At least we had fun

Encore un petit duo français qui réussit dans l'electro planant et entraînant. Fin du french-bashing?
Car on on se plaint de ne plus savoir rien faire. La France est un pays en décomposition. Ses ouvriers pleurent les usines. Le Made in France est de plus en plus rare. Le populisme pousse plus vite que le maïs. Tout va mal. L'hexagone n'est plus qu'une No Go Zone! Mais nom de dieu, on peut tout de même s'enorgueillir de nos petits bidouilleurs bien de chez nous.
La French Touch, ça c'est bel et bien une réussite franchouillarde. On n'oublie peut être mais Daft Punk sont devenus les maitres du Monde. On ne compte plus tous les petits duos de dj français qui ont réussi à l'extérieur de nos frontières. C'est donc tout le mal que l'on peut souhaiter à TWRR, nouvelle sensation du genre.
On les aime encore plus qu'ils ont visiblement une passion réelle pour la mélodie. Il faut bien observer la pochette de leur disque: elle donne bien une idée de ce qu'il y a dans At Least we had Fun. Une petite touche d'humanité dans chacune des compositions assez synthétiques du disque!
La virtuosité est au rendez vous. Les deux auteurs savent fabriquer des ambiances avec leurs ordis, leurs samples mais aussi leurs voix, assez élégiaques. Ils amènent aussi des percussions et quelques instruments classiques qui vont faire la différence. Nous transporter dans leur monde assez austère mais pas si froid qu'il en a l'air. Au contraire.
Ce premier effort est beaucoup plus construit à chaque écoute. C'est un montage d'une élégance rare. Les subtilités se cachent mais se découvrent petit à petit. La fraîcheur du début devient une espèce d'utopie sonore, évaporée mais pas du tout dérisoire. Pour un jeune groupe, Benjamin et Guillaume font preuve d'une très grande maturité.
On pourrait les réduire à des faiseurs de musique de pub, mais TWRR propose une vraie réflexion musicale. La modernité n'est pas castratrice. Le talent ne vire jamais à la démonstration. L'aridité n'est qu'apparente. Il y a du souffle dans ses morceaux complexes mais abordables. Comme un voyage dans le grand Nord, le dépaysement est vraiment là et ca fait toujours son petit effet. Mieux qu'un sucre des Vosges en tout cas!
HRCLS Rec
Miss Peregrine et les enfants Particuliers

Tim Burton est de retour. Quel plaisir non dissimulé de le retrouver après deux films plus ou moins réussis (Alice et Big Eyes). Il s'était légèrement perdu. Il gérait son patrimoine. N'ayons pas peur de le reconnaitre même s'il y a eu l'exquis Dark Shadows entre les deux films. Mais là, c'est bien lui!
Miss Peregrine est un conte crescendo où Tim Burton fait appel à sa mémoire. Comme s'il voulait retrouver sa boucle créative et fantasque qui a fait de lui un réalisateur tout à fait à part, même quand il paresse. Il recycle mais cette fois ci avec passion. Le film est impressionnant car il est le seul qui, jusqu'à présent, rend hommage à toute sa filmographie.
On aperçoit au détour de chaque pouvoir particulier, un petit bout de Mister Burton. On reconnait Jack, Edward, Beetljuice et même les Martiens de Mars Attacks dans une scène complètement délirante sur fond de musique techno. On devine un écho avec Dark Shadows, Noces Funèbres, Alice, Sweeney Todd ou Sleepy Hollow. Il ne manquerait qu'à l'appel Batman, référence plus difficile à placer. Il y a bien une aile de chauve souris...
Pourtant le film se rapproche le plus de Big Fish, tant dans sa narration que dans son contenu: l'enfant rêveur qui part explorer et vérifier les dires de son grand père qui avait pour habitude de lui conter son enfance auprès de ces enfants particuliers.
Il est vrai que lorsque l'on sort de cet univers pour reprendre le chemin de la réalité, l'envie d'y retourner est irrémédiable. Ne serait ce que pour retrouver Eva Green, absolument délicieuse dans son costume sur mesure et sa chevelure digne d'un défilé d'outre tombe.
Il n'y a pas grand chose de nouveau. Ce n'est peut être pas le meilleur Burton mais il a su innover et se renouveler tout en gardant cette fois ci la magie et la poésie. Pas uniquement l'esthétisme. Je finis comme le film se termine: en fredonnant une chanson de Florence & the machine qui si je ne m'abuse porte un tatouage d'oiseau en cage. Alors coincidence? Je ne pense pas. Disons que la boucle est bouclée.
AVIS AUX AMATEURS
Avec Eva Green, Samuel Jackson, Asa Butterfield et Judi Dench - 20th Century Fox - 7 octobre 2016 - 2h05
Toi Non Plus
En trente minutes, Maud Lübeck s'attarde sur l'amour qui s'en va. Nous on s'installe avec bonheur dans son petit cocon synthétique et doux amer.
Dans son premier disque, on avait bien remarqué que la jeune femme avait du caractère et mettait dans sa musique, tout ce qui la tourmentait. Le second opus a tardé à venir mais prouve que Maud Lübeck a travaillé sa formule: des synthés et des émotions. Beaucoup de vérités sur un tapis sonore délicat et plus nuancé qu'il n'y parait.
La première écoute pourrait presque énervée. Les vieux synthés sont bel et bien à la mode. Les jeunes gens modernes aiment chanter actuellement leurs petites misères comme s'ils étaient au Palace, face aux journalistes d'Actuel. Maud Lübeck pourrait appartenir à ses nostalgiques d'une époque pleine de fantasmes!
Mais la chanteuse est une mélancolique! Ses chansons sont des romances très tristes qui se découvrent petit à petit. En dix titres, elle rassemble tous les ressentis d'une histoire déçue, d'un amour qui s'est éteint. L'authenticité des textes va droit au coeur. Voilà quelqu'un qui profite de la création pour affronter la vie qui passe et l'émotion qui dépasse!
Il y a donc un son rétro mais aussi un peu d'électro et un piano malheureux pour accompagner cette âme qui s'interroge et s'apaise. C'est une sorte opéra pop et intime qui s'organise en quelques instants. Le minimalisme ne gène pas l'ambition. Le disque est court mais il gagne rapidement en intensité pour être l'une des heureuses surprises de l'automne.
Finalistes - 2016
Deepwater

