin il y a cette pochette, qui va marquer toute une époque et tout simplement inspirer les modes et les artistes. Les Ramones est une marque déposée désormais. Entre les Simpson, les t.shirts et le logo de génie, les Ramones se sont faits avaler par la société de consommation. Ce n'est pas la volonté des artistes, plutôt nihilistes, mais c'est la douce ironie du Monde et de ce disque de punk que tout le monde aime. Un comble pour un revolté!
Sire - 1976
Evil Dead

Le film de Raimi a eu droit à une nouvelle sortie digitale et souvent magnifique! Good old days!
Avec le bluray, le plus amusant c'est bel et bien de revoir des films que l'on a découvert en vhs ou dans un cinéma crade. Toute une génération de films cultes sont de vraies découvertes sur ce format qui nettoie tout du sol au plafond, en passant par la cave dans le cas d'Evil Dead.
Comme Zombie, Massacre à la tronçonneuse, le tout premier film de Sam Raimi a eu le droit à une sortie tardive et chaotique (réalisé en 1981 le film est sorti en 1983 avec comme titre L'opéra de la terreur et en vhs la nuit des démons).
Souvent le film a été vu sur une cassette vidéo de piètre qualité. Mais ca appartient aussi à la légende de ce film bricolé par une bande de potes (dont les frères Coen) avec des petits moyens et des grandes idées. Un film devenu une référence pour tout amateur de film déviant ou de petites choses fabriquées avec passion.
Car il est bien question de passion dès que l'on parle de ce premier volet d'une saga aussi burlesque que gore, aussi déconnante qu'elle a libéré réellement la création dans l'horreur et le fantastique.
C'est un autre passionné qui a lancé la carrière du film, Stephen King. C'est bien une de ses critiques qui a réveillé l'intéret des distributeurs du Monde entier, lors du festival de Cannes.
L'histoire autour du film est aussi folle (l'interview évoque la diffusion du film au festival du grand rex) que le petit morceau de bravoure qu'a composé Raimi avec ses deux principaux amis d'enfance, l'incroyable comédien Bruce Campbell et le producteur Robert Tapert.
Car au delà du véritable mythe qu'a engendré Evil Dead, il reste tout de même un film, démodé mais convaincant. Une énergie fondatrice se ressent dans chaque plan. Court, survolté et naïf, le film nous enroule dans un déluge d'effets et de second degré qui ne gênent jamais l'effroi voulu par les auteurs!
Trente ans plus tard, c'est un peu daté mais toujours aussi plaisant. Avec rien on peut faire de grandes choses. Avec rien et une foi absolue en son art, on peut faire aussi des chefs d'oeuvre.