Certes c'est un bon gros film catastrophe qui ferait passer Backdraft pour un pétard mouillé! Mais c'est aussi un film avec une conscience. Inhabituel à Hollywood!
Le nouveau film de Peter Berg charge la compagnie pétrolière, BP. Il lui en met plein la tronche. Son avidité. Sa dangerosité. Son inconscience coupable. Peter Berg est un réalisateur populaire. Il aime son pays, l'Amérique. On l'imagine comme le cousin de Michael Bay: il film bien les jolies pépées et adore quand ca pète de partout. Il a réalisé des navets à peine regardables (Battleship) et des choses plus louables (Du sang et des larmes) mais il fait rarement dans la demi mesure.
Sa vision du drame survenu sur la plateforme Deepwater Horizon est tout simplement apocalyptique. En 2010, les ouvriers sont confrontés à une éruption sous marine qui va atomiser l'endroit. Quelques héros ordinaires vont tout faire pour aider leurs collègues. Petit à petit la prétention des patrons de l'entreprise pétrolière se cachera dans la honte, le silence et la boue.
C'est bel et bien ce que l'on voit dans le film de Berg: une dénonciation simple et efficace du capitalisme. Les ouvriers sont tous conscients de l'aveuglement des industriels. Ils se taisent et s'accrochent à leur travail. Même s'il est hautement inflammable. Et cela va prendre des proportions dantesques. Le film peut se voir comme une fable sur cette folie qu'est devenue le pouvoir de l'argent et l'obsession du profit.
C'est le film américain que va devoir défendre l'Humanité. Berg observe les petits. Il fait du populisme à sa manière. Néanmoins son film ne laisse pas indifférent. La première partie nous plonge dans l'univers très complexe de l'ingénierie. On se perd dans les méandres de l'exploration maritime et des questions mécaniques. Puis tout s'écroule et c'est franchement impressionnant.
Comme c'est du grand spectacle, il y en a trop mais on est très loin des blockbusters avec des super héros interchangeables. On est dans le réel, la reconstitution passionnée et parfois passionnante. Avec des acteurs investis, on a vraiment les mains dans le cambouis.
Avec Mark Wahlberg, John Malkovich, Kurt Russell et Kate Hudson - SND - 12 Octobre 2016
We’re all someone from somewhere

Cet été, ce n'était pas très gai, mais on a eu des nouvelles plutôt réjouissantes des éternels et toxiques leaders d'Aerosmith qui en profite pour se lancer dans une dernière tournée d'adieu qui devrait être héroïque.
Car les deux têtes pensantes du groupe ne sont pas tout à fait dans le même état. Le guitariste a fait un malaise cardiaque en jouant en compagnie de Johnny Depp (ce type a la poisse en ce moment) et le second lui a décidé de sortir son tout premier album solo... à l'âge de 68 ans.
En toile de fond, il y a donc une tournée d'adieu que certains membres du groupe voudraient en fait sans fin. En tout cas, ca sent le crépuscule pour Aerosmith. Les héros de la débauche et du rock'n'roll le plus déluré ou caricatural n'ont plus la pêche. Il y a a bien l'envie mais ca ne suit pas trop, les muscles et l'énergie.
D'ailleurs pour son envol en solitaire, Steven Tyler est d'une sobriété étrange. Il s'imagine d'un seul coup en vieux sorcier cajun avec un album volontairement roots mais tout de même produit pour les radios. Il n'a jamais perdu le sens des affaires, le papa de Liv Tyler (qui a d'ailleurs un peu disparue des radars ces derniers temps).
C'est de la country soyeuse, assez pop pour être entendu par le plus grand monde. Il y a ici et là des guitares qui s'agacent mais sinon, c'est en mode retraité en Louisiane, que Steven Tyler, venu de Boston, se montre pour son premier essai, tout seul comme un grand.
Il a un bon carnet d'adresses. Plusieurs grands noms de la musique country dont l'inévitable et doué T Bone Burnett participent à la production de l'album. Ca ne change pas grand chose au résultat: on dirait une musique de films pour un blockbuster, grande spécialité d'Aerosmith.
Ce n'est pas toujours désagréable mais sur presque une heure, ca sent un peu la redite. On sent que le chanteur à grande bouche voudrait faire sa révolution mais il n'y arrive pas totalement. Ca sonne toujours comme du Aerosmith qui s'est désormais mis à la camomille! C'est un trip de vieux hippy qui est revenu de tout et qui se fait un petit plaisir, un peu coupable en se prenant pour un vieux cowboy. Tyler est rentré dans le rang. Vivement la tournée d'adieu...
Dot Records - 2016
Preliminator

Comme tous les papys du rock, ZZ Top a cherché dans sa barbe quelques vestiges de leur longue carrière pour faire saliver les fans. Facile mais efficace!
Il y a eu pour le trio texan, un avant et après Eliminator, incroyable succès de l'année 1983. Avant ce disque emblématique, le groupe était un sérieux défenseur du rock viril, très western avec grosses voix à l'accent tonitruant et guitares capricieuses.
Par la suite, le groupe rentrera dans une longue période de hard rock fm qui ne fera pas l'unanimité et mettra ZZ Top au sommet des gros vendeurs de galettes dans les années 80. Et pourtant avant de se perdre devant quelques synthétiseurs et des ballades un peu trop sirupeuses, le groupe faisait bel et bien du rock.
A l'ancienne. Basse, guitare, batterie. Ca gratte vite et ca rigole dans un rade du New Jersey en juin 1980. Un an avant la sortie de El Loco où les barbes de Dusty et Billy commenceront à se faire sérieusement remarqués. A l'heure de MTV et des premiers clips, ce détail aura évidemment son importance!
En attendant cette captation de live montre la douce rage de ZZ Top qui a toujours aimé les traditions du rock texan, entre boogie et hard. Deux ans avant Eliminator, le trio ne rénovait pas du tout le genre. Il le respectait scrupuleusement et c'est ce qui fait le charme de cette archive.
Le style est donc dépouillé. Le boulot est fait avec sérénité et maîtrise. Le succès est confirmé depuis longtemps mais le charme du groupe est certain et on le retrouvera bien des années plus tard avec le succès de La Futura en 2012 et une tournée sans fin où Billy Gibbons et ses potes sont revenus aux bases. Roots comme dans ce morceau d'histoire assez plaisant et bon enfant!
Désolé, c'est facile mais on se poile bien grâce à ce live!
FMIC - 2016
La Chute de Londres

le film parfait pour illustrer le Brexit! Merci Gerard Butler pour cette évocation politico géo stratégico grotesque!
Nous sommes donc dimanche! Il faut se reposer de la semaine et oublier les mauvaises nouvelles qui s'étalent dans le journal. Vous pouvez compter sur Gerard Butler pour mettre vos neurones sur off avec La Chute de Londres, super nanar qui plaira à tous les coups à Donald Trump et tous ses fans.
Car Butler sait flatter le meilleur du républicain. Ses films sont souvent limiter à une pensée bien réac et des scènes d'action crétines. On avait déjà apprécié le patriotisme mal placé de La Chute de la Maison Blanche et ses Nord Coréens violents qui s'en prenaient au président des Etats Unis.
On reprend les mêmes et on recommence: cette fois ci, le méchant, ce sera un trafiquant d'armes Pakistanais qui en veut à la Terre entière puisque les Etats Unis font le ménage à travers le Monde sans se soucier des dommages collatéraux. Qu'il est susceptible! Face au terrorisme, on ne fait dans le détail monsieur!
Bref, le Pakistanais n'est pas content et s'en prend tous les grands de ce Monde, réunis pour l'enterrement du Premier Ministre Britannique à Londres. Des types endimanchés défendent tous les clichés de chaque pays du Monde (l'Italien est avec sa maitresse, le Francais est en retard, le Japonais a un petit zizi etc.) avant de se faire exploser par des gros terroristes qui ne font pas dans la demi mesure et qui veulent faire la peau du président des Etats Unis. Heureusement, il y a Gerard Butler en super agent secret, qui n'aime pas la violence mais faut pas le faire chier quand même...
Il va donc passer son temps à dessouder des méchants qui détestent la démocratie et les monuments de Londres. Il est très efficace dans ce job. Après Washington, il joue au chat et à la souris dans Londres et forme avec le président, un duo de choc qui ferait passer Charles Bronson pour un pacifiste mou.
Comme le célébre moustachu justicier, la plupart des acteurs sont là pour cachetonner et prendre assez de dollars pour la construction du jacuzzi au fond du jardin. En tout cas voilà une bien belle variation sur le Brexit. Comme dans la vraie vie, cela nous pète à la tronche!
Avec Gerard Butler, Aaron Eckhart, Morgan Freeman et Robert Foster - M6 Vidéo
Gods of Egypt

C'est le week end! C'est détente! C'est relache! C'est pourquoi on vous propose un petit duo de nanars haut de gamme, à voir en famille, avec des amis ou tout seul, au fond du canapé. Avec en guest star: le gueulard Gerard Butler!
Car si on se moque souvent de la filmographie de Christophe Lambert ou de Steven Seagal, certains de nos contemporains tentent eux aussi de faire ressembler leur filmographie à celle d'un acteur viril, pas trop regardant sur la qualité, mais adepte de la violence, de la vengeance ou du patriotisme mal placé.
C'est le cas de l'Australien Gerard Butler, connu pour son rôle dans 300 et qui depuis cumule les films d'action bas du front et qui échappe à tout contrôle moral ou artistique. C'est une belle catastrophe, la filmo de Butler. On a bel et bien l'impression que le comédien (enfin si on veut) fait un effort pour se vautrer dans le film loupé, l'action rance ou le navet presque nauséabond. Du mauvais gout à ce niveau là, c'est fort. On respecte!
Donc dans Gods of Egypt, l'acteur massif et beuglant joue le frère félon d'un dieu egyptien. Il bute le frangin et envoie en exil le neveu pour devenir un tyran sur Terre. Mais un petit voleur, Bek, va contrecarrer le plan diabolique du Dieu Butler! C'est vraiment un dieu: les autres acteurs sont si mauvais qu'il devient un véritable comédien shakespearien dans ce film qui ne ressemble à rien d'autre.
C'est le grand mérite de Gods of Egypt: c'est nouveau. Il ne fait pas dans la redite. C'est franchement inédit. Dans la mare que représente la carrière de Butler, Gods of Egypt aura un éclat particulier. Le film fait hélas tous les mauvais choix pour finir en pyramide du mauvais goût! Alex Proyas, auteur de The Crow et Dark City se plante dans les grandes largeurs mais semble tout assumer.
Il veut un grand spectacle populaire: c'est une immonde évocation fantastique de l'Egypte et ses mythes. Les comédiens ne sont pas du tout à l'aise avec les décors virtuels ou les dieux qui se transforment en Chevaliers du zodiaque dès qu'on leur tire un poil du nez! Mais même au delà de ça, le casting est une réunion de comédiens ratés entre le jeune têtard charismatique comme un pin's et une bimbo ringarde. L'accumulation d'erreurs est tout simplement fantastique elle aussi!
Même Geoffrey Rush ne résiste pas au ridicule en jouant le papa des Dieux, assis sur une barque invisible dans le ciel, poursuivi par un ver de terre qui veut manger la Terre... Si si, vous avez bien lu. Le scénario est tout simplement hallucinant. Ecrit sûrement avec des hiéroglyphes.
Tout semble inutile et artificiel. La transparence: voilà effectivement la thématique de Gods of Egypt, le film d'aventures le plus ubuesque de cette année.
Le réalisateur multiplie les grands espaces en CGI pour oublier la vacuité du propos. C'est une grand aberration. Un mystère de plus autour de l'Egypte ancestrale.
Avec Gerard Butler, Nikolaj Coster Waldau, Geoffrey Rush et Brenton Thwaites - M6 Vidéo





